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lundi 30 juillet 2018

Le christianisme réduit et minimisé est un humanisme, mais ce n'est pas le christianisme


Voici un article intéressant de Sébastien Lévesque, l'un de mes anciens profs de philo au cégep de Jonquière:
https://www.lequotidien.com/chroniques/sebastien-levesque/le-christianisme-est-un-humanisme-2d16abfe04bb90bf4fca6bc7afb9f196
Dans sa chronique, M. Lévesque avance  que nous, les Occidentaux, sommes tellement accoutumés aux valeurs de notre héritage chrétien qu'on les prend pour acquis sans reconnaitre leur origine. On est comme des poissons qui sont surpris de se faire demander "comment trouvez-vous votre eau?", ne réalisant pas que c'est ce que l'on respire. En effet, des choses comme la société de droit, les valeur inaliénable de la vie humaine, les droits universelles, les hôpitaux, le soin des pauvres, les hospices, la trajectoire vers l'égalité, le rejet de la violence et la norme de la fidélité amoureuse. En ce sens, M. Lévesque fait réaliser à ces étudiants, qui en sont surpris, leur grande dette envers toute la tradition chrétienne. Ceux-ci ignorent que l'eau dans laquelle ils nagent provient du Christ, la source d'eau vive! L'article de M. Lévesque est donc nuancé et fascinant, mais j'aimerais apporter quelques commentaires quant à son titre et son dernier paragraphe. 
L'article s'intitule "le Christianisme est un humanisme," mais l'humanisme n'est pas défini (ce n'est pas un blâme, ce serait fort ennuyeux pour une chronique de cette taille). Je vais présumer que par humanisme, M. Lévesque voulait dire quelque chose comme une philosophie qui rend les choses plus humaines, plus supportable pour l'humanité. 
Je cite ici son dernier paragraphe: "Dans l’éthique du Christ, l’être humain occupe donc une place centrale. Le salut dont il nous parle n’est d’ailleurs pas autre chose qu’un appel à aimer son prochain et à aller vers les plus défavorisés. C’est précisément ce qui fait du christianisme un humanisme. Autrement dit, c’est dans la relation à l’autre que la morale chrétienne prend tout son sens, non dans l’accomplissement de certains rituels religieux. C’est aussi pourquoi le message du Christ n’appartient pas qu’aux chrétiens à proprement parler, mais à tous ceux qui rêvent d’un monde où l’amour et la compassion seraient au cœur des relations humaines."
Effet de ricochet
Ce que je souhaite commenter dans son paragraphe, c'est la fâcheuse tendance à divorcer l'éthique de la foi. On ne peut constater les ondulations de l'eau qu'après avoir lancé une pierre dans un étang; on ne peut pas avoir les effets de quelque chose sans en accepter la cause première. La cause du christianisme, c'est la croyance en la résurrection du Fils de Dieu -- Dieu a précipité la fin des temps et par la croyance dans la mort, l'ensevelissement et la résurrection de Jésus les chrétiens sont pardonnés de leurs péchés, réconciliés à Dieu et équipés pour être des agents de réconciliation, pour vivre comme s'ils vivaient déjà dans le Royaume de Dieu (bref, vivre 'l'éthique chrétienne' du sermon sur la montagne et du Nouveau Testament). 
Quand M. Lévesque écrit "Le salut dont il nous parle n’est d’ailleurs pas autre chose qu’un appel à aimer son prochain et à aller vers les plus défavorisés," il fait donc erreur car il réduit le Christianisme à l'UN de ses effets, c'est-à-dire le devoir du chrétien de se tourner vers les autres. Il s'agit d'une erreur fondamentale car en détachant le Christianisme de sa cause première (le message de mort à soi-même du Christ par lequel on obtient paradoxalement sa vie) il met en péril la pérennité de ses effets, l'éthique chrétienne. 
Lorsque M. Lévesque dit " c’est dans la relation à l’autre que la morale chrétienne prend tout son sens, non dans l’accomplissement de certains rituels religieux." Il y a ici une fausse dichotomie. Nous sommes ce que nous aimons, ce que nous adorons. Si ce que j'adore le dimanche c'est un Jésus compatissant et crucifié pour l’amour du monde, alors je serai compatissant. Si ce que j’adore le dimanche matin c’est un Jésus blanc et xénophobe, alors je serai un suprémaciste blanc. Si ce que j'adore tout le long de la semaine c'est mon compte en banque ou mes loisirs, alors je serai nombriliste. Les êtres humains, avant d'être des philosophes, sont des amoureux, des adorateurs. Dis-moi ce que tu adores et je te dirai comment tu vies. 
Quand M. Lévesque dit "C’est aussi pourquoi le message du Christ n’appartient pas qu’aux chrétiens à proprement parler, mais à tous ceux qui rêvent d’un monde où l’amour et la compassion seraient au cœur des relations humaines." Pour profiter des effets du message du Christ (les ondulations de l'eau), il faut recevoir la bonne nouvelle (la pierre dans l’étang). On pourrait me répondre à juste titre que l'amélioration des conditions de vie dans la société est menée de l'avant par une majorité de non-chrétiens de nos jours et donc que la morale n'est pas le bien unique des chrétiens. Tout-à-fait, c'est vrai! Mais je souhaiterais gratter plus loin, puisque M. Lévesque a parlé du "message du Christ."
Way of the Cross - Ted Degrazia
C'est là où je veux discuter de son titre, "Le christianisme est un humanisme." Je dirais qu'un christianisme réduit et minimisé est un humanisme, mais je ne dirais pas du tout que le christianisme est un humanisme. L'enseignement de Jésus va beaucoup plus loin "qu’un appel à aimer son prochain et à aller vers les plus défavorisés." Pour Jésus, le problème fondamental de l'être humaine est celui du cœur: "Car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les débauches, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l'homme." (Évangile de Marc 7, 21-23). Pourquoi Jésus est-il venu sur Terre? Non pas pour prêcher une nouvelle moralité (ce serait revenu à mettre une nouvelle peinture sur une maison pourrie), mais, selon ses propres mots: "Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médécin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs" (Évangile de Marc 2, 17). Jésus a un problème avec les gens qui se croient assez bien, car ce sont précisément ceux-là qui refusent de faire face au problème de leur cœur, au problème du péché. Jésus est venu pour guérir nos cœurs du péché, pour nous réconcilier à Dieu en portant à notre place nos péchés: "car le Fils de l'homme [Jésus] est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de beaucoup" (Évangile de Marc 10, 45). Jésus est ressuscité, ayant brisé le pouvoir de la mort. Jésus invite tous ceux qui veulent être pardonnés de leur péché et qui veulent être sauvés à placer leur foi en lui et à eux-aussi porter leur croix: "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera" (Évangile de Marc 8, 34-35). Le message du pardon des péchés de la résurrection n'est pas déconnecté du soin des pauvres et de l'amour du prochain; il en est la base, le moteur et la cause sine qua non pour que le Saint-Esprit transforme radicalement la vie de l'individu qui se repent et confesse Jésus comme Seigneur. Pour les disciples de Jésus, la question n’est pas si la moralité et les bonnes œuvres sont importantes; la question est d’où est-ce que la moralité et les bonnes œuvres proviennent? En minimisant le christianisme, on peut en faire un humanisme, mais en faisant cela on passe à côté de sa puissance révolutionnaire, celle d'un cœur changé.
Encore une fois merci à M. Lévesque pour son article juste et stimulant. J’ai apprécié le lire et dialoguer avec celui-ci.

Grâce et Paix,

Marc-André

dimanche 22 novembre 2015

Le problème c’est la religion

Difficile 2 semaines : Paris, Beyrouth Bagdad... il y a beaucoup de tragédies sur lesquelles pleurer, ou prier #PrayforParis,  ou se dissocier #NotInMyName.
Beaucoup ont dit que le problème, c’est la religion.
Et ils ont raison... selon la Bible!
Le portrait lucide du livre de l’Apocalypse (dernier livre de la Bible) est une fin du monde où l’humanité est amenée à sa destruction par une religion mondiale dans un gouvernement mondial (Avenged Sevenfold a même fait une chanson là-dessus, the Beast and the Harlot!). Donc la Bible vous donne raison, vous tous qui rêvez d’un monde sans religion : selon son pronostique, tout va mal finir sur Terre à cause de la religion.
Tsé quand on parle d’un allié inattendu?
Raisonnement myope
Mais est-il juste de faire reposer tout le blâme des maux de l’humanité sur la religion? C’est tentant en effet... l’Islam et le coran sont actuellement le terreau fertile pour la violence et la guerre sainte (tout comme le furent toutes les religions du monde... et le communisme, le colonialisme, l’impérialisme et l’athéisme il n’y a pas si longtemps). Mais aussi : les frustrations, la pauvreté, la marginalisation, la faim, l'ignorance, etc.!
Je viens de faire un amalgame de quatre catégories différentes: le religieux, le politique, le philosophique et le social. Par les mêmes critères de ceux qui condamnent la religion, ne faudrait-il pas aussi condamner ces précédentes catégories?
Le raisonnement est myope parce qu’il se borne à ne condamner que le religieux. Le raisonnement serait bon si il condamnait à part égal tout ce qui est condamnable, e.g. le politique, le philosophique le religieux et les dysfonctions/inégalités sociales.
Quel est le dénominateur commun de ces catégories?
Eh.... ?
..... les humains?
Peut-être qu’il y a quelque chose de fondamentalement pourri dans le cœur de l’homme? On pourra chercher un bouc émissaire en pointant du doigt l’ennemi public du moment, mais ce sera toujours myope parce qu’on coupera toujours le pissenlit au lieu de le déraciner.
 « Car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. » Marc 7.21-22
En d’autres mots, l’humain aura toujours une façade pour justifier ce qu’il entend faire.
On pourra me dire : « mais alors, si tout le monde est coupable, alors personne n’est coupable [pour Paris, pour le terrorisme, pour le réchauffement planétaire, pour la pédophilie, etc.]? » Je ne dis surtout pas qu’il ne faut pas combattre les idéologies violentes puisque toutes idéologies peuvent être violentes, ou encore qu’il ne faut pas agir pour la paix parce que la nature de l’humain garantie la guerre.
Voici mon espoir : mon espoir est que Christ reviendra un jour pour essuyer toutes larmes et pour établir son royaume. Le roi est absent, mais il revient bientôt. Il appelle les humains à se repentir et à chercher le royaume de Dieu par dessus-tout: vivre selon les règles du royaume, quand bien même les règles de celui-ci ne sont pas honorées sur la Terre présentement. C’est ce que les serviteurs du royaume se sont fait confier.
C’est la grandeur du Christianisme, parce qu’il offre la réponse la plus puissante aux deux plus importantes questions :(1) Pourquoi le monde est-il autant merdique et (2) pourquoi l’espoir? Le Christianisme offre l’espoir. La merde c’est le péché, ce cœur tortueux de l’humain; l’espoir est Christ. Pour chaque flocon de neige, il peut y avoir un viol. Pour chaque élément d’ordre, il y a désordre. Et voici, le roi revient bientôt. Ce n’est pas l’absurdité du nihilisme, ni l’optimisme myope et sans fondement de l’humanisme, mais l’espoir solide du Christ ressuscité qui revient.
Voilà pourquoi #PrayforParis peut être puissant. #PrayforParis est impertinent dans la mesure où le mot désigne une expression creuse déculpabilisatrice qui renvoie à la seule chose possible à faire quand on ne peut rien faire, mais #PrayforParis est pertinent quand il est une vraie prière : une communauté de foi qui dit en cœur « que ton règne vienne » : c’est à la fois (1) une prière pour le retour du roi et (2) un impératif communautaire à vivre sur Terre selon les règles du royaume même si celui-ci est absent. C’est une insurrection contre le chaos, la violence et l’injustice, et une recherche commune pour établir la justice.
Donc... la religion est le problème? Mieux encore, le cœur de l’humain est le problème. Pour moi comme chrétien, j’espère me battre pour la paix et la justice toute ma vie (bien que je n’ai pas fais grand chose jusqu’ici, mis à part taper sur mon clavier), mais mon espoir n’est pas dans le monde imaginaire et myope de John Lennon et de sa chanson Imagine : mon espoir est en Christ, lui qui fera toutes choses justes quand il paraîtra.
Un exemple : les réfugiés syriens
Je suis content que les gouvernements Couillard et Trudeau gardent le cap sur l’accueil de quelques réfugiés syriens supplémentaires.
Le sondage effectué par La Presse met de l’avant que 60% des Québécois disent non aux réfugiés.
À ce propos, je partage ici les commentaires d’un de mes amis (et prof de grec durant l’été 2014), Justin Bass, qui commente à propos de la situation aux États-Unis, là où l’accueil de quelques réfugiés syriens est encore incertain:

Si c’était une question à propos de si oui ou non les églises devraient loger et accepter les réfugiés fuyant un génocide dans un autre pays, alors ce serait noir ou blanc pour les Chrétiens. Nous devrions faire tout ce que nous pouvons pour aimer, soigner et accueillir ces réfugiés.
« 17 Car l'Éternel, votre Dieu, est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, fort et terrible, qui ne fait point acception des personnes et qui ne reçoit point de présent, 18 qui fait droit à l'orphelin et à la veuve, qui aime l'étranger et lui donne de la nourriture et des vêtements.19 Vous aimerez l'étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte. » (Deut. 10:17-19)
« 27 La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde. » (Jac 1:27)
Cependant, puisqu’il s’agit d’une décision du gouvernement américain, je pense que les Chrétiens peuvent tomber des deux côtés de la question. Il y a plusieurs bonnes raisons pourquoi nous ne devrions pas supporter l’influx de réfugiés dans notre pays de par les menaces sérieuses de terroristes parmi eux.  D’un autre côté, il y a plusieurs autres bonnes raisons pour lesquelles nous, en tant que nation, devrait compatir et les accepter.

Mon opinion personnelle sur le sujet est que nous, en tant que chrétiens, devrions pousser pour que le gouvernement (et nos États) les acceptent. Je dis ceci en sachant très bien qu’il est très probable que quelques terroristes puissent se faufiler parmi eux. La compassion sacrificielle implique toujours un risque. Le bon Samaritain a pris un risque alors qu’il aidait l’homme gisant moitié mort au long du chemin. Ce gars aurait pu faire semblant, et alors que le Samaritain se penchait pour lui venir en aide, aurait pu le poignarder et lui voler tout ce qu’il avait. Quand on aide les gens qui souffrent, il y a toujours un risque. Il y a cependant une façon d’éliminer tous risques: ne rien faire. 

Visiblement, je ne connais rien à l’immigration, aux réfugiés et aux données factuelles quant aux arguments négatifs et positifs de ce cas, mais l’auto-préservation absolue telle qu’exprimée sur Internet ces jours-ci n’a rien de chrétien.


"Ces gars ne sont pas les héros de l'histoire"
"Ce gars est le héro de l'histoire (c'est lui que tu veux imiter)"
"Cours biblique 101 pour les gouverneurs durant la crise des réfugiés"  


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Quelques nouvelles et requêtes de prière
Je viens de compléter ma semaine de lecture (de « relâche »). Je l’ai passé à analyser le plus petit manuscrit des évangiles au monde, GA 2364. Vous pouvez y jeter un coup d'oeil au lien suivant. Chaque page fait 9 cm par 7 cm. C’est pour un projet de session dans le cadre de mon cours de critique textuelle, sur lequel j’écrirai prochainement pour expliquer qu’est-ce que c’est. La semaine prochaine, c’est aussi congé pour l’Action de grâce américaine. Je passerai la semaine à travailler encore sur des vieux manuscrits... :)
Je prends l’avion le 16 décembre. Ma session progresse bien; vraiment tout va bien. C’est fou de penser qu’il y en a déjà une autre de compléter. Le temps ici passe tellement vite.
Requêtes : (1) passion, acuité intellectuelle, discipline; (2) grandir en grâce, vérité et service; (3) stage académique (printemps et automne 2016) et stage pratique en été 2016 au Québec.
Je vous remercie de votre soutien financier, moral et spirituel. Je suis réellement le séminariste le plus béni au monde, à cause de vous.

Marc-André Caron




dimanche 25 octobre 2015

La valeur de ma sœur Laurie - Un souper presque parfait


Cette semaine à Un souper presque parfait, une jeune participante a dit : «Je me disais les handicapés, y’ont pas leur place dans la société, genre. [...] «On peut pas traiter les handicapés genre, pis le monde qui sont fous genre, de la même façon que nous, tsé ils font pas partie de la société, en tant que telle, parce que nous on paie pour eux, mais eux autres ils contribuent à rien dans la société donc c’est une classe à part.»[i]
 ...
J’ai une sœur sévèrement handicapée. Elle s’appelle Laurie. Laurie est une étrange bibitte d’habitude, mais extrêmement attachante. Souvent elle bougonne quand les choses ne font pas son affaire. Elle est gâtée, super bien habillée et territoriale : elle a vraiment de la misère avec les autres bébés, parce qu’elle les voit comme des menaces pour l’attention de sa maman.
Elle aime le fromage en grains, le pain blanc, mais elle a surtout une passion pour les sacs-à-main et les porte-clefs. Ses sacoches sont si importantes que l’une de ces fois, l’une de ses enseignantes a rapporté à la maison la sacoche de Laurie après qu’elle se soit rendue compte qu’elle l’avait oubliée à l’école.


Ça fait 18 mois que j’habite à Dallas et elle me manque beaucoup. Je pense que c’est la personne avec qui je suis le plus intime, Laurie. C’est un peu fou, je sais, parce que Laurie ne parle pas. En fait, quand j’explique qui est ma sœur, je dis qu’elle est comme « un bébé de 2 ans ou un gros chat ». 
Elle est passée au travers de beaucoup de souffrances physiques. C’était vraiment terrible il y a un an. Elle va assez bien ces jours-ci.
Mes interactions avec Laurie sont largement positives, mais ce n’est pas moi qui lui donne ses soins. Mon père et ma mère, - ma mère principalement -, sont ceux qui s’en occupent, assistés d’intervenants à domicile. Laurie nécessite des soins au levée, pour l’hygiène, pour s’habiller, pour ses besoins, pour manger, pour la superviser constamment et au couché. Bref, c’est constant, et c'est du lourd.

D’un point de vue utilitariste, elle est inutile. Laurie ne contribue pas à la société. Zéro.
Que faut-il pour que Laurie mérite la vie et ait de la valeur? Faut-il qu’elle contribue à l’économie? Faut-il qu’elle soit une personne? Devrait-on prendre soin d’elle dépendamment du résultat d’une équation?
Il semble que tout le monde a écrit quelque chose à propos de ce que la jeune participante a dit à Un souper presque parfait. Plusieurs textes que j’ai lus parlait de la valeur des « handicapés ». Mais les « handicapés » n’ont pas besoin d’avoir de valeur. On n'a pas besoin de dire « je connais XYZ qui est sourd-aveugle-muet et il a inventé Google! Alors voyez, nous avons besoin des handicapés ! » Dire ça sous-entend que la contribution sociale est un critère important. Je crois que c’est d’entrer dans un jeu auquel il ne faut pas jouer. Faut-il vraiment contre-argumenter comme un utilitariste pour démontrer que les "handicapés" ont une place dans le monde?
Aux yeux de ceux qui parlent le langage de Dieu (c.-à-d. l’amour dans la communion), la contribution sociale de Laurie cesse d’être un critère. 
Laurie et moi
Laurie n’a pas à remplir les critères pour être qualifié de "personne." Laurie n'a pas non plus à être un agent économique. Je dis ça non pas parce que je pense que Laurie n’est pas une personne ou un agent économique, mais parce que je pense que ces critères sont largement impertinents, parce que Laurie c’est Laurie; Laurie, fille de Christian, fille de Cécilien, fille d’Alphonse, [...] fille de Dieu. Laurie c’est Laurie, ma sœur.  Prendre soin de Laurie ne dépend pas de si elle contribue à la société, ou si elle se mérite le statut de « personne ». Les gens autour d'elle reconnaissent bien sa valeur, une valeur qui ne se calcule pas mais qui se sait dans le cœur.
La valeur d’un individu est intrinsèque, parce que les humains sont créés à l’image de Dieu, même si cette image est défigurée. La disposition a vouloir prendre soin de quelqu’un d'autre dépend de l’attitude qu’on lui porte : que ce soit un aîné mourant, ma sœur Laurie, un bébé en gestation non-désiré, ou un itinérant manipulateur.  
Ce qui explique pourquoi la plupart des commentateurs sur l’histoire ont recommandé à la jeune participante d’aller rencontrer des personnes handicapées : on se rend rapidement compte que la vie c’est plus que l’apport économique, mais c’est connaitre et être connu, aimer et être aimé. L’handicapé qui se tient à distance et qu’on appelle "handicapé" peut bien mourir, mais avoir une Laurie te permet de savoir que tout ne se sait pas que par un calcul froid. 

Heureux les affligés, car ils seront consolés!



[i] C’est évident la jeune participante parle par ignorance et naïveté. Elle aura surement beaucoup appris dans les derniers jours et j’espère qu’elle ne sera pas anéantie par une lapidation publique. La réponse de M. Stéphane Laporte était pleine de grâce et de bon sens : http://plus.lapresse.ca/screens/83fc0e8d-9f8d-4e3f-9402-3097df6d5958%7C_0.html



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Quelques nouvelles et requêtes de prière
Le semestre progresse, plus de la moitié est déjà écoulée! Tout va bien à l’école. Je suis en santé et je me sens particulièrement fortifié par l’Esprit.
Je serai au Québec du 16 décembre jusqu’au 6 janvier. Ce sera mon plus long congé depuis que j’ai commencé à DTS. D’ici là, j’ai beaucoup à faire. Je ne pense pas pouvoir relâcher du tout pendant le deux semaines de vacances que nous en novembre (semaine de lecture + semaine de l’Action de grâce américaine).
Bref, pas de nouvelle, bonne nouvelle!
Requêtes de prière: (1) motivation, discipline, passion et acuité intellectuelle, (2) grandir en sainteté, en service et en amour, (3) samedi prochain (1 novembre) mon église à Dallas organise une fête de quartier.
Merci de vos prières, de votre support moral et financier. Je remercie le Seigneur chaque jour pour vous. Qu’il fasse briller sa face sur vous!

Marc-André Caron 

dimanche 28 juin 2015

Jésus et la communauté gai: l’amour vrai et le séparatisme haineux


Ce vendredi, la Cour suprême des ÉU a légalisé à l’échelle nationale le mariage homosexuel. Je ne souhaite pas commenter sur la décision de la Cour suprême, mais commenter sur la réaction de certains chrétiens qui se permettent des remarques haineuses. Puis, je veux encourager les chrétiens à agir envers la communauté gai de la même façon que Jésus le ferait. En écrivant ceci, je présuppose une vision chrétienne traditionnelle de l’éthique sexuelle (i.e. que la pratique d’un style de vie homosexuel est une corruption du don de la sexualité, un péché). [Si vous n’êtes pas particulièrement intéressé par mon traitement du texte biblique, vous pouvez sauter au 2e sous-titre.]
Encourager à agir comme le ferait Jésus envers la communauté gai
Pour faire mon point, j’expliquerai à qui Jésus s’intéressait et comment il agissait avec eux.
Au 1er siècle en Palestine, tous les Juifs attendaient le Messie, mais différents groupes l’attendaient de différentes façons.
D’abord il y a les pharisiens. Les pharisiens étaient un groupe politico-religieux. Leur nom signifie « les séparés ». Ils attendaient le Messie en se gardant pur et en refusant de communier (de manger à la même table!) avec les pécheurs de toutes sortes.
Les esséniens, eux, croyaient que toute la société étaient corrompue, alors ils se sont isolées dans des communautés fermées dans le désert en attendant le Messie.
Ceux qui croyaient être prêts à recevoir le Messie ne l’ont pas reçus, et Jésus n’est pas aller vers ceux qui se croyaient purs, mais vers les marges, les exclus et les immoraux. Ceux qui étaient supposés l’attendre (les pharisiens) vont finalement le faire crucifier.
Entre Luc 4:31-8:56, Jésus fait ses premiers disciples. Dans 4.31-37, Jésus fait son premier miracle : il chasse un démon. Dans 4.38-39, Jésus guérit une malade, la belle-mère de Simon. Les juifs percevaient certaines maladies comme étant le jugement de Dieu. Entre 4.40-44, Jésus s’exténue à guérir d’autres malades et à chasser d’autres démons. Entre 5.1-11, Jésus prend son cercle intime parmi des pêcheurs galiléens. Entre 5.12-15, un lépreux (une maladie de la peau qui te condamne à être en marge de la société; style un gars qui a le SIDA dans les années 1980) s’approche de Jésus, tombe à ses pieds et se met à le prier. Jésus « étendit la main, le toucha » puis il le guérit. Entre 5.17-26, Jésus guérit un paralytique.
Puis entre 5.27-32, Jésus se fait l’ami d’un collecteur de taxes. Ceux-ci étaient perçus comme des traitres nationaux, étant même exclus des synagogues. La crème des crapules. Qu’à cela ne tienne :
Luc 5.27-28 : Après cela, Jésus sortit, et il vit un collecteur de taxes, nommé Lévi, assis au bureau de collecte. Il lui dit: Suis-moi. Et, laissant tout, il se leva, et le suivit.
La personne à laquelle Jésus s’intéresse est un exclu, possiblement quelqu’un qui aimait davantage l’argent que la religion de son peuple. Que Jésus choisisse Lévi n’est pas un accident: il sélectionne consciemment un indésirable afin de défier les idées reçues à propos de qui peut recevoir la miséricorde de Dieu.
Luc 5.29-30 : Lévi lui donna un grand festin dans sa maison, et beaucoup de collecteurs de taxes et d'autres personnes étaient à table avec eux. Les pharisiens et les scribes grommelèrent, et dirent à ses disciples: Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les collecteurs de taxes et des pécheurs?
Deux choses : (1) ce que Jésus fait ici est risqué. Il risque son autorité de leader spirituel en s’assoyant à table avec des impurs. (2) La question des pharisiens/scribes sous-entend que le peuple de Dieu est une bulle hermétique qui ne doit accepter que ceux qui sont assez purs.
Le point du passage concerne la portée de la mission de Jésus et ce que doivent être les préoccupations des disciples. Si Jésus a cherché à sauver ce qui était perdu (Luc 19.10) en s’associant avec les exclus de sa société, à combien plus forte cela devrait-il être le cas avec ses disciples?
Luc 5.31-32 : Jésus, prenant la parole, leur dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler à la repentance des justes, mais des pécheurs. [litt. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance]
Jésus est concerné par les pécheurs, et non par les justes (et la désignation de « juste » est ironique, parce que n’est point juste celui qui croit l’être). L’objet de la mission c’est la repentance. Observons 2 choses : (1) ce que Jésus fait : il s’associe aux pécheurs, mange avec eux et étend l’amour de Dieu. Ça lui vaudra en Luc 7.34 l’accusation par les pharisiens d’être « l’ami des collecteurs de taxes et des pécheurs. »  (2) Ce que Jésus ne fait pas : (a) un commentaire facebook haineux, (b) répandre des stéréotypes, (c) penser que le monde s’écroule, (d) dire des insultes, (e) refuser de s’associer et de s’en faire des amis, (e) organiser un mouvement politique de persécution des minorités.
Quel est le parallèle entre ces exemples du 1er siècle et la communauté gai?
Je veux que ce sois clair que je ne fais pas la comparaison entre la lèpre (ou tous autres exemples dans ces passages) et la communauté gai. D'autre part, c'est le christianisme qui est la marge aujourd'hui, et non la communauté gai.
Tout comme Jésus allait agressivement à la recherche des exclus/ indésirables/ parias/ immoraux et s’associait aux franges marginales de la société juive: les possédés, les malades, les collecteurs de taxes, les pécheurs, les pêcheurs, les paralytiques et les femmes (un scandale pour un Juif du 1er siècle), ainsi suivre Jésus au 21ième siècle c’est le suivre dans son amour, l'amour qu'il avait envers les pécheurs de son époque. Et le parallèle est que si les chrétiens croient que la communauté gai est caractérisé par un style de vie immoral, alors suivre Jésus c’est d’aimer la communauté gai, puisque c'est ce qu'ils faisaient avec les gens qu'il appelait à la repentance.
Jésus n’était pas intéressé à crier à distance dans son tuxedo blanc immaculé. Quand certains disent « Eurk les gais vont se marier : c’est la fin du monde », ils sont les pharisiens que Jésus oppose fortement et qu’il dénomme « sépulcres blanchis » parce qu’ils se plaisent à pointer le péché des autres tout en ignorant les leurs.  
La mission de Jésus n’est pas accomplie par le séparatisme. Jésus n’attend pas que les pécheurs se purifient et deviennent dignes de lui: il va lui-même à leur rencontre. Il les accepte en tant que personne, puis il les met au défi de rencontrer le Dieu qui guérit les blessures et qui ramène à la santé. « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance ».   
Certains pourraient critiquer l’intégrité de Jésus. Ce que Jésus démontre, c’est l’étendue de la compassion de Dieu et la profondeur de sa grâce. En acceptant les personnes et en « étendant la main vers eux, » ces personnes peuvent commencer à s’ouvrir à Dieu et à être challengé par celui-ci. Il faut une porte ouverte pour créer un cœur ouvert.[1]
Et ses disciples ne devraient pas faire pareil?
Voici ma suggestion: (1) refusez d’agir en pharisien : les jugements haineux, les prophéties à 5 cennes (« le SIDA est votre malédiction! »), les stéréotypes ignorants (« tous les gais sont des pédos ») et le séparatisme (« je me tiens loin de ce genre de monde! »).
(2) Marchons dans les pas de Jésus. Ça signifie s’associer avec ceux avec lesquels nous sommes en désaccords et s’en faire des amis. S’intéresser à eux. Être vrai. Ne pas les réduire à une étiquette comme « lui c’est un ... ». Les aimer pour vrai. Inviter son voisin à souper. Les faire sentir davantage aimé qu’ils ne l’ont jamais été ailleurs. Être là pour eux quand ils ont des difficultés. Tsé, tout comme Jésus a été « l’ami des collecteurs de taxes et des pécheurs. » Si il y a un changement chez n’importe quel pécheur (desquels les chrétiens sont les premiers), ce ne sera pas causé par des remarques caustiques, mais par la puissance du Saint-Esprit.
Jésus a ouvert ses bras bien grands sur la croix pour offrir une accolade à tous ceux qui se tourneraient vers lui. En demandant aux chrétiens de porter leur croix, Jésus leur demande aussi d’ouvrir les bras et d’étendre son amour à tous, et dans notre cas d’aujourd’hui, la communauté gai. Le péché des pharisiens était l’exclusion des marges et la dureté de leur cœur, et l’un des péchés de l’Église occidentale est la persécution des minorités sexuelles divergentes et sa bigoterie pharisienne envers celles-ci.
Ça me rappelle une fille (nommons-là Jeanne) qui venait au groupe jeunesse depuis 1 an et demi. Jeanne avait eu une enfance rough et cherchait beaucoup d’attention: bisexuelle, tatous, perçages, comportement et discours hyper-sexualisé. Durant un certain été, Jeanne nous demande à un collègue et moi ce que la Bible dit sur le sujet de l’homosexualité. On lui donne le message. Quelques mois plus tard lors d’un party de Noël je lui demande : « Je suis curieux Jeanne, même si tu sais ce que nous croyons sur ton mode de vie, comment ça se fait que tu continues de venir au groupe jeunesse? » Et Jeanne de répondre : « même si je sais que vous n’êtes pas d’accord avec ça, je n’ai jamais été autant accepté ici que nulle part ailleurs. »
Si vous voulez communiquer avec moi, je vous invite à le faire à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>.
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Compelling Love & Sexual Identity : Connecting Beyond Tolerance. Si vous comprenez l’anglais, voici un film fort intéressant (et touchant) qui s’interroge sur la coexistence de différences opinions sur l’éthique sexuelle. En d’autres mots, comment peut-on s’asseoir à la même table et communiquer avec quelqu’un avec qui nous sommes en désaccord des croyances de base?

Quelques nouvelles et requêtes de prière :
-Jessica Gravel, de passage dans le Sud des ÉU, est venue me visiter samedi soir au séminaire. C’était plaisant de voir une bonne amie !
-L’hébreux va bien. Vendredi prochain j’ai mon examen final pour mon premier cours. Ensuite durant le mois de juillet je fais mon 2e cours d’hébreux.
-La préparation de mes messages pour le camp 18+ chemine bien. En fait, le matériel que je développe ici est en partie le fruit de mon exégèse faite en préparation de cette fin de semaine.
-Requêtes de prière: (1) humilité, grâce et service, (2) CB 18+ (préparation et pour les gens qui y seront), (3) choix d’un stage à l’été 2016 au Québec (4) discipline, acuité intellectuelle et concentration (j’ai eu de la misère cette semaine).
Merci de m’avoir lu et de votre support moral, financier et devant le trône du Père. Je vous souhaite une bonne semaine.
Marc-André Caron




[1] Darrell Bock, Luke 1:1-9:50 (Grand Rapids, MI : Baker, ECNT, 1994), 500.

dimanche 11 janvier 2015

Charlie Hebdo - sur le bien-fondé des face-à-faces entre systèmes de valeurs



L’attaque terroriste contre Charlie Hebdo m’a vraiment secoué. « Se battre pour les idéaux libéraux »... ça a pris un sens terriblement significatif pour les personnes assassinées. Je suis heureux de vivre dans une culture où les libertés individuelles, dont la liberté d’expression, sont fondamentales. Ces valeurs ont d’ailleurs émergées dans la culture occidentale suite à quelques siècles d’entre-destruction des royaumes « chrétiens ».
C’est un jugement anachronique que de regarder le passé des Guerres de religion en Europe et de les critiquer comme étant stupides (même si, de notre perspective, elles le furent certainement). Mais d’un certain sens, le monde occidental avait « besoin » de passer par ces batailles pour en arriver à un bagage d’idées qui a permis à ses nations de se construire sur les bases révolutionnaires des idées libérales. Une partie non-négligeable d’être humain c’est d’être socialement construit.
Ce qui nous amène à aujourd’hui, avec l’apparent conflit entre des cultures qui opèrent sous des ensembles de valeurs très différents.
D’un côté, l’Occident vit sur la liberté d’expression. On peut rire du Christ, de Jean Tremblay, du Premier ministre, de Guy A. Lepage, des gays, de nous-mêmes, des « là-là », etc. Et c’est fantastique. Et c’est culturelle.
Il ne faut pas penser que les libertés fondamentales, aussi « universelles » pouvons-nous croire qu’elles sont, fassent parties de toutes les cultures. Il faut se rappeler que ces mêmes libertés telles que nous les comprenons sont des nouveautés s’étant implantées en Occident au fil des 5 derniers siècles.
De l’autre côté, plusieurs cultures dans le monde ne fonctionnent pas avec les libertés fondamentales occidentales. L’une des valeurs présentes chez plusieurs musulmans de culture arabe, ce sont les concepts d’honneur et de honte. L’idée de préserver la face. Quand ta famille perd la face à cause d’un adultère, tu te dois d’expier la faute en faisant payer le (la...) coupable. Ainsi pareillement, quand le prophète est blasphémé, il faut sauver la face en expiant le geste. Et c’est pour ça que les terroristes du Charlie Hebdo seront adulés par plusieurs, parce qu’ils ont enfin expié les actes qui ont diffamé l’honneur du prophète.
Je ne veux pas faire de monolithes en parlant des cultures, mais les différentes valeurs propres à différentes sociétés sont à prendre en compte. La France a une grande tradition de débat, de satire et de critique ouverte. Toutes les assertions sont franc-jeux. Et tous les Français comprennent, c'est leur langage à eux. Néanmoins la partie change dans un contexte interculturel où les valeurs ne sont pas partagées. On peut laver son linge sale en famille, mais la fête de quartier n'est peut-être pas le meilleur contexte.
Ce qui m’amène à me questionner sur le bien-fondé d’un tête-à-tête jusqu’au-boutiste entre l’Occident libéral et l’islam radical (qui n’est pas à rendre synonyme avec le monde arabe). Pour l’instant, je ne vois pas trop ce qui est gagné par un dialogue de sourds (ce qui, dans ce cas, est davantage un concours de qui peut pisser le plus loin). Chacune des parties est également convaincu de la moralité objective des valeurs défendues. Chacun est également prêt à mourir pour ce qui est en jeu. Ne pas caricaturer [Mahomet] c’est renoncer aux idées libérales de l’Occident, mais dans un monde où la hiérarchie des valeurs de différentes cultures s’entrechoquent, il y a un prix à payer. Il y a les idéaux d’un côté, les libertés, puis il y a les morts, -littérales-, de l’autre.
Je conclus de façon ouverte... je veux refuser les raccourcis et les réponses faciles comme « les musulmans ce sont tous des terroristes », « tous les problèmes viennent de la religion », « la seule solution c’est de nuker le monde arabe », « il faut renvoyer tous les tamouls dans leur pays ». L’ignorance reproduit l’ignorance et cristallise les antagonismes. Ne soyons pas naïfs, mais ne soyons pas ignorants.
Le monde occidental se tient dans la tradition chrétienne en cherchant l’emmieutement de l’humanité et le vivre-ensemble. Le monde occidental peut avoir l’air fragmenté par les désaccords politiques, environnementaux ou religieux, néanmoins c’est précisément parce que tout ceci se déroule par le dialogue que c’est un monde libre. Le dialogue (ou encore, le droit de se crier après) c’est la liberté.
Et en tant que disciples de Jésus envers les immigrants / Canadiens en devenir :
« Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.

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 [Je voulais écrire sur ma session qui commence, mais en cette semaine de drame mondiale je trouvais malséant de m’exprimer sur autres choses. Cela dit, même écrire cette phrase sonne faux... avec le flot inéluctable de drames se renouvelant quotidiennement et qui ne viendront jamais à ma connaissance et qui seront sans doute plus odieux que ceux de cette semaine... dans le genre de http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2015/01/09/012-boko-haram-2000-personnes-tuees-amnesty-international.shtml]

Nouvelles et requêtes de prière :
1.      Prions pour les musulmans en Occident. Que ceux qui sont des enfants de paix soient épargnés par la colère populaire et que ceux qui ont en leur cœur un Dieu violent puissent rencontrer le Père qui est éternellement amour et être changé à leur tour. Tellement de musulmans se tournent vers Jésus par des visions et des rêves... prions que notre Père pousse les plus radicaux d’entre eux à se désarmer de la haine et à connaitre le pardon en Christ.
2.      Prions pour nos dirigeants politiques, afin qu’ils aient la sagesse pour agir de la meilleure façon possible.
...
3.      Je viens de compléter un cours intensif cette semaine intitulé « introduction  à la mission mondiale ».
4.      Je commence une session palpitante ce lundi avec 17 crédits. Je vous détaille la semaine prochaine la liste de mes cours.
5.      Priez afin que le Père me façonne à la ressemblance de son Fils afin que je puisse être un bon serviteur de l’Église québécoise.
6.      Priez pour la santé/l’énergie/la passion et la discipline.
7.      Priez pour mon réseau de supporters. J’enverrai dans les prochaines semaines une lettre équivalente à celle de l’an passé qui explique l’évolution de mes études et le reste des détails financiers. Afin que chacun donne librement selon ce que le Seigneur lui a mis à cœur.

Merci à tous pour votre support et vos prières. Je suis content d'être de retour à Dallas et je suis d'attaque pour ce semestre qui commence! Merci encore!

Marc-André Caron