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dimanche 27 septembre 2015

Minimiser l'évangile .... et la xénophobie

Minimiser l'évangile  ... ouvre la porte à d'étranges dérives 
Si l'évangile est mon ticket hors de l'enfer, pourquoi devrais-je aimer mon prochain [i.e. accueillir les immigrants, aimer les étrangers, chercher à me réconcilier, etc.] ?
Voici une définition typique de l’évangile pour un chrétien évangélique:  Dieu le Fils dans la chair est mort sur la croix et est ressuscité, et par la foi en son sacrifice, je suis pardonné de mes péchés. Étant pardonné, je reçois la paix avec Dieu et la vie éternelle: j’irai au ciel.
Cette définition est vraie, mais incomplète. Elle minimise ce qu’est vraiment l’évangile.
Si je voulais être grossier, on pourrait aussi dire que selon cette définition, l’évangile est un ticket qui te sort de l’enfer. L’évangile serait-il pour les égoïstes? Si la définition s’arrête là, j’imagine que quelqu’un pourrait monter un bon argument là-dessus.... ça sonne faux.
Cet évangile tronqué ne se concentre que sur le pardon. C’est incomplet parce que le pardon des péchés n’est pas la destination finale, mais le début de l’aventure. L’évangile n’est pas le pardon des péchés, mais c’est la raison du pardon des péchés. Le pardon des péchés a pour objectif la paix, le shalom (« paix, intégrité, santé et complétude d’une communauté »). Le cœur de l’évangile n’est pas une transaction (de la damnation vers la gloire), mais l’entrée dans une vie, la vie du disciple. Dieu pardonne les humains afin qu’ils puissent être réconciliés avec Dieu, et se faisant réconcilier les humains entre les humains. C'est précisément parce que l'évangile est l'offre de la vie avec Dieu que c'est une bonne nouvelle. 
Si l’évangile est présentée comme un ticket pour se sortir de l’enfer, quel genre de disciples est-ce que cela va produire ? Mais si la prédication de l’évangile est à propos de la paix avec Dieu (et donc aussi la paix entre humains), ça ouvre le champs pour ce que cela implique à propos de marcher avec Dieu. Maissi l'évangile est présentée comme une transaction, alors tu auras le genre de disciples que ça produit: des gens assis confortablement et qui attendent que le train vers l'éternité arrive. 
Dieu pardonne tes péchés afin que tu sois libre d’amener la paix autour de toi... ce qui inclut, en effet, ceux qui sont différents: même les méchantes femmes voilées, même les immigrants, mêmes ceux qui ne sont pas 100% québécois (ce qui est un qualificatif qui fait banqueroute...).



Minimiser l'évangile ... et la xénophobie et le racisme
En ces temps où l'EL provoque un énorme déplacement humain en Syrie, j'ai été surpris de voir autant de désir de se protéger soi-même plutôt que de la compassion.
Le racisme et la xénophobie sont des réactions de protection d’un groupe envers un autre. L’autre fait peur, alors il faut s’en couper. L’évangile ne cherche pas à se protéger, mais à se mettre en danger pour pouvoir amener la paix aux autres. Dieu le Fils ne cherchait surement pas à « protéger ses frontières » ou son « identité nationale » par l’incarnation.

Christ est mort non pas pour un groupe sélect, mais pour faire de ceux qui n’étaient pas un peuple ---> son peuple. 


...

Quelques nouvelles et requêtes de prière
·         Je vais très bien. C’est sans surprise jusqu’ici, mais je suis dans le jus, d’où mon rythme d’écriture bimensuel. Je me sentais un peu fatigué cette semaine, mais j’ai pris le temps de dormir (davantage) samedi matin.
·         Lundi soir, je ferai mon 1er sermon dans mon de cours prédication. C’est un 15 minutes sur un seul proverbe : Proverbes 15:18. J’ai toujours prêché avec des manuscrits verbatim devant moi, mais on a droit à zéro note. Ce sera « intéressant » comme défi.
·         Requêtes : (1) passion, disciple, acuité intellectuelle, (2) Grandir en sainteté, service et humilité, (3) finances et choix de mes cours pour printemps 2016, (4) j'ai une petite élongation musculaire à l'adducteur de la cuisse droite. (5) Pour les migrants de la crise syrienne; que ceux qui migrent soient guidés vers des porches ayant des ressources généreuses et pour les populations d'anciens chrétiens de la Syrie. 

Je vous remercie de votre soutien financier, moral et en prières. La seule raison pour laquelle je suis au séminaire et que je profite de cette opportunité de me former pour le service, c’est parce qu'un grand nombre de mes frères et sœurs en Christ donne de façon sacrificielle. Merci de votre confiance, de vos dons et du bon cœur avec lequel vous le faites comme pour notre Dieu.

Marc-André Caron

samedi 1 novembre 2014

L’évangélisation par les ananas




 Fête de quartier à City Church International


Aujourd’hui City Church tenait une énorme fête de quartier. Il y a avait des chevaux, une petite fermette avec des animaux à flatter, du pop-corn, des hamburgers, des énormes jeux gonflables, une tente de prière, de la musique, de la prédication, et quelques autres trucs sympathiques du style kermesse.

Au moins mille personnes sont venues connecter avec l’église sur les 3 heures de la durée de l’activité.

L’évangélisation par les ananas
Ma responsabilité pour la journée c’était de faire du porte-à-porte en matinée pour inviter la communauté à se joindre à nous. Nous avions environ 300 ananas que nous devions aller offrir aux gens du quartier. Fantastique non, l’évangile communiqué par les ananas? Bref, ça ressemblait à : 

Toc Toc!

« Bonjour! Voulez-vous un ananas gratuit? »

"Oui, s'il-vous-plait!"
[Est-ce qu’il existe une personne fondamentalement opposée à recevoir un ananas gratuit, et de plus livré à domicile?!]

« Nous sommes de City Church et nous voulons être une bénédiction pour notre quartier. Nous vous invitons aussi aujourd’hui au barbecue gratuit avec des jeux pour les enfants que nous tenons à l’église, on serait enchanté de vous avoir comme invité! »

Dans les quartiers environnant l’église, le combo ananas et hamburger gratuit c’est tout un deal. 

Tout ça pour dire que des centaines de visiteurs ont afflués vers l’église, plusieurs ont entendus l’évangile par les prédications, en allant à la tente de prière ou en interagissant avec des membres de City Church. La communauté a aussi pu mettre des visages sur le christianisme et plusieurs ont pu connecter personnellement avec des gens qui sont transformés par leur foi. 

Tsé, quand tout peut se jouer par un seul ananas! 

Aujourd’hui c’était le genre d’activité que j’apprécie beaucoup, puisque c’est un beau mixte de « viens et vois » et de « allez et faites ». Je dirais que pour l’ensemble de ma vie, mon service pour l’Église fut axé vers l’intérieur, ce qui est excellent, mais ce n’est qu’une partie de l’équation. Fondamentalement, la mission de l’Église est « d’allez... » (Matt 28:19-20).

Quelques nouvelles et requêtes de prières
·         La session se calme tranquillement. J’ai encore un gros 3 jours chargés, mais ensuite les choses se calment puisque la moitié de mes cours se sont terminés la semaine passée.
·         Requêtes : (1) Le suivi de l’événement d’aujourd’hui à City Church (l’événement s’appelait Reach), notamment les personnes qui ont manifestés un intérêt pour l’évangile; (2) l’énergie, la passion et la discipline; (3) croissance dans ma foi/sanctification/marche chrétienne; (4) Mon après séminaire.

Je vous remercie de vos prières, de votre intérêt et de votre support indéfectible!
Marc-André Caron

samedi 18 octobre 2014

Être en criss / Être en Christ



« Être en criss » est une expression québécoise, un sacre, qui exprime un état élevé de colère et de frustration.
Je ne veux pas surprendre personne, mais ce n’est pas la définition originale de l’expression. En fait, j’aimerais même affirmer que la définition précédente est blasphématoire et que la vraie définition est au moins 120 fois mieux. Je suis convaincu que tu es curieux et que tu te demandes : mais alors que veux dire « être en Christ!? ». 
Donc je te propose mon explication.
D’abord Christ vient du grec Χριστός (Christos), un titre désignant celui qui allait accomplir les attentes de délivrance des Israélites, synonyme avec « l’oint » et le messie. Ainsi, « Christ » n’est pas le nom de famille de Jésus. C’est plutôt un titre, comme si on disait : Christ le Messie.  
L’expression « en Christ » (ἐν Χριστῷ) revient à 76 reprises dans le Nouveau Testament dans 12 de ses 27 livres dans les références suivantes : Rom 3:24; 6:11, 23; 8:1, 2, 39; 9:1; 12:5; 15:17; 16:3, 7, 9, 10; 1Co 1:2, 4, 30; 3:1; 4:10, 15, 17; 15:18, 19, 31; 16:24; 2Co 2:17, 3:14; 5:17, 19; 12:2, 19; Gal 1:22; 2:4, 17; 3:14, 26, 28; Eph 1:1, 3; 2:6, 7, 10, 13, 3:6, 21; 4:32; Phil 1:1, 13, 26; 2:1, 5; 3:3, 14; 4:7, 19, 21; Col 1:2, 4, 28; 1 Thess 2:14; 4:16; 5:18; 1 Tim 1:14; 3:13; 2 Tim 1:1, 9, 13; 2:1, 10; 3:12, 15; Philém (et oui, Philémon!) 8, 20, 23; 1 Pi 3:16; 5:10, 14.  
Dans beaucoup de ces références, la construction grammaticale est un objet indirect indiquant la sphère (un datif de sphère) ou encore le « lieu » dans lequel le mot auquel il est relié prend place ou existe. Une sur-traduction serait « ... dans la sphère de Christ ».


Un rapide coup d’œil du tableau montre que l’expression est principalement utilisée par l’apôtre Paul (dans toutes les occasions sauf 1 Pierre) et est employée pour parler de la relation d’un individu avec le Christ. Le référent ἐν, l’équivalent de notre « en » est le marqueur d’une association étroite à l’intérieur d’une limite. Dans les écrits de Paul et de Jean, l’usage désigne une relation personnelle dans laquelle le référent du « en » est vu comme l’influence principale : ...sous l’influence de, ...en association étroite avec.
De façon plus personnelle aussi, Jésus utilise l’expression en parlant à ses disciples : « En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous (Jean 14 :20). »
« En Christ », c’est la petite phrase préférée de l’apôtre Paul pour parler de l’identité des Chrétiens. Être « en Christ » signifie que tout ce qui est en lui qui peut être partagé avec nous sera partagé avec nous. Christ seul est le fils unique divin du Père, mais en étant « en Christ », nous partageons la gloire du fils (Rom 8 :15-17) :
·         Nous avons la vie en Christ (Rom 6:11, 23);
·         Notre rédemption est en Christ (Rom 3:24);
·         Nous sommes justifiés en Christ (Gal 2:16);
·         Nous avons le pardon des péchés en Christ (Eph 4:32);
·         Il n’y a aucune condamnation en Christ (Rom 8:1);
·         Nous sommes une nouvelle création en Christ (2 Co 5:17);
·         Nous avons la vie éternelle en Christ (Rom 6:23);
·         Dieu pourvoit à tous nos besoins en Christ (Phil 4:19);
·         Nous sommes bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ (Eph 1:3; Gal 3 :14);
·         Nous serons présenté à Dieu parfait / « complété » en Christ (Col 1:28);
·         On ne peut pas être séparé de l’amour de Dieu en Christ (Rom 8 :38-39);
·         Nous sommes un Corps avec les autres croyants en Christ (Rom 12:5);
·         Nous recevons la grâce en Christ (1 Co 1:4);
·         Nous obtenons la liberté en Christ (Gal 2:4);
·         Il n’y a plus de stratification sociale et de discrimination en Christ, nous recevons l’unité en Christ (Gal 3:28);
« Être en Christ » signifie être à l’intérieur de la sphère du salut de Dieu incarné et accompli par le Christ. C’est une nouvelle sorte de vie pour le présent et le futur. On pourrait dire que c’est une expression utilisée dans le Nouveau Testament comme un raccourci pour inclure tout ce que signifie être un Chrétien, incluant l’identification du croyant avec Christ et son ajout au Corps de Christ. "Malheureusement", être en Christ n'inclut pas être désagréable ou imbus de soi-même.
Ultimement, l’expression « en Christ » et ses variantes implique que tout ce qu’un croyant possède spirituellement, c’est parce que Dieu dans sa grâce lui a donné.
Donc quand je dis que je suis « en Christ », l’idée reflète que fondamentalement mon identité comme être humain n’est pas dans mon estime de moi, dans ma job, dans mes études, dans mes accomplissements, dans ma grande religiosité, dans ma forme physique, dans ma famille, mais ultimement « en Christ »! Tout pâlit à côté de ça.
Si je peux mettre mon chapeau de prédicateur, j’aimerais dire maintenant que le monde et ses convoitises veut te faire croire que tu es fondamentalement inadéquat et que tu dois toujours aspirer à davantage, que ce soit des possessions, de l’argent ou un corps parfait. Toutefois, toutes ces choses sont de fausses identités et la bonne nouvelle c’est qu’en Christ, tu as une identité inébranlable, aussi solide que Dieu lui-même en lequel par la foi tu es accepté inconditionnellement à partir du moment où tu crois en Christ, le fils de Dieu, et que tu places ta confiance en lui comme ton sauveur.
Donc Dieu merci, je suis en Christ! Qu’en est-il de toi?

Quelques nouvelles et requêtes de prière
1.      Je vais être au Québec pour Noël entre le 16 décembre et le 4 Janvier.
2.      Je suis dans le point chaud de ma session. Idéalement faudrait que je lise deux livres aujourd’hui...
3.      Requête : (1) Pour ma discipline, ma concentration scolaire et le succès (voulant dire que je puisse apprendre le plus possible en vue de mieux servir), (2) dimanche le 18 je serai toute la journée à la « foire du Texas » dans un kiosque sur l’évangile; on engage des discussions avec les gens et on partage l’évangile. Vous pouvez prier pour que Dieu se révèle à ces personnes, (3) Pour mon futur stage et du discernement pour l’après DTS.

Merci de votre soutient qui se manifeste de plusieurs façons plus importantes les unes que les autres. Je vous remercie pour votre amour envers moi. Merci aussi de me lire. J’apprécie communiquer avec vous et si vous voulez le faire pour n’importe quel sujet, que ce soit une critique, une question ou une requête de prière, ne vous gênez pas de le faire : <caron.marc.andre.bible@gmail.ca>.
Bonne semaine!
Marc-André Caron 

samedi 11 octobre 2014

Courrier du lecteur : mon ami a un down spirituel




Un ado m’a écrit :

J'ai un ami qui est chrétien, mais il se dénigre constamment et il est dans un down intense spirituel. Je ne sais pas quoi lui dire ou si je dois lui shooter 1001 compliments pour lui donner de la confiance en lui. En même temps, je ne veux pas être trop direct et lui dire de se rapprocher de Dieu sec de même ?!

Quelle serait votre réponse à la question? Vivez-vous la même chose?
Je vous épargne la réponse longue que j’ai fournie qui élaborait sur l'écoute, la compréhension, le support et l'amour, mais je veux vous partager certains points, qui, je crois, sont cruciaux.
Ma présupposition en lisant ces 3 lignes, c’est que l’ado en question est dans un « down spirituel » parce qu’il mécomprend l’évangile. Si il se dénigre constamment, ce n’est pas l’évangile qu’il vit. Si il se dénigre constamment, c’est qu’il a avalé un mensonge que le monde lui a vendu ou qu’il entretient de fausses croyances à propos de Dieu. En tout les cas, il y a une croyance ou un mensonge qui lui casse les ailes et qui l’amènent à vivre de la culpabilité et à se déprécier.
La deuxième chose louche dans la formulation de la question, c’est : « ... et lui dire de se rapprocher de Dieu sec de même ». Je pense que ce genre de formulation est grosso-modo ce qui peut amener quelqu’un à se dénigrer. Est-ce même possible de se rapprocher de Dieu? Puis-je atteindre Dieu par mes propres efforts? Est-ce que je peux me rendre digne à ces yeux? Le témoignage de la Bible est sans équivoque, c’est absolument impossible. Qu’est-ce que le chrétien contribue à sa rédemption et même à sa marche chrétienne? Absolument rien.
Si l’ami se sent dans un down spirituel et qu’il croit que c’est parce qu’il n’en fait pas assez, c’est un peu normal parce qu'il n’en fera jamais assez pour atteindre les standards de Dieu.
La première partie de ma réponse à la question était un encouragement à écouter l’ami et à découvrir exactement ce qu’il vivait en le faisant parler de ce qu’il vivait. Je cite le reste de ma réponse.
« [...] la première chose à analyser ce ne sont pas les « fruits de l’arbre », mais les racines de l’arbre. Ce que je veux dire, c’est que si ton ami n’est pas chrétien ou que ses croyances sur la vie spirituelle sont fausses, alors c’est tout à fait normal qu’il sente un « down spirituel » et qu’il se dénigre. La vie chrétienne est une vie uniquement possible par le Saint-Esprit qui nous transforme. Deux choses là-dessus :
(1) Peut-être que ton ami n’est pas chrétien. Il a peut-être besoin d’entendre l’évangile. Si il reconnaissait que le salut est immérité et que sa sanctification (la sanctification c’est le nom que l’on donne pour dire que l’on se rapproche de la sainteté. En d’autres mots, c’est la croissance spirituelle ou devenir comme Christ) est uniquement une œuvre du Saint-Esprit dans sa vie, alors il ne se dénigrerait pas de cette façon.
(2) Il se peut que ton ami connaisse intimement Dieu. Dans ce cas, il entretient une fausse croyance à propos de la vie chrétienne. Les chrétiens croient que le salut est 100% par la grâce. C’est très vrai. Mais mystérieusement, on se met à croire que la situation change pour la vie normale, que soudainement il faut vivre notre vie chrétienne par nos propres forces et que nous devons, pour « se rapprocher de Dieu », faire des œuvres : lire davantage la Bible, prier plus, aller plus à l’église, avoir seulement des amis des chrétiens, etc. Bref, se sauver soi-même!  Est-ce vraiment l’évangile? 
Voici un passage que j’aimerais que tu digères pour bien comprendre ce point. Je cite Galates 5 : le texte biblique est en gras et mes commentaires sont centrés. En guise d’intro, le but de l'épitre est de corriger les Galates qui se sont mis à suivre un autre évangile que l’évangile de la grâce de Christ. Il se sont mis à penser être sauvés par des rites de la religion juive plutôt que la grâce immérité de Dieu. Paul les reprend là-dessus. »
Galates 5 
1 C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude.
Un joug c’est une pièce de bois qui attache deux bœufs ensembles pour le travail de la terre. Ainsi un chrétien ne doit pas se mettre de nouveau dans un esclavage (« je dois faire ceci, je dois faire cela... [pour mériter Dieu] »).
Te sens-tu libre en Christ? Libre de la culpabilité, libre de « respirer »? Si la réponse n’est pas un oui convaincu, il est temps de repenser ta vie chrétienne.
2 Voici, moi Paul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien.
Paul parle ici à des chrétiens d’origine juive qui affirmaient que la circoncision était nécessaire au salut. Si il écrivait à ton ami aujourd’hui, il dirait quelque chose comme « Voici, moi Paul, je vous dis que, si tu t’approches de Dieu par toi-même, Christ ne te servira de rien ».
3 Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu'il est tenu de pratiquer la loi tout entière.
Si ton ami pense que c’est par sa conduite ou à cause d’une saison de « boost spirituel » que tu es un chrétien, il se trompe! Sinon il faudrait qu’il soit à l’année longue dans des circonstances semblables.
4 Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce.
5 Pour nous, c'est de la foi que nous attendons, par l'Esprit, l'espérance de la justice.
6 Car, en Jésus Christ, ni la circoncision ni l'incirconcision n'a de valeur, mais la foi qui est agissante par l’amour.
Ce verset est la clef.
7 Vous couriez bien: qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d'obéir à la vérité?
8 Cette influence ne vient pas de celui qui vous appelle.
9 Un peu de levain fait lever toute la pâte.
Penser juste un petit peu que notre santé spirituelle est dû à notre discipline ou à nos bonnes œuvres ou à nos efforts c’est se leurrer. Ainsi, si tu penses que ta spiritualité dépend de ta discipline, alors il est normal que tu sois « down » et que tu te dénigres quand tu n’es pas capable de maintenir cette même discipline. Il existe surement une vie chrétienne plus libre, n’est-ce pas?
10 J'ai cette confiance en vous, dans le Seigneur, que vous ne penserez pas autrement. Mais celui qui vous trouble, quel qu'il soit, en portera la peine.
11 Pour moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté? Le scandale de la croix a donc disparu!
Le scandale de la croix c’est justement que Jésus-Christ a tout accompli à la croix : c’est à la croix que TOUT se passe pour le croyant.
12 Puissent-ils être retranchés, ceux qui mettent le trouble parmi vous!
13 Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair; mais rendez-vous, par amour, serviteurs les uns des autres.
Certains pourraient penser que la grâce que l’apôtre Paul prêche nous donne un permis de vivre dans le péché de la façon que l’on veut. C’est vraiment de mal comprendre le sujet que de penser ainsi. La vie sous la grâce PRODUIT la sainteté et le service les uns envers les autres, mais elle ne dépend pas de ceci. La moralité et la justice sont les fruits du chrétien dont les racines sont nourries par la grâce imméritée de Dieu. Il vit sa vie en reconnaissance de ce qu’il a reçu, et non pas comme une condition pour être accepté de Dieu, car il sait qu’il est accepté que sur la base du sacrifice de Jésus-Christ.
14 Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
15 Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres.
Dans les versets 13, 14 et 15 ils réfèrent aux divisions vécues dans l’église de cette ville à propos de si oui ou non il fallait que les païens (les non-juifs) soient circoncis pour être sauvés.
16 Je dis donc: Marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez pas les désirs de la chair.
Marcher selon l’Esprit c’est lorsqu’un croyant reçoit la puissance et la direction du Saint-Esprit lorsque celui-ci s’abandonne à Dieu plutôt que de placer sa confiance en ses propres capacités pour la vie chrétienne.
17 Car la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez.
18 Si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes point sous la loi.
19 Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l'impudicité, l'impureté, la dissolution,
20 l'idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes,
21 l'envie, l'ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d'avance, comme je l'ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront point le royaume de Dieu.
Soulignons ici que le point commun de toutes ces choses c’est qu’elles caractérisent les personnes qui sont « tournées envers elles-mêmes »; le péché.
22 Mais le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance;
 « Le fruit de l’Esprit »... il y a un petit élément de miraculeux là-dedans. C’est un mouvement de Dieu produit par Dieu dans notre personnalité. Une mauvaise application de ce verset est de dire : « ok je dois développer la joie dans ma vie ». Une bonne application du verset est de placer sa foi en Dieu pour qu’il nous conduise dans une vie chrétienne victorieuse et qu’il cultive cette joie en nous.
23 la loi n'est pas contre ces choses.
24 Ceux qui sont à Jésus Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs.
Romains 6 :11 « Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus Christ. » Voulant dire par là que c’est justement parce que Christ est mort pour le péché à la croix une fois pour toute que les chrétiens peuvent dire non au péché et lui résister. Et sur aucune autre base.
25 Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi selon l'Esprit.
26 Ne cherchons pas une vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres.
« Pourquoi est-ce que le passage suivant est pertinent à la situation de ton ami? Parce qu’il adresse directement le « down spirituel » qu’il vit et sa culpabilité. [...] Et quand il reconnaitra que toute la vie chrétienne c’est le produit de la grâce, alors il cessera de se dénigrer et il cessera d’être « down spirituellement ». À l’inverse, par sa confiance nouvelle en la grâce, le fruit de l’Esprit deviendra apparent dans sa vie. »
Je vous épargne le reste de ma réponse.
Ce problème n’est pas unique à l’ado en question.  Si quelqu’un rejette Christ, je maintiens qu’il ne rejette pas Christ, mais une caricature constituée de règles, des « tu dois », des « tu ne dois pas » et des « rentre dans le moule ». Si quelqu’un pense que la vie chrétienne est un fardeau déprimant, il se méprend avec la religion, car il n’a pas connu l’évangile.
« C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. » (Gal 5:1)
« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » (Jn8:32)
Si tu n’as pas ça, on t’a vendu la mauvaise affaire
Bonne nouvelle, le vrai est gratuit!

Nouvelles et requêtes :
  • J’ai vraiment été content des requêtes que vous m’avez envoyé, vous avez rendu ma "discipline" de la semaine passée possible (et qui se poursuit cette semaine). Je vous encourage à m’écrire encore cette semaine à <caron.marc.andre.bible@gmail.com> si vous avez des sujets de prière.
  • La session bat son plein. Donc pas mal de 7am jusqu’à 10pm, ce qui est parfait ainsi.
  • On distribuait des trousses d’hygiène à des sans-abris l’autre jour. J’ai eu une discussion fort intéressante avec un sans-abri qui roulait en Civic 2012. La vie est étonnante des fois...
  • Requêtes : (1) mes samedi d’évangélisation avec City Church International, (2) mes études : la passion, la concentration, la discipline, la rigueur et aimer Jésus, (3) que Dieu donne de la sagesse à ceux qui me conseillent et à moi-même pour mon stage et l’après DTS.

Merci de votre support et de vos encouragements! Quand je considère la hauteur de votre support spirituel, moral et financier, je crois possiblement être l’un des séminaristes les plus privilégiés au monde. Merci. À Dieu soit la gloire.
« Combattant ensemble d'une même âme pour la foi de l'Évangile... » (Phil 1:27)
Marc-André Caron

samedi 13 septembre 2014

Y’a du crack qui se vend là-bas, là aussi et derrière le liquor store



Mon église est située à 10 minutes du séminaire. L’utilisation la plus commune d’une poussette dans le coin n’est pas pour le transport d’enfants, mais pour servir de garde-robe aux itinérants.
Le genre de misère que je ne voyais pas trop au Saguenay parce qu’elle était mieux cachée.
Le 6 septembre dernier en me rendant à l’église avec un frère, on s’arrête pour discuter avec 2 sans-abri. C’est plus ou moins attirant un sans-abri, mais si tu passes outre ton chemin pour aller à l’église pour ensuite aller répandre la bonne parole, il y a comme un fossé gênant entre la théorie et l’application. Donc on s’arrête et on commence à discuter. L’un d’entre eux est vraiment « épeurant », pas propre, à l’air louche et instable.
Mon ami du séminaire discute de l’évangile avec l’un d’eux, puis nous sommes rejoints par un autre type de City Church. Puis un autre sans-abri arrive. C’est une épave humaine. Son langage est incompréhensible, sa barbe et ses cheveux sont d’une longueur qui témoigne qu’il a oublié l’hygiène depuis plusieurs mois et il est agressif et demande de l’argent. L’homme me taquine un peu et me dit des méchancetés, mais je n’en fait pas vraiment de cas parce que son anglais est incompréhensible.
Deux ou trois mètres plus loin, un quatrième type est assis, proprement vêtu. Je ne l’avais pas remarqué, un peu comme si mon cerveau l’avait ignoré tellement il ne cadrait pas dans le décor.
Il m’interpelle et je m’assois avec. Je m’aperçois qu’il a devant lui un verre d’alcool fort. On discute :
-« Ce gars là [l’homme qui m’avait insulté] n’est pas correct. Je respecte tellement ce que vous faites... prendre du temps pour nous parler et nous apporter la Parole... Ne fait pas attention à lui ».
[...]
- « Ça fait 28 ans qu’il est alcoolique chronique. Ça fait plus longtemps qu’il est dans la rue que nulle part ailleurs. Par exemple, si c’est planifié qu’il aille en réhabilitation demain à 3h00, et bien il n’ira pas. Il ne peut pas! Ensuite la semaine d’après il va prendre un nouveau rendez-vous, mais il n’ira pas ».
[...]
Puis il me parle de ce que c’est vivre dans la rue. Au travers de ces commentaires, cette phrase me frappe :
-« Y’a du crack qui se vend là-bas, par là et derrière le liquor store ».

Je lui pose des question sur son histoire personnelle:

- « Mon père était propriétaire d’un bar et était co-propriétaire d’un autre. Donc entre 14 et 15 ans, j’ai commencé à boire de la bière. C’est le seul modèle que j’ai connu ».
[...]
C'est pas du pepsi
- « J’ai été un alcoolique fonctionnel toute ma vie. Ça fait 3 semaines que je n’ai plus de travail et je bois depuis pour endormir l’ennui ».  
...
En cet après-midi de 13 septembre, je reviens d’aller porter une quarantaine de boîtes-repas résiduelles d’une conférence que nous avions au séminaire aujourd’hui. J’y suis allé avec le président des étudiants... un gars qui travaille dans les rues d’une grande ville au Mozambique l’été. Il me partageait comment la rue était un milieu épouvante : des femmes qui se vendent pour 3$ la nuit, la violence sexuelle homme sur homme, homme sur enfant, homme sur femme, la drogue, la violence, etc. Je traduis l’une de ces pensées : « La rue c’est un milieu épouvantable au-delà de tout ce que l’on peut penser. Tu arrêtes d’utiliser ton intelligence et tu te mets à vivre avec ton instinct. » Ensuite il me décrit la différence entre les différents types d’infections transmises sexuellement qu’il avait vu sur des enfants de la rue... J'ai appris que pour faire la différence  rapidement entre la gonorrhée et les autres, c'était l'odeur. Le genre d’histoire qui te vire à l’envers.
J’ai vu plusieurs fois des vidéos de « visages de crystal meth » (des vidéos avant/après de l’usage soutenu de cette drogue), en pensant à quel point c’était irréel et loin de ma réalité. Pourtant, présentement, c’est à environ 3 minutes d’où je dors. Quand j’étais au Saguenay, c’était là aussi, juste dans les endroits où je ne vais pas.
Alors que nous circulions sous les ponts pour aller à la rencontre des sans-abri, c’était frappant de les voir. Ils sont comme des zombies. Et ça brise le cœur, parce que ce sont des humains; ils sont magnifiquement créés à l’image de Dieu, pourtant leur extérieur est un témoignage criant de la violence du péché. Les choses ne sont ne sont pas comme elles sont sensées l'être et ce monde est profondément brisé.
Néanmoins je me réjouis de connaitre Dieu parce que l’évangile fournit un rock moral incontournable pour aimer son prochain et pour apporter l’espoir à quiconque, peu importe son contexte, son arrière-plan ou les chaines de ses addictions.
Jésus et la femme samaritaine
Jésus allait au-delà des barrières raciales, économiques, politiques et religieuses. Le récit de la femme samaritaine dans Jean 4 est un exemple prenant que l’évangile ne discrimine pas. La narration commence même par « comme il fallait qu’il passe par la Samarie » (Jean 4:4), dénotant le sentiment de nécessité pour Jésus de traverser ce territoire que les Juifs contournaient pour éviter les Samaritains qu’ils considéraient comme des bâtards à la religion hérétique. L’évangile va partout, pas juste dans les belles places.
Néanmoins, Jésus rencontre une femme samaritaine aux abords d’un puits vers midi. Midi étant le moment le plus chaud de la journée, ceci sous-entend que cette femme était une paria qui allait au puits à cette heure pour ne pas croiser personne. On peut penser qu’elle était une prostituée. Néanmoins, Jésus, sans égard à la protection de sa réputation de leader spirituel, l’aborde et lui adresse la parole.
Quand ces disciples le rejoignent (Jean 4:27), « ils furent surpris », parce que c’était quelque chose d’inacceptable socialement. On se rappelle que dans le monde Gréco-romain, et Juif d’autant plus, tu n’adresses pas la parole à une femme qui n’est pas de ta maison. Un peu comme si un rabbin orthodoxe allait au cœur de Gaza aujourd'hui pour déjeuner un de ces samedi matin.
Néanmoins, même si c’est une samaritaine, une pécheresse et une femme, Jésus lui adresse la parole et lui accorde l’amour et la reconnaissance que tout humain est en droit de recevoir. Il lui fait une offre fantastique en Jean 4:14 « [...] celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.» 
L’évangile ne discrimine pas. C’est tout le contraire. C’est le message d’un Dieu compatissant vers une humanité brisée. J’ai été frappé et attristé de rencontrer ces hommes. Mais en même temps je suis content parce que l’évangile c’est l’espoir libérateur de tous le monde. Du plus riche président directeur général jusqu’à mon ami de la rue.

Nouvelles et requêtes de prière :
-Mon futur stage. J’ai appris cette semaine que mon stage n’avait pas besoin d’être dans le même lieu pour les 3 sessions qu’il doit durer. Je vais surement faire mon stage comme assistant d’un professeur du séminaire. Ceci me permettrait de revenir au Québec durant l’été 2016 pour faire davantage de « terrain ». C’est encore très flou et les possibilités sont vastes.
-Mes samedi d’évangélisation avec City Church
-Le bon déroulement de mes études : l’énergie, la passion, l’intelligence et surtout la connaissance personnelle de Dieu.

J’aimerais prier pour vous. Si vous le désirez, vous pouvez m’écrire par facebook ou par courriel à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>.

Merci de votre soutient, de vos encouragements, de vos prières et de vos bons mots. Ils font une différence, vraiment.

Marc-André