samedi 13 septembre 2014

Y’a du crack qui se vend là-bas, là aussi et derrière le liquor store



Mon église est située à 10 minutes du séminaire. L’utilisation la plus commune d’une poussette dans le coin n’est pas pour le transport d’enfants, mais pour servir de garde-robe aux itinérants.
Le genre de misère que je ne voyais pas trop au Saguenay parce qu’elle était mieux cachée.
Le 6 septembre dernier en me rendant à l’église avec un frère, on s’arrête pour discuter avec 2 sans-abri. C’est plus ou moins attirant un sans-abri, mais si tu passes outre ton chemin pour aller à l’église pour ensuite aller répandre la bonne parole, il y a comme un fossé gênant entre la théorie et l’application. Donc on s’arrête et on commence à discuter. L’un d’entre eux est vraiment « épeurant », pas propre, à l’air louche et instable.
Mon ami du séminaire discute de l’évangile avec l’un d’eux, puis nous sommes rejoints par un autre type de City Church. Puis un autre sans-abri arrive. C’est une épave humaine. Son langage est incompréhensible, sa barbe et ses cheveux sont d’une longueur qui témoigne qu’il a oublié l’hygiène depuis plusieurs mois et il est agressif et demande de l’argent. L’homme me taquine un peu et me dit des méchancetés, mais je n’en fait pas vraiment de cas parce que son anglais est incompréhensible.
Deux ou trois mètres plus loin, un quatrième type est assis, proprement vêtu. Je ne l’avais pas remarqué, un peu comme si mon cerveau l’avait ignoré tellement il ne cadrait pas dans le décor.
Il m’interpelle et je m’assois avec. Je m’aperçois qu’il a devant lui un verre d’alcool fort. On discute :
-« Ce gars là [l’homme qui m’avait insulté] n’est pas correct. Je respecte tellement ce que vous faites... prendre du temps pour nous parler et nous apporter la Parole... Ne fait pas attention à lui ».
[...]
- « Ça fait 28 ans qu’il est alcoolique chronique. Ça fait plus longtemps qu’il est dans la rue que nulle part ailleurs. Par exemple, si c’est planifié qu’il aille en réhabilitation demain à 3h00, et bien il n’ira pas. Il ne peut pas! Ensuite la semaine d’après il va prendre un nouveau rendez-vous, mais il n’ira pas ».
[...]
Puis il me parle de ce que c’est vivre dans la rue. Au travers de ces commentaires, cette phrase me frappe :
-« Y’a du crack qui se vend là-bas, par là et derrière le liquor store ».

Je lui pose des question sur son histoire personnelle:

- « Mon père était propriétaire d’un bar et était co-propriétaire d’un autre. Donc entre 14 et 15 ans, j’ai commencé à boire de la bière. C’est le seul modèle que j’ai connu ».
[...]
C'est pas du pepsi
- « J’ai été un alcoolique fonctionnel toute ma vie. Ça fait 3 semaines que je n’ai plus de travail et je bois depuis pour endormir l’ennui ».  
...
En cet après-midi de 13 septembre, je reviens d’aller porter une quarantaine de boîtes-repas résiduelles d’une conférence que nous avions au séminaire aujourd’hui. J’y suis allé avec le président des étudiants... un gars qui travaille dans les rues d’une grande ville au Mozambique l’été. Il me partageait comment la rue était un milieu épouvante : des femmes qui se vendent pour 3$ la nuit, la violence sexuelle homme sur homme, homme sur enfant, homme sur femme, la drogue, la violence, etc. Je traduis l’une de ces pensées : « La rue c’est un milieu épouvantable au-delà de tout ce que l’on peut penser. Tu arrêtes d’utiliser ton intelligence et tu te mets à vivre avec ton instinct. » Ensuite il me décrit la différence entre les différents types d’infections transmises sexuellement qu’il avait vu sur des enfants de la rue... J'ai appris que pour faire la différence  rapidement entre la gonorrhée et les autres, c'était l'odeur. Le genre d’histoire qui te vire à l’envers.
J’ai vu plusieurs fois des vidéos de « visages de crystal meth » (des vidéos avant/après de l’usage soutenu de cette drogue), en pensant à quel point c’était irréel et loin de ma réalité. Pourtant, présentement, c’est à environ 3 minutes d’où je dors. Quand j’étais au Saguenay, c’était là aussi, juste dans les endroits où je ne vais pas.
Alors que nous circulions sous les ponts pour aller à la rencontre des sans-abri, c’était frappant de les voir. Ils sont comme des zombies. Et ça brise le cœur, parce que ce sont des humains; ils sont magnifiquement créés à l’image de Dieu, pourtant leur extérieur est un témoignage criant de la violence du péché. Les choses ne sont ne sont pas comme elles sont sensées l'être et ce monde est profondément brisé.
Néanmoins je me réjouis de connaitre Dieu parce que l’évangile fournit un rock moral incontournable pour aimer son prochain et pour apporter l’espoir à quiconque, peu importe son contexte, son arrière-plan ou les chaines de ses addictions.
Jésus et la femme samaritaine
Jésus allait au-delà des barrières raciales, économiques, politiques et religieuses. Le récit de la femme samaritaine dans Jean 4 est un exemple prenant que l’évangile ne discrimine pas. La narration commence même par « comme il fallait qu’il passe par la Samarie » (Jean 4:4), dénotant le sentiment de nécessité pour Jésus de traverser ce territoire que les Juifs contournaient pour éviter les Samaritains qu’ils considéraient comme des bâtards à la religion hérétique. L’évangile va partout, pas juste dans les belles places.
Néanmoins, Jésus rencontre une femme samaritaine aux abords d’un puits vers midi. Midi étant le moment le plus chaud de la journée, ceci sous-entend que cette femme était une paria qui allait au puits à cette heure pour ne pas croiser personne. On peut penser qu’elle était une prostituée. Néanmoins, Jésus, sans égard à la protection de sa réputation de leader spirituel, l’aborde et lui adresse la parole.
Quand ces disciples le rejoignent (Jean 4:27), « ils furent surpris », parce que c’était quelque chose d’inacceptable socialement. On se rappelle que dans le monde Gréco-romain, et Juif d’autant plus, tu n’adresses pas la parole à une femme qui n’est pas de ta maison. Un peu comme si un rabbin orthodoxe allait au cœur de Gaza aujourd'hui pour déjeuner un de ces samedi matin.
Néanmoins, même si c’est une samaritaine, une pécheresse et une femme, Jésus lui adresse la parole et lui accorde l’amour et la reconnaissance que tout humain est en droit de recevoir. Il lui fait une offre fantastique en Jean 4:14 « [...] celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.» 
L’évangile ne discrimine pas. C’est tout le contraire. C’est le message d’un Dieu compatissant vers une humanité brisée. J’ai été frappé et attristé de rencontrer ces hommes. Mais en même temps je suis content parce que l’évangile c’est l’espoir libérateur de tous le monde. Du plus riche président directeur général jusqu’à mon ami de la rue.

Nouvelles et requêtes de prière :
-Mon futur stage. J’ai appris cette semaine que mon stage n’avait pas besoin d’être dans le même lieu pour les 3 sessions qu’il doit durer. Je vais surement faire mon stage comme assistant d’un professeur du séminaire. Ceci me permettrait de revenir au Québec durant l’été 2016 pour faire davantage de « terrain ». C’est encore très flou et les possibilités sont vastes.
-Mes samedi d’évangélisation avec City Church
-Le bon déroulement de mes études : l’énergie, la passion, l’intelligence et surtout la connaissance personnelle de Dieu.

J’aimerais prier pour vous. Si vous le désirez, vous pouvez m’écrire par facebook ou par courriel à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>.

Merci de votre soutient, de vos encouragements, de vos prières et de vos bons mots. Ils font une différence, vraiment.

Marc-André

samedi 6 septembre 2014

La comparaison tue le contement - quelques réflexions sur la prière



Quand tu te compares, tu ne te console pas parce qu’il y a toujours quelqu’un devant toi; que ce soit à l’école, au travail, ou les possessions d’un proche. C’est facile d’être jaloux d’à peu près n’importe quoi.

Je me surprend souvent à juger les motifs des gens et à formuler toutes sortes de raisonnements pour justifier comment je suis et pour dévaluer mes rivaux mentaux afin que je maintienne mon prestige interne. Ce à quoi je veux en venir, c’est que la comparaison tue le contentement. Quand je me compare, j’observe chez moi que les pensées que j’entretiens sont en général négatives, axées sur la jalousie, plutôt qu’un désir de suivre l’exemple de cette personne. Vous savez... les usuelles questions telles que : « comment se fait-il qu’ils ne me l’ont pas demandé [plutôt qu’à lui]? », « pourquoi n’ai-je pas eu droit à ça et lui oui? », et etc. C’est souvent accompagné de plusieurs excellentes raisons pourquoi je serais un meilleur choix.

Donc oui, la comparaison tue le contentement.

Motivé par la jalousie, je cherche à avoir des choses que je n’ai pas besoin d’avoir. Ou peut-être que ce serait bien que je les aie, mais voici la jalousie est surtout un sentiment autodestructeur, un chemin qui ne mène nulle part. Et tout ceci arrive parce que je suis égocentrique (égo signifiant « je » en grec, soi-dit en passant).

Permettez moi de citez un petit récit biblique : Marc 10 :35-37. Jésus et ses disciples approchent Jérusalem et Jésus vient de prédire sa mort et sa résurrection pour la troisième fois (10:32-34), rien de trop rassurant. Le contexte pousse Jacques et Jean à poser une question :

35 Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s'approchèrent de Jésus, et lui dirent: Maître, nous voudrions que tu fasses pour nous ce que nous te demanderons.
36 Il leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous?
37 Accorde-nous, lui dirent-ils, d'être assis l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire.

Je cite John Stott sur le sujet : « ceci se qualifie certainement comme la pire et la plus flagrante des prières égocentriques jamais priées... C’est exactement l’opposé de la vraie prière, dont le but est de ne jamais plier la volonté de Dieu à la nôtre, mais de toujours plier notre volonté à la sienne. Pourtant le monde (et même l’église) est plein de Jacques et de Jean, des chercheurs de renommée, affamé d’honneur et de prestige, mesurant la vie par la réalisation et rêvant éternellement de succès. Ils sont agressivement ambitieux pour eux-mêmes (La Croix du Christ, p. 279) ».

Quand tu te présente devant Dieu en prière, l’exercice te force à l’humilité. Tu considère qui il est et tu reconnais qui tu es. Et si tu es seul, il n’y a personne à qui tu peux mentir. Il n’y a pas de masque que tu peux porter devant Dieu. Et puis ça arrive. La prière me décentre de qui je suis en me mettant en face à qui Dieu est. Ma jalousie dégonfle.


Quand tu vas devant Dieu en prière, tu es obligé de débarquer de ton cheval de noblesse pour aller à genoux. Et donc tu perds le piédestal que tu utilisais pour regarder les autres de haut. Et tu contemple le Père, et tu réalises qui tu es. Fondamentalement, je suis un pécheur, inadéquat en bien des choses. Et c’est quand je gagne une telle perspective de qui je suis vraiment et de qui Dieu est, que je suis contenté et que je cesse de me comparer. Le sens de la grâce résonne très fort.

Plutôt que de jalouser ou de condamner mon prochain, mes collègues, ou mes « ennemis », je prie pour eux. Sais-tu ce qui m’arrive quand je prie pour des gens qui ne me font pas particulièrement lever le poils des bras? Mon amour pour eux grandit. Je les vois comme des frères et des sœurs en Christ, la prière me pousse à voir en eux la dignité inhérente à tous êtres humain de par l’image de Dieu qui est en chacun d’entre nous. À prime abord, il n’y a rien de bien « digne » chez un alcoolique chronique qui vient de passer 28 ans dans la rue.

Tout ça pour dire: la prière me dépouille de mon orgueil, de ma jalousie et de mon attitude de protection-de-mon-prestige. Quand je suis à genoux en prière, je m’enlève la tête de mon nombril et je regarde à la croix : qui je suis, qui Dieu est, et qui est mon prochain. Et je ne vais pas vous mentir, je crois sincèrement que ça me rend moins orgueilleux, moins jaloux et authentiquement content pour les réussites des autres.

Plutôt que d’haïr et de commérer, prier pour le bien de la personne en question, c’est particulièrement bon dans mon cas. Parce que c’est ensuite assez dure de « maudire » cette personne que je viens de « bénir ».

Encore une fois je cite John Stott : « la vraie prière, dont le but est de ne jamais plier la volonté de Dieu à la nôtre, mais de toujours plier notre volonté à la sienne. »

-----------------------------
Quelques nouvelles :
Une après-midi à "apporter le royaume"
J’entame ma troisième semaine. Tout se déroule extrêmement bien. La cohabitation avec mon co-chambreur se déroule à merveille. J’ai beaucoup d’énergie pour me « clancher » des journées d’étude assez extravagantes; je suis reconnaissant de vos prières.

Requête :
-Mes samedi d’évangélisation avec City Church International
-Mes études : l’énergie, la passion, la concentration, la discipline, la rigueur et aimer Jésus
-J’ai appris que mon stage devait se dérouler obligatoirement sur 3 sessions (donc une année complète). Je ne sais pas si je pourrai le faire au Québec, dans ce cas. Ça me cause une certaine frustration, mais au final je sais que tout sera pour mon bien.

Merci de votre soutient, de vos prières, de vos messages d’encouragement et des interactions que j’ai avec vous par message privée/courriel. Si vous avez des requêtes de prière, il me fait plaisir de prier pour vous, n’hésitez pas à m’écrire!

samedi 30 août 2014

« Pourquoi je ne crois pas en Dieu » - les blocages à la foi




Le « je » dans mon titre est un « je » universel (voulant dire : « cette personne »); ne partez pas en peur, je ne viens pas de perdre la foi.

Les blocages à la foi en Dieu
À force de converser avec des dizaines de personnes sur la vie spirituelle et ultimement sur l’existence de Dieu, je sais qu’une affirmation qui se veut à prime abord rationnelle du style :
« je ne crois pas en Dieu parce cette preuve X infirme la nécessité de son existence »
 n’est jamais vraiment le réel  obstacle à la foi.

Pour la quasi totalité des gens affirmant être athée à qui je parle, le voile de rationalité cède rapidement après quelques questions. J’observe que les résistances à la foi en un Dieu personnel sont liées davantage à des dissonances émotives qu’à des constructions rationnelles. Comprenez-moi, l’un n’est pas nécessairement une meilleure raison que l’autre. Par dissonance émotive, j’entends par là les racines d’amertume et les cicatrices que nous avons par rapport à un événement traumatisant qui nous pousse à nous demander « pourquoi moi Dieu? » ou encore l’incompréhension qui peut résulter de la présence de la souffrance dans le monde.

Tout cela pour dire que c’est très instructif d’entendre ce que les gens ont à  dire pour étayer leur incroyance. À chaque fois que quelqu’un me partage ses réflexions, je suis surpris de comment une personne qui en surface à l’air « athée », est finalement très préoccupée par le sens de la vie, le « monde spirituel » et ultimement si Dieu existe. La plupart ont des croyances, mais ils se tiennent à distance du Dieu de la Bible à cause de certains obstacles.

Quel est le plus gros obstacle à la foi pour les Québécois?
Pour mon cours de « séminaire de recherche pour les étudiants internationaux »,  l’une des étapes en amont d’un projet que je dois réaliser c’est d’identifier « un concept biblique difficile à comprendre dans ma culture », le but étant ensuite réfléchir sur un moyen de le mettre en relation de façon intelligible à mon contexte culturel. Alors voilà, quel est le plus gros obstacle à la foi des Québécois? Comment se fait-il que l’évangile n’aie pénétré dans le cœur que de moins de 0.5% de la population du Québec?

J’ai plusieurs idées de concepts que les Québécois ont de la difficulté à avaler à propos du Dieu de la Bible, cependant je sais que je ne sais pas grand chose, ce qui m’amène à vouloir te demander, cher ami, si tu pourrais me faire connaitre ce qui te fait décrocher du Dieu de la Bible.

Donc, cher ami, quel est l’obstacle le plus important qui te fait décrocher « de la religion »? Si tu pouvais m’écrire ta pensée par message privée sur Facebook ou encore à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>, ce serait vraiment très apprécié; tu m’aiderais dans ma réflexion et tu m’orienterais dans mes recherches. Peut-être aussi, qui sait, que ça pourrait être le début d’un dialogue intéressant!
Peut-être aussi que tu es un croyant et qu'il y a un segment de ta foi qui te rempli de confusion. Je serais très heureux aussi de recueillir ta réponse! 

Nouveau semestre
Je viens de compléter ma première semaine de ma rentrée 2014! J’ai déjà 3 livres de lus et une centaine de pages de grammaire grec, et plusieurs dizaines de pages à rédiger dans les prochaines semaines, ce que je ferai avec grand plaisir parce que c’est exactement pour ça que je suis venu au Texas!

Pas le seul Québécois
J’ai découvert cette semaine que je n’étais pas le seul Québécois! Il y a en fait un gars de Montréal (du West Island : donc premièrement un anglophone). Il est un juif messianique (d’origine ethnique juive, mais qui a reconnu que Jésus-Christ est le messie). C’est un type brillant et son héritage est peu commune (en tout cas au Saguenay...)! Je vais essayer de l’interviewer dans les semaines à venir! 

Requête de prière
-L’efficacité dans mes études
-Mon ministère d’évangélisation avec City Church International les samedi après-midi

Si vous avez des requêtes de prière, ou encore si vous aimeriez prier avec moi par Facetime/Skype, ça me ferait plaisir. N’hésitez pas à m’écrire!

Merci de me lire, de prier pour moi et de me soutenir!

Bonne semaine

Marc-André Caron

samedi 23 août 2014

Ma deuxième session : l’automne 2014




L’orientation des étudiants internationaux

Après un vol sans anicroche le 17 août dernier, j’ai rejoint Dallas pour la semaine d’orientation des étudiants internationaux où je devais obligatoirement être. J’ai le bonheur de vous annoncer que je n’ai pas la tuberculose et que je peux étudier aux États-Unis (j’ai dû passer un test de tuberculose cette semaine...) !!!

Nous sommes un peu moins qu’une quarantaine de nouveaux étudiants internationaux à commencer cet automne-ci. Une femme vient du Kirghizistan, il y a un couple d’Israël, plusieurs Chinois, une Indonésienne et quelques pays africains. Très variée!

L’orientation générale des étudiants

Jeudi le 21 août, c’était l’orientation générale de tous les étudiants. Voici une photo de plus de 420 nouveaux étudiants qui commencent des programmes à l’automne 2014. 



Les beaux t-shirts bleus que nous portons sont à l’effigie du logiciel biblique Logos. C’est un logiciel de bibliothèque virtuelle avec un moteur de recherche très puissant qui permet de mettre toutes les ressources de ta bibliothèque en relation. Donc disons que tu veux recenser automatiquement un certain mot ou thème parmi tes ressources, Logos te permet de faire ce genre de chose. Logos et DTS ont un partenariat et tous les étudiants reçoivent une licence « gratuitement » et peuvent la garder si ils complètent leur programme de maitrise. Le logiciel me donne accès à environ $14,000 de livre et me fait sauver environ 700$ en livres que j’aurai dû acheter.

Ma session d’automne

Cette session, je fais 16 crédits, donc 4 de plus que la session dernière. Je serai très pris par mes études, mais c’est d’ailleurs exactement ce que je recherche. En ayant un rythme de 16-18 crédits par session, je pourrai graduer en décembre 2016 (mon programme est un total de 120 crédits, mais tous les crédits n’étant pas nés égaux, je prévois que ma session d’été 2016, où je ferai mon stage et ma thèse, devra être une session entre 6 et 10 crédits).

Donc présentement, j’ai 10% de ma maitrise de complétée. Durant les deux prochaines sessions, mes pensées vont se préciser à propos de ce que je vais faire comme stage et comme mémoire; le mémoire portera assurément sur un aspect de la foi évangélique au Québec et mon stage sera probablement au Québec.

Mes cours cette session-ci sont les suivants :
CE101 (3 crédits) - Processus éducatif dans l’Église : « une étude des processus éducatifs dans l’église locale, s’attardant aux buts, aux principes, au leadership, à la planification, à l’organisation et au curriculum d’un ministère biblique pour tous les groupes d’âges ».
NT103 (3 crédits)  - Grec intermédiaire : C’est là où le grec commence à être trippant, dans les deux premiers cours j’ai appris à le lire et le comprendre, et là on commence à faire de l’exégèse et à plonger profond dans la grammaire grec et la syntaxe.
NT113 (2 crédits) - Introduction au Nouveau Testament (NT) : « une étude historique de l’arrière plan et du canon du NT, une évaluation des critiques du NT et un examen des problèmes rencontrés à l’intérieur du NT. L’étudiant deviendra familier avec les écrits du premier siècle et il interagira avec les problèmes contemporains qui sont liés aux origines du Christianisme ».
PM101 (2 crédits) - Vie spirituelle : « Une étude des principes bibliques qui gouvernent le vrai caractère chrétien et le service, avec un accent sur la suffisance des provisions divines et les conditions de cœur nécessaire pour une vie sainte et la puissance spirituelle dans le service ».
PM102 (2 crédits) - Évangélisation : « Une étude des méthodes d’évangélisation personnelle et en groupe, en vue d’équiper les laïques pour l’évangélisation, d’utiliser l’église et les milieux paraecclésiastique pour l’évangélisation, le soin des nouveaux convertis et la formation de disciples, l’utilisation de l’apologétique et les problèmes contemporains en évangélisation ».
RSW100 (1 crédit) : Séminaire de recherche pour les étudiants internationaux.
ST101 (3 crédits) - Introduction à la théologie : « l’étude de la nature, de la méthode et des sources de la théologie ; la révélation, l’inspiration, l’autorité, la suffisance, l’inerrance et la canonicité de la Bible; aussi l’étude de l’herméneutique théologique, incluant une introduction au dispensationalisme ».
SF100 : Formation spirituelle - l’identité. « Formation spirituelle » n’est pas un cours à crédit, mais il est requis pendant deux ans. En d’autres mots, c’est un petit groupe de 5 à 7 personnes qui se rencontrent deux heures par semaine pour cheminer ensemble dans ce voyage spirituel, pour s’encourager et pour s’aiguiser les uns les autres. En automne, le cours est « une réflexion sur une compréhension adéquate de l’identité du chrétien; son identité en relation à Dieu, à lui-même, au corps de Christ et au monde comme étant le précurseur du développement d’une vie en communauté authentique ». En d’autres mots, savoir qui tu es comme chrétien pour vivre de façon cohérente avec les autres.

Ce sera une session passionnante. J’ai hâte de recommencer, puisque qu’il n’y a pas d’autres raisons pour ma présence à Dallas que ceci.  

Alors que je lisais dans le Nouveau Testament ce matin, je veux faire écho à ce que l’apôtre Paul disait à Timothée, un jeune pasteur, à propos du but d’étudier la Bible dans le but de l’enseigner aux autres :
1 Tim 1 :5 « Le but de ces instructions, c’est un amour qui provienne d'un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une foi sincère. »
C’est l’idée derrière le slogan de mon séminaire :
« Teach Truth, Love Well »
« Enseigner la vérité, Aimer gracieusement »

Alors que j’étais au souper d’accueil des étudiants vendredi soir, une employé du séminaire racontait comment Dieu utilisait les 15,000 gradués du séminaire à travers le monde. C’était vraiment pâmant d’entendre tous ces témoignages, avec des histoires vraiment « folles » (dans le bon sens) comme un partenariat officiel avec le gouvernement chinois pour la formation des leaders de l’Église chinoise ou encore la fondation d’un séminaire évangélique en Jordanie pour former des leaders chrétiens au Moyen-Orient (et oui!). Dieu est au travail partout dans le monde et c’est réjouissant!

Requête de prière :

-Mes sorties d’évangélisation avec City Church (tous les samedi après-midi)
-Mes apprentissages à DTS
-L’arrivée de mon co-chambreur, Dave Peters, vendredi prochain

Si vous avez des requêtes de prière que vous aimeriez me partager, je serais plus que content de prier pour vous. Si vous voudriez prier avec moi, je serais plus que content de prendre du temps pour le faire par Facetime/Skype. Vous pouvez me rejoindre par Facebook ou encore à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>.

Merci pour vos prières et votre support,

Marc-André Caron

lundi 18 août 2014

Quand Dieu passe ton cœur à l’attendrisseur à viande - De retour de vacances pour mon deuxième semestre







Quand Dieu passe ton cœur à l’attendrisseur à viande - De retour de vacances pour mon deuxième semestre



   De Dallas à Arvida


La semi-pleine lune qui m'accueillait à mon  retour à Arvida
J’ai fini mon examen final de « grec 2 » (NT102)  le 6 août au matin, et le soir un camionneur et frère dans le Seigneur du Saguenay qui passait par Dallas m’a embarqué afin de me ramener au Saguenay. Nous sommes descendu vers le Sud du Texas pour ensuite remonter les États-Unis à travers le Mid-Ouest, ce qui m’a amené à être à Montréal dimanche en soirée. Là, j’ai embarqué avec un ancien collègue de l’UQAC qui se rendait jusqu’au Royaume. Donc lundi vers 1:30 AM j’étais finalement de retour à Arvida après un périple de 4 jours. 
 Alors que je marchais le 5 minutes de distance séparant là où je me suis fait déposer et ma maison, j'étais plein de gratitude, remplis d'émerveillement par la beauté des circonstances dans lesquelles je me trouvais. Le ciel clair illuminé par une lune splendide, une soirée chaude au vent rassurant et une terrible fatigue qui goûtait bon de par le grand repos qui s'en venait. Cet égoportrait (le français pour selfie) résume les émotions contradictoires entre l'écoeurantite de 4 jours dans un camion et la joie de revenir à la maison sous un ciel magnifique.
Je veux déclarer solennellement que j’ai un respect renouvelé pour tous les routiers de ce monde qui font de longues heures dans leurs camions. Parce que commencer à rouler à 4:30 du matin et déjeuner à 15:00, ce n’est pas nécessairement évident.

 Une semaine relaxe à la maison

J’ai passé la semaine chez mes parents à Arvida principalement à me reposer et à voir des ami(e)s! Ce fut un plaisir évidemment de me lever à 6:00 le premier jour pour faire le travail de jardin que mon père avait préparé d’avance pour moi (un classique). C’était rafraichissant pour moi de revoir mes amis et mes frères et sœurs de l’église.

 Camp 18 et + au Camp Brochet

J’ai terminé mes vacances estivales en allant à la fin de semaine des jeunes adultes au Camp Brochet. Je suis grandement encouragé de voir comment Dieu travaille dans ma vie et dans la vie des jeunes adultes du Québec. C’était à la fois exaltant, mais meurtrissant.

 Exaltant et meurtrissant, ou quand Dieu passe ton cœur à l’attendrisseur à viande

Je regarde en rétrospective ce premier semestre de séminaire et c’est la dualité de ces deux mots (exaltant et meurtrissant) qui résument ce que j’ai vécu jusqu’à présent. Le mixte de ces émotions tantôt contradictoires se comprend bien par l’image de l’attendrisseur à viande. Ça « fesse », mais tu sens qu’il y a un but.
 Exaltant, parce que je suis en extase devant Dieu mon Père céleste. Pouvoir être plongé dans ses œuvres et dans sa Parole à longueur de journée t’amène à l’adorer et à reconnaitre l’infinie richesse qui est en lui.  Le connaitre davantage augmente constamment mon amour pour lui.
Quand Blaise Pascal parle d’un « vide en forme de Dieu » dans le cœur de l’homme qui ne peut être comblé par lui, je sens que je comprends son affirmation, parce que la joie véritable se trouve en Dieu qui comble nos affections les plus profondes. Je cite Jésus à cet effet : « celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » (Jean 4:14).
Une autre chose exaltante, c’est de voir que Dieu est à l’œuvre. Je me rappelle constamment de sa provision miraculeuse pour mes études ici au séminaire et je vois comment il est à l’œuvre dans une variété de circonstances. Je pense à moi personnellement; à toutes ces rencontres spéciales lorsque je vais présenter l’évangile avec mon église (un sujet en lui-même!). Je pense aussi à mes amis au Québec tels que ce fut le cas au Camp Brochet en fin de semaine. Je pense aux gens dont les profondes blessures du passé sont guéris par le nom de Jésus et qui se consacrent ensuite à être des agents de réconciliation sous le nom de leur sauveur. Je pense à la situation de l’Église mondiale et au royaume qui progresse.  
Est-ce que ce que je dis ici (que Dieu est exaltant) fait du sens pour toi? Cherche Dieu et tu le trouveras. Il se révèle à ceux qui le cherche de tout leur cœur.
Meurtrissant, parce que la proximité à la Parole de Dieu c’est quelque chose de meurtrissant. C’est douloureux, mais c’est bon.
Quand je lis la Parole en français ou en anglais, je peux lire parfois à grande vitesse sans m’attarder à penser à tous les mots ou le sens des vérités. Un bénéfice marginal du grec fut de me forcer à pauser et à lire très lentement le texte. En fait, je n’avais pas vraiment le choix, parce que je ne comprenais pas !
Donc ma lecture de la Parole se faisait par une traduction lente et fastidieuse, mais alors que je finis de mettre les derniers mots en place et de décoder la syntaxe, c’est là où le poids des vérités de la Parole pèse lourd sur mon âme et qu’elles descendent jusque dans les profondeurs de mon cœur pour révéler la magnitude de mon péché et de mes insuffisances. Plus je m’approche du Dieu parfait,  plus je vois clairement mes imperfections. Chemin faisant, mon cœur s’attendrit et les barrières de justifications que je m’érige autour de celui-ci s’élident.
Ceci me vient en toutes sortes d’occasions : je pense à la fois où j’ai aidé un sans-abri âgé boiteux qui est tombé de tout son poids sur le sol (en vérité; en le voyant 15 minutes plus tard partir en ambulance alors que j’avais poursuivi mon chemin, juste comme le sacrificateur et le lévite de l’histoire du bon samaritain (Luc 10:25-37)), en traduisant mon nouveau testament grec, en chantant des louanges à l’église, en priant, en classe alors que nous discutions des implications de points de grammaire grecs et en partageant l’évangile avec mon église. Dieu remue mon intérieur, il meurtrie mon cœur. C’est douloureux, mais c’est bon. « En effet, la nature humaine a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit a des désirs contraires à ceux de la nature humaine. Ils sont opposés entre eux, de sorte que vous ne pouvez pas faire ce que vous voudriez. » (Gal 5 :17).
Tu réalises la grandeur de Dieu, tu vois tes insuffisances et ton cœur est frappé par l’attendrisseur à viande. Tu es meurtri, mais Dieu ne gaspille pas la souffrance de ses enfants. Et tu sais qu’il travaille toujours pour le bien de ceux qui sont appelés son dessein. Dans tout ceci, je me sens souvent perdu. « Que dois-je faire? ». Mais j’ai confiance que Dieu m’amènera là où il veut que je sois. Il n’y a pas de défaitisme ou de « face d’enterrement » constante, parce que la croix de Christ est triomphante et c’est par celle-ci que je suis conduis. Ça fait mal, mais c’est bon et c’est aussi d’une joie intense.
 Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés (Rom 8 :37).

Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l'odeur de sa connaissance! (2 Co 2 :14)
 Αμήν  
(amen !!!)
-------------------------


C’est avec beaucoup de reconnaissance à Dieu que je réfléchis sur ce premier semestre qui vient de se terminer. Je vous remercie de votre support indéfectible, de votre amour et de vos prières. Je vous parle ce samedi de la session qui débutera en automne.

Ma requête de prière cette semaine : que je sache dans quel ministère m’investir à City Church International. 

Si vous avez des requêtes de prières, n'hésitez pas à m'écrire ici (caron.marc.andre.bible@gmail.com) ou sur facebook.

Bonne semaine.

samedi 2 août 2014

Si Dieu est vraiment en charge et connecté à toutes les souffrances du monde, pourquoi est-il si capricieux et injuste?



Comment réconcilier la tension entre le mal et la souffrance et l’existence d’un Dieu parfaitement bon?

Quelle est la pertinence de Jésus-Christ?

Quel est le sens de la croix?

Quelle est la différence entre Jésus-Christ et les autres religions?

Qu’est-ce qu’un chrétien?

Pourquoi Jésus est-il mort?

Comment un chrétien devrait conduire sa vie?

La croix de Jésus-Christ apporte des réponses à toutes questions.


« La croix de Jésus-Christ », par John Stott

Mon titre est une citation de Philip Yancey, lui-même cité par John Stott dans « La croix de Jésus-Christ ». C’est un livre d’abord publié en 1986, puis révisé en 2006, par l’auteur John Stott (1927-2011). Stott était un prêtre anglican et il fut l’un des leaders évangéliques les plus influents du 20e siècle. J’ai lu durant l’été sa biographie autorisée et trois de ses livres, dont « la croix de Jésus-Christ », que j’aborde ici. Le livre est à mi-chemin entre un ouvrage populaire et un ouvrage érudit de théologie. Il est endossé par plusieurs comme étant un classique.

John Stott est un auteur particulièrement cultivé et quand tu le lis tu ne souffre pas de l’accuser d’obscurcir des évidences ou d’éviter les controverses. Au contraire, Stott met de l’avant les difficultés apparentes du message et répond tout au long de son livre aux objections de l’humanisme athée et des différentes traditions théologiques et il raisonne avec ces courants pour montrer comment la croix, dans son sens biblique (c’est-à-dire tel que présenté dans la Bible par la synthèse de tous les passages qui s’y rapportent), représente LA réponse aux questions existentielles que l’humain peut se poser. Tout n’est pas répondu (ce serait ambitieux en 380 pages...), mais le livre est une proclamation claire et détaillée de la vision du monde de tous chrétiens qui se réclament de l’autorité de la Bible.

Si tu souhaites (1) approfondir ta foi ou encore (2) connaitre la vision du monde des chrétiens (et non pas la caricature que l’on peut s’en faire ou encore la honte que nous apportons au nom de Jésus-Christ en ne vivant pas à la hauteur de ce qu’il appelle les chrétiens à être), c’est un ouvrage que je recommande vivement. En fait, en excluant la Bible, c’est le livre qui, à mon sens, présente et défend l’évangile et ses implications de la façon la plus claire et la plus détaillée.

Donc quel est l’argument du livre?

L’argument du livre, comme son titre l’indique, c’est la croix. La crucifixion de Dieu le Fils. Stott présente la croix comme étant le centre de la foi du christianisme historique. Il résume le message de cette façon :
« c’est en Christ et par Christ crucifié, que Dieu s’est substitué lui-même pour les humains en portant nos péchés, mourant à notre place la mort que nous méritions de mourir, afin que nous puissions être restauré en sa faveur et adopté dans sa famille ».
Cet énoncé de foi est le cœur la bonne nouvelle des chrétiens, et Stott, dans « la Croix de Jésus-Christ », avance que c’est justement avec le point de vue de la colline du Calvaire que toutes les questions précédemment citées peuvent être répondues.

Je veux prendre le peu de place que je me donne dans mon blogue pour résumer les grandes lignes de sa réponse (ce qui n'est qu'un chapitre du livre).

D’abord, accordons nous pour dire que tout le monde a une vision du monde. Elle peut être réfléchie, héritée et changeante, mais tout le monde en a une. Quoiqu’elle soit, ta vision du monde dicte ta compréhension de la souffrance. Pour certains, la souffrance n’a pas de sens, tout comme l’existence n’a pas de sens. Mais pour ceux qui suivent Christ, tout à un sens. Ainsi, est-il de la souffrance.

Stott liste 6 raisons bibliques qui apportent une réponse au problème de la souffrance, rappelant au passage qu’un livre entier de la Bible, le livre de Job, traite de la souffrance et de son apparente absurdité dans ses 42 chapitres. 

Sa sixième raison, et la plus magnifique, c’est que les souffrances du Christ sont reliées aux nôtres.
Rappelons les charges contre Dieu:
  •  « Si Dieu est vraiment en charge, et connecté à toutes les souffrances du monde, pourquoi est-il si capricieux et injuste? »
  • « Parfois on se représente Dieu entrain de se prélasser, peut-être même assoupi, dans un genre de chaise longue céleste, pendant que des millions d’affamés meurent de faim. »
  • « Est-ce que Dieu est un sadique cosmique? »
Stott répond: 
« C’est cette terrible caricature de Dieu que la croix brise en miettes. On ne devrait pas envisager Dieu sur une chaise longue, mais sur une croix. Le Dieu qui permet que nous souffrions a souffert par le passé lui-même en Christ ». Il poursuit en détails en expliquant comment Dieu souffre avec nous aujourd’hui dans son saint amour éternel.
  
« Je ne pourrais pas moi-même croire en Dieu si ce n’étais pas de la croix. Le seul Dieu dans lequel je crois, c’est celui que Nietzsche ridiculise en tant que « Dieu sur la croix ». Dans un monde de douleur, comment pourrions-nous adorer un Dieu qui en est immunisé? ». 

Ensuite Stott met en parallèle les Bouddhas impassibles, les jambes croisés et les yeux fermés, avec le Christ solitaire, tordue et torturée sur une croix, les clous perçant ses pieds et ses mains, le dos lacéré et ses membres étirés, son scalpe déchiré par les épines, sa bouche intolérablement asséché et plongé dans l’obscurité de l’abandon du Père. 

 « C’est le Dieu pour moi! » dit Stott. Il a laissé de côté son immunité à la douleur. Il est entré dans notre monde de chair et de sang, de larmes et de mort. Il a souffert pour nous. Nos souffrances deviennent maniables à la lumière des siennes. 

Il y a encore un point d’interrogation à côté de la souffrance, mais au-dessus il y a une autre marque, la croix symbolisant la souffrance divine.

Ainsi, en montant la colline du Calvaire, on gagne un point de vue sur toutes les tragédies de la vie. La croix ne résout pas le problème de la souffrance, mais elle fournit la perspective essentielle par laquelle nous pouvons regarder à celle-ci.

Si Dieu est bon, pourquoi le mal n’est-il pas anéanti?
La Bible dit plutôt : Parce que Dieu est bon, il jugera le mal et le détruira. Puisque chacun d’entre nous est pécheur, chacun d’entre nous est donc une partie du problème, de ce qui devrait être anéanti. Mais Dieu prouve son amour envers l’humanité en ce qu’il a porté lui-même la condamnation personnelle des humains sur la croix. La croix du Christ, ce sont mes fautes à moi qui ont cloué Jésus dessus. Ce sont les tiennes aussi. La croix c'est la substitution du Fils à la place des humains, afin que ceux-ci puissent être justifiés devant Dieu. Tous peuvent recevoir le pardon que le Christ a acquis à la croix; c’est un cadeau gratuit qui se reçoit par la foi, à tous ceux qui le demande.

Vue de cette façon, la croix est un message de pardon, de rédemption, de réconfort et porteur de sens. Ce n’est pas qu'une lunette d’approche pour vivre une bonne vie. Je crois plutôt que c’est LA vie. Que c’est la réalité absolue. 

Donc non, Dieu n'est pas injuste ni capricieux. Dieu est profondément peiné par toutes les souffrances, les larmes et le péché qui souillent l'humanité. Il en est tellement peiné qu'il s'est incarné en homme pour mourir sur une croix afin de réconcilier les humains à lui par sa mort, en servant de substitut pour nous qui sommes pécheurs. Se faisant, il amène la vie éternelle à ceux qui placent leur foi en lui, et il amène la guérison à tous ceux qui ont le cœur brisé, peu importe la raison. 

Quant à moi, ça m'amène à l'adoration.

----------------------------

 Quelques nouvelles

-Je suis dans ma dernière semaine de ma session d’été. Il ne me reste qu’un examen final de grec à faire, après quoi je reviendrai au Québec entre le 10 et le 17 août. Je serai au Camp Brochet le 15 et le 16 août.
-Requêtes de prière : 1) Ministère d’évangélisation avec City Church, 2) Choix de ma thèse de maitrise, 3) Choix de mon profile de maitrise.
-Merci encore de votre soutient, de votre intérêt, de vos prières, de votre amitié. Vous êtes un encouragement très important et vous me pousser à me dépasser chaque jour dans mes études ici. Merci de m’écrire et de vous intéresser.

Marc-André  


Ps:

-Vous comprendrez que ce court article n'est pas une tentative de répondre à toutes les questions que soulèvent ce sujet. Je peux penser à au moins une dizaine de questions importantes que les affirmations précédentes soulèvent, cependant ce n'est pas le but de ce blogue que d'être une encyclopédie. Mon point est le suivant: Dieu n'est pas un grand-père barbu loin dans le ciel, mais il est mort crucifié et il fut ressuscité pour que le problème du mal puisse être réglé.  

-Veuillez me pardonner parce que j'utilise ici les termes "souffrances", "mal" et "douleur"  avec un certain manque de rigueur (ils ne sont pas la même chose, mais je n'en ai pas vraiment fait la distinction ici.

samedi 26 juillet 2014

Entrevue avec un futur missionnaire/traducteur au Nigeria



Juan Navarro Martinez



Je veux vous présenter un de mes potes du séminaire. Juan veut être missionnaire et il fait actuellement deux maitrises, l’une en études bibliques et l’autre en exégèse et en linguistique.

À long terme, il aimerait traduire la Bible au Nigeria parmi un des peuples qui n’ont pas encore accès à la Parole de Dieu dans leur propre langue. Parmi les 500 langues différentes du pays, la Bible n’est traduite que dans une vingtaine.

Nom : Juan Navarro Martinez [à prononcer Rou-Ann Navarro Martinaisse]

Originaire de : Albacete, Espagne

Âge : 27 ans.

Programme : Maitrise en études bibliques et maitrise en exégèse biblique et linguistiques

Marc : Juan, raconte nous les événements principaux de ta vie et de ta relation avec Jésus qui t’ont amené à vouloir être missionnaire.

Juan : J’ai grandi dans une famille qui fréquentait une petite église évangélique. J’ai rencontré Jésus à l’âge de 13 ans. Le pasteur prêchait et je ne sais pas exactement comment, mais j’ai juste compris le message de l’évangile. J’ai compris que Dieu m’avait tellement aimé qu’il avait donné son Fils unique pour qu’il porte mon péché par sa mort la croix et que par la foi en sa résurrection je pouvais être réconcilié avec Dieu et obtenir la vie éternelle.

Marc : comment s’est passée ta vie chrétienne durant l’adolescence?

Juan : De l’extérieur, tout avait l’air beau, non pas parce que je craignais Dieu, mais parce que je craignais mes parents.

Juan est célibataire les filles!
Ilya (qui s’adonnait à être là durant l’entrevue) : Ce qui est une chose profondément chrétienne (sarcasme).

[...]

Marc : Qu’est-ce qui a fait en sorte que ta foi passe de la religion de tes parents à une foi personnelle?

Juan : Il n’y avait pas de groupe jeunesse à mon église. Alors à 14 ans, j’ai commencé à fréquenter un petit groupe où l’on priait et où on lisait la Parole ensemble. Parce qu’il n’y a pas de beaucoup de chrétiens [évangéliques] en Espagne, ça m’a vraiment fait du bien de pouvoir rencontrer des amis Chrétiens et de vivre la Parole de Dieu avec eux. Ce fut pendant ce temps que j’ai commencé à croître spirituellement. Puis, à 17 ans, j’ai décidé de me faire baptiser.

Après ça, j’ai quitté la maison pour aller à l’Universidad de Jaume I pour étudier en traduction et en linguistique. Sur environ 20 000 étudiants, il y avait peut-être 3 ou 4 croyants.

Marc : Et comment l’idée de devenir missionnaire a-t-elle germé dans ton esprit?

Juan : En 2006/07, j’ai étudié outremer en Oklahoma [Sud des États-Unis]. À ce moment là de ma vie, je ne connaissais rien de la mission, même si j’avais déjà fait des « voyages missionnaires » à l’intérieur de l’Espagne. En Oklahoma, j’ai rencontré des missionnaires de carrière et je suis allé à une conférence sur la mission. Donc tranquillement, j’ai commencé à penser à cette avenue et j’ai aussi expérimenté cet aspect de la vie chrétienne en faisant un cours voyage d’une semaine au Mexique, à Ciudad de Juarez, sur le frontière, l’une des villes les plus dangereuses au monde.

Je savais déjà que je voulais servir Dieu à temps plein, alors j’ai commencé à sérieusement considérer la mission.
 
Marc : Comment as-tu su que Dieu t’appelait à le servir à temps plein?

Juan : Je le sais depuis que je suis jeune. Je ne peux pas te donner une réponse scientifique tangible, mais je l’ai toujours su. L’un des anciens [un ancien est un responsable d’église; un pasteur] de mon église m’a parlé de l’organisme missionnaire Wycliffe.

Marc : Qu’est-ce que Wycliffe Juan?

Juan : Wycliffe est une organisation missionnaire dont le but est d’assurer que tous les groupes linguistiques sur Terre puissent avoir accès aux Écritures dans une langue qu’ils peuvent comprendre.

Marc : Et ça t’a intéressé?

Juan : Oui, j’étais en traduction à l’université, alors je pensais que ce serait un mélange parfait pour moi... la mission et la traduction! C’était durant ma dernière année d’université.

Donc, j’ai gradué de l’université et je suis déménagé à Houston et j’ai commencé à travailler comme enseignant d’espagnol. J’ai fait un peu d’argent et c’était bien, mais ce n’était pas ce que je voulais faire. Je suis retourné en Espagne et je ne trouvais pas d’emploi, parce que l’économie ne roulait vraiment pas [on est en 2010, donc dans le marasme de la crise de 2008...]. Et je savais que ce n’était pas ce que je voulais faire dans la vie, alors j’ai commencé à regarder pour des programmes de traduction de la Bible. Wycliffe avait un programme très abordable en Espagne, dans un château dans les montagnes! Mais cette année là, ils n’offraient pas le programme.  

En regardant sur le site de Wycliffe, j’ai vu que le programme se donnait aussi en collaboration avec le Séminaire Théologique de Dallas et le Graduate Institute of Applied Linguistics.

J’ai appliqué à DTS, j’ai été accepté, mais je n’ai pas eu de bourse d’étude du séminaire, toutefois le Seigneur a pourvu à mes besoins! J’ai reçu deux bourses d’études venant de l’extérieur du séminaire (dont une fondation chinoise), différents emplois et mêmes des chèques par la poste!

Marc : Donc tu as complété 1 an de linguistique appliquée et tu termines cette année un autre 3 ans de séminaire. Qu’est-ce qui t’attend ensuite?

Juan : Je ne sais pas vraiment. Seulement Dieu le  sait. Il y a une possibilité que je demeure un an aux États-Unis pour travailler pour une Église, qui ensuite me supporterait financièrement comme missionnaire pour aller traduire la Parole.

Une autre possibilité serait d’aller directement en Afrique avec Wycliffe, mais dans cette perspective je dois amasser mon support financier moi-même. Si tu procèdes de cette façon, tu dois t’appuyer sur le Seigneur à chaque jour et tu te souviens constamment que c’est Dieu qui pourvoit, mais en même temps c’est assez désagréable de ne pas avoir de sécurité financière. Mais sommes-nous appelé à avoir une sécurité financière? Je ne pense pas. Le « Notre Père » parle de « notre pain quotidien », pas de « notre pain annuel ».

Une autre possibilité serait d’aller en Guinée équatoriale [Afrique de l’Ouest] pour joindre une équipe de traducteurs déjà présente là-bas. Je crois que c’est probablement ce qui va arriver à court terme, mais je ne sais pas vraiment; je suis ouvert.

À long terme, je veux aller au Nigeria, même si c’est un pays principalement musulman. Au Nigeria, il y a plus de 500 langues et il n’y en a qu’une vingtaine qui ont accès à une traduction complète de la Bible.

Marc : Qu’est-ce qui te motive dans tout ceci?

Juan : La pensée de ne pas avoir la Bible dans ta langue. La langue qui parle à ton cœur, c’est ta langue maternelle et c’est comme ceci pour toutes les nations dans le monde. Je crois que tout le monde devrait avoir la chance de répondre à l’évangile dans une langue qu’ils peuvent comprendre.

Il y a aussi plus que l’aspect traduction biblique. Il y a du développement communautaire, l’alphabétisation, l’implantation d’églises et plusieurs aspects de justice sociale. Par exemple, avec Boko Haram au Nigeria, il y a une grande quantité d’orphelins.

Marc: Boko Haram, ça ne t’effraie pas?

Juan : Si tu y penses, oui c’est terrifiant. C’est quelque chose comme une douzaine de meurtres par jour. Ma foi est en Dieu, et c’est tout ce qui compte.

J’ai lu le témoignage de Marilyn Laszlo, une femme célibataire qui a quitté son emploi d’enseignante pour aller en Papouasie-Nouvelle-Guinée au travers des serpents venimeux, des crocodiles et des tribus locales pour aller traduire la Bible et annoncer l’évangile, pendant 24 ans. Voici une de ces citations qui résume bien ce que j’en pense : « l’endroit le plus sûr où tu puisses te trouver c’est au milieu de la volonté de Dieu ».  Donc d’un côté c’est effrayant, mais de l’autre cette femme a raison. Donc je veux le faire. Il y a d’autres endroits qui semblent plus attirants et sécuritaires, mais c’est au Nigeria que Dieu m’appelle, et ainsi c’est là où j’irai!


------------------------------------------------

Juan est définitivement un bonhomme inspirant et c'est aussi ça le séminaire, rencontrer des gens avec des résolutions extraordinaires. 

De mon côté, tout baigne dans l'huile. Dans les prochains 10 jours, je finis ma session avec deux gros examen de grec, puis ensuite je serai au Québec pour une dizaine de jours!!! 

Requêtes de prière: 1- discipline personnelle, 2- future spécialisation (mon profile de maitrise), 3- le choix de mon sujet de thèse de maitrise, 4- mes implications avec mon église. 

Merci à tous de votre support, de vos prières et de votre intérêt,


Marc-André Caron