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vendredi 14 avril 2017

Le résurrection, FAKE NEWS?


Dans mon fil Facebook cette semaine, ce message de Stéphane Gendron a surgi. Puisque monsieur Gendron est une figure publique, je vais l’utiliser comme point de départ pour ce billet.


Par C. S. Keener (http://www.craigkeener.com/), trad. par MaC
Monsieur Gendron représente l’attitude populaire par rapport à la résurrection : un rejet total sans même connaitre les sources et les données de la discussion. En réponse, le but de ce présent blog est de présenter les données du « problèmes » de la résurrection. Sous la prémisse qu’il est impossible qu’une personne ressuscite parce que personne n’est jamais ressuscitée des morts (logique circulaire?), il est à prime abord très facile de rejeter la résurrection («parce que c’est un miracle et que les miracles sont impossibles!»). Quand on prend le temps de considérer les faits historiques non-contestés (autant par les historiens chrétiens que non-chrétiens), les événements de la Pâques originale deviennent vraiment complexes. Il y a des faits à expliquer. Dire que la résurrection est une fake news n’est pas suffisant. Pour démontrer que la résurrection est fausse, il faudrait aussi que monsieur Gendron fournisse une théorie qui a une puissance explicative supérieure à celle de la résurrection. Pareillement, il ne suffit pas de dire qu’il est faux que la Terre est plate, il faut déloger la théorie de la Terre plate par une théorie ayant une puissance explicative supérieure.

Tout ceci présume que les faits quant à l’origine du Christianisme soit connus, ce qui est complètement faux pour la majorité des sceptiques de salon. Il y a des faits indiscutables associés aux origines du christianisme que TOUT LE MONDE (chrétien comme non-chrétiens) doit inclure dans une explication de ce qui s’est « vraiment passé » lors de la première Pâques. Nous verrons qu'en comparaison avec les théories alternatives, la croyance chrétienne historique que Jésus est ressuscité des morts possède en fait une valeur historique très robuste. 
Donc, quelles sont les DONNÉES HISTORIQUES INDISCUTABLES qu'une explication de la Pâques originale doit prendre en compte?

Fait #1 — Jésus de Nazareth fut crucifié entre AD 30 et 33
Sources: Lettres de Paul (c. 45 AD), les 3iers évangiles (c. 60-70 AD), l'existence de l'Église, Flavius Josèphe (historien romain d’origine juive c. 80 AD), Tacite (historien romain, c. 90 AD), Mara Bar Serapion (c. 73 AD), le Talmud (écrits des rabbins codifiés c. 200 AD). Si vous penses que Jésus de Nazareth n’a jamais existé, lisez ceci.


Fait #2 — Des disciples de Jésus (e.g., Pierre, Jacques et Jean) et des gens qui n’étaient pas des disciples de Jésus (e.g., Jacques, son frère, et Paul de Tarse) ont cru que Jésus leur est apparu, à différents moments et à différents endroits.
Les premiers disciples de Jésus, incluant Pierre, Jacques, Jean et d’autres (à la fois des disciples et des non-disciples de Jésus), à différent endroits et à différents moments, ont cru voir Jésus leur apparaître. Plus de 512 témoins oculaires selon l’une de nos sources— Est-ce qu’ils ont réellement vu Jésus? Au bas mot, ils ont certainement vu quelque chose. Ça ne veut pas nécessairement dire que Jésus leur est RÉELLEMENT apparu, mais ça veut dire qu’ils ont PENSÉ que Jésus leur est apparu. Ceci soulève la question : quelle est la cause raisonnable et suffisante de cette croyance? Avaient-ils un motif (e.g., devenir riche) ?

Fait #3 — Paul de Tarse, un pharisien (courant religieux juif conservateur du 1er siècle) qui cherchait à faire assassiner et à faire emprisonner les disciples de Jésus, s’est transformé en apôtre de Jésus. La raison: il a rencontré Jésus ressuscité.
Les sources sont les écrits de Paul (épître aux Galates) et ses discours rapportés dans le livre des Actes. Il faut noter que Paul est devenu un chrétien subitement, et que Paul a souffert et est mort martyrisé pour sa nouvelle croyance. Paul de Tarse, un juif ethnocentrique et exclusiviste selon les standards de nos jours, est cependant celui qui a propagé la foi chrétienne chez les non-juifs. Quelle a été la cause suffisante et nécessaire de sa conversion? Qu’est-il arrivé à Paul? Pourquoi était-il maintenant prêt à mourir pour Jésus? Pourquoi a-t-il mis de côté une carrière prometteuse comme pharisien pour devenir un parias autant pour sa culture que dans le monde gréco-romain (il fut crucifié sous Néron dans les années AD 65ish).

Fait #4 — au 1er siècle, il y a eu 14 autres mouvements messianiques.
Les Juifs du 1er siècle vivaient sous l’Empire romain, et plusieurs groupes politico-religieux attendaient avec impatience la venue d’un sauveur politique (i.e., le messie). Il y a eu 14 autres mouvements messianiques lors du 1er siècle [Pour voir certains d’entre eux et les sources associées, cliquez ici]. Tous ces mouvements étaient bâtis autour d’un leader charismatique ayant des disciples, et qui affirmaient être le messie, c-à-d le sauveur politique d’Israël. Tous ces mouvements ont été écrasés par les Romains, et leurs leaders ont été crucifiés. Les disciples de Jésus avaient 2 options : abandonner la révolution ou trouver un autre leader—  dire que le leader original était vivant n’était pas une option, à moins qu’il soit vivant! Très tôt après la crucifixion de Jésus, le mouvement de Jésus s’est mis à grandir à Jérusalem, la ville même où il fut crucifié.
—> Comment est-ce qu’on explique ceci si Jésus est resté mort? Si Jésus était mort, qui les a fait agir? C’est assez difficile de partir une religion quand tu es mort.

Fait #5 — Les disciples de Jésus ont proclamé que Jésus était ressuscité des morts AU MILIEU de l’histoire humaine.
La plupart des juifs croyaient en une résurrection générale (tout le monde ensemble) à la fin des temps, mais personne ne s’attendait à ce qu’une seule personne ressuscite. Aucun des 14 autres mouvements messianiques n’a affirmé que leur leader était ressuscité. La proclamation unique des disciples de Jésus était que leur messie crucifié était ressuscité des morts au milieu de l’histoire (et non à la fin des temps, ce qui était la croyance de la plupart des juifs). Personne ne s’attendait à ce que le messie ressuscite, encore moins un messie crucifié. Même si les disciples avaient eu des hallucinations parce qu’ils voulaient vraiment un messie, ils n’auraient pas conclus qu’ils étaient ressuscité CORPORELLEMENT — ils auraient dit qu’il était monté au ciel. Le point ici, c’est que les croyances chrétiennes n’ont aucun avantage : elles sont déconnectées des croyances juives générales du 1er siècle et elles sont difficiles à défendre (nous croyons en un messie ressuscité corporellement!). Pour qu’un groupe développe de telles croyances, il faut une cause première nécessaire et suffisante.
—> Qu’est-ce qui a créé cette croyance unique chez les premiers chrétiens à propos d’un messie crucifié et ressuscité des morts?

Fait #6 — Le mouvement de Jésus transforme des traditions juives vieilles de 1500 ans
Les premiers disciples de Jésus ont transformé des traditions juives vieilles de 1500 ans: la Pâque (fête juive commémorant la libération des juifs de l’esclavage de l’Égypte) devient le Repas du Seigneur (pain et le vin ne sont plus à propos de l’Égypte mais du sang de Jésus). Les disciples de Jésus cessent d’observer le lois alimentaires et la circoncision n’est plus nécessaire pour être en relation avec Dieu (les chrétiens juifs continuent de l’observer comme pratique culturelle, mais ils ne s’attendent pas à ce que les chrétiens non-juifs se fassent circoncire. C’est complètement révolutionnaire et impensable pour un Juif du premier siècle--- à moins que Dieu lui-même apporte des changements. La circoncision était le marqueur physique qu’une personne appartenait à l’alliance que Dieu avait traité avec Moïse). Ensuite, le Sabbat (samedi, le 7ième jour) devient le Jour du Seigneur (dimanche, le jour de la résurrection)!
—> Pourquoi est-ce que ces marqueurs indispensables de l’identité juive ont été transformé?


Fait #7 — Les disciples de Jésus proclament que ce charpentier crucifié est le Seigneur de tout l’univers.
Les premiers chrétiens disaient que Jésus partageaient l’identité de YHWH, le Dieu d’Israël. Pour n’importe quel Juif du 1er siècle, cette affirmation était complètement blasphématoire parce que ça semblait dire qu’il y avait 2 dieux et que Dieu était un homme. Les disciples priaient dans le nom de Jésus et ils chantaient des hymnes en son honneur. Ils sont morts pour lui et pour son message.
Par Jean Marchand
—> Qu’est-ce qui explique une croyance aussi radicale à propos d’un gars mort crucifié? Personne, au 1er siècle, ne s’attendait à ce que le messie soit Dieu.
—> Si Jésus n’est pas ressuscité des morts, pourquoi disaient-ils ceci à propos d’un messie crucifié, mort et faux?
—> Si on demandait à Paul de Tarse : « Comment sais-tu que Jésus est Seigneur? » Il te dirait que c’est parce que Jésus est ressuscité des morts. La résurrection confirme tout ce que Jésus a dit : ses miracles, ses enseignements, sa prédication et que le Royaume de Dieu était arrivé.



Possibles théories qui expliquent ces faits
En intro, j’ai souligné que dire que la résurrection est une fake news n’est pas suffisant. Il faut aussi fournir une théorie qui a une puissance explicative supérieure à la résurrection. Au fil du temps, quelles sont les théories qui ont été avancées pour expliquer la Pâques originale?
Théorie de l’évanouissement: Jésus est tombé dans un comas puis s’est réveillé 3 jours après et est sorti de la tombe. Quelques difficultés rapides: (1) Jésus n’aurait pu survivre une crucifixion romaine; (2) les soldats romains étaient certains de sa mort (Jeann 19:31–33); (3) Que s’est-il passé avec Jésus après? (4) Comment est-ce que ceci explique les faits #5, 6, 7 ?
Théorie de l’hallucination: les disciples ont eu des hallucinations. Ils ont vu ce qu’ils voulaient voir. Ils se sont convaincu d’une vue de l’esprit et ils l’ont dit aux autres. Quelques difficultés rapides: (1) trop de témoins pour une hallucinations de masses; (2) dans les faits, les disciples ne voulaient pas croire à la résurrection (faits #2, 3, 4, 5, 6, 7); (3) les hallucinations durent des secondes et des minutes, et non 40 jours. (4) La croyance historique de l’Église, c’est que Jésus Christ est ressuscité corporellement. Les disciples ont touché Jésus et ont affirmé avoir mangé avec lui. Si la cause originale des croyances de la Pâques était une hallucination, ça n’explique pas la fascination chrétienne avec la résurrection corporelle. (5) Comment expliquer le tombeau manquant?
Théorie de la conspiration : la résurrection était une invention des apôtres et ses disciples ont volé le corps. Quelques difficultés rapides: (1) Comment expliquer l’apparition des croyances chrétiennes dans leur format difficile, innovateur et quasiment impossible à défendre (faits # 4, 5, 6, 7) ? Personne au 1er siècle ne croyait à la résurrection corporelle au milieu de l’histoire; (2) Les disciples sont morts volontairement pour leur foi; (3) les disciples ont eu un changement de caractère (de la peur vers le courage); (4) les disciples n’ont pas profité de leurs croyances; ils sont morts pour leur croyance plutôt que d’être riches ou adulés.
Bref, les théories alternatives sont plutôt ridicules. Il vaut mieux dire « qu’on ne le sait pas », ce qui est probablement la position de monsieur Gendron. Mais de dire que c’est une fake news va décidément au delà de ce que monsieur Gendron peut démontrer.
Au bas mot, ça ne prouve pas que la résurrection de Jésus est vrai, mais ça démontre que les explications alternatives actuelles sont désespérées et incapables d’expliquer les données historiques de base de la Pâques.
La seule théorie qui a une puissance explicative nécessaire et suffisante, c’est que Jésus Christ est ressuscite des morts.
La meilleure explication de ces 7 faits, c’est que Jésus est ressuscité des morts après avoir passé 3 jours dans le tombeau. Il n’y a pas eu d’autres explications qui expliquent de façon satisfaisante que la tombe était vide, que les disciples ont dit avoir vu Jésus, et que leurs vies et leur religion fut transformée. Je vous voir venir et me dire ...

« Ok Marc-André, tu as fait une démonstration raisonnable que les événements de la première Pâques sont complexes, que les théories alternatives sont inadéquates, et que la croyance chrétienne historique est la meilleure explication jusqu’à maintenant, mais ça ne me convint toujours pas de mon scepticisme anti-supernaturel? »
Si quelqu’un choisit de rester sceptique, la science historique ne peut pas amener cette personne plus loin.
N.T. Wright a dit : « L’Apôtre Thomas a demandé une preuve de la résurrection de Jésus. Mais Jésus est au dessus des preuves et quand Jésus est apparu à Thomas, il ne voulait plus mettre ses doigts dans les plaies de Jésus, et il a dit ‘Mon Seigneur et mon Dieu.’
Quand Jésus est apparu à Pierre après qu’il l’ait renié trois fois, Jésus n’a pas dit 'tu me croyais pas!' Mais ‘Simon Pierre, m’aimes-tu?’ — C’est l’amour qui croit. L’amour c’est la façon la plus profonde de connaitre quelque chose.
Donc l’histoire vous amène au bord de la foi et de l’amour, comme Pierre et Thomas. » La foi en la résurrection, c’est assurément un événement historique, mais c’est aussi une rencontre personnelle avec le Jésus ressuscité qui vit encore aujourd’hui. Une rencontre qui bouleverse et convint à cause de l'amour de Dieu déversé dans nos coeurs.
Mais ça soulève la question... Qu’est-ce que tu vas faire à propos de lui?
Depuis que le Christ est ressuscité, il a changé la vie de milliers de personnes à chaque génération, de Jérusalem jusqu’aux extrémités de la Terre. Ceux qui sont transformé par lui rendent témoignage de ce qu’il a fait pour eux. Ceux qui ont vécu avec lui sur Terre ont écrit des livres qui expliquent comment il changeait les vies : les 4 évangiles. Mais Jésus est encore vivant et il change encore des vies. C’est pour ça que chaque année, les chrétiens célèbrent la Pâques. Jésus est ressuscité au « milieu de l’histoire », mais il revient bientôt où ceux qui auront placé leur foi en lui le suivront dans la résurrection pour la vie éternelle, et les autres dans la résurrection pour le jugement.
Comment faire sa rencontre? Si vous êtes intéressés, je vous suggérerais, chers lecteurs, (1) de commencer par lire les quatre évangiles; (2) de faire la rencontre de chrétiens qui sont caractérisés par l’amour de Jésus; (3) de prier Dieu avec honnêteté en lui demandant de se faire connaitre à vous. La Parole dit: « Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre coeur. » (Jérémie 29:13).
Je suis ouvert à correspondre avec quiconque, et je reviens au Québec cet été!

Le vrai Fake News est discuté dans l’Évangile de Matthieu 28:12–15:
Soichi Watanabe: The Prodigal Son Returns
 « Ceux-ci [les leaders religieux d’Israël], après s'être assemblés avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme d'argent, en disant:  Dites: Ses disciples sont venus de nuit le dérober, pendant que nous dormions. Et si le gouverneur l'apprend, nous l'apaiserons, et nous vous tirerons de peine. Les soldats prirent l'argent, et suivirent les instructions qui leur furent données. Et ce bruit s'est répandu parmi les Juifs, jusqu'à ce jour. »






Joyeuse Pâques! Il est ressuscité!




(La structure et le contenu des arguments dans cet article provient du travail de Justin Bass (principalement), N.T. Wright, Garry Habermas et William Lane Craig.) 
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Quelques nouvelles et requêtes de prière
Tout mon travail de maitrise doit être complété d’ici le 28 avril. Tout va très bien. J’ai remis la version finale de ma thèse de maitrise cette semaine. Je n’ai plus qu’un projet majeur à remettre. Je tiens bon! Requêtes de prières: (1) discipline, acuité intellectuelle et passion pour bien finir mes études à Dallas; (2) grandir en grâce et en service; (3) la transition : vers les études doctorales à Laval, le rôle de berger dans l’église, déménagement vers le Québec.
Merci de m’avoir lu,
Marc-André 

dimanche 2 octobre 2016

"Tout va dont bien mal" - Le cynisme et l'espérance


Le cynisme et l’espérance
Il y a beaucoup de choses qui peuvent pousser à la déprime: le terrorisme, les enjeux écologiques, le climat politique, aurais-je un bon emploi un jour? Pourrais-je prendre ma retraite? Etc.
D’autres choses poussent à l’indignation: pourquoi autant de guerres, de morts? Pourquoi la Syrie?
Pour les croyants, à cela on ajoute la quantité incroyable de blasphèmes entendue quotidiennement, et la direction opposée que prend la société en relation avec la morale chrétienne.
Ceci peut mener à un genre de cynisme ou de scepticisme à propos de l’état du monde.
The Sun - Yue Minjun (2000)
Mais le scepticisme, qui prend une apparence de lucidité, est une forme d’arrogance et d’orgueil. L’un de mes profs, Darrell Bock, dit que le scepticisme fonctionne comme une paire d’œillères: il empêche de voir ce que Dieu est entrain de faire. C’est une chose de s’autocritiquer, c’en est une autre d’être sceptique.
Pour ceux qui suivent Christ, la vie est vécue à l’ombre des événements à venir. Les chrétiens vivent dans « les derniers jours » depuis la résurrection du Christ (e.g., Actes 2:17; 1 Pi 1:20; 1 Cor 10:11; 1 Tim 4:1; 2 Tim 3:1; Héb 1:1-2; 9:26; 1 Jn 2:18).  Peut-être que le scepticisme ou l’hédonisme ou le cynisme devrait être une réaction normale (logique) quant aux événements se déroulant autour de nous, mais pour les chrétiens la fin est déjà connue: Jésus a gagné. La mort est morte. Les forces des ténèbres seront jetées dans l’étang de feu. Vivre en sachant que Christ a vaincu libère du cynisme, du scepticisme ou de l’hédonisme, parce que tu sais précisément où l’histoire se dirige : vers la consommation des âges où Christ sera souverainement élevé et où à son nom tous genoux fléchira dans les cieux, sur la Terre et sous la Terre. 
Le résultat est une assurance paisible, « la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence » (Phil 4:7). Vivre à l’ombre de la fin des temps libère des réactions cyniques, sceptiques, hédonistes, à-plat-ventristes ou autres -- et cette libération donne l’espace nécessaire pour vivre comme Jésus. Le Seigneur s’est soumis totalement au Père pour accomplir son plan. Un plan qui en l’apparence n’avait pas l’air très gagnant. Mais c’est précisément par sa mort que Jésus a transformé le plus grand en le plus grand bien : la résurrection d’entre les morts et le pardon des péchés.
Dans un monde qui semble nous pousser au cynisme (ou à autres choses), il faut « garder les yeux sur Jésus, le pionnier et le perfectionneur de [notre] foi » (Héb 12:2). Jésus est le pionnier de notre foi d’abord parce qu’il est notre sauveur, mais aussi parce qu’il est l’exemple ultime de ce qu’est être fidèle à Dieu. En tant que ‘perfectionneur’ (oui, j’ai vérifié, c’est un mot!), il est celui qui nous rend capable de reproduire sa fidélité à Dieu.
Et donc le cynisme ou le scepticisme cède sa place à l’imitation du Christ, ce qui est une contribution beaucoup plus positive à notre monde actuelle que de désespérer quant à son état et à se paralyser à l’écart de l’action... ou de désespérer... ou de critiquer sans fin... ou d'abandonner... 
Je ne dis pas que le deuil, l’indignation, la frustration ou le découragement momentané n’a pas sa place. Il y a un temps pour tout sous le soleil.  Il faut se lamenter quand nous sommes affligés. Mais avec la résurrection de Jésus et l’assurance de son retour, c’est l’espérance qui nous permet d’enlever les œillères d’un cynisme perpétuel ou de l'aigrissement de l'âge, et qui nous permet d’être ouverts à ce que Dieu est entrain de faire, et d’y participer.

Quelques nouvelles et requêtes de prière :
(1) On m’a décerné une bourse d’étudiant pour la Société de théologie évangélique (ETS). ETS est une organisation professionnelle et académique regroupant des chercheurs, pasteurs, enseignants et étudiants en études bibliques à l’intérieur du monde évangélique. Le but d’ETS est de servir Jésus-Christ et son église en facilitant la recherche biblique évangélique. Concrètement, ceci veut dire que je gagne 4 nuits à l’hôtel, le prix d’entrée de la conférence et des livres.
(2) Je travaille présentement sur la présentation d’un dossier pour obtenir une bourse d’études au Québec. La date limite est le 18 octobre. Ceci occupe beaucoup de mon temps, mais c’est aussi connexe avec ce que je fais au séminaire pour ma thèse et certains travaux de session.
Requêtes: (1) discipline, passion, acuité intellectuelle et équilibre (copine, vie d’église); (2) applications pour doctorat (choisir où aller? sujet de recherche?); (3) grandir en grâce et connaissance de notre Seigneur et Sauveur.
 Merci beaucoup de me lire de votre support spirituel et matériel indéfectible.
Marc-André

dimanche 27 mars 2016

Pâques et le journalisme à sensation - L'Actualité et son 'article' mythiste

C’est le dimanche de Pâques. Le tombeau est vide. Ça veut dire que c’est le temps idéal pour faire du journalisme à sensation.
Cette semaine Maclean’s a publié un article mythiste (théorie selon laquelle Jésus n’a pas de caractère historique et ne serait qu'un mythe) en s’étayant des arguments de Richard Carrier. D’entrée de jeu, la thèse mythiste n’a aucune crédibilité dans les milieux universitaires. C’est un peu comme les théories négationnistes qui renient le génocide mis en œuvre contre les Juifs durant la 2eme GM. Ce n’est une question d’être confessionnel ou séculier; c’est une question de méthode historique. 
Déjà que l’article de Maclean’s donnait une couverture favorable à la thèse mythiste, l’Actualité s’est surpassée en republiant une version condensée qui (1) comporte de nombreuses erreurs de logique,  (2) démontre que l’auteur ne maîtrise aucunement la méthode historique, et (3) qu'il n'a aucune notion relative aux sources premières et secondaires derrière les discussions concernant ‘le Jésus historique.’ 
Ce que je vous propose sur ce blog, c’est de commenter le texte publié par l’Actualité afin de souligner ses erreurs les plus flagrantes, et de démontrer qu le mythisme doit être abandonnée. De prime abord, le texte de l’Actualité est d’une telle faiblesse qu’il est même discutable de vouloir interagir avec celui-ci. En quelque sorte, il vaut mieux ignorer ce genre de truc plutôt que de leur donner l’importance qu’il ne mérite pas. Mais, j’ai cru que l’exercice serait quand-même profitable, puisque ce genre de discours est commun, peut-être mes commentaires pourront aider d'autres à mieux se situer.
Bien que j’y adhère, je ne compte pas défendre ici l’inerrance des Écritures ou la fiabilité historique de la Bible. Je ne défendrai pas non-plus l’historicité de Jésus (vous pouvez aller sur Wikipédia pour ça), mon seul propos ici étant d’exposer la faiblesse de la thèse mythiste.
Pour des raisons de simplicité, j’ai cité la totalité de l’article de l’Actualité et j’ai placé mes commentaires sous les paragraphes.
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Paragraphe 1 : « Jésus n’a jamais existé. Bart Ehrman, grand spécialiste américain du Nouveau Testament, lance ce gigantesque pavé dans la mare alors que de nouvelles découvertes liées à la science de la mémoire jettent le doute sur l’existence de l’un des piliers de la religion catholique. » 
  • Dès l'ouverture, on constate que l’auteur Hugo Prévost n’a même pas lu les ouvrages d’Ehrman, étant donné qu’Ehrman ne dirait JAMAIS que Jésus n’a pas existé. Il dirait plutôt que le Jésus historique est très différent du Jésus de la foi. Ça illustre le faible travail journalistique de cet article. Plutôt que d'aller vérifier la source "primaire," l'auteur se contente de reprendre les affirmations du Maclean's. La version de ce dernier magasine est 'moins pire,' mais néanmoins écrite d'une façon qui laisse penser qu'Ehrman est un mythiste, alors qu'une lecture attentive permet de comprendre que l’article défend plutôt les thèses marginales de Richard Carrier, d’où cette grossière erreur dans ce premier paragraphe. Donc non, la thèse du nouveau livre d’Ehrman (qui vient de paraitre ce 1er mars) ne fait pas cet argument.
Paragraphe 2 : Curieux à propos de la véracité des messages rapportés dans les Évangiles — pour la plupart écrits plusieurs décennies après la date présumée du décès de Jésus —, Bart Ehrman a tenté de déterminer si la mémoire orale permettait effectivement de transmettre des faits efficacement, sans que le message central soit modifié avec le temps.
  • La question soulevée est valable. En effet, les évangiles ont été écrits de 3 à 4 décennies après la crucifixion de Jésus. Mais, l’auteur cherche à créer une fausse catégorie. Que la mémoire orale permette ou ne permette pas de transmettre des faits efficacement n’a peu ou pas de pertinence quant à la transmission du message central. En rapportant l’affirmation de cette manière, il cherche à forcer son lecteur à adhérer à sa conclusion. « Évidemment, tout le monde sait que la mémoire est une faculté qui oublie, donc forcément Jésus n’a jamais existé! » La conclusion ne suit pas sa prémisse... C’est de la haute voltige fallacieuse.
Paragraphe 3 : « Auteur de l’ouvrage Jesus Before the Gospels: How the Earliest Christians Remembered, Changed, and Invented Their Stories of the Savior (Jésus avant les Évangiles: comment les premiers chrétiens ont conservé, modifié et inventé leurs récits du Sauveur), le chercheur s’appuie sur le fait que la mémoire est une faculté qui oublie pour affirmer qu’il est impossible que Matthieu se souvienne exactement des paroles du Christ lors du Sermon sur la montagne, par exemple, alors qu’il en a écrit le compte rendu 50 ans plus tard. »
·         D’abord ce n’est pas 50 ans, c’est entre 30 à 40 ans. De plus, les sources les plus antiques  sur Jésus ne sont pas les évangiles, mais les lettres de Paul. Les plus anciennes se datent à la moitié des années 40. Tout-à-coup, le fossé passe de 40 à 15 ans.
·         Aussi, cette affirmation présume qu’il n’y avait pas de sources littéraires derrière les évangiles. Par exemple, le fait que Matthieu/Marc/Luc aient 296 versets en commun (Marc a en tout 661 versets) et que Mathieu et Luc partage 250 versets en commun démontrent uneque ces trois évangiles se basent sur une source littéraire antérieure.
·         Également, la thèse d’Ehrman est essentiellement que les ‘traditions’ qui circulaient à propos de Jésus après sa mort étaient volatiles (comme le jeu du téléphone). Donc, il serait impossible de faire confiance à ce que nous avons dans nos évangiles. Si on lui concède sa prémisse (que les histoires concernant le Jésus historique ont ‘grossi’ au fil des ans) la conclusion présentée dans l’article est tout simplement fausse. Comme mentionnée précédemment, même si les détails de l’histoire divergent, l’essence demeure la même.
·         Enfin, inversement à ce que l’Actualité prétend, Ehrman n’est pas le premier à avoir étudier le phénomène de la transmission oral (voir JDG Dunn, Richard Bauckham, Richard McIver, Ken Bailey). 
Paragraphe 4 : Pour prouver ses dires, Bart Ehrman fait référence à plusieurs expériences psychologiques où des participants, interrogés à propos d’un événement, se mettent rapidement à «inventer» des souvenirs pour, entre autres, adopter un point de vue qui leur convient. On n’a qu’à penser aux «foules de musulmans du New Jersey célébrant les attentats du 11 septembre 2001», un faux «souvenir» évoqué par Donald Trump et dont se souviennent pourtant ses partisans, malgré le fait que cela ne se soit jamais produit. Idem pour le principe antédiluvien du téléphone arabe, dont le message final est bien souvent très différent de l’énoncé d’origine. Ou les témoins oculaires, dont la fiabilité laisse à désirer. Soudainement, l’idée de Jésus marchant sur l’eau ressemble davantage à une histoire embellie qu’à un véritable miracle. »
·         L’argument est très faible ici, parce qu’il n’y a aucune comparaison entre la corruption de la mémoire à propos d’éléments de souvenirs marginaux (la couleur de ma chemise lors du 11 septembre 2011) et l’élément central (que les tours jumelles se sont écroulées cette journée là).
·         Supposons que les disciples aient inventé inconsciemment un paquet de truc sur Jésus à cause de la mémoire orale. Ce que l’auteur fait ici est insidieux: en discréditant un événement en tant « qu’une histoire embellie, » il déboule une pente fatale pour arriver à faire douter de tout. La réalité est beaucoup plus complexe. 
Paragraphe 5 : « Aux yeux de Bart Ehrman, cette tendance naturelle à la mutation des faits au fur et à mesure que ceux-ci sont transmis confirme que les Évangiles sont remplis de souvenirs «transformés» — et donc faux. »
·         Il s’agit d’une grossière fausse dichotomie. Pour les fins de la discussion, supposons que les évangiles ont été victimes de « cette tendance naturelle à la mutation des faits au fur et à mesure que ceux-ci sont transmis. » Donc que ce qu'on aurait dans les évangiles serait un gros tas d’histoire embellie. Même dans ce cas, l’essence de l’histoire devrait être intacte. Que j’aille porté du rouge ou du vert le 11 septembre est un détail; que les tours jumelles se soient effondrées est essentiel. Le fait que mes souvenirs du 11 septembre soit corrompus par l’accrétion de faux souvenirs ne change absolument rien à la véracité de l’histoire.
Paragraphe 6 : « D’ailleurs, les premiers chrétiens semblaient au courant de ce risque. Ce n’est pas pour rien que Paul, dans son Épître aux Galates, prend la peine de souligner que ses enseignements ne lui sont pas parvenus par un chemin tortueux, mais plutôt directement «par la révélation» de Jésus-Christ. »
·         Il s’agit d’un faux lien de causalité. La raison pour laquelle Paul dit ceci, ce n’est pas qu’il se méfiait des dangers de l’oralité, mais c’est qu’il n’avait jamais côtoyé Jésus. Il affirme que son lien avec Jésus provient (1) d’une révélation directe : « car je ne l’ai reçu ni appris [l’évangile] d’un homme, mais par une révélation de Jésus Christ » (Gal 1:12) et (2) de ses contacts avec les apôtres : « Trois ans plus tard, [circa 36 AD] je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas [Pierre], et je demeurai quinze jours chez lui. Mais je ne vis aucun autre des apôtres, si ce n'est Jacques, le frère du Seigneur » (Gal 1:18-19).
·         L'explication plus probante est que les apôtres ont rédigés leurs « mémoires » alors qu’ils sentaient que leur vie était dans un grand danger, dans les années 60 lors de la persécution sous Néron.
Paragraphe 7 : « Selon des anthropologues, les souvenirs communs d’un groupe sont encore plus sujets à modifications. Si un membre dominant du groupe offre une version différente des faits, cette interprétation n’est souvent pas contestée par les autres membres et est adoptée telle quelle. »
·         Encore une fois, cette remarque est impertinente quant à l’essence du Christianisme. Y-avait-il 1 ange ou 2 anges quand les disciples ont découverts le tombeau vide? Ce qui est vraiment essentiel, c’est que le tombeau était vide.
Paragraphe 9 : « Toujours au dire du chercheur, des détails particuliers sont souvent ajoutés aux histoires bibliques, puisque ce sont ces «petits plus» qui leur confèrent un aspect véridique. Plus on s’éloigne des Évangiles présentés dans la Bible — dont le contenu a été «officialisé» aux IVe et Ve siècles —, plus l’existence du Christ est remise en question. L’exemple du procès intenté par Ponce Pilate et la crucifixion qui a suivi est révélateur. Selon l’Évangile de Pierre, déclaré «non authentique» par les autorités chrétiennes, ce n’est pas ce préfet de Judée qui a signé l’ordre d’exécution de Jésus, mais plutôt le roi Hérode. D’autres textes parlent plutôt d’un Christ décédé à l’aube de la cinquantaine, ce qui situerait sa mort vers les années 40 de notre ère. Or, Pilate aurait été renvoyé à Rome en 36 ou 37…
·         Le contenu des évangiles n’a pas été « officialisé » au 4e et 5e siècle. En disant ceci, il laisse sous-entendre que le texte des évangiles est une construction de l’Église catholique. C’est démonstrativement faux, puisque nous détenons des manuscrits ANTÉRIEURS à cette date. Par exemple, la copie entière la plus antique de l’évangile de Marc se nomme P45 et est généralement datée circa 225 AD. Le fragment le plus ancien de Jean est P52, datant alentour 125 AD. Ce fossé est beaucoup moins large que celui entre l'original et le manuscrit de la grande majorité des ouvrage classiques dont l'historicité n'est aucune remise en question par les historiens, par exemple la copie la plus ancienne de "Histoires" de Hérodote (484-425 BC) date du 10e siècle AD (voir cet article qui cite une abondance de sources premières). 
·         L’évangile de Pierre est un document pseudépigraphique (qui porte le nom d’un auteur qui ne l’a pas composé) rédigé probablement entre 150-200 AD, donc au minimum 100 ans après les quatre évangiles du canon. L’évangile de Pierre contient différents détails de Matthieu/Marc/Luc, de l’Apocalypse ainsi que d’autres ‘traditions.’ Que l’évangile de Pierre contiennent des éléments de ces sources démontrent qu’il fut écrit après celles-ci. De plus, ce document exonère Pilate (un romain) dans sa responsabilité dans la mort de Jésus et blâme plutôt complètement sur les juifs : ceci révèle que cette évangile provient d’une période où le christianisme ne se sentait plus affilié au Judaïsme, mais ne voulait pas que Rome soit blâmé pour la mort de Jésus (lire davantage ici en anglais). De mettre le témoignage de l’évangile de Pierre en comparaison avec celui de Matthieu/Marc/Luc/Jean est similaire à comparer nos souvenirs du 11 septembre 2011 avec les travaux d’histoire de 4e année que les écoliers de 2116 feront.
Paragraphe 10 : « Autre exemple, pour les Nazoriens, secte de chrétiens de la première heure dont l’existence est évoquée par des chercheurs du IVe siècle de notre ère, Jésus est mort un siècle avant les Évangiles bibliques, soit vers 70… avant Jésus-Christ!
·         Exemple similaire à l’évangile de Pierre. On utilise une source ultérieure (Épiphane de Salamine, circa 380 AD.) comme si son témoignage équivalait à celui d’une source contemporaine. Épiphane n’est pas un « chercheur. » C’est un chien de garde de l’orthodoxie de l’Église qui fait un catalogue d’hérésies. Il rapporte les croyances qu’allègent ce groupe sectaire. Son ouvrage s'intitule d'ailleurs la "Panacée [contre les hérésies]." 
Paragraphe 11 : « La majeure partie du Nouveau Testament est aussi dénuée de preuves historiques de l’existence du Christ. Les lettres de saint Paul, fortes de près de 20 000 mots, mentionnent Jésus à plus de 300 reprises, mais jamais pour parler de sa vie, de ses actions ou de ses souffrances. Paul ne fait pas non plus référence au Christ en s’appuyant sur le témoignage d’un autre apôtre. »
·         Au contraire, le NT est un témoignage vibrant qu’il y a eu un certain Jésus qui a affecté un groupe de juifs dans l’Israël du 1er siècle. En effet, sa vie n’est que peu abordé dans les lettres de Paul (d’ailleurs, même les évangiles n’abordent à peu près pas la vie de Jésus; ses enseignements, ses controverses, ses miracles et sa passion sont rapportés; mais il n’y a presqu'aucun détail biographiques),  ce qui révèle en effet que c’est vraiment la crucifixion et la résurrection de Jésus qui est l’élément fondateur du christianisme.
·         La dernière phrase est fausse. Une lecture du livres des Actes et des lettres de Paul démontre le contraire.
Paragraphe 12 : « Un autre chercheur biblique, l’Américain Richard Carrier, auteur d’On the Historicity of Jesus: Why We Might Have Reason for Doubt (L’historicité de Jésus: pourquoi il est permis d’avoir des doutes), avance l’hypothèse que la période de la vie du Christ correspond à une époque de profonds changements religieux dans ce qui est aujourd’hui Israël. Entraînés dans une révolte populaire contre l’élite du Temple de Jérusalem, plusieurs groupes ont opposé une réponse religieuse à cette lutte. L’un de ces groupes aurait eu l’idée d’un être céleste fait de chair, tué par les forces du mal dans un sacrifice dépassant les rites juifs de l’époque, puis revenu d’entre les morts, et qui réapparaîtra bientôt pour sauver les fidèles.
·         C’est ici que l'idéologue principal de l’article est révélé : Richard Carrier, le principal défenseur de la théorie mythiste.
·         L’explication de Carrier est une pure conjecture et n'a aucune puissance explicative.  C’est comme si l’Actualité publiait un article intitulé « 15 raisons pourquoi les Reptiliens sont la cause de l'effondrement des tours jumelles lors du 11 septembre 2001. »
Paragraphe 13 : « Comme le veulent les théories sur l’«amélioration» de la mémoire, cette idée du Christ a rapidement été «embellie» pour attirer davantage de croyants, croit Richard Carrier. »
·         Encore une fois, une fausse dichotomie : « parce qu’il y a eu embellissement, tout est faux.» C’est jeter le bébé avec l’eau du bain.
Paragraphe 14 : « L’idée que le Christ ne serait qu’un mythe gagne en popularité chez les athées et les agnostiques, mentionne Bart Erhman. Si elle réussissait à gagner des adhérents chez les chrétiens, «cela porterait un coup» à la foi catholique, dit-il. »
·         Ehrman est mal cité ici, puisque lui-même affirme que la communauté athée se tire dans le pied en s’associant avec la thèse mythiste puisque celle-ci va complètement dans le sens contraire des documents historiques que nous avons. De par la quantité, la qualité, la variété et la proximité temporelle entre nos sources et la vie de Jésus, être mythiste révèle des présupposés sceptiques qui n'ont rien de tenable. Si l'on renie l'historicité de Jésus, alors il faut jeter aux poubelles absolument tout ce que l'on croit savoir sur le monde antique.


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Voici les faits :
(1) En 2016, le Christianisme existe.
(2) Dans les années 30 AD, un certain prophète galiléen ayant attiré des disciples par ses enseignements, Jésus, fut crucifié.
(3) Ces disciples commencèrent à vénérer Jésus, à lui chanter des hymnes, à prier en son nom, à modifier leur application de la loi de Moïse, à célébrer le repas du Seigneur (manger la chaire et boire le sang de Jésus!) et à adorer Dieu non pas durant le sabbat, mais lors du premier jour de la semaine. Le stricte monothéisme du Judaïsme se transforma en quelque chose de complètement différent! Mais qu’a pu amener cette mutation? Les premiers chrétiens adorèrent Christ parce qu'ils étaient certains que ce Jésus était ressuscité et leur était apparu.
(4) Notre source crédale (relatif à un crédo; 1 Cor 15) la plus ancienne rapporte que l’essence du christianisme, ce n’est pas la température qu’il faisait dans le tombeau le dimanche matin quand les femmes se sont rendus à la tombe. L’essence du christianisme, c’est la mort, l’ensevelissement et la résurrection de Jésus Christ. Quoiqu’on dise à propos de la mémoire orale, dans 60 ans je vais encore me souvenir que les tours jumelles se sont effondrées. Dans les années 60s AD, les évangélistes se souvenaient de la mort et de la résurrection de Jésus.

La lettre de Paul à l’église de Corinthe contient ce crédo, qui nous ramène à 45 AD. Peut-être que les premiers disciples de Jésus ont été victimes d’une hallucination collective. En tous les cas, il est impossible de renier qu’il CROYAIT qu'un Jésus était ressuscité.

Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures;
4 qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures;
5 et qu'il est apparu à Céphas, puis aux douze.
6 Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants, et dont quelques-uns sont morts.
7 Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres.
8 Après eux tous, il m'est aussi apparu à moi, comme à l'avorton;
[...]
12 Or, si l'on prêche que Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu'il n'y a point de résurrection des morts?
13 S'il n'y a point de résurrection des morts, Christ non plus n'est pas ressuscité.
14 Et si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine.
15 Il se trouve même que nous sommes de faux témoins à l'égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu qu'il a ressuscité Christ, tandis qu'il ne l'aurait pas ressuscité, si les morts ne ressuscitent point.
16 Car si les morts ne ressuscitent point, Christ non plus n'est pas ressuscité.
17 Et si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés,
18 et par conséquent aussi ceux qui sont morts en Christ sont perdus.
19 Si c'est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes.

Voici, nous sommes dimanche. Le tombeau est vide. Christ est ressuscité. Vous n’êtes peut-être pas prêts à acheter la résurrection, mais le minimum de l’honnêteté intellectuel requière de considérer que Jésus fut un prophète galiléen du 1er siècle, qu'il fut mis à mort sur une croix, et que ses premiers disciples allégèrent que Jésus leur était apparu après sa résurrection, y croyant au point d'être prêt à mourir pour cette affirmation.


Marc-André Caron

mercredi 31 décembre 2014

Les souhaits du 31 et les résolutions du premier - et si 2015 est merdique ?


2015
Les circonstances vont possiblement être ordinaires, splendides ou merdiques.
Quoiqu’il en soit en 2015, Dieu est encore et plus que jamais à l’œuvre et il bougera puissamment.
Et si les cartes qui me sont données sont merdiques ?
C’est une vraie possibilité. Mais mon souhait c’est que l’on se fixe les yeux sur Jésus-Christ crucifié…. Et ressuscité, parce que c’est le PATTERN à suivre pour 2015.
J’explique…
Jésus-Christ est devenu le Dieu-crucifié. Assez risible pour un Dieu, n’est-ce pas ? Le paradoxe est le suivant : c’est précisément parce que Dieu fut mis à mort puis ressuscité que ceux qui ont cru en Dieu peuvent avoir la vie. La croix c’est la mort de la mort, la transmutation de l’ultime mal (la mort de Dieu) en l’ultime bien (le rachat de l’humanité par Dieu le Fils donnant sa vie pour l’humanité déchue).
La résolution de Jésus-Christ
« Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem. » (Luc 9 :51). Et ici Jérusalem est un euphémisme pour la croix, la croix étant un autre euphémisme pour la crucifixion. Mais Jésus savait qu’après était la résurrection.
Les saintes écritures révèlent que le salut fut pensé en Jésus-Christ « avant la fondation du monde ». « Avant la fondation du monde » ! C’est d’aussi loin que ça. Dieu n’est pas débouté par le mal. Les plantes sont à son image : là où règne la stérilité du béton finit toujours par voir percer le retour d’une plante, ainsi la gloire de Dieu perce le voile du péché. Sans dire que la chute de l’Eden devait arriver, le triomphe de la vie n’était pas optionnel parce que c’est ce que Dieu est : vie, lumière, grâce et rédemption.
Donc pour 2015, le bal a été lancé par Jésus-Christ. Les cartes que le Fils de Dieu a reçues sur Terre étaient assez poches. Rejeté par son peuple et crucifié ! Néanmoins l’exemple de la résurrection est le suivant : peu importe ce qui arrive, Dieu est souverain et peut utiliser toutes circonstances pour le bien. Le Dieu-homme fut mis à mort, mais s’en n’est pas resté là, car ce fut la mise à mort de la mort et le triomphe de la vie par sa résurrection qui entrainera la résurrection de tous ceux qui auront cru en lui.
À City Church, l’un des pasteurs aiment dire que ceux qui ont été le plus blessés par la vie sont, une fois qu’ils ont été transformés par la résurrection, les gens les plus utiles pour guider les autres vers la guérison.
Je pense aussi au film « Invincible » d’Angelina Jolie racontant l’histoire de Louis Zamperini. Ce que le film ne raconte pas, c’est qu’en 1949 Zamperini a donné sa vie au Christ et que ceci lui a donné la force de pardonner à ses gardiens japonais qui l’ont sévèrement torturés pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Sauver, racheter, transformer, expier, ressusciter – ce sont des actions qui découlent obligatoirement de qui Dieu est. Si tu as cru en Christ, alors suis l’exemple de ton Seigneur en cherchant à racheter toutes circonstances pour la gloire de Dieu.
Les choses vont possiblement être en apparence ordinaires, splendides ou merdiques. Quoiqu’il en soit pour 2015, Dieu est encore et plus que jamais à l’œuvre et il bouge puissamment. Tout le monde a l’opportunité de changer le mal en bien, c’est de savoir « ressusciter » les circonstances qui nous sont données. Ça nécessitera de l’humilité, de la foi, de la soumission et de la prière. Prenons la résolution de s’inscrire dans le mouvement de Dieu. Plutôt que de s’exclamer avec un « pourquoi » vengeur en remuant le poing vers le ciel, demandons « qu’es-tu entrain de faire ? » avec un cœur confiant que Dieu sait plus que toi ou moi, et bougeons avec lui, même si les circonstances sont faciles, pénibles ou insensés.
Finalement, la résurrection de Jésus-Christ n’est pas qu’un exemple moral mythique. Il est le seul chemin vers le Père. « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » … «En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. »
Dieu manigance des choses en 2015.

Bonne année


Marc-André Caron
(Texte tiré partiellement et sévèrement modifié de mon partage lors de la fraction  du pain le dimanche 28 décembre 2014 à l’église évangélique de Chicoutimi)