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dimanche 17 janvier 2016

Quoi faire avec 1,6 milliard de dollars?


Aux États-Unis la semaine passée, trois gagnants se sont partagés 1,6 milliard de dollars, le gros lot du Powerball.

En lisant quelque chose comme la précédente phrase, il est impossible de ne pas s’imaginer ce que l’on ferait advenant le cas où nous étions ces gagnants. Payer l’hypothèque des gens de sa famille, offrir des cadeaux à maman, s’acheter un char neuf, subventionner une chaire de recherche sur la sclérose en plaque, etc. C’est tout un heureux problème que de déterminer quoi faire de cet argent!

Le charme que la loto exerce est vraiment puissant. Dans une vie antérieure, j’étais cassier de dépanneur et j’ai observé deux types d’acheteur. (1) Les acheteurs pathologiques (sur lesquels je ne veux pas commenter) et (2) les acheteurs occasionnels, qui sont motivés par l’espérance, mais qui se tempèrent par la raison. Ils disent souvent « tout d’un coup que... », « on ne sait jamais... » et ils ont les yeux brillants en s’imaginant remporter le « Gagnant à vie, » une loto somme toute raisonnable par son prix (4$) et son gain, 1000$ par semaine à vie, qui assure la paix tout en gardant à distance une destruction induite par l’aspect corrosif de la richesse sur les relations humaines.

Ce n’est pas mêlant, en écrivant ceci, je pars dans la lune à tout moment, rêvant d’exprimer ma créativité dépensière : « je serais le plus moral des gagnants de gros lot! » Ça ou d’autres choses...

De gagner minimise la souffrance et maximise le plaisir. L’espérance de ne plus (ou de moins) souffrir et l’espérance de contrôler l’avenir. C’est une espérance grandiose : je souhaite ça à tout le monde. C’est facile de penser à plein de bonnes choses que l’on ferait.

Donc, l’hameçon de la loterie, c’est l’espérance. La loterie ne ment pas, tout le monde connait les probabilité, mais elle séduit parce que c’est une espérance bon-marché. Il n’en coûte que 2 à 5 $[1] (ce qui n’est rien) pour se donner le droit d’espérer.

"Réalisez vos rêves les plus fous"

Le Lotto Max avec le Québec Max est peut-être la plus grande espérance / le plus grand rêve qu’un Québécois peut avoir!

Imaginons le meilleur des mondes et imaginons que la loterie livre la marchandise pour une fois avec vous et moi! On a gagné le Powerball! 1,6 milliard de dollars! Et on administre notre argent super bien tout en conversant nos ami(e)s! Aucun d’entre nous ne tombe dans un délire dépensier, et on mène notre nouvelle existence sagement.

...
Reste-t-il de l’espérance?

Que peut-on espérer maintenant?

Aurait-on encore de quoi à espérer en ce monde?

Ce serait vraiment bien de gagner. Mais il me semble, j’espérerais encore. Tsé, il doit y avoir quelque chose de plus au bout de la ligne. Donc vraiment, l’espérance de la loterie est trop petite. Non pas que ce n’est pas désirable ou que ça ne m’intéresse pas. Mais ce n’est pas tout. De plus grands rêves doivent être rêvés; c’est une petite espérance.
...
« Je m'amassai de l'argent et de l'or, et les richesses des rois et des provinces. [...]
Tout ce que mes yeux avaient désiré, je ne les en ai point privés; [...]
 Puis, j'ai considéré tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et la peine que j'avais prise à les exécuter; et voici, tout est vanité et poursuite du vent, et il n'y a aucun avantage à tirer de ce qu'on fait sous le soleil. »






[1] On note ici que la « mini » à 0.50 cent n’est pas incluse. Tout le monde sait que la mini « ça gagne pas. »



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Quelques nouvelles et requêtes de prière
·         C’est un semestre fantastique qui se dessine à l’horizon. Des cours pertinents / stimulants et formateurs.
·         Si vous n’avez pas reçu de lettres de nouvelle 2016 (pour une raison mystérieuse, veuillez m’en excuser), contactez-moi à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>.
·         Requêtes : (1) discipline, acuité intellectuelle, santé et passion; (2) grandir en grâce, service et humilité; (3) stage à DTS et Chicoutimi (collaboration avec Dr Fanning/Béthel en Mai/été à Chicoutimi/Camp Brochet).

Merci de me lire, de me supporter et de prier pour moi. C’est avec gratitude chaque jour que j’attaque mes études, dans l’espérance (thème d’aujourd’hui!) de pouvoir vous servir dans le futur!
Marc-André


dimanche 22 novembre 2015

Le problème c’est la religion

Difficile 2 semaines : Paris, Beyrouth Bagdad... il y a beaucoup de tragédies sur lesquelles pleurer, ou prier #PrayforParis,  ou se dissocier #NotInMyName.
Beaucoup ont dit que le problème, c’est la religion.
Et ils ont raison... selon la Bible!
Le portrait lucide du livre de l’Apocalypse (dernier livre de la Bible) est une fin du monde où l’humanité est amenée à sa destruction par une religion mondiale dans un gouvernement mondial (Avenged Sevenfold a même fait une chanson là-dessus, the Beast and the Harlot!). Donc la Bible vous donne raison, vous tous qui rêvez d’un monde sans religion : selon son pronostique, tout va mal finir sur Terre à cause de la religion.
Tsé quand on parle d’un allié inattendu?
Raisonnement myope
Mais est-il juste de faire reposer tout le blâme des maux de l’humanité sur la religion? C’est tentant en effet... l’Islam et le coran sont actuellement le terreau fertile pour la violence et la guerre sainte (tout comme le furent toutes les religions du monde... et le communisme, le colonialisme, l’impérialisme et l’athéisme il n’y a pas si longtemps). Mais aussi : les frustrations, la pauvreté, la marginalisation, la faim, l'ignorance, etc.!
Je viens de faire un amalgame de quatre catégories différentes: le religieux, le politique, le philosophique et le social. Par les mêmes critères de ceux qui condamnent la religion, ne faudrait-il pas aussi condamner ces précédentes catégories?
Le raisonnement est myope parce qu’il se borne à ne condamner que le religieux. Le raisonnement serait bon si il condamnait à part égal tout ce qui est condamnable, e.g. le politique, le philosophique le religieux et les dysfonctions/inégalités sociales.
Quel est le dénominateur commun de ces catégories?
Eh.... ?
..... les humains?
Peut-être qu’il y a quelque chose de fondamentalement pourri dans le cœur de l’homme? On pourra chercher un bouc émissaire en pointant du doigt l’ennemi public du moment, mais ce sera toujours myope parce qu’on coupera toujours le pissenlit au lieu de le déraciner.
 « Car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. » Marc 7.21-22
En d’autres mots, l’humain aura toujours une façade pour justifier ce qu’il entend faire.
On pourra me dire : « mais alors, si tout le monde est coupable, alors personne n’est coupable [pour Paris, pour le terrorisme, pour le réchauffement planétaire, pour la pédophilie, etc.]? » Je ne dis surtout pas qu’il ne faut pas combattre les idéologies violentes puisque toutes idéologies peuvent être violentes, ou encore qu’il ne faut pas agir pour la paix parce que la nature de l’humain garantie la guerre.
Voici mon espoir : mon espoir est que Christ reviendra un jour pour essuyer toutes larmes et pour établir son royaume. Le roi est absent, mais il revient bientôt. Il appelle les humains à se repentir et à chercher le royaume de Dieu par dessus-tout: vivre selon les règles du royaume, quand bien même les règles de celui-ci ne sont pas honorées sur la Terre présentement. C’est ce que les serviteurs du royaume se sont fait confier.
C’est la grandeur du Christianisme, parce qu’il offre la réponse la plus puissante aux deux plus importantes questions :(1) Pourquoi le monde est-il autant merdique et (2) pourquoi l’espoir? Le Christianisme offre l’espoir. La merde c’est le péché, ce cœur tortueux de l’humain; l’espoir est Christ. Pour chaque flocon de neige, il peut y avoir un viol. Pour chaque élément d’ordre, il y a désordre. Et voici, le roi revient bientôt. Ce n’est pas l’absurdité du nihilisme, ni l’optimisme myope et sans fondement de l’humanisme, mais l’espoir solide du Christ ressuscité qui revient.
Voilà pourquoi #PrayforParis peut être puissant. #PrayforParis est impertinent dans la mesure où le mot désigne une expression creuse déculpabilisatrice qui renvoie à la seule chose possible à faire quand on ne peut rien faire, mais #PrayforParis est pertinent quand il est une vraie prière : une communauté de foi qui dit en cœur « que ton règne vienne » : c’est à la fois (1) une prière pour le retour du roi et (2) un impératif communautaire à vivre sur Terre selon les règles du royaume même si celui-ci est absent. C’est une insurrection contre le chaos, la violence et l’injustice, et une recherche commune pour établir la justice.
Donc... la religion est le problème? Mieux encore, le cœur de l’humain est le problème. Pour moi comme chrétien, j’espère me battre pour la paix et la justice toute ma vie (bien que je n’ai pas fais grand chose jusqu’ici, mis à part taper sur mon clavier), mais mon espoir n’est pas dans le monde imaginaire et myope de John Lennon et de sa chanson Imagine : mon espoir est en Christ, lui qui fera toutes choses justes quand il paraîtra.
Un exemple : les réfugiés syriens
Je suis content que les gouvernements Couillard et Trudeau gardent le cap sur l’accueil de quelques réfugiés syriens supplémentaires.
Le sondage effectué par La Presse met de l’avant que 60% des Québécois disent non aux réfugiés.
À ce propos, je partage ici les commentaires d’un de mes amis (et prof de grec durant l’été 2014), Justin Bass, qui commente à propos de la situation aux États-Unis, là où l’accueil de quelques réfugiés syriens est encore incertain:

Si c’était une question à propos de si oui ou non les églises devraient loger et accepter les réfugiés fuyant un génocide dans un autre pays, alors ce serait noir ou blanc pour les Chrétiens. Nous devrions faire tout ce que nous pouvons pour aimer, soigner et accueillir ces réfugiés.
« 17 Car l'Éternel, votre Dieu, est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, fort et terrible, qui ne fait point acception des personnes et qui ne reçoit point de présent, 18 qui fait droit à l'orphelin et à la veuve, qui aime l'étranger et lui donne de la nourriture et des vêtements.19 Vous aimerez l'étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte. » (Deut. 10:17-19)
« 27 La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde. » (Jac 1:27)
Cependant, puisqu’il s’agit d’une décision du gouvernement américain, je pense que les Chrétiens peuvent tomber des deux côtés de la question. Il y a plusieurs bonnes raisons pourquoi nous ne devrions pas supporter l’influx de réfugiés dans notre pays de par les menaces sérieuses de terroristes parmi eux.  D’un autre côté, il y a plusieurs autres bonnes raisons pour lesquelles nous, en tant que nation, devrait compatir et les accepter.

Mon opinion personnelle sur le sujet est que nous, en tant que chrétiens, devrions pousser pour que le gouvernement (et nos États) les acceptent. Je dis ceci en sachant très bien qu’il est très probable que quelques terroristes puissent se faufiler parmi eux. La compassion sacrificielle implique toujours un risque. Le bon Samaritain a pris un risque alors qu’il aidait l’homme gisant moitié mort au long du chemin. Ce gars aurait pu faire semblant, et alors que le Samaritain se penchait pour lui venir en aide, aurait pu le poignarder et lui voler tout ce qu’il avait. Quand on aide les gens qui souffrent, il y a toujours un risque. Il y a cependant une façon d’éliminer tous risques: ne rien faire. 

Visiblement, je ne connais rien à l’immigration, aux réfugiés et aux données factuelles quant aux arguments négatifs et positifs de ce cas, mais l’auto-préservation absolue telle qu’exprimée sur Internet ces jours-ci n’a rien de chrétien.


"Ces gars ne sont pas les héros de l'histoire"
"Ce gars est le héro de l'histoire (c'est lui que tu veux imiter)"
"Cours biblique 101 pour les gouverneurs durant la crise des réfugiés"  


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Quelques nouvelles et requêtes de prière
Je viens de compléter ma semaine de lecture (de « relâche »). Je l’ai passé à analyser le plus petit manuscrit des évangiles au monde, GA 2364. Vous pouvez y jeter un coup d'oeil au lien suivant. Chaque page fait 9 cm par 7 cm. C’est pour un projet de session dans le cadre de mon cours de critique textuelle, sur lequel j’écrirai prochainement pour expliquer qu’est-ce que c’est. La semaine prochaine, c’est aussi congé pour l’Action de grâce américaine. Je passerai la semaine à travailler encore sur des vieux manuscrits... :)
Je prends l’avion le 16 décembre. Ma session progresse bien; vraiment tout va bien. C’est fou de penser qu’il y en a déjà une autre de compléter. Le temps ici passe tellement vite.
Requêtes : (1) passion, acuité intellectuelle, discipline; (2) grandir en grâce, vérité et service; (3) stage académique (printemps et automne 2016) et stage pratique en été 2016 au Québec.
Je vous remercie de votre soutien financier, moral et spirituel. Je suis réellement le séminariste le plus béni au monde, à cause de vous.

Marc-André Caron




dimanche 14 juin 2015

Du gaz, du sang et de l'eau à 200 km / h: une critique de Mad Max Fury Road (« Mad Max: La route du chaos » v.f. Québec)

[Je m’essaie dans la critique cinématographique aujourd’hui. Si vous n’avez pas vu Mad Max, vous risquez de vous gâcher des punchs si vous poursuivez votre lecture.]

George Miller (né en 1945)
Mad Max: Fury Road (2015) est un film post-apocalyptique ayant été écrit, réalisé et produit par l’Australien George Miller, connu pour la saga Mad Max, Babe 2 et Happy Feet. Mad Max: Furry Road, avec son budget de 150 millions, est complètement décoiffant au plan de la direction artistique, des séquences de plan et de l'exploitation d'un univers post-apocalypse super disjoncté / détaillé. Je vais m’attarder aux idées explorées par le film.




Synopsis de Mad Max: Fury Road
Suivant une guerre nucléaire, le planète est devenue un énorme désert, la civilisation s’est écroulée et les survivants sont divisés en gangs et en clans qui s’entredétruisent pour de l’eau et de l’essence.
L’antagoniste du film se nomme Immortan Joe, un roitelet / gourou vivant dans une forteresse rocheuse et ayant subjugué des centaines de personnes à son autorité de « rédempteur ». Il est adoré par sa population, étant le seul capable de les amener au Valhalla et de leur donner de l’eau. Il possède un harem, et ses fils, les War Boys (« Garçons de guerre »), vouent leur existence à accomplir les désirs de leur père, ne craignant pas même la mort.
Convoi d'Immortan Joe et de ses War Boys. Oui, c'est une guitare lance-flamme
La première scène nous montre Max (Tom Hardy), un ancien policier troublé par des remords et vivant en solitaire, avec son véhicule et un arrière-plan désertique. Max est fait prisonnier par les War Boys, puis il est identifié comme un donneur de sang universel.
L’intrigue du film est la suivante: l’impératrice Furiosa (Charlize Theron), une haut placée à l’intérieur du clan d’Immortan Joe, s’échappe avec un camion de guerre avec plusieurs femmes d’Immortan Joe. Il déchaîne ses War Boys afin qu’ils ramènent la traîtresse et ses femmes dans la citadelle. C’est là que commence une poursuite ininterrompue d’automobiles de guerres customisées pendant près de 120 minutes. Le rythme est rapide, le heavy metal ne démord jamais et la tension est constante.
La quête de sens, d’espoir et de rédemption dans un monde brisé
Le film commence en posant la question « qui a brisé le monde? » et puis Max, le narrateur, enchaîne en disant : « Je m’appelle Max. Mon monde est à feu et à sang. Autrefois, j’étais un policier. Un guerrier des routes cherchant une cause juste. Alors que le monde s’écroule, chacun de nous à notre façon sommes brisés. C’est difficile de dire qui est le plus fou... moi... ou tous les autres. »
Tous les personnages sont pris dans une course effrénée destructrice qui est une longue parabole à propos de l’existence humaine, du sens de la vie, de l’espoir et de la rédemption. Tout le monde se prend au jeu de leur folie commune en se vouant jusqu’à la mort pour honorer ce en quoi ils placent leur espoir. Le mot espoir agit comme étant le thème prépondérant de par la fréquence même du mot, et tous les personnages sont motivés par un espoir.  Mais il n’y a pas de définition précise offerte. Tous les personnages sont sincères, quoique certains soient sincèrement dupés.
Immortan Joe
Immortan Joe est perçu comme le père de la population de son clan: il est le rédempteur et celui qui peut conduire les plus valeureux jusqu’au Valhalla. Il symbolise l’égoïsme consommé d’un individu qui s’est séduit à penser qu’il était ce qu’il n’était visiblement pas, un sauveur, et il se donne la licence d’abuser des plus belles femmes et de thésauriser l’eau, le pétrole et toutes les richesses, en dépit de sa population mourante. 
Les War Boys et la population sont sous l’emprise d’Immortan Joe qu’ils perçoivent comme leur gourou et leur rédempteur. Ils vouent une adoration au V8 (pas le jus de légumes, mais le type de moteur), ce qui est perçu dans leur fascination pour la customisation des véhicules et leur désir de mourir sur la route du chaos en accomplissant des actes de bravoure. Silt, un War Boy haut placé, s’adresse à son moteur ainsi : « par mes actes je l’honore, V8 ». Avant de tenter des manœuvres mortelles, les War Boys s’aspergent la bouche de peinture chromée, un peu à la façon d’un extrême onction en prévision du Valhalla où « tu rouleras éternellement, scintillant et dans le chrome! » 
Nux (Nicholas Hoult) - Avec sa bouche chromée
Ils sont victimes d’un mensonge, néanmoins ils sont tous sincères dans leur espoir, même au travers de l’absurdité d’un monde toxique et misérable. Plusieurs choses pointent dans cette direction: dans l’une des premières scènes, les femmes détenues par Immortan Joe s’expriment « nous ne sommes pas des choses! » en protestant contre leur confinement. C’est très clair avec Nux, un jeune War Boy et l’un des personnages principaux, qui veut absolument faire partie du convoi qui rattrapera l’Impératrice Furiosa. « Si je meurs, je vais mourir historique sur la route du chaos! ». Peu après, avant de tenter une manœuvre quasi-suicidaire, il s’exprime « je vie, je meurs, JE VIE ENCORE ». Puis encore une fois il s’écrie : « TÉMOIGNE DE MOI, POCHE DE SANG! [WITNESS ME, BLOOD BAG!]. C’est un jeune homme complètement fanatique du V8 et d’Immortan Joe, bien représentatif à la fois de la quête de sens de toutes personnes mais aussi de la naïveté de la jeunesse de par sa capacité à se vouer jusqu’à la mort pour une cause. Assez rapidement dans le film, Nux change d’allégeance et aidera Max et Furiosa dans leur quête. Sachant la vie brève, il veut compenser en étant remémorer comme un héro, d'où son désir d'être "historique".
Max (Tom Hardy) et Furiosa (Charlize Theron)
L'impératrice Furiosa  lance l'intrigue du film en s'échappant de la citadelle suite à la réalisation qu'Immortan Joe trompe et abuse sa population. Elle a l’espoir de fuir pour rejoindre un coin vert qui serait localisée à 120 jours de route, et parce qu’elle souhaite sauver les femmes d’Immortan Joe de son emprise, un peu en réminiscence de son propre enlèvement lorsqu’elle n’était qu’une enfant.
Max, lui, est silencieux la plupart du temps. Il n’est pas motivé par l’espoir (un mot qu’il ne mentionne pas), mais par la justice, probablement pour se racheter de ne pas avoir pu défendre sa petite fille (dont l’image le hante constamment).
La quête de l’Impératrice Furiosa change à la moitié du film, à la suite d’une des premières répliques de dialogue de Max : « tu sais, l’espoir est une erreur. Si tu ne peux pas réparer ce qui est brisé, tu deviens fou. »  À partir de ce point, on ne parle plus d’espoir, mais de rédemption. Plus tard, alors que Max et Furiosa se mettent d’accord sur leur plan pour libérer la population de la citadelle d’Immortan Joe, Max dit : « au moins de cette façon nous serons capable.... ensemble... d’arriver à un genre de rédemption. »
En contraste, Immortan Joe prêche à sa population alors qu’il dissémine un peu d’eau du haut de sa forteresse : « Je suis votre rédempteur. C’est par ma main que vous serez élevés des cendres de ce monde. »



Max - la poche de sang sur une croix
Le sang, l’eau, le pétrole et le lait maternel (les vaches ne semblent plus exister) sont les ressources qui font rouler le monde de Mad Max avec une fascination religieuse. C’est l’eau qui donne à Immortan Joe son statut de rédempteur. Curieusement, c’est le sang de Max (il est donneur universel) qui lui permet d’être le vrai rédempteur du film. En partant à la poursuite de Furiosa, il est la poche de sang de Nux (qui a besoin de sang, puisque tout le monde est à peu près mourant) attaché sur une croix sur le capot de son auto (familier?). Puis à la fin du film, c’est aussi en transfusant de son propre sang qu’il sauve la vie à Furiosa. Ultimement, c’est précisément à cause de sa volonté de donner sa vie pour les autres afin de « faire quelque chose de juste » qu’il parvient à délivrer les captifs et à rendre la source d’eau vive accessible à tous. Mais être un sauveur c’est ingrat, et Max disparaît dans la foule alors que Furiosa est hissée au sommet de la forteresse, acclamée par le peuple qui jubile devant l’eau et la nourriture. 
Le rideau tombe sur cette scène et le film se conclut par cette citation :
« Où devons-nous aller, nous qui errons dans ce désert, à la recherche de nos meilleurs sois-mêmes. » 
- La Premier homme de l’histoire [Where must we go, we who wander this wasteland, in search of our better selves.                -The First History Man]
Cette question est la question que Mad Max: Furry Road pose et dont tous les personnages tentent de répondre le plus honnêtement possible. Le film semble conclure que la réponse que l’humanité doit poursuivre est dans les actes rédempteurs ce qui nécessite le don de soi. Même si Max et Furiosa sont des êtres brisés et blessés, ils parviennent à trouver un sens et une satisfaction en amenant la délivrance aux captifs, en punissant le mal et en rétablissant la justice. Tout cela est très coûteux, néanmoins c’est en en payant le prix que la rédemption est possible.
Conclusion et appréciation
Mad Max: Furry Road est réellement un film fascinant. Le rythme rapide de succession des plans, le heavy metal qui garde la tension constante, le soin des détails, l'utilisation efficace d'un personnage qui ne parle jamais mais dont tu as l'impression de connaitre et tellement d'autres. J’ai trouvé que les idées développées dans l’histoire étaient autant fascinantes que l’aspect art cinématographique, parce qu’ils viennent chercher des cordes sensibles chez l’être humain. Étant tous créés à l’image de Dieu et étant tous défigurés par le péché qui souille la création, nous soupirons avec un ardent désir d’être délivré de la futilité apparente du monde dans lequel on vit, qui par moment ne semble que se résumer à la souffrance et à la mort. Tout comme l’univers de Mad Max: Furry Road le présente, la vie des humains est une genre de course effrénée qui est assurément mortelle. Quelle en sera la fin? « Rouler en chrome » au Valhalla? Profiter d’un harem de femmes? Être honorés par les puissants de ce monde? Tout comme le film propose, il semble que l’existence humaine n’a de sens que lorsque justice est faite et que la rédemption s’accomplit par des actes de sacrifice de soi. Ceci pointe avec brio vers le trou en forme de Dieu, dirais-je même le trou en forme de croix, qui est dans le cœur de l’humain.
Pour tout cela et plus encore, je donne à Mad Max: Furry Road un 10/10.
« Où devons-nous aller, nous qui errons dans ce désert, à la recherche de nos meilleurs sois-mêmes. » 
Ce n’est pas tant une destination à laquelle il faut se rendre, mais une personne qu’il faut suivre. En étendant ses bras cloués à la croix, le Christ crucifié est la rédemption de l’humanité parce qu’il a porté sur lui-même le péché de tous ceux qui mettraient leur foi en lui pour la vie éternelle. Et il invite tous ceux qui mettront leur confiance à lui à l’imiter, et à étendre leurs bras vers les autres, et à porter leur croix afin d’être ses témoins autant en actes et qu’en paroles.
Convoi de War Boy

Quelques nouvelles et requêtes de prière
-J’ai transféré d’appartement cette semaine. Je suis désormais en collocation avec les amis que je me suis fait cette année. [Les standards d’hygiène sont beaucoup mieux aussi!!!]
-L’Hébreux va vraiment bien. Vraiment vraiment.
-Je suis allé voir les Rangers du Texas (Ligue majeur de baseball) ce samedi. Des amis ont reçus des billets gratuitement et m’ont invités! D’ailleurs, je suis aussi allé voir Mad Max gratuitement. Tsé quand je dis que je suis le séminariste le plus béni du monde!
-Requêtes : (1) concentration, discipline, acuité intellectuelle, (2) que je puisse grandir en grâce, en humilité et en service, (3) choix de mon stage au Québec été 2016 et (4) préparation de la prédication pour le CB 18+.
Je vous remercie beaucoup de votre soutient moral, spirituel et financier. Si vous avez des requêtes de prière aussi à me faire part, il me fait plaisir de prier pour vous. Vous n’avez qu’à m’écrire à < caron.marc.andre.bible@gmail.com >. Si vous voulez réagir personnellement à mes articles, vous êtes aussi les bienvenus d’utiliser cette même adresse.
Bonne semaine,
Marc-André Caron 

samedi 13 septembre 2014

Y’a du crack qui se vend là-bas, là aussi et derrière le liquor store



Mon église est située à 10 minutes du séminaire. L’utilisation la plus commune d’une poussette dans le coin n’est pas pour le transport d’enfants, mais pour servir de garde-robe aux itinérants.
Le genre de misère que je ne voyais pas trop au Saguenay parce qu’elle était mieux cachée.
Le 6 septembre dernier en me rendant à l’église avec un frère, on s’arrête pour discuter avec 2 sans-abri. C’est plus ou moins attirant un sans-abri, mais si tu passes outre ton chemin pour aller à l’église pour ensuite aller répandre la bonne parole, il y a comme un fossé gênant entre la théorie et l’application. Donc on s’arrête et on commence à discuter. L’un d’entre eux est vraiment « épeurant », pas propre, à l’air louche et instable.
Mon ami du séminaire discute de l’évangile avec l’un d’eux, puis nous sommes rejoints par un autre type de City Church. Puis un autre sans-abri arrive. C’est une épave humaine. Son langage est incompréhensible, sa barbe et ses cheveux sont d’une longueur qui témoigne qu’il a oublié l’hygiène depuis plusieurs mois et il est agressif et demande de l’argent. L’homme me taquine un peu et me dit des méchancetés, mais je n’en fait pas vraiment de cas parce que son anglais est incompréhensible.
Deux ou trois mètres plus loin, un quatrième type est assis, proprement vêtu. Je ne l’avais pas remarqué, un peu comme si mon cerveau l’avait ignoré tellement il ne cadrait pas dans le décor.
Il m’interpelle et je m’assois avec. Je m’aperçois qu’il a devant lui un verre d’alcool fort. On discute :
-« Ce gars là [l’homme qui m’avait insulté] n’est pas correct. Je respecte tellement ce que vous faites... prendre du temps pour nous parler et nous apporter la Parole... Ne fait pas attention à lui ».
[...]
- « Ça fait 28 ans qu’il est alcoolique chronique. Ça fait plus longtemps qu’il est dans la rue que nulle part ailleurs. Par exemple, si c’est planifié qu’il aille en réhabilitation demain à 3h00, et bien il n’ira pas. Il ne peut pas! Ensuite la semaine d’après il va prendre un nouveau rendez-vous, mais il n’ira pas ».
[...]
Puis il me parle de ce que c’est vivre dans la rue. Au travers de ces commentaires, cette phrase me frappe :
-« Y’a du crack qui se vend là-bas, par là et derrière le liquor store ».

Je lui pose des question sur son histoire personnelle:

- « Mon père était propriétaire d’un bar et était co-propriétaire d’un autre. Donc entre 14 et 15 ans, j’ai commencé à boire de la bière. C’est le seul modèle que j’ai connu ».
[...]
C'est pas du pepsi
- « J’ai été un alcoolique fonctionnel toute ma vie. Ça fait 3 semaines que je n’ai plus de travail et je bois depuis pour endormir l’ennui ».  
...
En cet après-midi de 13 septembre, je reviens d’aller porter une quarantaine de boîtes-repas résiduelles d’une conférence que nous avions au séminaire aujourd’hui. J’y suis allé avec le président des étudiants... un gars qui travaille dans les rues d’une grande ville au Mozambique l’été. Il me partageait comment la rue était un milieu épouvante : des femmes qui se vendent pour 3$ la nuit, la violence sexuelle homme sur homme, homme sur enfant, homme sur femme, la drogue, la violence, etc. Je traduis l’une de ces pensées : « La rue c’est un milieu épouvantable au-delà de tout ce que l’on peut penser. Tu arrêtes d’utiliser ton intelligence et tu te mets à vivre avec ton instinct. » Ensuite il me décrit la différence entre les différents types d’infections transmises sexuellement qu’il avait vu sur des enfants de la rue... J'ai appris que pour faire la différence  rapidement entre la gonorrhée et les autres, c'était l'odeur. Le genre d’histoire qui te vire à l’envers.
J’ai vu plusieurs fois des vidéos de « visages de crystal meth » (des vidéos avant/après de l’usage soutenu de cette drogue), en pensant à quel point c’était irréel et loin de ma réalité. Pourtant, présentement, c’est à environ 3 minutes d’où je dors. Quand j’étais au Saguenay, c’était là aussi, juste dans les endroits où je ne vais pas.
Alors que nous circulions sous les ponts pour aller à la rencontre des sans-abri, c’était frappant de les voir. Ils sont comme des zombies. Et ça brise le cœur, parce que ce sont des humains; ils sont magnifiquement créés à l’image de Dieu, pourtant leur extérieur est un témoignage criant de la violence du péché. Les choses ne sont ne sont pas comme elles sont sensées l'être et ce monde est profondément brisé.
Néanmoins je me réjouis de connaitre Dieu parce que l’évangile fournit un rock moral incontournable pour aimer son prochain et pour apporter l’espoir à quiconque, peu importe son contexte, son arrière-plan ou les chaines de ses addictions.
Jésus et la femme samaritaine
Jésus allait au-delà des barrières raciales, économiques, politiques et religieuses. Le récit de la femme samaritaine dans Jean 4 est un exemple prenant que l’évangile ne discrimine pas. La narration commence même par « comme il fallait qu’il passe par la Samarie » (Jean 4:4), dénotant le sentiment de nécessité pour Jésus de traverser ce territoire que les Juifs contournaient pour éviter les Samaritains qu’ils considéraient comme des bâtards à la religion hérétique. L’évangile va partout, pas juste dans les belles places.
Néanmoins, Jésus rencontre une femme samaritaine aux abords d’un puits vers midi. Midi étant le moment le plus chaud de la journée, ceci sous-entend que cette femme était une paria qui allait au puits à cette heure pour ne pas croiser personne. On peut penser qu’elle était une prostituée. Néanmoins, Jésus, sans égard à la protection de sa réputation de leader spirituel, l’aborde et lui adresse la parole.
Quand ces disciples le rejoignent (Jean 4:27), « ils furent surpris », parce que c’était quelque chose d’inacceptable socialement. On se rappelle que dans le monde Gréco-romain, et Juif d’autant plus, tu n’adresses pas la parole à une femme qui n’est pas de ta maison. Un peu comme si un rabbin orthodoxe allait au cœur de Gaza aujourd'hui pour déjeuner un de ces samedi matin.
Néanmoins, même si c’est une samaritaine, une pécheresse et une femme, Jésus lui adresse la parole et lui accorde l’amour et la reconnaissance que tout humain est en droit de recevoir. Il lui fait une offre fantastique en Jean 4:14 « [...] celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.» 
L’évangile ne discrimine pas. C’est tout le contraire. C’est le message d’un Dieu compatissant vers une humanité brisée. J’ai été frappé et attristé de rencontrer ces hommes. Mais en même temps je suis content parce que l’évangile c’est l’espoir libérateur de tous le monde. Du plus riche président directeur général jusqu’à mon ami de la rue.

Nouvelles et requêtes de prière :
-Mon futur stage. J’ai appris cette semaine que mon stage n’avait pas besoin d’être dans le même lieu pour les 3 sessions qu’il doit durer. Je vais surement faire mon stage comme assistant d’un professeur du séminaire. Ceci me permettrait de revenir au Québec durant l’été 2016 pour faire davantage de « terrain ». C’est encore très flou et les possibilités sont vastes.
-Mes samedi d’évangélisation avec City Church
-Le bon déroulement de mes études : l’énergie, la passion, l’intelligence et surtout la connaissance personnelle de Dieu.

J’aimerais prier pour vous. Si vous le désirez, vous pouvez m’écrire par facebook ou par courriel à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>.

Merci de votre soutient, de vos encouragements, de vos prières et de vos bons mots. Ils font une différence, vraiment.

Marc-André