dimanche 27 mars 2016

Pâques et le journalisme à sensation - L'Actualité et son 'article' mythiste

C’est le dimanche de Pâques. Le tombeau est vide. Ça veut dire que c’est le temps idéal pour faire du journalisme à sensation.
Cette semaine Maclean’s a publié un article mythiste (théorie selon laquelle Jésus n’a pas de caractère historique et ne serait qu'un mythe) en s’étayant des arguments de Richard Carrier. D’entrée de jeu, la thèse mythiste n’a aucune crédibilité dans les milieux universitaires. C’est un peu comme les théories négationnistes qui renient le génocide mis en œuvre contre les Juifs durant la 2eme GM. Ce n’est une question d’être confessionnel ou séculier; c’est une question de méthode historique. 
Déjà que l’article de Maclean’s donnait une couverture favorable à la thèse mythiste, l’Actualité s’est surpassée en republiant une version condensée qui (1) comporte de nombreuses erreurs de logique,  (2) démontre que l’auteur ne maîtrise aucunement la méthode historique, et (3) qu'il n'a aucune notion relative aux sources premières et secondaires derrière les discussions concernant ‘le Jésus historique.’ 
Ce que je vous propose sur ce blog, c’est de commenter le texte publié par l’Actualité afin de souligner ses erreurs les plus flagrantes, et de démontrer qu le mythisme doit être abandonnée. De prime abord, le texte de l’Actualité est d’une telle faiblesse qu’il est même discutable de vouloir interagir avec celui-ci. En quelque sorte, il vaut mieux ignorer ce genre de truc plutôt que de leur donner l’importance qu’il ne mérite pas. Mais, j’ai cru que l’exercice serait quand-même profitable, puisque ce genre de discours est commun, peut-être mes commentaires pourront aider d'autres à mieux se situer.
Bien que j’y adhère, je ne compte pas défendre ici l’inerrance des Écritures ou la fiabilité historique de la Bible. Je ne défendrai pas non-plus l’historicité de Jésus (vous pouvez aller sur Wikipédia pour ça), mon seul propos ici étant d’exposer la faiblesse de la thèse mythiste.
Pour des raisons de simplicité, j’ai cité la totalité de l’article de l’Actualité et j’ai placé mes commentaires sous les paragraphes.
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Paragraphe 1 : « Jésus n’a jamais existé. Bart Ehrman, grand spécialiste américain du Nouveau Testament, lance ce gigantesque pavé dans la mare alors que de nouvelles découvertes liées à la science de la mémoire jettent le doute sur l’existence de l’un des piliers de la religion catholique. » 
  • Dès l'ouverture, on constate que l’auteur Hugo Prévost n’a même pas lu les ouvrages d’Ehrman, étant donné qu’Ehrman ne dirait JAMAIS que Jésus n’a pas existé. Il dirait plutôt que le Jésus historique est très différent du Jésus de la foi. Ça illustre le faible travail journalistique de cet article. Plutôt que d'aller vérifier la source "primaire," l'auteur se contente de reprendre les affirmations du Maclean's. La version de ce dernier magasine est 'moins pire,' mais néanmoins écrite d'une façon qui laisse penser qu'Ehrman est un mythiste, alors qu'une lecture attentive permet de comprendre que l’article défend plutôt les thèses marginales de Richard Carrier, d’où cette grossière erreur dans ce premier paragraphe. Donc non, la thèse du nouveau livre d’Ehrman (qui vient de paraitre ce 1er mars) ne fait pas cet argument.
Paragraphe 2 : Curieux à propos de la véracité des messages rapportés dans les Évangiles — pour la plupart écrits plusieurs décennies après la date présumée du décès de Jésus —, Bart Ehrman a tenté de déterminer si la mémoire orale permettait effectivement de transmettre des faits efficacement, sans que le message central soit modifié avec le temps.
  • La question soulevée est valable. En effet, les évangiles ont été écrits de 3 à 4 décennies après la crucifixion de Jésus. Mais, l’auteur cherche à créer une fausse catégorie. Que la mémoire orale permette ou ne permette pas de transmettre des faits efficacement n’a peu ou pas de pertinence quant à la transmission du message central. En rapportant l’affirmation de cette manière, il cherche à forcer son lecteur à adhérer à sa conclusion. « Évidemment, tout le monde sait que la mémoire est une faculté qui oublie, donc forcément Jésus n’a jamais existé! » La conclusion ne suit pas sa prémisse... C’est de la haute voltige fallacieuse.
Paragraphe 3 : « Auteur de l’ouvrage Jesus Before the Gospels: How the Earliest Christians Remembered, Changed, and Invented Their Stories of the Savior (Jésus avant les Évangiles: comment les premiers chrétiens ont conservé, modifié et inventé leurs récits du Sauveur), le chercheur s’appuie sur le fait que la mémoire est une faculté qui oublie pour affirmer qu’il est impossible que Matthieu se souvienne exactement des paroles du Christ lors du Sermon sur la montagne, par exemple, alors qu’il en a écrit le compte rendu 50 ans plus tard. »
·         D’abord ce n’est pas 50 ans, c’est entre 30 à 40 ans. De plus, les sources les plus antiques  sur Jésus ne sont pas les évangiles, mais les lettres de Paul. Les plus anciennes se datent à la moitié des années 40. Tout-à-coup, le fossé passe de 40 à 15 ans.
·         Aussi, cette affirmation présume qu’il n’y avait pas de sources littéraires derrière les évangiles. Par exemple, le fait que Matthieu/Marc/Luc aient 296 versets en commun (Marc a en tout 661 versets) et que Mathieu et Luc partage 250 versets en commun démontrent uneque ces trois évangiles se basent sur une source littéraire antérieure.
·         Également, la thèse d’Ehrman est essentiellement que les ‘traditions’ qui circulaient à propos de Jésus après sa mort étaient volatiles (comme le jeu du téléphone). Donc, il serait impossible de faire confiance à ce que nous avons dans nos évangiles. Si on lui concède sa prémisse (que les histoires concernant le Jésus historique ont ‘grossi’ au fil des ans) la conclusion présentée dans l’article est tout simplement fausse. Comme mentionnée précédemment, même si les détails de l’histoire divergent, l’essence demeure la même.
·         Enfin, inversement à ce que l’Actualité prétend, Ehrman n’est pas le premier à avoir étudier le phénomène de la transmission oral (voir JDG Dunn, Richard Bauckham, Richard McIver, Ken Bailey). 
Paragraphe 4 : Pour prouver ses dires, Bart Ehrman fait référence à plusieurs expériences psychologiques où des participants, interrogés à propos d’un événement, se mettent rapidement à «inventer» des souvenirs pour, entre autres, adopter un point de vue qui leur convient. On n’a qu’à penser aux «foules de musulmans du New Jersey célébrant les attentats du 11 septembre 2001», un faux «souvenir» évoqué par Donald Trump et dont se souviennent pourtant ses partisans, malgré le fait que cela ne se soit jamais produit. Idem pour le principe antédiluvien du téléphone arabe, dont le message final est bien souvent très différent de l’énoncé d’origine. Ou les témoins oculaires, dont la fiabilité laisse à désirer. Soudainement, l’idée de Jésus marchant sur l’eau ressemble davantage à une histoire embellie qu’à un véritable miracle. »
·         L’argument est très faible ici, parce qu’il n’y a aucune comparaison entre la corruption de la mémoire à propos d’éléments de souvenirs marginaux (la couleur de ma chemise lors du 11 septembre 2011) et l’élément central (que les tours jumelles se sont écroulées cette journée là).
·         Supposons que les disciples aient inventé inconsciemment un paquet de truc sur Jésus à cause de la mémoire orale. Ce que l’auteur fait ici est insidieux: en discréditant un événement en tant « qu’une histoire embellie, » il déboule une pente fatale pour arriver à faire douter de tout. La réalité est beaucoup plus complexe. 
Paragraphe 5 : « Aux yeux de Bart Ehrman, cette tendance naturelle à la mutation des faits au fur et à mesure que ceux-ci sont transmis confirme que les Évangiles sont remplis de souvenirs «transformés» — et donc faux. »
·         Il s’agit d’une grossière fausse dichotomie. Pour les fins de la discussion, supposons que les évangiles ont été victimes de « cette tendance naturelle à la mutation des faits au fur et à mesure que ceux-ci sont transmis. » Donc que ce qu'on aurait dans les évangiles serait un gros tas d’histoire embellie. Même dans ce cas, l’essence de l’histoire devrait être intacte. Que j’aille porté du rouge ou du vert le 11 septembre est un détail; que les tours jumelles se soient effondrées est essentiel. Le fait que mes souvenirs du 11 septembre soit corrompus par l’accrétion de faux souvenirs ne change absolument rien à la véracité de l’histoire.
Paragraphe 6 : « D’ailleurs, les premiers chrétiens semblaient au courant de ce risque. Ce n’est pas pour rien que Paul, dans son Épître aux Galates, prend la peine de souligner que ses enseignements ne lui sont pas parvenus par un chemin tortueux, mais plutôt directement «par la révélation» de Jésus-Christ. »
·         Il s’agit d’un faux lien de causalité. La raison pour laquelle Paul dit ceci, ce n’est pas qu’il se méfiait des dangers de l’oralité, mais c’est qu’il n’avait jamais côtoyé Jésus. Il affirme que son lien avec Jésus provient (1) d’une révélation directe : « car je ne l’ai reçu ni appris [l’évangile] d’un homme, mais par une révélation de Jésus Christ » (Gal 1:12) et (2) de ses contacts avec les apôtres : « Trois ans plus tard, [circa 36 AD] je montai à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas [Pierre], et je demeurai quinze jours chez lui. Mais je ne vis aucun autre des apôtres, si ce n'est Jacques, le frère du Seigneur » (Gal 1:18-19).
·         L'explication plus probante est que les apôtres ont rédigés leurs « mémoires » alors qu’ils sentaient que leur vie était dans un grand danger, dans les années 60 lors de la persécution sous Néron.
Paragraphe 7 : « Selon des anthropologues, les souvenirs communs d’un groupe sont encore plus sujets à modifications. Si un membre dominant du groupe offre une version différente des faits, cette interprétation n’est souvent pas contestée par les autres membres et est adoptée telle quelle. »
·         Encore une fois, cette remarque est impertinente quant à l’essence du Christianisme. Y-avait-il 1 ange ou 2 anges quand les disciples ont découverts le tombeau vide? Ce qui est vraiment essentiel, c’est que le tombeau était vide.
Paragraphe 9 : « Toujours au dire du chercheur, des détails particuliers sont souvent ajoutés aux histoires bibliques, puisque ce sont ces «petits plus» qui leur confèrent un aspect véridique. Plus on s’éloigne des Évangiles présentés dans la Bible — dont le contenu a été «officialisé» aux IVe et Ve siècles —, plus l’existence du Christ est remise en question. L’exemple du procès intenté par Ponce Pilate et la crucifixion qui a suivi est révélateur. Selon l’Évangile de Pierre, déclaré «non authentique» par les autorités chrétiennes, ce n’est pas ce préfet de Judée qui a signé l’ordre d’exécution de Jésus, mais plutôt le roi Hérode. D’autres textes parlent plutôt d’un Christ décédé à l’aube de la cinquantaine, ce qui situerait sa mort vers les années 40 de notre ère. Or, Pilate aurait été renvoyé à Rome en 36 ou 37…
·         Le contenu des évangiles n’a pas été « officialisé » au 4e et 5e siècle. En disant ceci, il laisse sous-entendre que le texte des évangiles est une construction de l’Église catholique. C’est démonstrativement faux, puisque nous détenons des manuscrits ANTÉRIEURS à cette date. Par exemple, la copie entière la plus antique de l’évangile de Marc se nomme P45 et est généralement datée circa 225 AD. Le fragment le plus ancien de Jean est P52, datant alentour 125 AD. Ce fossé est beaucoup moins large que celui entre l'original et le manuscrit de la grande majorité des ouvrage classiques dont l'historicité n'est aucune remise en question par les historiens, par exemple la copie la plus ancienne de "Histoires" de Hérodote (484-425 BC) date du 10e siècle AD (voir cet article qui cite une abondance de sources premières). 
·         L’évangile de Pierre est un document pseudépigraphique (qui porte le nom d’un auteur qui ne l’a pas composé) rédigé probablement entre 150-200 AD, donc au minimum 100 ans après les quatre évangiles du canon. L’évangile de Pierre contient différents détails de Matthieu/Marc/Luc, de l’Apocalypse ainsi que d’autres ‘traditions.’ Que l’évangile de Pierre contiennent des éléments de ces sources démontrent qu’il fut écrit après celles-ci. De plus, ce document exonère Pilate (un romain) dans sa responsabilité dans la mort de Jésus et blâme plutôt complètement sur les juifs : ceci révèle que cette évangile provient d’une période où le christianisme ne se sentait plus affilié au Judaïsme, mais ne voulait pas que Rome soit blâmé pour la mort de Jésus (lire davantage ici en anglais). De mettre le témoignage de l’évangile de Pierre en comparaison avec celui de Matthieu/Marc/Luc/Jean est similaire à comparer nos souvenirs du 11 septembre 2011 avec les travaux d’histoire de 4e année que les écoliers de 2116 feront.
Paragraphe 10 : « Autre exemple, pour les Nazoriens, secte de chrétiens de la première heure dont l’existence est évoquée par des chercheurs du IVe siècle de notre ère, Jésus est mort un siècle avant les Évangiles bibliques, soit vers 70… avant Jésus-Christ!
·         Exemple similaire à l’évangile de Pierre. On utilise une source ultérieure (Épiphane de Salamine, circa 380 AD.) comme si son témoignage équivalait à celui d’une source contemporaine. Épiphane n’est pas un « chercheur. » C’est un chien de garde de l’orthodoxie de l’Église qui fait un catalogue d’hérésies. Il rapporte les croyances qu’allègent ce groupe sectaire. Son ouvrage s'intitule d'ailleurs la "Panacée [contre les hérésies]." 
Paragraphe 11 : « La majeure partie du Nouveau Testament est aussi dénuée de preuves historiques de l’existence du Christ. Les lettres de saint Paul, fortes de près de 20 000 mots, mentionnent Jésus à plus de 300 reprises, mais jamais pour parler de sa vie, de ses actions ou de ses souffrances. Paul ne fait pas non plus référence au Christ en s’appuyant sur le témoignage d’un autre apôtre. »
·         Au contraire, le NT est un témoignage vibrant qu’il y a eu un certain Jésus qui a affecté un groupe de juifs dans l’Israël du 1er siècle. En effet, sa vie n’est que peu abordé dans les lettres de Paul (d’ailleurs, même les évangiles n’abordent à peu près pas la vie de Jésus; ses enseignements, ses controverses, ses miracles et sa passion sont rapportés; mais il n’y a presqu'aucun détail biographiques),  ce qui révèle en effet que c’est vraiment la crucifixion et la résurrection de Jésus qui est l’élément fondateur du christianisme.
·         La dernière phrase est fausse. Une lecture du livres des Actes et des lettres de Paul démontre le contraire.
Paragraphe 12 : « Un autre chercheur biblique, l’Américain Richard Carrier, auteur d’On the Historicity of Jesus: Why We Might Have Reason for Doubt (L’historicité de Jésus: pourquoi il est permis d’avoir des doutes), avance l’hypothèse que la période de la vie du Christ correspond à une époque de profonds changements religieux dans ce qui est aujourd’hui Israël. Entraînés dans une révolte populaire contre l’élite du Temple de Jérusalem, plusieurs groupes ont opposé une réponse religieuse à cette lutte. L’un de ces groupes aurait eu l’idée d’un être céleste fait de chair, tué par les forces du mal dans un sacrifice dépassant les rites juifs de l’époque, puis revenu d’entre les morts, et qui réapparaîtra bientôt pour sauver les fidèles.
·         C’est ici que l'idéologue principal de l’article est révélé : Richard Carrier, le principal défenseur de la théorie mythiste.
·         L’explication de Carrier est une pure conjecture et n'a aucune puissance explicative.  C’est comme si l’Actualité publiait un article intitulé « 15 raisons pourquoi les Reptiliens sont la cause de l'effondrement des tours jumelles lors du 11 septembre 2001. »
Paragraphe 13 : « Comme le veulent les théories sur l’«amélioration» de la mémoire, cette idée du Christ a rapidement été «embellie» pour attirer davantage de croyants, croit Richard Carrier. »
·         Encore une fois, une fausse dichotomie : « parce qu’il y a eu embellissement, tout est faux.» C’est jeter le bébé avec l’eau du bain.
Paragraphe 14 : « L’idée que le Christ ne serait qu’un mythe gagne en popularité chez les athées et les agnostiques, mentionne Bart Erhman. Si elle réussissait à gagner des adhérents chez les chrétiens, «cela porterait un coup» à la foi catholique, dit-il. »
·         Ehrman est mal cité ici, puisque lui-même affirme que la communauté athée se tire dans le pied en s’associant avec la thèse mythiste puisque celle-ci va complètement dans le sens contraire des documents historiques que nous avons. De par la quantité, la qualité, la variété et la proximité temporelle entre nos sources et la vie de Jésus, être mythiste révèle des présupposés sceptiques qui n'ont rien de tenable. Si l'on renie l'historicité de Jésus, alors il faut jeter aux poubelles absolument tout ce que l'on croit savoir sur le monde antique.


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Voici les faits :
(1) En 2016, le Christianisme existe.
(2) Dans les années 30 AD, un certain prophète galiléen ayant attiré des disciples par ses enseignements, Jésus, fut crucifié.
(3) Ces disciples commencèrent à vénérer Jésus, à lui chanter des hymnes, à prier en son nom, à modifier leur application de la loi de Moïse, à célébrer le repas du Seigneur (manger la chaire et boire le sang de Jésus!) et à adorer Dieu non pas durant le sabbat, mais lors du premier jour de la semaine. Le stricte monothéisme du Judaïsme se transforma en quelque chose de complètement différent! Mais qu’a pu amener cette mutation? Les premiers chrétiens adorèrent Christ parce qu'ils étaient certains que ce Jésus était ressuscité et leur était apparu.
(4) Notre source crédale (relatif à un crédo; 1 Cor 15) la plus ancienne rapporte que l’essence du christianisme, ce n’est pas la température qu’il faisait dans le tombeau le dimanche matin quand les femmes se sont rendus à la tombe. L’essence du christianisme, c’est la mort, l’ensevelissement et la résurrection de Jésus Christ. Quoiqu’on dise à propos de la mémoire orale, dans 60 ans je vais encore me souvenir que les tours jumelles se sont effondrées. Dans les années 60s AD, les évangélistes se souvenaient de la mort et de la résurrection de Jésus.

La lettre de Paul à l’église de Corinthe contient ce crédo, qui nous ramène à 45 AD. Peut-être que les premiers disciples de Jésus ont été victimes d’une hallucination collective. En tous les cas, il est impossible de renier qu’il CROYAIT qu'un Jésus était ressuscité.

Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures;
4 qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures;
5 et qu'il est apparu à Céphas, puis aux douze.
6 Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants, et dont quelques-uns sont morts.
7 Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres.
8 Après eux tous, il m'est aussi apparu à moi, comme à l'avorton;
[...]
12 Or, si l'on prêche que Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu'il n'y a point de résurrection des morts?
13 S'il n'y a point de résurrection des morts, Christ non plus n'est pas ressuscité.
14 Et si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine.
15 Il se trouve même que nous sommes de faux témoins à l'égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu qu'il a ressuscité Christ, tandis qu'il ne l'aurait pas ressuscité, si les morts ne ressuscitent point.
16 Car si les morts ne ressuscitent point, Christ non plus n'est pas ressuscité.
17 Et si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés,
18 et par conséquent aussi ceux qui sont morts en Christ sont perdus.
19 Si c'est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes.

Voici, nous sommes dimanche. Le tombeau est vide. Christ est ressuscité. Vous n’êtes peut-être pas prêts à acheter la résurrection, mais le minimum de l’honnêteté intellectuel requière de considérer que Jésus fut un prophète galiléen du 1er siècle, qu'il fut mis à mort sur une croix, et que ses premiers disciples allégèrent que Jésus leur était apparu après sa résurrection, y croyant au point d'être prêt à mourir pour cette affirmation.


Marc-André Caron

dimanche 13 mars 2016

Comment était l’église aujourd’hui?

Depuis l’âge de 9 ans, je me rend chaque dimanche dans une assemblée locale pour voir ma ‘famille,’ chanter des cantiques, prier, prendre le repas du Seigneur et entendre la Parole prêchée. Les mêmes chants reviennent. Le même genre de prière est offert. Le même repas du Seigneur est pris. La même Bible est prêchée depuis 2000 ans. L’Église est le seul club de lecture qui lit le même livre à toutes les semaines... depuis toujours. 
Si c’est toujours la même chose, pourquoi continuer? Après 200-300 fois, le message devrait être compris. Puis, pourquoi ne pas faire les choses différemment?
[...]
En moyenne, depuis que je suis au Texas (bientôt 2 ans), 6 de mes 7 déjeuners par semaine consistent en un bol de Raisin Bran avec un peu de yogourt de grec. J’aime le goût, la préparation et l’ingestion est très rapide, ça comble ma faim jusqu’au diner et ça me donne une quantité appréciable de fibres.
Ce n’est rien d’exotique, mais le but recherché est largement accompli.
[...]
Je suis égocentrique, prompt à condamner les autres et convaincu que je suis meilleur que tout le monde. C’est dans mon naturel. Ça me revient à tous les 3-4 heures. Parlant de 3-4 heures, c’est à peu près le temps entre satiété et faim.
J’ai besoin de me décentrer de moi-même en me recentrant sur la croix, là où mes perspectives difformes sont recadrées à l’angle du crucifié; la victoire de l’amour sur la haine, le triomphe de la vie sur la mort, la sainteté sur le péché. Le naturel qui revient au gallot n’aura pas le dernier mot, il est mis à mort constamment. À coup d’hymnes, de pain brisé, de « saints baisées » et de prières. J’y vais, j’offre mes louanges à Dieu et au final je repars avec des Tupperware remplis.
Donc oui, toujours continuer, même après 300 fois. Je déjeune toujours et c’est pas demain la veille que j’arrêterai.
[...]
Comment était l’église/le service/le culte aujourd’hui? Il est possible que le sermon ait été dure à suivre. Il est possible que Pierre-Jean-Jacques ait encore prié la même prière ou partagé son épitre préféré. Probablement que le même évangile fut prêché. Surement que le cantique #15 fut chanté pour 120,000ième fois. « Seigneur, que n’ai-je ... »
Le propre des gens qui se plaignent du menu, c’est d’avoir de quoi à manger. Il est très rare de voir des affamés rechignées sur ce qui est offert.
Au bas mot, même si ton église est la plus ‘plate’ au monde par la vertu d’être composé de 12 nonagénaires, il en reste que c’est la plus merveilleuse de par celui qui y est célébré : Christ. Si il est là, ça va être correct. Si il est là, ça va me sortir de moi-même. Ça suffira amplement pour répondre au besoin de ma maigreur chronique. J’ai la peau sur les os ça fait peur. Ce n’est pas important que ce soit souvent la même chose : je ne me passerai jamais de manger. Donne m’en plus, donne m’en toujours.

Que j’aie faim de ta Parole! Que je me rassasie en toi, mon Dieu! 

*On parlera de varier le menu une autre fois - je ne fais pas de fausse opposition entre le message et la créativité.

Quelques nouvelles et requêtes de prière
La semaine dernière était une semaine de conférence sur l’évangélisation planétaire. Cette semaine je suis en semaine de lecture! J’espère accomplir beaucoup de trucs.
Requêtes : (1) discipline, acuité intellectuelle, passion; (2) grandir en amour, grâce et service; (3) préparation de mes notes de cours pour 1-2 Pierre que j’enseignerai à PdV Sherbrooke en mai.
Merci beaucoup de votre support, de vos prières et de vos encouragements. C’est toujours avec énormément de gratitude que j’entame chaque journée à DTS. Merci de m’avoir lu
Marc-André Caron

samedi 27 février 2016

Jésus sur un âne - quelques réflexions sur la douceur dans le NT

Dans le film « la liste de Schindler, » en discutant des prisonniers du camp de concentration, Oskar Schindler (protagoniste) discute avec Amon Goeth:

« Ils nous craignent parce que nous avons le pouvoir de tuer arbitrairement. Un homme commet un crime, il devrait savoir ce qui l’attend. On le fait tuer et on se sent bien, ou nous le tuons nous-mêmes et on se sent encore mieux. Ce n’est pas la puissance... c’est la justice. C’est différent de la puissance. La puissance c’est quand tu as toutes les justifications de tuer, mais que tu ne le fais pas. » [Voir le clip en question ici (anglais)]

La bonté de Dieu se voit dans la façon dont il agit en dehors de ce qu'il serait en droit de faire. L'un des traits fascinants de Jésus, c'est sa douceur. C'est l'exemple de sa vie, et c'est ensuite récupéré comme quelque chose qui doit caractériser tous les chrétiens, et particulièrement les leaders des églises. Si on vous demandait d'énumérer à froid des caractéristiques de pasteurs, la douceur serait-elle dans la palmarès?

Le lexique BDAG définit le terme grec souvent traduit par « douceur » par « la qualité de ne pas être trop impressionné par le sentiment de sa propre importance, » ce qui est traduit en français par « douceur, humilité, courtoisie, considération, mansuétude (?!) ». Ce mot et ses termes apparentés sont présents à 16 endroits dans le NT,[1] et dans la traduction grecque (la Septante) de l’AT, 24 fois.[2]
Amy Dick - http://www.bowdencollections.com/journey-to-the-cross.html



Cette douceur / humilité décrit tout le ministère de Jésus : le Dieu de l’univers incarné, née dans une crèche et qui se soumet volontairement à la crucifixion. Dans son entrée à Jérusalem, il n’entre pas comme le messie militaire triomphant qui bombarde les Romains, mais comme le roi de paix, assis sur un âne :



Matt 21:2 - Voici, ton roi vient à toi,
Plein de douceur, et monté sur un âne,
Sur un ânon, le petit d'une ânesse.

Cette qualité est reprise par Paul et Pierre dans l’église naissante. C’est la première caractéristique d’un apôtre : « Que voulez-vous? Que j'aille chez vous avec une verge, ou avec amour et dans un esprit de douceur? » Comme un bon Père, c’est « par la douceur et la bonté de Christ » (2 Cor 10:1) que Paul tente de persuader, parce que la gentillesse désarme.
Cette gentillesse/douceur est déversée dans le cœur du croyant par l’Esprit Saint (Gal 5:23; 6:1) et elle permet de reprendre une frère ou une sœur dans la foi qui est dans l’erreur (Gal 6:1).  C’est l’habit de ceux qui sont élus de Dieu (Col 3:12) et c’est celle-ci qui maintient l’unité et l’harmonie chez les chrétiens : « Je vous exhorte donc [...] à marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec amour »  (Eph 4:1-2).  
La douceur doit être la recherche de tous les chrétiens (Tites 3:2). Quand « les autorités » et les non-croyants demandent la raison de notre foi, c’est avec douceur et gentillesse, même lorsqu’il y a injustice, que cela doit être fait (1 Pi 3:16). Ainsi la douceur et l’humilité des croyants ne doit pas être qu’une affaire à l’intérieur des murs de l’église : elle doit s’étendre à tous. Cette douceur et cette amour doit être en spectacle devant tous : « Lequel d'entre vous est sage et intelligent? Qu'il montre ses œuvres par une bonne conduite avec la douceur de la sagesse » (Jac 3:13). Spicq dit : « c’est ainsi une caractéristique du comportement chrétien, une marque de commerce de celui qui possède l’amour [de Dieu]. »[3]
Jacques 1:20-21 met en contraste la gentillesse avec la colère, en référant au caractère de celui qui est ouvert à être instruit par la Parole. La gentillesse est l’une des marques de celui qui est vraiment sage et intelligent (3:13)
Dans cinq des 16 références dans le NT, le terme est utilisé en relation à un responsable d’Église.[4] Le serviteur de Christ doit exercer sa douceur particulièrement lorsqu’il corrige ceux qui causent des problèmes (2 Tim 2:25), et c’est par la douceur que le leader demeure calme et qu’il ramène l’errant à la raison. C’est la douceur que Paul recommande à Timothée de rechercher : « Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses, et recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur » (1 Tim 6:11). Il semble qu’il s’agisse d’une vertu indispensable pour le pasteur, si il veut demeurer serein et propre au service, plutôt que réactionnaire et agressif.
N’est-ce pas fascinant que Christ est venu sur Terre avec douceur et humilité? Il était en droit d’être tout sauf doux lorsqu’il est entré dans cette Jérusalem qui allait le crucifier.
La gentillesse, l’humilité et la douceur n’ont pas vraiment la cote dans un monde où il faut piller sur une couple d’orteils pour avancer. Les vantards et les agressifs ont définitivement plus de succès. Mais cela n’a rien avoir avec ceux que Christ a appelé.
Il y a là matière à réflexion.  

Quelques nouvelles et requêtes de prière
Je mentionnais dans les semaines précédentes que j’avais beaucoup à faire. Ma grosse date de remise c’est jeudi le 3 mars. Merci d’avoir prié, mes travaux progressent bien. J’apprends beaucoup et je m’en réjouis. Je commence à avoir hâte à l’été; de revenir au Québec et de servir dans différents ministères. Ça fera un changement de rythme très apprécié de ce que je fais depuis 2 ans.
Requêtes : (1) discipline, concentration, acuité intellectuelle; (2) que je grandisse en humilité/gentillesse (c’est de contexte, n’est-ce pas?) et en sainteté; (3) que je puisse parvenir à bien me préparer pour le cours que je donnerai à Parole de Vie en Mai -> ce n’est pas facile avec mon horaire au séminaire.
Je vous remercie du soutien que vous manifestez de toutes ces façons : vos prières, vos dons et vos encouragements. C’est de tout cœur que je remercie Dieu pour vous.
Marc-André Caron



[1] Les noms πραϋπαθία et πραΰτης et l’adjectif πραΰς. Matt 5:5; 11:29; 21:5; 1 Cor 4:21; 2 Cor 10:1; Gal 5:23; 6:1; Eph 4:2; Col 3:12; 1 Tim 6:11; 2 Tim 2:25; Tites 3:2; Jacques 1:21; 3:13; 1 Pi 3:4, 16
[2] Nom 12:3 (il est dit de Moïse qu'il est l'homme le plus "patient" (doux) sur la surface de la Terre); Ps 24:9; 33:3; 36:11; 44:5; 75:10; 89:10; 131:1; 146:6; 149:4; Job 24:4; 36:15; Joël 3:11; Soph 3:12; Zach 9:9; Esa 26:6; Dan 4:16 [la versification de certaines références est peut-être fautive par un verset; la versification de la Septante étant légèrement différente.]
[3] TLNT, Spicq III:169-170. Voir aussi TDNT F. Hauck/S. Schulz 6:645-61
[4] 1 Cor 4:21; 2 Cor 10:1; 1 Tim 6:11; 2 Tim 2:25; Tites 3:2


mardi 16 février 2016

Fin de semaine en Nouvelle-Orléans + le Jésus historique?

En fin de semaine j’étais en Louisiane pour le forum Greer-Heard, un événement annuel tenu par le séminaire baptiste de Nouvelle-Orléans.

Ehrman, Hurtado, Gathercole, Martin, Knust, Bird
Le vendredi soir, un débat s’est tenu sur la question « comment Jésus est-il devenu Dieu? » Et le samedi, six essais académiques furent lus sur le sujet. Six professeurs étaient invités, trois favorables à la l’idée selon laquelle le Jésus historique affirmait lui-même être le Christ (Michael Bird, Ridley College; Larry Hurtado; Edinburgh; Simon Gathercole, Cambridge; ces trois sont des académiciens évangéliques) et trois autres affirmant que le Jésus historique est devenu le Christ au dans les yeux de ces supporters dans la période de 15-20 ans entre sa crucifixion et la publication des premiers documents du Nouveau Testament (Bart Ehrman, Chapel Hill; Jennifer Knust, Boston; Dale Martin, Yale).

La question elle-même, « comment Jésus est-il devenu Dieu, » est choquante, puisque les évangéliques affirment la divinité de Jésus : ils se demandant plutôt « comment Dieu est-il est devenu Jésus? » Pour le bien-fondé d’une discussion académique, il fallait convenir d’une question scientifiquement neutre, donc qui ne présume pas le super naturel.

Les discussions furent enrichissantes, quoique très techniques, voire mêmes absurdes sur certains points.

Notre itinéraire
Pour les profs Ehrman, Knust et Martin, le Jésus historique fut un prophète apocalyptique galiléen qui fut crucifié pour ses positions politiques... et qui fut divinisé progressivement par ses disciples. Si on présume une vision du monde naturaliste, il faut s’en tenir à une explication de la sorte.

La chose qui m’a frappé le plus c’est que deux des panelistes, les profs Knust et Martin, professaient une foi chrétienne. Ce sont des chrétiens libéraux, c-à-d qu’ils considèrent que la Bible est un document purement humain et que le surnaturel n’existe pas. D’un côté, ils professaient le crédo historique de l’Église,[1] tout en ne reconnaissant aucune valeur historique à celui-ci.

Je comprends totalement la position de Ehrman : il est agnostique, voire athée et il offre une explication naturelle pour l’apparition du christianisme. Mais ceux-ci adhéraient à une variation [tordue] de la foi chrétienne historique, tout en reniant sa fondation même.

« Je vous rappelle, frères, l'Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré,
2 et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l'ai annoncé; autrement, vous auriez cru en vain.
3 Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures;
4 qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures;
[...]
17 Et si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés,
18 et par conséquent aussi ceux qui sont morts en Christ sont perdus.
19 Si c'est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes.
(1 Corinthiens 15)


L’incarnation c’est Dieu qui met le pied dans le cadre de porte de l’univers. Notre foi vit ou meurt sur la réalité de la résurrection.
...

Donc c’était un voyage plaisant. J’en ressors très content d’être au séminaire de Dallas. Il y a des hérésies de toutes sortes dans le monde : des hérésies de ruelle et de niveau universitaire. C’est un rappel de l’importance de ce que je fais ici. Notre foi n’est pas une thérapie communautaire; notre foi n’est pas juste un beau paquet de conseils moraux : c’est la clef de voûte de tout l’univers.

Il n'y a de salut en aucun autre; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.
(Actes 4:12)

Que ce soit moi comme future pasteur ou n’importe qui dans n’importe quelle situation, Dieu a choisi son Église pour manifester sa sagesse dans l’univers. Représentons-le avec toute notre force.

Quelques nouvelles et requêtes

...
Pour être honnête, je vis quelque peu de stress ces temps-ci. Jusqu’à la semaine de lecture (4 mars), le rythme sera vraiment intense. Je vous demande de prier (1) productivité, performance, discipline, endurance (2), que tout cela puisse m’édifier (en contraste avec des efforts purement académiques), (3) stage au Québec 2016.  

J’apprécie énormément ce que je fais ici. Encore une fois, je suis le séminariste le plus béni du monde. Je suis reparti de la Nouvelle-Orléans avec un sens renouvelé de l’importance de ce que je fais ici et de l’importance capitale du témoignage de l’Église dans le monde jusqu’à ce qu’Il revienne.

Merci pour votre support,

Marc-André




[1] Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre.
Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ; qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique [universelle], à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.

dimanche 31 janvier 2016

Les gémissements du chrétiens

La vie chrétienne peut être frustrante. C’est par moment une valse entre péché et sainteté, grâce et légalisme, triomphalisme et déprime.
En lisant Romains 8 aujourd’hui, je suis réconforté par la perspective de Paul. Ayant affirmé que les chrétiens ont le Saint-Esprit en eux, il affirme au v.17 à propos de ceux-ci qu’ils souffrent avec Christ afin aussi d’être glorifiés avec lui.
Personnellement, la perspective de la souffrance ne m’aide pas à renforcer mon espérance en Dieu. Mais c’est précisément ce que Paul fait dans Romains 8:18-39.
Paul explique « ... que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous » (Rom 8:18). La souffrance maintenant, la gloire ensuite. Une si grande gloire que les souffrances temporaires  sont impertinentes. Impertinentes!
Il fait le parallèle ensuite entre les chrétiens qui souffrent, avec « l’ardent désir de la création qui espère impatiemment.... avec l’espérance qu’elle aussi sera libérée de l’esclave de la corruptibilité. Car nous savons que toute la création gémit et souffre jusqu’à aujourd’hui » (Rom 8:19-22). Il n’y a pas que nous qui souffrons, mais toute la planète Terre s’écrit que le monde n’est pas comme il est sensé l’être!
 Et Paul met ensuite en parallèle les « gémissements de la création » avec les gémissements des chrétiens : « et non seulement cela, mais aussi nous-mêmes qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous gémissons en nous-mêmes, en attendant avec impatience l’adoption, la rédemption de notre corps » (Rom 8:23-24). 
En quoi est-ce que ceci est réconfortant? Si vous vous êtes retrouvés à « gémir » récemment, parce que le monde ne tourne pas rond, ou parce que vous n’êtes pas en paix, c’est normal. C’est normal de « gémir » en attendant la rédemption de toutes choses. Par moments, les Psaumes semblent être un long gémissement. Ça me dit qu’il est normal de désirer plus - de désirer ce qui ne sera qu’à que dans les derniers temps -. Si le bateau de ta vie chahute, alors gémir dans l’attente de la réalisation de notre salut est tout à fait normal. Mais ce n’est pas qu’un gémissement : c’est un gémissement qui se termine par l’espérance, une espérance vivante et inébranlable : « Car c'est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l'espérance qu'on voit n'est plus espérance: ce qu'on voit, peut-on l'espérer encore? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec persévérance » (Rom 8:24-25). Il y a des temps de victoire et il y a des temps de gémissement.
Le reste du chapitre est une formidable affirmation de l’espérance du chrétien.

 Que dirons-nous donc de ces choses? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?
 Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui?
Qui accusera les élus de Dieu? C'est Dieu qui justifie!
Qui les condamnera? Christ est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous!
Qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée?
selon qu'il est écrit: C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, Qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie.
Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.
Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir,
ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur.


Quelques nouvelles et requêtes de prières :
  • Mon église est en processus d’implantation dans un autre quartier défavorisé. J’ai été approché pour aider. Je suis en prière là-dessus.
  • Ce semestre est vraiment très difficile académiquement, mais stimulant.
  • Requêtes de prière : (1) discipline, passion, acuité intellectuelle, gestion du temps; (2) préparation pour mon cours sur 1-2 Pierre à PDV Béthel en mai; (3) grandir en grâce, humilité et service.

Merci de tout cœur pour votre soutien et vos prières. Je suis tellement béni; à Dieu la gloire!

Merci de me lire,


Marc-André

dimanche 17 janvier 2016

Quoi faire avec 1,6 milliard de dollars?


Aux États-Unis la semaine passée, trois gagnants se sont partagés 1,6 milliard de dollars, le gros lot du Powerball.

En lisant quelque chose comme la précédente phrase, il est impossible de ne pas s’imaginer ce que l’on ferait advenant le cas où nous étions ces gagnants. Payer l’hypothèque des gens de sa famille, offrir des cadeaux à maman, s’acheter un char neuf, subventionner une chaire de recherche sur la sclérose en plaque, etc. C’est tout un heureux problème que de déterminer quoi faire de cet argent!

Le charme que la loto exerce est vraiment puissant. Dans une vie antérieure, j’étais cassier de dépanneur et j’ai observé deux types d’acheteur. (1) Les acheteurs pathologiques (sur lesquels je ne veux pas commenter) et (2) les acheteurs occasionnels, qui sont motivés par l’espérance, mais qui se tempèrent par la raison. Ils disent souvent « tout d’un coup que... », « on ne sait jamais... » et ils ont les yeux brillants en s’imaginant remporter le « Gagnant à vie, » une loto somme toute raisonnable par son prix (4$) et son gain, 1000$ par semaine à vie, qui assure la paix tout en gardant à distance une destruction induite par l’aspect corrosif de la richesse sur les relations humaines.

Ce n’est pas mêlant, en écrivant ceci, je pars dans la lune à tout moment, rêvant d’exprimer ma créativité dépensière : « je serais le plus moral des gagnants de gros lot! » Ça ou d’autres choses...

De gagner minimise la souffrance et maximise le plaisir. L’espérance de ne plus (ou de moins) souffrir et l’espérance de contrôler l’avenir. C’est une espérance grandiose : je souhaite ça à tout le monde. C’est facile de penser à plein de bonnes choses que l’on ferait.

Donc, l’hameçon de la loterie, c’est l’espérance. La loterie ne ment pas, tout le monde connait les probabilité, mais elle séduit parce que c’est une espérance bon-marché. Il n’en coûte que 2 à 5 $[1] (ce qui n’est rien) pour se donner le droit d’espérer.

"Réalisez vos rêves les plus fous"

Le Lotto Max avec le Québec Max est peut-être la plus grande espérance / le plus grand rêve qu’un Québécois peut avoir!

Imaginons le meilleur des mondes et imaginons que la loterie livre la marchandise pour une fois avec vous et moi! On a gagné le Powerball! 1,6 milliard de dollars! Et on administre notre argent super bien tout en conversant nos ami(e)s! Aucun d’entre nous ne tombe dans un délire dépensier, et on mène notre nouvelle existence sagement.

...
Reste-t-il de l’espérance?

Que peut-on espérer maintenant?

Aurait-on encore de quoi à espérer en ce monde?

Ce serait vraiment bien de gagner. Mais il me semble, j’espérerais encore. Tsé, il doit y avoir quelque chose de plus au bout de la ligne. Donc vraiment, l’espérance de la loterie est trop petite. Non pas que ce n’est pas désirable ou que ça ne m’intéresse pas. Mais ce n’est pas tout. De plus grands rêves doivent être rêvés; c’est une petite espérance.
...
« Je m'amassai de l'argent et de l'or, et les richesses des rois et des provinces. [...]
Tout ce que mes yeux avaient désiré, je ne les en ai point privés; [...]
 Puis, j'ai considéré tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et la peine que j'avais prise à les exécuter; et voici, tout est vanité et poursuite du vent, et il n'y a aucun avantage à tirer de ce qu'on fait sous le soleil. »






[1] On note ici que la « mini » à 0.50 cent n’est pas incluse. Tout le monde sait que la mini « ça gagne pas. »



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Quelques nouvelles et requêtes de prière
·         C’est un semestre fantastique qui se dessine à l’horizon. Des cours pertinents / stimulants et formateurs.
·         Si vous n’avez pas reçu de lettres de nouvelle 2016 (pour une raison mystérieuse, veuillez m’en excuser), contactez-moi à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>.
·         Requêtes : (1) discipline, acuité intellectuelle, santé et passion; (2) grandir en grâce, service et humilité; (3) stage à DTS et Chicoutimi (collaboration avec Dr Fanning/Béthel en Mai/été à Chicoutimi/Camp Brochet).

Merci de me lire, de me supporter et de prier pour moi. C’est avec gratitude chaque jour que j’attaque mes études, dans l’espérance (thème d’aujourd’hui!) de pouvoir vous servir dans le futur!
Marc-André