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dimanche 13 septembre 2015

Les hamburgers chrétiens et les hamburgers séculiers


À quoi ressemble un hamburger chrétien? 

Les condiments sont-ils disposés en forme de croix?
Récemment, une discussion dont le but était l’application de la foi au travail s’est tenue sur le campus. Ce que je partage c’est principalement une traduction de quelques échanges de ce vidéo.

De retour aux hamburgers séculiers et chrétiens
L’un des invités, Hans Hess, est un diplômé en théologie de DTS. Il travaillait comme attaché politique pour un membre du Congrès américain, puis l’un des articles qu’il devait synthétiser le frappa: c’était à propos des antibiotiques utilisés dans l’élevage bovin. Afin de pouvoir engraisser les vaches en dépit de leur incapacité naturelle à manger du soja/maïs, les antibiotiques au début des années 1990 leur permettait de vivre 3-4 mois plus longtemps. L’article reliait le développement de bactéries multi-résistantes et la mort de milliers de personnes. Hans réalisa qu’il n’y avait aucun endroit qui ne le rendrait pas « malade » si il voulait amener sa famille manger un repas rapide. Il réalise que c’est un problème, et il se met à travailler sur son plan d’affaire. Aujourd’hui Hans est PDG de Elevation Burgers.
Viande 100% organique et frites d'huile d'olive

L’autre invité était Steve Garber, le fondateur du Washington Institute pour la Foi, la Vocation et la Culture.
Un de ces jours, Steve se rend chez Elevation Burgers. Il rencontre Hans et en jasant, il réalise que Hans est un gradué de DTS. C’était, pour lui, assez intéressant de voir un diplômé en théologie faire des hamburgers.
Steve nous dit: « puisque c’est évident que je n’ai plus 18 ans, je ne peux plus manger chez McDonalds’ ... et de toute façon c'est seulement quand tu as 18 ans que tu penses que c’est un bon repas ... mais quand tu as 30, 40, 50 ans, ça te rend malade. Et puis j’ai réalisé que lorsque je mangeais les hamburgers de Hans, que je ne me sentais pas malade. »
Alors il s’est dit : « n’est-ce pas intéressant!?  N’est-ce pas fascinant de cuisiner des hamburgers et des frites de façon santé, non pas de façon snob, mais juste dans une perspective santé qui ne rend pas malade? »
La thèse du Washington Institue de M. Garber, c’est que la foi façonne la vocation, que la vocation façonne la culture. Ce qu’une personne croit comme étant vrai à propos de la vie façonne la façon dont une communauté entière vit; ce qui se répercute en comportements qui « bénissent ou maudissent » (affectent positivement ou négativement). Les hamburgers de Hans étaient des hamburgers motivés théologiquement pour le bien commun; c’était l’exemple parfait de ce que M. Garber explorait académiquement. 
Qu’est-ce que ça veut dire d’être un plombier chrétien, un cuisiner chrétien, un enseignant chrétien, un bureaucrate chrétien, etc.?
M. Garber rapporte l’histoire de personnes qui doutaient du fait que Hans était « vraiment chrétien » puisque son restaurant ne comportait pas d’inscriptions chrétiennes avec Jean 3:16 dessus. 
L’évangélisation est essentielle, mais est-ce que la Bible donne un mandat qui sanctionne le travail? M. Garber introduit les concepts bibliques de la grâce commune et de la grâce salvatrice. La grâce salvatrice est le travail unique de Dieu dans le monde. Les humains n’ont pas de part là dedans; c’est ce que Dieu fait souverainement quand il appelle des humains à lui. Les humains, eux, prennent part à la grâce commune. Elle est commune, parce qu’elle est donnée à tous indépendamment des croyances... « il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes ». Les humains sont appelés à prendre les dons de Dieu et les offrir au monde avec joie et simplicité de cœur. 
Sans la compréhension de la grâce commune, alors on peut en arriver à la compréhension naïve qu’il faut qu’il y ait des Jean 3:16 dans tous les magasins dont les propriétaires sont chrétiens.
Il ajoute : « Sans grâce commune, il n’y a rien qui justifie la recherche d’un hamburger santé et savoureux; il n’y aurait de raison que pour un hamburger « chrétien » (condiments disposés en forme de croix?). Peut-on comprendre pourquoi une bonne chose ordinaire comme un bon repas compte pour Dieu et pour nous? Souvent, nous sommes dominés par cette pensée que la vie est soit sacrée ou séculière... compartimentés de différentes façons. »
Il poursuit en rappelant une chose que John Stott lui a dit un jour: « pourquoi blâmerais-tu le monde parce qu’il agit comme le monde? Quand Jésus nous appelle à être le sel et la lumière; ces choses sont des élément transformateurs; le sel et la lumière transforment leur environnement. Pourquoi blâmerais-tu une pièce pour sa noirceur... pourquoi ne pas demander comment il se fait que la lumière soit fermée? [...] Pourquoi les chrétiens blâment-ils le monde sous le prétexte qu’il est le monde, plutôt que de demander comment se fait-il que l’Église ne s’implique pas dans les arts, les divertissements, le monde des affaires, le droit et la médecine? Le monde sera toujours le monde, et l’Église est appelée à imprégner le monde en étant le sel et la lumière. »
De retour aux hamburgers... Hans rajoute: [mon entreprise] c’était motivée par la santé publique... ce qui était motivée théologiquement. Si tu prends les Écritures sérieusement, ça aura des conséquences sur ta vie... Comment puis-je prendre ce que je sais de vrai sur Dieu et l’implanter dans ce que je crois que Dieu m’appelle à faire? En ce qui me concerne, c’était de démarrer cette chaîne de hamburgers ... même si c’était la dernière chose que je pensais faire de ma vie! [et il mentionne qu’il a un bac en astrophysique et une maitrise en théologie, ce qui n’est pas nécessairement l’arrière-plan typique pour un restaurateur...]
En bref... la monde sacré ou séculier, laïc ou religieux; des mythes!
Plusieurs des lieux communs qui sont déconstruits (i.e. hamburger chrétiens et séculiers) dans les échanges précédents viennent du mythe de la division entre le sacré et le séculier. Bien que le NT donne une importance spéciale à la proclamation de la Parole, la Bible ne sanctionne jamais une vision compartimentée de la vie. Gen 1:28 donne le mandat à l’humanité d'exploiter sainement la planète; ce n’est ni sacré, ni séculaire, mais c’est la vie, la vie tout court. En d'autres mots, le chrétien n'exerce pas son service pour Dieu le dimanche matin, mais à tous les jours de la  semaine.
Une autre remarque frappante c’était le besoin pour « des pasteurs axés sur le monde du travail et des travailleurs théologiquement motivés » [Work-minded pastors and theologically-minded workers]. Si l’Église ne fait que prier que pour les missionnaires et les pasteurs, alors insidieusement on introduit l’idée selon laquelle seulement ceux-ci sont envoyés dans le monde pour représenter Christ. Pourquoi ne pas commissionner celui qui fait des hamburgers pour le bien commun à lui aussi être un témoin, d’abord par l’excellence de son travail puis ensuite quand les opportunités d’ouvrir la bouche se présenteront? Se peut-il que la commission donnée par Dieu envers les travailleurs chrétiens soient d'abord qu'ils exercent leur vocation de façon excellente pour le bien commun de notre prochain?
Nos vocations sont faites en service à nos voisins et pour le monde. Dieu aime les hamburgers (et les bons hamburgers!) non pas pour l'amour du hamburger, mais parce que notre prochain a besoin de bons hamburgers.


Quelques nouvelles et requêtes de prière
-Je commence déjà ma 4e semaine d’école. Tout va très bien. J’ai un genre de 3,300 pages de lu jusqu’ici. C’est assez fou.
-Pour les 2 sessions de stage à Dallas (printemps et automne 2016), je serai associé avec Dr. Buist Fanning, une sommité en grammaire grecque et en théologie biblique du NT. Dr. Fanning est un mélange frappant d’érudition et d’un ton pastoral : exactement le genre de personne à laquelle je veux me coller.
-Requêtes : (1) concentration, acuité intellectuelle, discipline et passion; (2) j’ai mal à l’aine droite et à la cheville gauche [bizarre n’est-ce pas?]; (3) Grandir en grâce, amour, service et humilité.
Merci beaucoup de votre support financier, spirituel et moral. Merci de me lire. Je suis reconnaissant pour chacun d’entre vous à chaque jour. N’hésitez pas à m’écrire à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>.
En Christ,

Marc-André Caron

samedi 15 novembre 2014

Être en criss/Être en Christ partie II



L’un des exigences non-académiques de mon programme c’est de prendre part à un groupe de « formation spirituelle » qui se rencontre à toutes les semaines. Nous sommes 5 et l’objectif est de cheminer ensemble pendant les deux prochaines années et de se travailler les uns les autres pour finalement grandir.
Récemment les discussions et les introspections ont tourné autour du concept « d’identité ».
Un piège serait de se définir uniquement (ou principalement) par ce que nous croyons être notre rôle principal: le travail ou notre rôle familial (d’époux ou de parent). Ce serait un piège, parce que ces deux choses sont temporelles. Personne n’est mariée pour toujours (et ce n’est pas tout le monde qui se marie/passe le plus gros de leur vie adulte dans une relation continue) et le jour de la retraite arrivera, ou l’emploi qu’une personne occupe aujourd’hui pourrait être perdu le lendemain. Un jour les enfants quittent la maison.
Pareillement pour les succès. Quand je vais être rendu « poche »... qui est-ce que je vais être? Un « has-been »?
Donc si l’aspect principal de mon identité est ancré dans le temporel, sur quoi vais-je me tenir quand ça me sera enlevé?
Pour moi, la seule fondation qui demeure toujours c’est que je suis en Christ (voir le billet "être en criss / être en Christ"). Ça ne veut pas dire que mes autres attributs/caractéristiques ne sont pas importants, néanmoins je sais que le monde peut s’écrouler, toutefois qui je suis en Christ c’est ferme comme le roc. 

Les faux-soi

Pour revenir à mon groupe, l’un des aspects fascinants des discussions c’était le concept des faux-soi (false selves) que l’on projette aux autres et aussi dans lesquelles on fonde notre identité malgré nous.
Un peu d’introspection : les 8 dernières de ma vie ont été toutes investies dans la préparation pour le séminaire et puis ultimement pour servir l’Église québécoise à temps plein. (Je me revois dans mes cours de baccalauréat étudier des cartes de l’Europe médiévale par cœur pour être sur d’avoir la cote universitaire nécessaire pour être accepté à DTS. J’ai de la misère à me rendre à Roberval, mais je peux situer la Lotharingie par exemple...)
Même si mon objectif est très pieux, si je suis honnête avec moi-même, ma propre perception en tant que « séminariste/futur serviteur de l’évangile » est centrale à mon identité. Si je n’avais pas ça, tsé... ce serait... différent?
Maintenant supposons que toutes les portes se fermaient pour ce que je perçois être mon futur et que j’étais forcé de quitter le séminaire, est-ce que je serais ok avec ça?
Mmmmmm.....
Je pense que je serais correct et que je serais capable de rebondir sans traumatisme. Je ne suis pas vraiment à l’aise avec l’idée, toutefois en sachant que mon identité est en Christ et que qui je suis en totalement transcendé par lui, ceci rend la perspective d’un bouleversement majeur acceptable.
Je me vois dans le futur réaliser ce constat et avaler la pilule amer du bouleversement majeur, mais je crois que mon identité en Christ me permettrait d’accepter les changements de plan, de me retraiter sur mon Dieu puis de renfoncer avec un nouveau dessein.

Quand qui je crois être s'écroule


 Écrire ceci me rappelle un sans-abri que j’ai rencontré en octobre. Le gars avait dans la cinquantaine. Au début des années 1990, il m’a dit qu’il avait fait le camp des Cowboys de Dallas comme receveur et qu’il avait finalement été retranché. Puis ensuite sa vie a pris une débarque, il a commencé à se droguer et à boire comme mécanisme de survie face à ce qui était l’écroulement de son identité. Puis finalement il s’était ramassé en prison, et au moment où je le rencontrais il était sur le point d’avoir son casier judiciaire effacé, ce qui allait l’aider à se trouver un emploi. La triste rétrospective d’une vie brisée par une identité fondée sur le sable.

Un modèle sympathique de qui je suis en Christ


 Après réflexion, je conçois mon identité de la façon suivante (à noter que l’image n’a rien de systématique, de scientifique ou de terriblement précise, mais je l’aime bien).
·         Fidèle au langage biblique, les humains sont des vases d’argile. Nous pouvons contenir bien des choses: des précieuses comme des vaines, néanmoins nous sommes bien fragiles.
·         Puisque je suis en Christ, c’est lui qui me rempli. Mon identité et toutes mes caractéristiques sont complètement transcendées par lui.
·         Les autres composantes de qui je suis (mes occupations, ma personnalité, mon arrière-plan, etc.) flottent dans la jarre. Elles sont un peu comme du colorant alimentaire qui me donne ma couleur propre.
En dépit de la couleur du mélange, peu importe ce que je suis est en quand même pleinement en Christ. L’image est très simplette, mais je la trouve utile parce qu’elle illustre bien comment toutes les caractéristiques d’un chrétien sont complètement transcendées par le fait qu’il est en Christ. Ça illustre puissamment que je suis avant tout un chrétien, mais ça ne nie pas l’idée que je suis une personne avec des caractéristiques particulières. Par conséquent il n’y a pas de fausse opposition entre « les choses de la vraie vie » et être un chrétien. De plus, si ma vie est virée de bord, je ne suis pas détruit parce que je sais que je suis encore complètement en Christ. La couleur du mélange peut changer, toutefois qui je suis en Christ c’est totalement ferme.
Ça aide aussi à donner un sens à ce qui peut ne pas en faire à prime abord. Voir toute sa vie transcender par Christ enlève la distinction stupide que l’on peut faire entre le séculier et le sacré: tout devient sacré. Mon travail est sacré, mes études sont sacrés, mes amis sont sacrés, car tout ce que je fais est fait en Christ.
Il n’y a plus de « vies séparées ». Mon dimanche matin n’est pas le moment spirituel de la semaine, mon vendredi soir n’est pas le moment de récréation, mes lundi-vendredi ne sont pas les moments où je travaille: tout est intégré par qui je suis en Christ.

« Tu nous as faits pour toi et notre cœur est sans repos, tant qu'il ne repose pas en toi » Augustin

« Ainsi donc, que vous mangiez, que vous buviez ou quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. » (1 Corinthiens 10:31)
L’apôtre Paul

« Ce que nous sommes (notre soi ou notre identité personnelle) est partiellement le résultat de la Création (l’Image de Dieu) et particulièrement le résultat de la Chute (l’Image défigurée). Le soi que nous devons répudier, renier et crucifier est notre soi déchu, tout notre intérieur qui est incompatible avec Jésus-Christ (d’où le commandement du Christ, « ...qu’il renonce à lui-même et qu’il me suive »). Le soi que nous devons affirmer et valoriser est notre soi qui fut créé, tout notre intérieur qui est compatible avec Jésus-Christ (d’où son affirmation que si nous nous perdons nous-mêmes en reniement de soi, que nous nous trouverons). Le vrai reniement de soi (le reniement de notre faux soi déchu) n’est pas le chemin vers l’autodestruction, mais le chemin vers la découverte de soi. »
John Stott



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Quelques nouvelles et requêtes de prière :
  • J’ai eu du temps fantastique aujourd’hui avec les gars de mon église. Nous sommes allés distribuer du chocolat chaud gratuit tout en partageant l’évangile. À 6 degré à l’extérieur, c’était vraiment une approche plaisante.
  • Je suis présentement en semaine de lecture.
  • Requêtes de prières: (1) passion, discipline, perspicacité, engagement, intelligence, croissance, etc.! (2) Samedi d’évangélisation avec CCI (City Church International) - spécifiquement un dénommé Quentin avec qui j’ai eu vraiment une bonne discussion aujourd’hui, (3) mon après séminaire. 

Merci de me supporter de toutes les façons que vous utilisez. Vous êtes un encouragement énorme et je me sens redevable envers vous pour m’investir dans ce que vous m’avez envoyé faire ici aux limites de l’humainement possible (ok... un peu d’exagération). Merci de votre confiance et de votre engagement dans le Seigneur. Vous faites réellement une différence.

Marc-André Caron 

samedi 6 septembre 2014

La comparaison tue le contement - quelques réflexions sur la prière



Quand tu te compares, tu ne te console pas parce qu’il y a toujours quelqu’un devant toi; que ce soit à l’école, au travail, ou les possessions d’un proche. C’est facile d’être jaloux d’à peu près n’importe quoi.

Je me surprend souvent à juger les motifs des gens et à formuler toutes sortes de raisonnements pour justifier comment je suis et pour dévaluer mes rivaux mentaux afin que je maintienne mon prestige interne. Ce à quoi je veux en venir, c’est que la comparaison tue le contentement. Quand je me compare, j’observe chez moi que les pensées que j’entretiens sont en général négatives, axées sur la jalousie, plutôt qu’un désir de suivre l’exemple de cette personne. Vous savez... les usuelles questions telles que : « comment se fait-il qu’ils ne me l’ont pas demandé [plutôt qu’à lui]? », « pourquoi n’ai-je pas eu droit à ça et lui oui? », et etc. C’est souvent accompagné de plusieurs excellentes raisons pourquoi je serais un meilleur choix.

Donc oui, la comparaison tue le contentement.

Motivé par la jalousie, je cherche à avoir des choses que je n’ai pas besoin d’avoir. Ou peut-être que ce serait bien que je les aie, mais voici la jalousie est surtout un sentiment autodestructeur, un chemin qui ne mène nulle part. Et tout ceci arrive parce que je suis égocentrique (égo signifiant « je » en grec, soi-dit en passant).

Permettez moi de citez un petit récit biblique : Marc 10 :35-37. Jésus et ses disciples approchent Jérusalem et Jésus vient de prédire sa mort et sa résurrection pour la troisième fois (10:32-34), rien de trop rassurant. Le contexte pousse Jacques et Jean à poser une question :

35 Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s'approchèrent de Jésus, et lui dirent: Maître, nous voudrions que tu fasses pour nous ce que nous te demanderons.
36 Il leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous?
37 Accorde-nous, lui dirent-ils, d'être assis l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire.

Je cite John Stott sur le sujet : « ceci se qualifie certainement comme la pire et la plus flagrante des prières égocentriques jamais priées... C’est exactement l’opposé de la vraie prière, dont le but est de ne jamais plier la volonté de Dieu à la nôtre, mais de toujours plier notre volonté à la sienne. Pourtant le monde (et même l’église) est plein de Jacques et de Jean, des chercheurs de renommée, affamé d’honneur et de prestige, mesurant la vie par la réalisation et rêvant éternellement de succès. Ils sont agressivement ambitieux pour eux-mêmes (La Croix du Christ, p. 279) ».

Quand tu te présente devant Dieu en prière, l’exercice te force à l’humilité. Tu considère qui il est et tu reconnais qui tu es. Et si tu es seul, il n’y a personne à qui tu peux mentir. Il n’y a pas de masque que tu peux porter devant Dieu. Et puis ça arrive. La prière me décentre de qui je suis en me mettant en face à qui Dieu est. Ma jalousie dégonfle.


Quand tu vas devant Dieu en prière, tu es obligé de débarquer de ton cheval de noblesse pour aller à genoux. Et donc tu perds le piédestal que tu utilisais pour regarder les autres de haut. Et tu contemple le Père, et tu réalises qui tu es. Fondamentalement, je suis un pécheur, inadéquat en bien des choses. Et c’est quand je gagne une telle perspective de qui je suis vraiment et de qui Dieu est, que je suis contenté et que je cesse de me comparer. Le sens de la grâce résonne très fort.

Plutôt que de jalouser ou de condamner mon prochain, mes collègues, ou mes « ennemis », je prie pour eux. Sais-tu ce qui m’arrive quand je prie pour des gens qui ne me font pas particulièrement lever le poils des bras? Mon amour pour eux grandit. Je les vois comme des frères et des sœurs en Christ, la prière me pousse à voir en eux la dignité inhérente à tous êtres humain de par l’image de Dieu qui est en chacun d’entre nous. À prime abord, il n’y a rien de bien « digne » chez un alcoolique chronique qui vient de passer 28 ans dans la rue.

Tout ça pour dire: la prière me dépouille de mon orgueil, de ma jalousie et de mon attitude de protection-de-mon-prestige. Quand je suis à genoux en prière, je m’enlève la tête de mon nombril et je regarde à la croix : qui je suis, qui Dieu est, et qui est mon prochain. Et je ne vais pas vous mentir, je crois sincèrement que ça me rend moins orgueilleux, moins jaloux et authentiquement content pour les réussites des autres.

Plutôt que d’haïr et de commérer, prier pour le bien de la personne en question, c’est particulièrement bon dans mon cas. Parce que c’est ensuite assez dure de « maudire » cette personne que je viens de « bénir ».

Encore une fois je cite John Stott : « la vraie prière, dont le but est de ne jamais plier la volonté de Dieu à la nôtre, mais de toujours plier notre volonté à la sienne. »

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Quelques nouvelles :
Une après-midi à "apporter le royaume"
J’entame ma troisième semaine. Tout se déroule extrêmement bien. La cohabitation avec mon co-chambreur se déroule à merveille. J’ai beaucoup d’énergie pour me « clancher » des journées d’étude assez extravagantes; je suis reconnaissant de vos prières.

Requête :
-Mes samedi d’évangélisation avec City Church International
-Mes études : l’énergie, la passion, la concentration, la discipline, la rigueur et aimer Jésus
-J’ai appris que mon stage devait se dérouler obligatoirement sur 3 sessions (donc une année complète). Je ne sais pas si je pourrai le faire au Québec, dans ce cas. Ça me cause une certaine frustration, mais au final je sais que tout sera pour mon bien.

Merci de votre soutient, de vos prières, de vos messages d’encouragement et des interactions que j’ai avec vous par message privée/courriel. Si vous avez des requêtes de prière, il me fait plaisir de prier pour vous, n’hésitez pas à m’écrire!