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jeudi 2 mars 2017

La Spiritualité selon l’épitre aux Hébreux

Qu’est-ce que la spiritualité?
La spiritualité réfère à la relation qu’une personne a avec l’Esprit Saint. Il est possible de marcher par l’Esprit et d’être conduit par lui (Gal 5:16–26) tout comme il est possible d’éteindre l’Esprit (1 Thess 5 :19) ou de l’attrister (Éph 4:30). En mettant leur foi en Jésus comme Sauveur et Seigneur, les chrétiens sont unis à Christ et baptisés du même Esprit dès leur conversion (1 Cor 12:13; Éph 1:13). Donc par « spiritualité », je n’entends pas une personne qui aime regarder les étoiles, qui est en quête de sens ou de vérité, ou qui entretient des réflexions profondes sur l’organisation de l’univers. Selon ce critère (= être ne relation avec l’Esprit de Dieu par l’union à Christ), il n’y a pas spiritualité à part du Dieu Trinitaire.
Dans ce blogue, je souhaite articuler la contribution de l’épitre aux Hébreux pour notre compréhension de ce que signifie être en relation avec Dieu. Se faisant, j’espère être encouragé par l’abondance de la grâce que les enfants de Dieu ont. Vous m’excuserez de la longueur du billet! 

La nouvelle alliance, le repas du Seigneur et l’Esprit Saint
La nuit avant sa crucifixion, Jésus a institué le « repas du Seigneur », un repas dans lequel le pain et le vin sont pris en commémoration de son corps brisé et de son sang versé (Matt 26:26–28; Marc 14:22–24; Luc 22:19; 1 Cor 11:23–26).
« Et, ayant pris une coupe et rendu grâces, il dit: Prenez cette coupe, et distribuez-la entre vous;  car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu.  Ensuite il prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même la coupe, après le souper, et la leur donna, en disant: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous. » Luc 22 :17–20
Quand Jésus a dit « nouvelle alliance », un paquet de promesses de l’ancien testament (ou l’ancienne alliance...) est venu dans la tête des disciples. Les prophètes avaient annoncé une nouvelle alliance, une nouvelle alliance entre Dieu et Israël dans laquelle Dieu lui-même allait transformer son peuple de l’intérieur de leur cœur pour qu’ils marchent en conformité avec lui (Jér 31:31–24; Ézek 36:24–27; 37:24–28). Entre autre :
« Je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j'ôterai de votre corps le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair. Je mettrai mon Esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois. » Ézek 36:26–27
L’Esprit Saint, le médiateur de la présence de Christ et celui qui nous transforme
Jésus a été crucifié et enterré, puis il est ressuscité. Avant sa mort, il avait promis d’envoyer « un autre consolateur » (Luc 24:49; Jean 14:15–17, 26; 15:26–27; 16:12–15) c’est-à-dire l’Esprit de Dieu qui allait transformer les croyants, les équiper à rendre témoignage de Jésus et celui qui serait le médiateur de la présence de Jésus parmi son Église (Jean 16:12–15; Actes 16:7; 2 Cor 3:16–18). L’Esprit est descendu sur les croyants lors de la Pentecôte (Actes 2).
Au travers du livre des Actes, l’Esprit Saint donne la puissance nécessaire à l’Église pour témoigner de Jésus par la prédication et des miracles.
Paul explique dans ses écrits que l’Esprit est celui qui guide les chrétiens et qui les transforme à l’image du Christ (Rom 6:2; Cor 3:19). Il répand son amour dans le cœur des croyants (Rom 5:5) et il leur permet de vivre pour Dieu dans la justice, la sainteté et la liberté de la loi et de la condamnation (Rom 8:1–17).
« Ainsi donc, frères, nous ne sommes point redevables à la chair, pour vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si par l'Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » Rom 8:12–16
Le point de vue unique d’Hébreux
Quand on arrive à l’épitre aux Hébreux, la perspective est différente. L’auteur ne parle pas beaucoup du Saint-Esprit (il est mentionné en passant en 2:4; 3:7; 6:4; 9:8, 14; 10:15, 29). Contrairement à Paul qui développe abondamment le rôle du Saint-Esprit pour la transformation du cœur des croyants et de leurs actions (e.g., Rom 8; 2 Cor 3; Gal 5; Éph 5), le rôle de l’Esprit Saint dans la marche du croyant n’est pas explicitement expliquée dans l’épitre aux Hébreux. Cependant, la fonction du Saint-Esprit dans la transformation du croyant est sous-entendue dans les passages qui touchent la Nouvelle alliance (on peut voir la résonance dans 8:10–11; 9:13–15; 10:15; 13:20–21. Surtout 9:14).
Ceci soulève la question, quelle est la contribution particulière de l’épitre aux Hébreux à propos de la vie spirituelle, c’est-à-dire de la relation entre les croyants et Dieu?
Puisque l’épitre aux Hébreux est plutôt complexe, je ne vais que me concentrer sur un motif en particulier, celui du mouvement.
L’épitre aux Hébreux fut destinée à une communauté persécutée pour le prix de sa foi; elle vit dans la souffrance et la peur de la mort (e.g., Héb 10:32–39; 13:13). Les destinataires de l’épitre sont dépeints comme étant le peuple de Dieu en migration. Ils sont toujours au seuil d’une frontière: sur le point d’entrer dans la terre promise, mais pas encore tout à fait arrivé.
 Les exhortations consistent en des verbes de mouvements, si bien que la vie chrétienne est une migration : les chrétiens migrent vers le salut (2:1–4), le repos du sabbat (3:1–4:13), la perfection (5:11–6:20), la promesse (11:39), la montagne de Sion, la Jérusalem céleste (12:25–27) et la cité éternelle à venir (13:14). Le dangers sur la route sont la désorientation en étant emporté ailleurs (2:1–4), l’incrédulité et la désobéissance (3:1–4:13), l’apostasie (6:6), s’abandonner au découragement (« le péché », 12:4), et le confort de la cité terrestre (13:14). Ainsi, les chrétiens doivent imiter ou éviter les exemples du passé: ceux qui ont brisé la loi (2:2), la génération dans le désert (3:1–19), Abraham et la génération du désert (6:12–15), leurs conducteurs (13:7), les héros de la foi (11:1–40) et Ésaü (12:16–17).
Il y a un paradoxe. D’un côté, la vie chrétienne est une vie d’endurance et de souffrance. C’est une vie de mouvement constant, quasiment étourdissante, dans laquelle il ne faut jamais arrêter de marcher. De l’autre côté, les chrétiens, bien qu’ils marchent sur Terre, n’ont pas à peiner pour accéder à la présence de Dieu. Durant ce voyage, les migrants, ceux qui ont pris refuge en Dieu (6:18), peuvent approcher le trône de grâce dans le sanctuaire céleste pour être secourus de leurs besoins, et recevoir miséricorde et grâce (2:18; 4:14–16; 7:25; 10:19–25). Ce mouvement vers Dieu est sans effort, toujours possible et acquis par Christ, car il est leur souverain sacrificateur, celui qui les amène directement dans le Saint des Saints, c’est-à-dire la présence de Dieu. Que fait un souverain sacrificateur? Une fois par année, celui-ci entrait dans le Saint des Saints (là où la présence de Dieu résidait) et il aspergeait le sang sur le propitiatoire sur l’arche de l’alliance pour le pardon de ses péchés et des péchés du peuple. Par cette action, le souverain sacrificateur pourvoyait à ce qui était nécessaire pour que le peuple d’Israël soit en relation avec Dieu. Toutes ces choses étaient des ombres des choses à venir en Christ, lui qui notre vrai grand souverain sacrificateur.
Bien que la vie puisse nous désorienter, nous fatiguer, ou être franchement difficile par la foi (11:33, 37 « par la foi [...] ils furent lapidés, sciés, torturés... »), les chrétiens POSSÈDENT un souverain sacrificateur miséricordieux et compatissant qui leur donne un accès DIRECTE à la présence de Dieu.[1] La difficulté du chemin sur la Terre est amplement compensée par la richesse des provisions de grâce que notre souverain sacrificateur nous donne en nous donnant un libre accès au sanctuaire.
Sachant que le ministère de l’Esprit Saint est en partie d’être le médiateur de la présence de Christ (e.g., Jean 16:12–15; Actes 16:7; 2 Cor 3:16–18), je pense que l’auteur de l’épitre aux Hébreux ne parle pas tant de l’Esprit Saint dans son épitre en connexion avec la vie spirituelle des croyants parce qu’il a comme angle particulier l’accès immédiat à la présence de Dieu que Christ, le grand souverain sacrificateur, permet à ses frères et sœurs d’avoir. Vous pouvez observer dans les passages suivants que (1) l’accès à Dieu est quelque chose que les croyants possèdent; (2) cet accès est sans effort pour le croyant; (3) c’est le moyen d’obtenir la grâce nécessaire pour persévérer.
« Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons. Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. » Héb 4:14–16
« C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. » Héb 7:25
« Ainsi donc, frères, nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair, et nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu; approchons-nous donc avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure. » Héb 10:19–22
Le voyage sur Terre est ardue : « vous avez besoin d’endurance » (10:36) ... « vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang, en luttant contre le péché » (12:4) ... mais la grâce nécessaire pour enfiler un pas après l’autre se trouve dans la grâce, la miséricorde et lu secours au temps opportun que nous avons dans la présence de Dieu. Il n’y a pas de chemin à difficile à parcourir pour recevoir cette aide : c’est Jésus notre précurseur (6:19) qui a fait le chemin pour nous. C’est en ‘fermant les yeux’ qu’on a accès avec assurance au trône de grâce.
En vertu du sacrifice parfait de notre souverain sacrificateur, on se transporte réellement dans la présence de Dieu où nous pouvons déposer nos demandes avec assurance pour trouver miséricorde et grâce.
Quand on ferme les yeux pour prier, rien ne semble se passer. Mais Hébreux nous fait voir que nos prières se rendent jusqu’au trône du Dieu de l’univers et que Jésus y est présent et intercède constamment pour nous. C’est une erreur sans fin de penser que la prière est passive et qu’elle n’accomplit rien.
Si je pouvais me rendre au trône de Dieu pour obtenir grâce, miséricorde et le secours dont j’ai besoin, le ferais-je? L’épitre aux Hébreux tire sur le voile de la réalité et nous montre que avons cet accès et que la seule chose qui nous prive de la grâce, de la miséricorde et de l’aide dont nous avons besoin, c’est notre propre négligence.
Pour moi, penser à ces thèmes m’a béni en me permettant de visualiser ce qui se passe lorsque nous nous tournons vers Dieu. Cette vision de majesté renouvelle ma gratitude envers ces grâces que Dieu nous donne, et me pousse vers mon Dieu pour que je me puisse me prévoir de la grâce que j’ai besoin.

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Quelques nouvelles et requêtes de prière
(1) Du 12 au 19 mars (durant ma semaine de lecture), je vais être en Afrique pour servir de traducteur pour l’un de mes profs. Mon prof, Richard Calenberg, est un missionnaire qui a passé plusieurs décennies au Nigéria. Depuis quelques années, il organise des conférences pour pasteurs en Afrique. Il est dit de l’Afrique que le Christianisme « est large de 10,000 kilomètres, mais d’une profondeur d’un centimètre ». En bref, les Églises luttent avec le syncrétisme et avec l’évangile de la prospérité. Dr Calenberg fait de l’éducation théologique au niveau des pasteurs avec le « Projet Romains ». Les participants de la conférence doivent lire l’épitre aux Romains 20 fois et la recopier une fois dans un carnet. Ensuite, ils assistent à une conférence qui consiste à de la prédication par exposition sur l’épitre aux Romains. Si les participants ont rempli les attentes du programme, ils reçoivent un lecteur mp3 avec 500 heures de prédications par exposition. Pour un pasteur n’ayant pas de formation ni de bibliothèque, c’est un outil de travail vraiment incroyable. De plus, la maitrise de l’épitre aux Romains leur permet de saisir l’évangile dans ce qu’elle EST et ce qu’elle n’est PAS, ce qui corrigera bien des fausses doctrines. Donc bref, Dieu m’a béni avec l’opportunité d’aller visiter les frères et sœurs d’un pays africain et de participer à l’éducation théologique mondiale. Mes frais sont couverts par l’organisation de mon prof. Vous pouvez certainement prier pour ce voyage!
(2) Pour bien finir ma dernière session au séminaire. Il ne me reste que 2 mois! Priez pour l’énergie, la passion, la discipline et l’acuité intellectuelle. J’ai beaucoup à faire.
(3) Transition vers le ministère pastorale et l’université Laval.

Merci de vos prières et de votre support moral et financier!

Marc-André




[1] Voir l’ensemble des verbes de déplacement: approcher (προσέρχομαι) 4:16; 7:25; 10:22; 11:6; 12:18, 22; sortir (ἐξέρχομαι) 13:15; approcher (ἐγγίζω 7:19); entrer (εἰσέρχομαι) 3:11, 18, 19; 4:1, 3, 5, 6, 10, 11; 6:19, 20; 9:12, 24, 25; 10:5.

dimanche 1 février 2015

Ma soeur Laurie - la souffrance des innocents






Elle est atteinte de la polyneuropathie sensitivomotrice, l'une des malades génétiques reliées au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Comment décrire Laurie... Pour moi c'est mon gros bébé. C'est rendu bizarre de dire ça, parce qu'elle est rendue à 19 ans et qu'elle doit mesurer quelque chose comme 5 pied 4. Mais en même temps, le cœur de son vocabulaire de 2 mots c'est "maman."

Laurie va se faire opérer aux hanches cette semaine. Pour des raisons liées à la nature dégénérative de sa maladie, ses deux hanches sont disloquées. 

 Ma mère a commencé à s'apercevoir que Laurie vivait de l'inconfort quand elle grimaçait après certains mouvements et qu'elle se replaçait dans sa chaise. Laurie a toujours souffert; elle est tough et elle ne se plaint jamais d'habitude (pour la douleur du moins... elle se plaint pour plein d'autres choses, rassurez-vous). 

Et puis au cours des derniers mois, elle s'est détérioré vers un état de grandes souffrances. N'importe quel déplacement est très douloureux. Elle prend des anti-douleurs et des anti-inflammatoires. 










Ma mère veille à ses moindres soins. C'est un état de symbiose comme si elle savait exactement ce dont Laurie a besoin. Et elle le sait. S'en est troublant. Je ne peux pas penser à une meilleure image pour le cœur de Dieu: ma mère qui se donne elle-même pour le soin d'un enfant "qui n'a pas de valeur". Maman, comme tu es belle, belle comme le cœur de Dieu.










On peut demander, pourquoi? Ma réponse est "je ne sais pas". C'est la seule réponse que je connais. Je ne connais pas les voies de mon Dieu, mais je connais son caractère. Et je sais qu'il est amour, tout comme ma mère le réfléchit.

Et donc il n'y a pas désespoir ni d'abysse. Je ne comprends pas, en effet. Mais ma foi est en celui qui sait mieux. Je cite le prophète Jérémie (ch. 3, Lamentations), se lamentant face à la destruction de sa nation:

17 Tu m'as enlevé la paix,
j’ai oublié ce qu’est le bonheur.
18 Alors j'ai dit: «Je n’ai plus d’avenir,
je n'ai plus d'espérance en l'Eternel!»
19 Souviens-toi de ma détresse et de ma misère,
de l'absinthe et du poison!
20 Moi, je m’en souviens bien
et je sombre.
21 Voici ce que je veux méditer
pour garder espoir:
22 les bontés de l'Eternel ne sont pas épuisées,
ses compassions ne prennent pas fin;
23 elles se renouvellent chaque matin.
Que ta fidélité est grande!
-------------
Mon Père,

J'ai hâte au jour où j'embrasserai ma sœur 
Autrement que dans son corps vandalisé
En attendant, embrasse-la dans sa douleur

J'ai hâte au jour où mes parents auront du repos,
Autrement qu'à veiller mon gros bébé,
En attendant, fortifie-les par tes compassions 

Prier avec des hanches déboîtées c'est pas facile,
Alors reviens bientôt, ô mon Dieu, mon Père



Requêtes de prière


·         Ma sœur Laurie subira une grosse opération cette semaine. D'abord je remercie Dieu pour la médecine moderne et la somme de nos techniques actuelles. Priez pour l'intervention sur Laurie, qui se déroulera mercredi. Afin que l'opération se déroule bien et qu'elle récupère facilement.
·         Priez pour mes parents qui en prennent soin, afin que leurs forces soient renouvelées. C'est énorme ce qu'ils font.

Je vous remercie de me lire. Merci de prier pour moi, de vous intéresser à mon projet et d’y participer. À Dieu la gloire.

Marc-André






samedi 4 octobre 2014

Les affaires spirituelles ésotériques qui font peurs



Avoir une vie spirituelle et l’affirmer c’est le nouveau coming out. Si tu admets en public avoir une foi quelconque, généralement tu attires un bon nombre de haussements de sourcils. Je comprends ça, parce que franchement la plupart des trucs spirituels/ésotériques me font peurs et me rendent incrédules.

Question ouverte à tous et à toutes
Qu’est-ce que vous faites pour pauser et réfléchir sur vos vies? Prendre une marche en forêt? Prendre une bière avec un ami? Lire le Petit Prince? Prier? Méditer la Bible? Comme chrétien, j’ai des « activités spirituelles » précises (style prier-chanter-lire la Bible-prendre le repas du seigneur), mais je suis curieux... parmi mes amis sans affiliation religieuse formelle, avez-vous des pratiques « spirituelles » (peu importe la définition que vous en faites) ? Sentez-vous libre de commenter ici ou de m’écrire à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>.

Pour un cours, je dois tenir un journal de deux semaines relatant l’exercice de deux « disciplines spirituelles ». Je ne sais pas pour vous, mais l’expression « discipline spirituelle » fait franchement peur parce que ça sonne ésotérique. Mais après familiarisation avec le vocabulaire, c’est plutôt intéressant.

Les disciplines d’abstinence et d’engagement (il me me semble que ça rime avec secte!)
Les deux expressions proviennent du livre « L’Esprit des Disciplines : comprendre comment Dieu change les vies » [ma traduction] de Dallas Willard. L’auteur définit une discipline spirituelle comme étant n’importe quelle activité permettant au croyant d’être en coopération avec Christ et son Royaume.
Il fournit une liste de celles-ci en puisant au travers de l’histoire multimillénaire (et oui... on n’est pas née hier!) de l’Église. L’auteur perçoit les activités spirituelles en deux catégories : les disciplines d’abstinence (la solitude, le silence, le jeûne, la frugalité, la chasteté, le secret et le sacrifice) et les disciplines d’engagement (l’étude, l’adoration, la célébration, le service, la prière, la communion fraternelle, la confession et la soumission).
On ne se mentira pas, la plupart de ces mots là font peur. Mais une fois que l’auteur les définit, j’ai trouvé les idées très intéressantes.
D’abord tout ça n’a rien à voir avec l’idée de se fouetter dans le style Da Vinci code pour se « rapprocher de Dieu ».
Le rationnel derrière les disciplines d’abstinence est « de s’abstenir à un certain degré pour un certain temps de la satisfaction de ce que l’on peut généralement considérer être un désir normal et légitime ». Par exemple, de la nourriture, du sommeil, de l’exercice, du confort, de la sécurité matérielle, de sa réputation, etc. L’auteur spécifie qu’il n’y a rien de mal à chacun de ces désirs. Le point que j’ai trouvé judicieux dans son explication est le suivant : en te privant de quelque chose, (1) tu en réalises sa valeur et ça te permet ensuite de mieux l’apprécier et de l’utiliser ou encore (2) tu peux utiliser ton temps désormais libre pour quelque chose d’autre.
L’auteur présente ensuite le concept des « disciplines d’engagement » : « les disciplines d’abstinence doivent être balancées et supplémentées  par les disciplines d’engagement. L’abstinence et l’engagement sont l’inspiration et l’expiration de la vie spirituelle [...]. La vie ne tient pas sa force de croissance et de développement d’un retrait, mais de l’action - de l’engagement ». Donc en d’autres mots, t’abstenir de quelque chose (30 minutes de sommeil le matin - ton vendredi soir), te permet de déplacer les ressources gagnées dans une action positive (30 minutes de prière - aider dans un refuge).
Ok, c’est pas tant fou.

T’a pas justement dit la semaine passée que les chrétiens étaient sauvés par grâce (c’est-à-dire qu’ils n’ont ABSOLUMENT rien à voir avec leur acceptation devant Dieu) et que les religions étaient seulement bonnes à étouffer les gens avec des fardeaux de règles? (http://www.blogdemacaron.blogspot.com/2014/09/la-fois-ou-jai-chante-hare-krishna-en.html)
Oui j’ai dit ça et je le crois de tout mon cœur!
La discussion d’aujourd’hui n’a aucun rapport avec l’idée de plaire à Dieu. La seule base sur laquelle un humain est en paix par rapport à Dieu c’est parce que celui-ci a placé sa foi en Jésus-Christ le Fils de Dieu.
Les « disciplines spirituelles » ou encore on pourrait dire les « exercices de la foi » (ou allons y avec le crossfaith tant qu’à y être), n’ont pour motivation que l’amour envers Jésus et la volonté résolue de devenir comme celui que nous aimons. Ces disciplines sont des façons de recevoir la grâce transformante de Dieu et de se réjouir de notre espoir en Lui.
Donc en d’autres mots, si ces exercices sont motivés par autres choses qu’un amour envers Dieu, il ne faut pas s’y adonner. Tu ne fais pas ça pour « gagner ton ciel », tout comme un travailleur frustré rentre le lundi matin pour « gagner sa paye ». Tu t’y engage parce que tout comme l’athlète qui se défonce à l’entrainement et qui y tire du plaisir, ainsi tu es passionné par ton Dieu et tu aimes t’approcher de lui.
Si ta motivation c’est de pouvoir enfin plaire à Dieu, ne le fait pas --> parce que tu ne pourras jamais « gagner Dieu » par ta bonne conduite. Si ta motivation c’est la culpabilité parce que ton pasteur jeunesse te dit à tous les vendredi de faire un culte personnel et que tu es désormais convaincu que de ne pas lire ta Bible 5 minutes à chaque soir c’est un péché, ne le fait pas. La seule motivation acceptable pour s’exercer à la piété c’est la reconnaissance qui jaillit d’un cœur touché par la grâce. Je concède que certains jours sont plus sèches que d’autres, mais si en général ta vie spirituelle est davantage caractérisée par la culpabilité et un sentiment de désespoir, tu es en grand besoin d’un éveil à la grâce. Si tu voudrais regagner une perspective fraiche sur la vie spirituelle du chrétien, considère la grâce de Dieu envers toi en lisant Romains ch. 5-8, idéalement dans une traduction où tu comprends le vocabulaire (Segond 21 ou Semeur).
Bref, ces exercices sont entrepris pour rendre les chrétiens capables de recevoir la vie et la puissance de Dieu. Donc rien ne pourrait être plus éloigné du but recherché qu’un chrétien qui dirait « je dois lire ma Bible à soir sinon je vais déplaire à Dieu », ou encore « je dois prier pour être plus spirituel que le voisin ».

Ce que je vais faire pour les deux prochaines semaines
Je pense que Facebook est magnifique pour communiquer, mais je trouve que  je passe trop de temps à défiler mon fils de nouvelles comme un zombie. Donc comme « discipline d’abstinence », j’ai décidé de m’abstenir de Facebook pour la durée des deux semaines. L’idée derrière ça c’est (1) de m’en priver pour que j’apprenne à en faire un meilleur usage et (2) de consacrer le temps gagné dans autres choses.
Comme « discipline d’engagement », j’ai décidé de réinvestir ce temps en prière. Donc par exemple, au lieu de me garocher sur Facebook en me levant le matin comme le primate cyberdépendant que je suis, je vais ouvrir la journée en prière. 
Ça me semble être un engagement équilibré et sensé qui sera vraisemblablement intéressant.
[J’espère que vous comprenez qu’il n’y a zéro condescendance là-dedans!].
Plus que jamais (pour les deux prochaines semaines d’autant plus), j’aimerais prier pour vous. Si vous avez des sujets en particulier, faites-moi les parvenir à <caron.marc.andre.bible@gmail.com> (et non par message sur Facebook...).

Requêtes de prière
  • Requête : (1) mon mois d’octobre est le cœur de ma session au niveau des travaux. Que je puisse avoir la discipline, l’énergie, la santé et la passion pour conquérir chacune de mes tâches scolaires, (2) du discernement dans le choix de mon stage, (3) mon choix de cours pour la prochaine session et (4) « qu’il puisse croître et que je diminue ».

Merci de me lire et de me supporter. Sans l’engagement intense du Corps de Christ à mon égard, je ne serais pas ici. Je remercie Dieu de l’opportunité que j’ai et je le remercie de l’amour de mes frères et sœurs à mon égard. Vraiment à chaque journée je me rappelle de l’énorme geste de confiance que vous me faites en m’ayant envoyé ici et je vous en remercie de tout cœur!

Marc-André Caron

samedi 6 septembre 2014

La comparaison tue le contement - quelques réflexions sur la prière



Quand tu te compares, tu ne te console pas parce qu’il y a toujours quelqu’un devant toi; que ce soit à l’école, au travail, ou les possessions d’un proche. C’est facile d’être jaloux d’à peu près n’importe quoi.

Je me surprend souvent à juger les motifs des gens et à formuler toutes sortes de raisonnements pour justifier comment je suis et pour dévaluer mes rivaux mentaux afin que je maintienne mon prestige interne. Ce à quoi je veux en venir, c’est que la comparaison tue le contentement. Quand je me compare, j’observe chez moi que les pensées que j’entretiens sont en général négatives, axées sur la jalousie, plutôt qu’un désir de suivre l’exemple de cette personne. Vous savez... les usuelles questions telles que : « comment se fait-il qu’ils ne me l’ont pas demandé [plutôt qu’à lui]? », « pourquoi n’ai-je pas eu droit à ça et lui oui? », et etc. C’est souvent accompagné de plusieurs excellentes raisons pourquoi je serais un meilleur choix.

Donc oui, la comparaison tue le contentement.

Motivé par la jalousie, je cherche à avoir des choses que je n’ai pas besoin d’avoir. Ou peut-être que ce serait bien que je les aie, mais voici la jalousie est surtout un sentiment autodestructeur, un chemin qui ne mène nulle part. Et tout ceci arrive parce que je suis égocentrique (égo signifiant « je » en grec, soi-dit en passant).

Permettez moi de citez un petit récit biblique : Marc 10 :35-37. Jésus et ses disciples approchent Jérusalem et Jésus vient de prédire sa mort et sa résurrection pour la troisième fois (10:32-34), rien de trop rassurant. Le contexte pousse Jacques et Jean à poser une question :

35 Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s'approchèrent de Jésus, et lui dirent: Maître, nous voudrions que tu fasses pour nous ce que nous te demanderons.
36 Il leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous?
37 Accorde-nous, lui dirent-ils, d'être assis l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire.

Je cite John Stott sur le sujet : « ceci se qualifie certainement comme la pire et la plus flagrante des prières égocentriques jamais priées... C’est exactement l’opposé de la vraie prière, dont le but est de ne jamais plier la volonté de Dieu à la nôtre, mais de toujours plier notre volonté à la sienne. Pourtant le monde (et même l’église) est plein de Jacques et de Jean, des chercheurs de renommée, affamé d’honneur et de prestige, mesurant la vie par la réalisation et rêvant éternellement de succès. Ils sont agressivement ambitieux pour eux-mêmes (La Croix du Christ, p. 279) ».

Quand tu te présente devant Dieu en prière, l’exercice te force à l’humilité. Tu considère qui il est et tu reconnais qui tu es. Et si tu es seul, il n’y a personne à qui tu peux mentir. Il n’y a pas de masque que tu peux porter devant Dieu. Et puis ça arrive. La prière me décentre de qui je suis en me mettant en face à qui Dieu est. Ma jalousie dégonfle.


Quand tu vas devant Dieu en prière, tu es obligé de débarquer de ton cheval de noblesse pour aller à genoux. Et donc tu perds le piédestal que tu utilisais pour regarder les autres de haut. Et tu contemple le Père, et tu réalises qui tu es. Fondamentalement, je suis un pécheur, inadéquat en bien des choses. Et c’est quand je gagne une telle perspective de qui je suis vraiment et de qui Dieu est, que je suis contenté et que je cesse de me comparer. Le sens de la grâce résonne très fort.

Plutôt que de jalouser ou de condamner mon prochain, mes collègues, ou mes « ennemis », je prie pour eux. Sais-tu ce qui m’arrive quand je prie pour des gens qui ne me font pas particulièrement lever le poils des bras? Mon amour pour eux grandit. Je les vois comme des frères et des sœurs en Christ, la prière me pousse à voir en eux la dignité inhérente à tous êtres humain de par l’image de Dieu qui est en chacun d’entre nous. À prime abord, il n’y a rien de bien « digne » chez un alcoolique chronique qui vient de passer 28 ans dans la rue.

Tout ça pour dire: la prière me dépouille de mon orgueil, de ma jalousie et de mon attitude de protection-de-mon-prestige. Quand je suis à genoux en prière, je m’enlève la tête de mon nombril et je regarde à la croix : qui je suis, qui Dieu est, et qui est mon prochain. Et je ne vais pas vous mentir, je crois sincèrement que ça me rend moins orgueilleux, moins jaloux et authentiquement content pour les réussites des autres.

Plutôt que d’haïr et de commérer, prier pour le bien de la personne en question, c’est particulièrement bon dans mon cas. Parce que c’est ensuite assez dure de « maudire » cette personne que je viens de « bénir ».

Encore une fois je cite John Stott : « la vraie prière, dont le but est de ne jamais plier la volonté de Dieu à la nôtre, mais de toujours plier notre volonté à la sienne. »

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Quelques nouvelles :
Une après-midi à "apporter le royaume"
J’entame ma troisième semaine. Tout se déroule extrêmement bien. La cohabitation avec mon co-chambreur se déroule à merveille. J’ai beaucoup d’énergie pour me « clancher » des journées d’étude assez extravagantes; je suis reconnaissant de vos prières.

Requête :
-Mes samedi d’évangélisation avec City Church International
-Mes études : l’énergie, la passion, la concentration, la discipline, la rigueur et aimer Jésus
-J’ai appris que mon stage devait se dérouler obligatoirement sur 3 sessions (donc une année complète). Je ne sais pas si je pourrai le faire au Québec, dans ce cas. Ça me cause une certaine frustration, mais au final je sais que tout sera pour mon bien.

Merci de votre soutient, de vos prières, de vos messages d’encouragement et des interactions que j’ai avec vous par message privée/courriel. Si vous avez des requêtes de prière, il me fait plaisir de prier pour vous, n’hésitez pas à m’écrire!