samedi 18 octobre 2014

Être en criss / Être en Christ



« Être en criss » est une expression québécoise, un sacre, qui exprime un état élevé de colère et de frustration.
Je ne veux pas surprendre personne, mais ce n’est pas la définition originale de l’expression. En fait, j’aimerais même affirmer que la définition précédente est blasphématoire et que la vraie définition est au moins 120 fois mieux. Je suis convaincu que tu es curieux et que tu te demandes : mais alors que veux dire « être en Christ!? ». 
Donc je te propose mon explication.
D’abord Christ vient du grec Χριστός (Christos), un titre désignant celui qui allait accomplir les attentes de délivrance des Israélites, synonyme avec « l’oint » et le messie. Ainsi, « Christ » n’est pas le nom de famille de Jésus. C’est plutôt un titre, comme si on disait : Christ le Messie.  
L’expression « en Christ » (ἐν Χριστῷ) revient à 76 reprises dans le Nouveau Testament dans 12 de ses 27 livres dans les références suivantes : Rom 3:24; 6:11, 23; 8:1, 2, 39; 9:1; 12:5; 15:17; 16:3, 7, 9, 10; 1Co 1:2, 4, 30; 3:1; 4:10, 15, 17; 15:18, 19, 31; 16:24; 2Co 2:17, 3:14; 5:17, 19; 12:2, 19; Gal 1:22; 2:4, 17; 3:14, 26, 28; Eph 1:1, 3; 2:6, 7, 10, 13, 3:6, 21; 4:32; Phil 1:1, 13, 26; 2:1, 5; 3:3, 14; 4:7, 19, 21; Col 1:2, 4, 28; 1 Thess 2:14; 4:16; 5:18; 1 Tim 1:14; 3:13; 2 Tim 1:1, 9, 13; 2:1, 10; 3:12, 15; Philém (et oui, Philémon!) 8, 20, 23; 1 Pi 3:16; 5:10, 14.  
Dans beaucoup de ces références, la construction grammaticale est un objet indirect indiquant la sphère (un datif de sphère) ou encore le « lieu » dans lequel le mot auquel il est relié prend place ou existe. Une sur-traduction serait « ... dans la sphère de Christ ».


Un rapide coup d’œil du tableau montre que l’expression est principalement utilisée par l’apôtre Paul (dans toutes les occasions sauf 1 Pierre) et est employée pour parler de la relation d’un individu avec le Christ. Le référent ἐν, l’équivalent de notre « en » est le marqueur d’une association étroite à l’intérieur d’une limite. Dans les écrits de Paul et de Jean, l’usage désigne une relation personnelle dans laquelle le référent du « en » est vu comme l’influence principale : ...sous l’influence de, ...en association étroite avec.
De façon plus personnelle aussi, Jésus utilise l’expression en parlant à ses disciples : « En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous (Jean 14 :20). »
« En Christ », c’est la petite phrase préférée de l’apôtre Paul pour parler de l’identité des Chrétiens. Être « en Christ » signifie que tout ce qui est en lui qui peut être partagé avec nous sera partagé avec nous. Christ seul est le fils unique divin du Père, mais en étant « en Christ », nous partageons la gloire du fils (Rom 8 :15-17) :
·         Nous avons la vie en Christ (Rom 6:11, 23);
·         Notre rédemption est en Christ (Rom 3:24);
·         Nous sommes justifiés en Christ (Gal 2:16);
·         Nous avons le pardon des péchés en Christ (Eph 4:32);
·         Il n’y a aucune condamnation en Christ (Rom 8:1);
·         Nous sommes une nouvelle création en Christ (2 Co 5:17);
·         Nous avons la vie éternelle en Christ (Rom 6:23);
·         Dieu pourvoit à tous nos besoins en Christ (Phil 4:19);
·         Nous sommes bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ (Eph 1:3; Gal 3 :14);
·         Nous serons présenté à Dieu parfait / « complété » en Christ (Col 1:28);
·         On ne peut pas être séparé de l’amour de Dieu en Christ (Rom 8 :38-39);
·         Nous sommes un Corps avec les autres croyants en Christ (Rom 12:5);
·         Nous recevons la grâce en Christ (1 Co 1:4);
·         Nous obtenons la liberté en Christ (Gal 2:4);
·         Il n’y a plus de stratification sociale et de discrimination en Christ, nous recevons l’unité en Christ (Gal 3:28);
« Être en Christ » signifie être à l’intérieur de la sphère du salut de Dieu incarné et accompli par le Christ. C’est une nouvelle sorte de vie pour le présent et le futur. On pourrait dire que c’est une expression utilisée dans le Nouveau Testament comme un raccourci pour inclure tout ce que signifie être un Chrétien, incluant l’identification du croyant avec Christ et son ajout au Corps de Christ. "Malheureusement", être en Christ n'inclut pas être désagréable ou imbus de soi-même.
Ultimement, l’expression « en Christ » et ses variantes implique que tout ce qu’un croyant possède spirituellement, c’est parce que Dieu dans sa grâce lui a donné.
Donc quand je dis que je suis « en Christ », l’idée reflète que fondamentalement mon identité comme être humain n’est pas dans mon estime de moi, dans ma job, dans mes études, dans mes accomplissements, dans ma grande religiosité, dans ma forme physique, dans ma famille, mais ultimement « en Christ »! Tout pâlit à côté de ça.
Si je peux mettre mon chapeau de prédicateur, j’aimerais dire maintenant que le monde et ses convoitises veut te faire croire que tu es fondamentalement inadéquat et que tu dois toujours aspirer à davantage, que ce soit des possessions, de l’argent ou un corps parfait. Toutefois, toutes ces choses sont de fausses identités et la bonne nouvelle c’est qu’en Christ, tu as une identité inébranlable, aussi solide que Dieu lui-même en lequel par la foi tu es accepté inconditionnellement à partir du moment où tu crois en Christ, le fils de Dieu, et que tu places ta confiance en lui comme ton sauveur.
Donc Dieu merci, je suis en Christ! Qu’en est-il de toi?

Quelques nouvelles et requêtes de prière
1.      Je vais être au Québec pour Noël entre le 16 décembre et le 4 Janvier.
2.      Je suis dans le point chaud de ma session. Idéalement faudrait que je lise deux livres aujourd’hui...
3.      Requête : (1) Pour ma discipline, ma concentration scolaire et le succès (voulant dire que je puisse apprendre le plus possible en vue de mieux servir), (2) dimanche le 18 je serai toute la journée à la « foire du Texas » dans un kiosque sur l’évangile; on engage des discussions avec les gens et on partage l’évangile. Vous pouvez prier pour que Dieu se révèle à ces personnes, (3) Pour mon futur stage et du discernement pour l’après DTS.

Merci de votre soutient qui se manifeste de plusieurs façons plus importantes les unes que les autres. Je vous remercie pour votre amour envers moi. Merci aussi de me lire. J’apprécie communiquer avec vous et si vous voulez le faire pour n’importe quel sujet, que ce soit une critique, une question ou une requête de prière, ne vous gênez pas de le faire : <caron.marc.andre.bible@gmail.ca>.
Bonne semaine!
Marc-André Caron 

samedi 11 octobre 2014

Courrier du lecteur : mon ami a un down spirituel




Un ado m’a écrit :

J'ai un ami qui est chrétien, mais il se dénigre constamment et il est dans un down intense spirituel. Je ne sais pas quoi lui dire ou si je dois lui shooter 1001 compliments pour lui donner de la confiance en lui. En même temps, je ne veux pas être trop direct et lui dire de se rapprocher de Dieu sec de même ?!

Quelle serait votre réponse à la question? Vivez-vous la même chose?
Je vous épargne la réponse longue que j’ai fournie qui élaborait sur l'écoute, la compréhension, le support et l'amour, mais je veux vous partager certains points, qui, je crois, sont cruciaux.
Ma présupposition en lisant ces 3 lignes, c’est que l’ado en question est dans un « down spirituel » parce qu’il mécomprend l’évangile. Si il se dénigre constamment, ce n’est pas l’évangile qu’il vit. Si il se dénigre constamment, c’est qu’il a avalé un mensonge que le monde lui a vendu ou qu’il entretient de fausses croyances à propos de Dieu. En tout les cas, il y a une croyance ou un mensonge qui lui casse les ailes et qui l’amènent à vivre de la culpabilité et à se déprécier.
La deuxième chose louche dans la formulation de la question, c’est : « ... et lui dire de se rapprocher de Dieu sec de même ». Je pense que ce genre de formulation est grosso-modo ce qui peut amener quelqu’un à se dénigrer. Est-ce même possible de se rapprocher de Dieu? Puis-je atteindre Dieu par mes propres efforts? Est-ce que je peux me rendre digne à ces yeux? Le témoignage de la Bible est sans équivoque, c’est absolument impossible. Qu’est-ce que le chrétien contribue à sa rédemption et même à sa marche chrétienne? Absolument rien.
Si l’ami se sent dans un down spirituel et qu’il croit que c’est parce qu’il n’en fait pas assez, c’est un peu normal parce qu'il n’en fera jamais assez pour atteindre les standards de Dieu.
La première partie de ma réponse à la question était un encouragement à écouter l’ami et à découvrir exactement ce qu’il vivait en le faisant parler de ce qu’il vivait. Je cite le reste de ma réponse.
« [...] la première chose à analyser ce ne sont pas les « fruits de l’arbre », mais les racines de l’arbre. Ce que je veux dire, c’est que si ton ami n’est pas chrétien ou que ses croyances sur la vie spirituelle sont fausses, alors c’est tout à fait normal qu’il sente un « down spirituel » et qu’il se dénigre. La vie chrétienne est une vie uniquement possible par le Saint-Esprit qui nous transforme. Deux choses là-dessus :
(1) Peut-être que ton ami n’est pas chrétien. Il a peut-être besoin d’entendre l’évangile. Si il reconnaissait que le salut est immérité et que sa sanctification (la sanctification c’est le nom que l’on donne pour dire que l’on se rapproche de la sainteté. En d’autres mots, c’est la croissance spirituelle ou devenir comme Christ) est uniquement une œuvre du Saint-Esprit dans sa vie, alors il ne se dénigrerait pas de cette façon.
(2) Il se peut que ton ami connaisse intimement Dieu. Dans ce cas, il entretient une fausse croyance à propos de la vie chrétienne. Les chrétiens croient que le salut est 100% par la grâce. C’est très vrai. Mais mystérieusement, on se met à croire que la situation change pour la vie normale, que soudainement il faut vivre notre vie chrétienne par nos propres forces et que nous devons, pour « se rapprocher de Dieu », faire des œuvres : lire davantage la Bible, prier plus, aller plus à l’église, avoir seulement des amis des chrétiens, etc. Bref, se sauver soi-même!  Est-ce vraiment l’évangile? 
Voici un passage que j’aimerais que tu digères pour bien comprendre ce point. Je cite Galates 5 : le texte biblique est en gras et mes commentaires sont centrés. En guise d’intro, le but de l'épitre est de corriger les Galates qui se sont mis à suivre un autre évangile que l’évangile de la grâce de Christ. Il se sont mis à penser être sauvés par des rites de la religion juive plutôt que la grâce immérité de Dieu. Paul les reprend là-dessus. »
Galates 5 
1 C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude.
Un joug c’est une pièce de bois qui attache deux bœufs ensembles pour le travail de la terre. Ainsi un chrétien ne doit pas se mettre de nouveau dans un esclavage (« je dois faire ceci, je dois faire cela... [pour mériter Dieu] »).
Te sens-tu libre en Christ? Libre de la culpabilité, libre de « respirer »? Si la réponse n’est pas un oui convaincu, il est temps de repenser ta vie chrétienne.
Voici, moi Paul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien.
Paul parle ici à des chrétiens d’origine juive qui affirmaient que la circoncision était nécessaire au salut. Si il écrivait à ton ami aujourd’hui, il dirait quelque chose comme « Voici, moi Paul, je vous dis que, si tu t’approches de Dieu par toi-même, Christ ne te servira de rien ».
Et je proteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu'il est tenu de pratiquer la loi tout entière.
Si ton ami pense que c’est par sa conduite ou à cause d’une saison de « boost spirituel » que tu es un chrétien, il se trompe! Sinon il faudrait qu’il soit à l’année longue dans des circonstances semblables.
Vous êtes séparés de Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce.
Pour nous, c'est de la foi que nous attendons, par l'Esprit, l'espérance de la justice.
Car, en Jésus Christ, ni la circoncision ni l'incirconcision n'a de valeur, mais la foi qui est agissante par l’amour.
Ce verset est la clef.
Vous couriez bien: qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d'obéir à la vérité?
Cette influence ne vient pas de celui qui vous appelle.
Un peu de levain fait lever toute la pâte.
Penser juste un petit peu que notre santé spirituelle est dû à notre discipline ou à nos bonnes œuvres ou à nos efforts c’est se leurrer. Ainsi, si tu penses que ta spiritualité dépend de ta discipline, alors il est normal que tu sois « down » et que tu te dénigres quand tu n’es pas capable de maintenir cette même discipline. Il existe surement une vie chrétienne plus libre, n’est-ce pas?
10 J'ai cette confiance en vous, dans le Seigneur, que vous ne penserez pas autrement. Mais celui qui vous trouble, quel qu'il soit, en portera la peine.
11 Pour moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté? Le scandale de la croix a donc disparu!
Le scandale de la croix c’est justement que Jésus-Christ a tout accompli à la croix : c’est à la croix que TOUT se passe pour le croyant.
12 Puissent-ils être retranchés, ceux qui mettent le trouble parmi vous!
13 Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair; mais rendez-vous, par amour, serviteurs les uns des autres.
Certains pourraient penser que la grâce que l’apôtre Paul prêche nous donne un permis de vivre dans le péché de la façon que l’on veut. C’est vraiment de mal comprendre le sujet que de penser ainsi. La vie sous la grâce PRODUIT la sainteté et le service les uns envers les autres, mais elle ne dépend pas de ceci. La moralité et la justice sont les fruits du chrétien dont les racines sont nourries par la grâce imméritée de Dieu. Il vit sa vie en reconnaissance de ce qu’il a reçu, et non pas comme une condition pour être accepté de Dieu, car il sait qu’il est accepté que sur la base du sacrifice de Jésus-Christ.
14 Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
15 Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres.
Dans les versets 13, 14 et 15 ils réfèrent aux divisions vécues dans l’église de cette ville à propos de si oui ou non il fallait que les païens (les non-juifs) soient circoncis pour être sauvés.
16 Je dis donc: Marchez selon l'Esprit, et vous n'accomplirez pas les désirs de la chair.
Marcher selon l’Esprit c’est lorsqu’un croyant reçoit la puissance et la direction du Saint-Esprit lorsque celui-ci s’abandonne à Dieu plutôt que de placer sa confiance en ses propres capacités pour la vie chrétienne.
17 Car la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez.
18 Si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes point sous la loi.
19 Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l'impudicité, l'impureté, la dissolution,
20 l'idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes,
21 l'envie, l'ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d'avance, comme je l'ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n'hériteront point le royaume de Dieu.
Soulignons ici que le point commun de toutes ces choses c’est qu’elles caractérisent les personnes qui sont « tournées envers elles-mêmes »; le péché.
22 Mais le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance;
 « Le fruit de l’Esprit »... il y a un petit élément de miraculeux là-dedans. C’est un mouvement de Dieu produit par Dieu dans notre personnalité. Une mauvaise application de ce verset est de dire : « ok je dois développer la joie dans ma vie ». Une bonne application du verset est de placer sa foi en Dieu pour qu’il nous conduise dans une vie chrétienne victorieuse et qu’il cultive cette joie en nous.
23 la loi n'est pas contre ces choses.
24 Ceux qui sont à Jésus Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs.
Romains 6 :11 « Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus Christ. » Voulant dire par là que c’est justement parce que Christ est mort pour le péché à la croix une fois pour toute que les chrétiens peuvent dire non au péché et lui résister. Et sur aucune autre base.
25 Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi selon l'Esprit.
26 Ne cherchons pas une vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres.
« Pourquoi est-ce que le passage suivant est pertinent à la situation de ton ami? Parce qu’il adresse directement le « down spirituel » qu’il vit et sa culpabilité. [...] Et quand il reconnaitra que toute la vie chrétienne c’est le produit de la grâce, alors il cessera de se dénigrer et il cessera d’être « down spirituellement ». À l’inverse, par sa confiance nouvelle en la grâce, le fruit de l’Esprit deviendra apparent dans sa vie. »
Je vous épargne le reste de ma réponse.
Ce problème n’est pas unique à l’ado en question.  Si quelqu’un rejette Christ, je maintiens qu’il ne rejette pas Christ, mais une caricature constituée de règles, des « tu dois », des « tu ne dois pas » et des « rentre dans le moule ». Si quelqu’un pense que la vie chrétienne est un fardeau déprimant, il se méprend avec la religion, car il n’a pas connu l’évangile.
« C'est pour la liberté que Christ nous a affranchis. » (Gal 5:1)
« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » (Jn8:32)
Si tu n’as pas ça, on t’a vendu la mauvaise affaire
Bonne nouvelle, le vrai est gratuit!

Nouvelles et requêtes :
  • J’ai vraiment été content des requêtes que vous m’avez envoyé, vous avez rendu ma "discipline" de la semaine passée possible (et qui se poursuit cette semaine). Je vous encourage à m’écrire encore cette semaine à <caron.marc.andre.bible@gmail.com> si vous avez des sujets de prière.
  • La session bat son plein. Donc pas mal de 7am jusqu’à 10pm, ce qui est parfait ainsi.
  • On distribuait des trousses d’hygiène à des sans-abris l’autre jour. J’ai eu une discussion fort intéressante avec un sans-abri qui roulait en Civic 2012. La vie est étonnante des fois...
  • Requêtes : (1) mes samedi d’évangélisation avec City Church International, (2) mes études : la passion, la concentration, la discipline, la rigueur et aimer Jésus, (3) que Dieu donne de la sagesse à ceux qui me conseillent et à moi-même pour mon stage et l’après DTS.

Merci de votre support et de vos encouragements! Quand je considère la hauteur de votre support spirituel, moral et financier, je crois possiblement être l’un des séminaristes les plus privilégiés au monde. Merci. À Dieu soit la gloire.
« Combattant ensemble d'une même âme pour la foi de l'Évangile... » (Phil 1:27)
Marc-André Caron

samedi 4 octobre 2014

Les affaires spirituelles ésotériques qui font peurs



Avoir une vie spirituelle et l’affirmer c’est le nouveau coming out. Si tu admets en public avoir une foi quelconque, généralement tu attires un bon nombre de haussements de sourcils. Je comprends ça, parce que franchement la plupart des trucs spirituels/ésotériques me font peurs et me rendent incrédules.

Question ouverte à tous et à toutes
Qu’est-ce que vous faites pour pauser et réfléchir sur vos vies? Prendre une marche en forêt? Prendre une bière avec un ami? Lire le Petit Prince? Prier? Méditer la Bible? Comme chrétien, j’ai des « activités spirituelles » précises (style prier-chanter-lire la Bible-prendre le repas du seigneur), mais je suis curieux... parmi mes amis sans affiliation religieuse formelle, avez-vous des pratiques « spirituelles » (peu importe la définition que vous en faites) ? Sentez-vous libre de commenter ici ou de m’écrire à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>.

Pour un cours, je dois tenir un journal de deux semaines relatant l’exercice de deux « disciplines spirituelles ». Je ne sais pas pour vous, mais l’expression « discipline spirituelle » fait franchement peur parce que ça sonne ésotérique. Mais après familiarisation avec le vocabulaire, c’est plutôt intéressant.

Les disciplines d’abstinence et d’engagement (il me me semble que ça rime avec secte!)
Les deux expressions proviennent du livre « L’Esprit des Disciplines : comprendre comment Dieu change les vies » [ma traduction] de Dallas Willard. L’auteur définit une discipline spirituelle comme étant n’importe quelle activité permettant au croyant d’être en coopération avec Christ et son Royaume.
Il fournit une liste de celles-ci en puisant au travers de l’histoire multimillénaire (et oui... on n’est pas née hier!) de l’Église. L’auteur perçoit les activités spirituelles en deux catégories : les disciplines d’abstinence (la solitude, le silence, le jeûne, la frugalité, la chasteté, le secret et le sacrifice) et les disciplines d’engagement (l’étude, l’adoration, la célébration, le service, la prière, la communion fraternelle, la confession et la soumission).
On ne se mentira pas, la plupart de ces mots là font peur. Mais une fois que l’auteur les définit, j’ai trouvé les idées très intéressantes.
D’abord tout ça n’a rien à voir avec l’idée de se fouetter dans le style Da Vinci code pour se « rapprocher de Dieu ».
Le rationnel derrière les disciplines d’abstinence est « de s’abstenir à un certain degré pour un certain temps de la satisfaction de ce que l’on peut généralement considérer être un désir normal et légitime ». Par exemple, de la nourriture, du sommeil, de l’exercice, du confort, de la sécurité matérielle, de sa réputation, etc. L’auteur spécifie qu’il n’y a rien de mal à chacun de ces désirs. Le point que j’ai trouvé judicieux dans son explication est le suivant : en te privant de quelque chose, (1) tu en réalises sa valeur et ça te permet ensuite de mieux l’apprécier et de l’utiliser ou encore (2) tu peux utiliser ton temps désormais libre pour quelque chose d’autre.
L’auteur présente ensuite le concept des « disciplines d’engagement » : « les disciplines d’abstinence doivent être balancées et supplémentées  par les disciplines d’engagement. L’abstinence et l’engagement sont l’inspiration et l’expiration de la vie spirituelle [...]. La vie ne tient pas sa force de croissance et de développement d’un retrait, mais de l’action - de l’engagement ». Donc en d’autres mots, t’abstenir de quelque chose (30 minutes de sommeil le matin - ton vendredi soir), te permet de déplacer les ressources gagnées dans une action positive (30 minutes de prière - aider dans un refuge).
Ok, c’est pas tant fou.

T’a pas justement dit la semaine passée que les chrétiens étaient sauvés par grâce (c’est-à-dire qu’ils n’ont ABSOLUMENT rien à voir avec leur acceptation devant Dieu) et que les religions étaient seulement bonnes à étouffer les gens avec des fardeaux de règles? (http://www.blogdemacaron.blogspot.com/2014/09/la-fois-ou-jai-chante-hare-krishna-en.html)
Oui j’ai dit ça et je le crois de tout mon cœur!
La discussion d’aujourd’hui n’a aucun rapport avec l’idée de plaire à Dieu. La seule base sur laquelle un humain est en paix par rapport à Dieu c’est parce que celui-ci a placé sa foi en Jésus-Christ le Fils de Dieu.
Les « disciplines spirituelles » ou encore on pourrait dire les « exercices de la foi » (ou allons y avec le crossfaith tant qu’à y être), n’ont pour motivation que l’amour envers Jésus et la volonté résolue de devenir comme celui que nous aimons. Ces disciplines sont des façons de recevoir la grâce transformante de Dieu et de se réjouir de notre espoir en Lui.
Donc en d’autres mots, si ces exercices sont motivés par autres choses qu’un amour envers Dieu, il ne faut pas s’y adonner. Tu ne fais pas ça pour « gagner ton ciel », tout comme un travailleur frustré rentre le lundi matin pour « gagner sa paye ». Tu t’y engage parce que tout comme l’athlète qui se défonce à l’entrainement et qui y tire du plaisir, ainsi tu es passionné par ton Dieu et tu aimes t’approcher de lui.
Si ta motivation c’est de pouvoir enfin plaire à Dieu, ne le fait pas --> parce que tu ne pourras jamais « gagner Dieu » par ta bonne conduite. Si ta motivation c’est la culpabilité parce que ton pasteur jeunesse te dit à tous les vendredi de faire un culte personnel et que tu es désormais convaincu que de ne pas lire ta Bible 5 minutes à chaque soir c’est un péché, ne le fait pas. La seule motivation acceptable pour s’exercer à la piété c’est la reconnaissance qui jaillit d’un cœur touché par la grâce. Je concède que certains jours sont plus sèches que d’autres, mais si en général ta vie spirituelle est davantage caractérisée par la culpabilité et un sentiment de désespoir, tu es en grand besoin d’un éveil à la grâce. Si tu voudrais regagner une perspective fraiche sur la vie spirituelle du chrétien, considère la grâce de Dieu envers toi en lisant Romains ch. 5-8, idéalement dans une traduction où tu comprends le vocabulaire (Segond 21 ou Semeur).
Bref, ces exercices sont entrepris pour rendre les chrétiens capables de recevoir la vie et la puissance de Dieu. Donc rien ne pourrait être plus éloigné du but recherché qu’un chrétien qui dirait « je dois lire ma Bible à soir sinon je vais déplaire à Dieu », ou encore « je dois prier pour être plus spirituel que le voisin ».

Ce que je vais faire pour les deux prochaines semaines
Je pense que Facebook est magnifique pour communiquer, mais je trouve que  je passe trop de temps à défiler mon fils de nouvelles comme un zombie. Donc comme « discipline d’abstinence », j’ai décidé de m’abstenir de Facebook pour la durée des deux semaines. L’idée derrière ça c’est (1) de m’en priver pour que j’apprenne à en faire un meilleur usage et (2) de consacrer le temps gagné dans autres choses.
Comme « discipline d’engagement », j’ai décidé de réinvestir ce temps en prière. Donc par exemple, au lieu de me garocher sur Facebook en me levant le matin comme le primate cyberdépendant que je suis, je vais ouvrir la journée en prière. 
Ça me semble être un engagement équilibré et sensé qui sera vraisemblablement intéressant.
[J’espère que vous comprenez qu’il n’y a zéro condescendance là-dedans!].
Plus que jamais (pour les deux prochaines semaines d’autant plus), j’aimerais prier pour vous. Si vous avez des sujets en particulier, faites-moi les parvenir à <caron.marc.andre.bible@gmail.com> (et non par message sur Facebook...).

Requêtes de prière
  • Requête : (1) mon mois d’octobre est le cœur de ma session au niveau des travaux. Que je puisse avoir la discipline, l’énergie, la santé et la passion pour conquérir chacune de mes tâches scolaires, (2) du discernement dans le choix de mon stage, (3) mon choix de cours pour la prochaine session et (4) « qu’il puisse croître et que je diminue ».

Merci de me lire et de me supporter. Sans l’engagement intense du Corps de Christ à mon égard, je ne serais pas ici. Je remercie Dieu de l’opportunité que j’ai et je le remercie de l’amour de mes frères et sœurs à mon égard. Vraiment à chaque journée je me rappelle de l’énorme geste de confiance que vous me faites en m’ayant envoyé ici et je vous en remercie de tout cœur!

Marc-André Caron

samedi 20 septembre 2014

La fois où j’ai pleuré à l’église



Je viens d’un milieu uni et aimant et je n’ai jamais vraiment connu d’échec. Les hommes dans mon entourage ne semblent pas vraiment avoir d’émotion. Que tu grandis étant un garçon, exprimer de la vulnérabilité est perçu comme étant « gay » (pensez à votre primaire). Je regarde à qui je suis et considérant d’où je viens, c’est peu surprenant que j’aie de la difficulté à dire la dernière fois que j’ai pleuré, ou même la dernière fois où j’ai eu de l’empathie (être ému dans mes tripes) pour quelqu’un.
Dimanche le 13 septembre, le message à l’église traitait de la liberté des croyants en Christ. En gros, puisque Dieu le Fils est mort pour détruire le pouvoir du péché, les croyants peuvent expérimenter la libération du péché dans leur vie. Par exemple, quelqu’un qui est brisé par l’amertume peut voir son cœur réparé par l’amour de Dieu. Parce que c’est ce que Dieu fait : il réconcilie, il répare et il fait toutes choses nouvelles.
Le prédicateur conclut le message et demande à ceux qui souhaitent expérimenter la délivrance de lever la main. Puis il dit : « alors maintenant le Corps de Christ [l’Église] va s’activer ». Tout le monde est un peu incertain : c’est pas à tous les dimanches qu’on entend qu’il faut « s’activer ». Puis il spécifie ce qu’il veut dire en demandant à ceux qui, dans l’assemblé, n’ont pas levé les mains, d’aller prier avec ceux qui ont levé les mains.
Donc je me retourne et je vois une chère madame dans la soixantaine, cheveux argentés, la main levée, en larmes. Je me dirige vers elle et je la serre dans mes bras, puis deux autres filles se joignent à nous et se mettent à prier pour la madame. Puis comble de l’étrange, pour certainement 60 secondes, les larmes coulaient sur mes joues; je pleurais alors que nous priions pour elle!
La dernière fois que ça m’était arrivé, c’était suite à un échec amoureux. Je n’avais jamais, jusqu’à ce point, pleuré avec quelqu’un.
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Je ne sais pas trop quoi dire de cette expérience, mais « vivre une émotion » m’a permis de réfléchir sur un pan de la vie que j’avais mis au rebut. Quand j’y pense, les émotions ont une place omniprésente dans la Bible.
Questionné sur lequel des commandements de l’Ancien Testament est le plus important, Jésus répond (Matt 22.37-39) :
Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Ce qui est convoyé par « cœur », c’est l’idée d’un amour entier : une adoration indivisible. Par âme, le mot renvoie à l’idée  de « l’ensemble des sentiments et des émotions » et « pensée » réfère aux facultés de comprendre et de penser et à l’intelligence.
Jusqu’ici, je vous dirais que je me suis concentré sur aimer Dieu avec mon cœur (de façon indivisible)  et avec ma pensée (honorer Dieu en articulant ma foi à l’aide des outils qu’Il a donné à l’humanité, comme la raison par exemple). Ce qui m’amène à cette question, qu’en est-il de « mon âme »? Qu’en est-il des émotions dans la façon dont j’aime Dieu et d’autant plus la façon dont j’aime mon prochain? Je veux dire, se sentir interpellé dans ses tripes par ce que quelqu’un vit peut t’aider à bien l’aimer, non?
Les émotions sont d’ailleurs une chose que l’humanité a en commun avec Dieu. La différence entre la sensibilité divine et la sensibilité humaine en est cependant une de pureté : les émotions humaines reflètent faiblement ce qui habite Dieu à un niveau de perfection infini : l’amour et la patience, la sainteté, la justice, la bonté, la miséricorde et la fidélité. Aussi aride que la théologie puisse être parfois, le Dieu de la Bible est chaleureux et sensible. Dieu n’est jamais présenté dans la Bible comme un force impersonnelle ou un ordinateur rationnel. Le mouvement de Dieu dans l’histoire est motivée par l’amour : « [...] parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde » et « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son fils unique afin que ... » (Jean 17.24 et Jean 3.16).
Jésus lui-même est l’Homme-Dieu parfait dans l’expression de la qualité infinie des émotions : il pleure quand son ami meurt, il explose de rage face au blasphème, il joue gaiement avec les enfants, il expérience l’agonie à Gethsémani. Etc. Ses émotions révèlent la parfaite humanité et à la fois sa pleine divinité.
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Alors que j’écris ceci je me dis que cette anecdote semblera probablement impertinente pour plusieurs d’entre vous, parce que la vie vous a amené à vivre d’avantage d’émotions que j’ai pu en vivre, mais pour moi (et probablement aussi pour mes congénères masculins dans la vingtaine sans enfant), c’est comme un éveil à un tout autre univers.
J’y pense et c’est probablement une des clefs pour aimer véritablement son prochain, avoir une fraternité véritable dans l’église et aimer son Dieu avec tous les aspects de sa personnalité.
Avoir pleuré à l’église en priant pour cette madame c’est, somme toute, banal. Mais ça m’amène à me poser plusieurs questions sur la place des émotions dans ma vie, plusieurs questions qui, j’ai l’impression, seront fécondes au fil du temps.

Quelques nouvelles :
-J’ai eu la grippe cette semaine, je m’en remet à peine. Dimanche matin je visite un énorme temple hindou et au courant de la semaine j’aurai 5 remises de travaux et un examen. Mon mois d’octobre sera extrêmement chargé, parce que la moitié de mes cours finissent à la fin octobre. Novembre-décembre, par comparaison, sera plus relaxe.

Requêtes de prière
-Santé
-Énergie, motivation, passion, concentration, efficacité
-Mes samedi après-midi d’évangélisation avec CCI
-Le choix de mon futur stage (printemps -- été [au Québec] -- automne 2016)

Merci beaucoup pour vos encouragements, pour vos prières et votre support. Je suis toujours content d’interagir avec vous.

Marc-André

samedi 13 septembre 2014

Y’a du crack qui se vend là-bas, là aussi et derrière le liquor store



Mon église est située à 10 minutes du séminaire. L’utilisation la plus commune d’une poussette dans le coin n’est pas pour le transport d’enfants, mais pour servir de garde-robe aux itinérants.
Le genre de misère que je ne voyais pas trop au Saguenay parce qu’elle était mieux cachée.
Le 6 septembre dernier en me rendant à l’église avec un frère, on s’arrête pour discuter avec 2 sans-abri. C’est plus ou moins attirant un sans-abri, mais si tu passes outre ton chemin pour aller à l’église pour ensuite aller répandre la bonne parole, il y a comme un fossé gênant entre la théorie et l’application. Donc on s’arrête et on commence à discuter. L’un d’entre eux est vraiment « épeurant », pas propre, à l’air louche et instable.
Mon ami du séminaire discute de l’évangile avec l’un d’eux, puis nous sommes rejoints par un autre type de City Church. Puis un autre sans-abri arrive. C’est une épave humaine. Son langage est incompréhensible, sa barbe et ses cheveux sont d’une longueur qui témoigne qu’il a oublié l’hygiène depuis plusieurs mois et il est agressif et demande de l’argent. L’homme me taquine un peu et me dit des méchancetés, mais je n’en fait pas vraiment de cas parce que son anglais est incompréhensible.
Deux ou trois mètres plus loin, un quatrième type est assis, proprement vêtu. Je ne l’avais pas remarqué, un peu comme si mon cerveau l’avait ignoré tellement il ne cadrait pas dans le décor.
Il m’interpelle et je m’assois avec. Je m’aperçois qu’il a devant lui un verre d’alcool fort. On discute :
-« Ce gars là [l’homme qui m’avait insulté] n’est pas correct. Je respecte tellement ce que vous faites... prendre du temps pour nous parler et nous apporter la Parole... Ne fait pas attention à lui ».
[...]
- « Ça fait 28 ans qu’il est alcoolique chronique. Ça fait plus longtemps qu’il est dans la rue que nulle part ailleurs. Par exemple, si c’est planifié qu’il aille en réhabilitation demain à 3h00, et bien il n’ira pas. Il ne peut pas! Ensuite la semaine d’après il va prendre un nouveau rendez-vous, mais il n’ira pas ».
[...]
Puis il me parle de ce que c’est vivre dans la rue. Au travers de ces commentaires, cette phrase me frappe :
-« Y’a du crack qui se vend là-bas, par là et derrière le liquor store ».

Je lui pose des question sur son histoire personnelle:

- « Mon père était propriétaire d’un bar et était co-propriétaire d’un autre. Donc entre 14 et 15 ans, j’ai commencé à boire de la bière. C’est le seul modèle que j’ai connu ».
[...]
C'est pas du pepsi
- « J’ai été un alcoolique fonctionnel toute ma vie. Ça fait 3 semaines que je n’ai plus de travail et je bois depuis pour endormir l’ennui ».  
...
En cet après-midi de 13 septembre, je reviens d’aller porter une quarantaine de boîtes-repas résiduelles d’une conférence que nous avions au séminaire aujourd’hui. J’y suis allé avec le président des étudiants... un gars qui travaille dans les rues d’une grande ville au Mozambique l’été. Il me partageait comment la rue était un milieu épouvante : des femmes qui se vendent pour 3$ la nuit, la violence sexuelle homme sur homme, homme sur enfant, homme sur femme, la drogue, la violence, etc. Je traduis l’une de ces pensées : « La rue c’est un milieu épouvantable au-delà de tout ce que l’on peut penser. Tu arrêtes d’utiliser ton intelligence et tu te mets à vivre avec ton instinct. » Ensuite il me décrit la différence entre les différents types d’infections transmises sexuellement qu’il avait vu sur des enfants de la rue... J'ai appris que pour faire la différence  rapidement entre la gonorrhée et les autres, c'était l'odeur. Le genre d’histoire qui te vire à l’envers.
J’ai vu plusieurs fois des vidéos de « visages de crystal meth » (des vidéos avant/après de l’usage soutenu de cette drogue), en pensant à quel point c’était irréel et loin de ma réalité. Pourtant, présentement, c’est à environ 3 minutes d’où je dors. Quand j’étais au Saguenay, c’était là aussi, juste dans les endroits où je ne vais pas.
Alors que nous circulions sous les ponts pour aller à la rencontre des sans-abri, c’était frappant de les voir. Ils sont comme des zombies. Et ça brise le cœur, parce que ce sont des humains; ils sont magnifiquement créés à l’image de Dieu, pourtant leur extérieur est un témoignage criant de la violence du péché. Les choses ne sont ne sont pas comme elles sont sensées l'être et ce monde est profondément brisé.
Néanmoins je me réjouis de connaitre Dieu parce que l’évangile fournit un rock moral incontournable pour aimer son prochain et pour apporter l’espoir à quiconque, peu importe son contexte, son arrière-plan ou les chaines de ses addictions.
Jésus et la femme samaritaine
Jésus allait au-delà des barrières raciales, économiques, politiques et religieuses. Le récit de la femme samaritaine dans Jean 4 est un exemple prenant que l’évangile ne discrimine pas. La narration commence même par « comme il fallait qu’il passe par la Samarie » (Jean 4:4), dénotant le sentiment de nécessité pour Jésus de traverser ce territoire que les Juifs contournaient pour éviter les Samaritains qu’ils considéraient comme des bâtards à la religion hérétique. L’évangile va partout, pas juste dans les belles places.
Néanmoins, Jésus rencontre une femme samaritaine aux abords d’un puits vers midi. Midi étant le moment le plus chaud de la journée, ceci sous-entend que cette femme était une paria qui allait au puits à cette heure pour ne pas croiser personne. On peut penser qu’elle était une prostituée. Néanmoins, Jésus, sans égard à la protection de sa réputation de leader spirituel, l’aborde et lui adresse la parole.
Quand ces disciples le rejoignent (Jean 4:27), « ils furent surpris », parce que c’était quelque chose d’inacceptable socialement. On se rappelle que dans le monde Gréco-romain, et Juif d’autant plus, tu n’adresses pas la parole à une femme qui n’est pas de ta maison. Un peu comme si un rabbin orthodoxe allait au cœur de Gaza aujourd'hui pour déjeuner un de ces samedi matin.
Néanmoins, même si c’est une samaritaine, une pécheresse et une femme, Jésus lui adresse la parole et lui accorde l’amour et la reconnaissance que tout humain est en droit de recevoir. Il lui fait une offre fantastique en Jean 4:14 « [...] celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.» 
L’évangile ne discrimine pas. C’est tout le contraire. C’est le message d’un Dieu compatissant vers une humanité brisée. J’ai été frappé et attristé de rencontrer ces hommes. Mais en même temps je suis content parce que l’évangile c’est l’espoir libérateur de tous le monde. Du plus riche président directeur général jusqu’à mon ami de la rue.

Nouvelles et requêtes de prière :
-Mon futur stage. J’ai appris cette semaine que mon stage n’avait pas besoin d’être dans le même lieu pour les 3 sessions qu’il doit durer. Je vais surement faire mon stage comme assistant d’un professeur du séminaire. Ceci me permettrait de revenir au Québec durant l’été 2016 pour faire davantage de « terrain ». C’est encore très flou et les possibilités sont vastes.
-Mes samedi d’évangélisation avec City Church
-Le bon déroulement de mes études : l’énergie, la passion, l’intelligence et surtout la connaissance personnelle de Dieu.

J’aimerais prier pour vous. Si vous le désirez, vous pouvez m’écrire par facebook ou par courriel à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>.

Merci de votre soutient, de vos encouragements, de vos prières et de vos bons mots. Ils font une différence, vraiment.

Marc-André

samedi 6 septembre 2014

La comparaison tue le contement - quelques réflexions sur la prière



Quand tu te compares, tu ne te console pas parce qu’il y a toujours quelqu’un devant toi; que ce soit à l’école, au travail, ou les possessions d’un proche. C’est facile d’être jaloux d’à peu près n’importe quoi.

Je me surprend souvent à juger les motifs des gens et à formuler toutes sortes de raisonnements pour justifier comment je suis et pour dévaluer mes rivaux mentaux afin que je maintienne mon prestige interne. Ce à quoi je veux en venir, c’est que la comparaison tue le contentement. Quand je me compare, j’observe chez moi que les pensées que j’entretiens sont en général négatives, axées sur la jalousie, plutôt qu’un désir de suivre l’exemple de cette personne. Vous savez... les usuelles questions telles que : « comment se fait-il qu’ils ne me l’ont pas demandé [plutôt qu’à lui]? », « pourquoi n’ai-je pas eu droit à ça et lui oui? », et etc. C’est souvent accompagné de plusieurs excellentes raisons pourquoi je serais un meilleur choix.

Donc oui, la comparaison tue le contentement.

Motivé par la jalousie, je cherche à avoir des choses que je n’ai pas besoin d’avoir. Ou peut-être que ce serait bien que je les aie, mais voici la jalousie est surtout un sentiment autodestructeur, un chemin qui ne mène nulle part. Et tout ceci arrive parce que je suis égocentrique (égo signifiant « je » en grec, soi-dit en passant).

Permettez moi de citez un petit récit biblique : Marc 10 :35-37. Jésus et ses disciples approchent Jérusalem et Jésus vient de prédire sa mort et sa résurrection pour la troisième fois (10:32-34), rien de trop rassurant. Le contexte pousse Jacques et Jean à poser une question :

35 Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s'approchèrent de Jésus, et lui dirent: Maître, nous voudrions que tu fasses pour nous ce que nous te demanderons.
36 Il leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous?
37 Accorde-nous, lui dirent-ils, d'être assis l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire.

Je cite John Stott sur le sujet : « ceci se qualifie certainement comme la pire et la plus flagrante des prières égocentriques jamais priées... C’est exactement l’opposé de la vraie prière, dont le but est de ne jamais plier la volonté de Dieu à la nôtre, mais de toujours plier notre volonté à la sienne. Pourtant le monde (et même l’église) est plein de Jacques et de Jean, des chercheurs de renommée, affamé d’honneur et de prestige, mesurant la vie par la réalisation et rêvant éternellement de succès. Ils sont agressivement ambitieux pour eux-mêmes (La Croix du Christ, p. 279) ».

Quand tu te présente devant Dieu en prière, l’exercice te force à l’humilité. Tu considère qui il est et tu reconnais qui tu es. Et si tu es seul, il n’y a personne à qui tu peux mentir. Il n’y a pas de masque que tu peux porter devant Dieu. Et puis ça arrive. La prière me décentre de qui je suis en me mettant en face à qui Dieu est. Ma jalousie dégonfle.


Quand tu vas devant Dieu en prière, tu es obligé de débarquer de ton cheval de noblesse pour aller à genoux. Et donc tu perds le piédestal que tu utilisais pour regarder les autres de haut. Et tu contemple le Père, et tu réalises qui tu es. Fondamentalement, je suis un pécheur, inadéquat en bien des choses. Et c’est quand je gagne une telle perspective de qui je suis vraiment et de qui Dieu est, que je suis contenté et que je cesse de me comparer. Le sens de la grâce résonne très fort.

Plutôt que de jalouser ou de condamner mon prochain, mes collègues, ou mes « ennemis », je prie pour eux. Sais-tu ce qui m’arrive quand je prie pour des gens qui ne me font pas particulièrement lever le poils des bras? Mon amour pour eux grandit. Je les vois comme des frères et des sœurs en Christ, la prière me pousse à voir en eux la dignité inhérente à tous êtres humain de par l’image de Dieu qui est en chacun d’entre nous. À prime abord, il n’y a rien de bien « digne » chez un alcoolique chronique qui vient de passer 28 ans dans la rue.

Tout ça pour dire: la prière me dépouille de mon orgueil, de ma jalousie et de mon attitude de protection-de-mon-prestige. Quand je suis à genoux en prière, je m’enlève la tête de mon nombril et je regarde à la croix : qui je suis, qui Dieu est, et qui est mon prochain. Et je ne vais pas vous mentir, je crois sincèrement que ça me rend moins orgueilleux, moins jaloux et authentiquement content pour les réussites des autres.

Plutôt que d’haïr et de commérer, prier pour le bien de la personne en question, c’est particulièrement bon dans mon cas. Parce que c’est ensuite assez dure de « maudire » cette personne que je viens de « bénir ».

Encore une fois je cite John Stott : « la vraie prière, dont le but est de ne jamais plier la volonté de Dieu à la nôtre, mais de toujours plier notre volonté à la sienne. »

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Quelques nouvelles :
Une après-midi à "apporter le royaume"
J’entame ma troisième semaine. Tout se déroule extrêmement bien. La cohabitation avec mon co-chambreur se déroule à merveille. J’ai beaucoup d’énergie pour me « clancher » des journées d’étude assez extravagantes; je suis reconnaissant de vos prières.

Requête :
-Mes samedi d’évangélisation avec City Church International
-Mes études : l’énergie, la passion, la concentration, la discipline, la rigueur et aimer Jésus
-J’ai appris que mon stage devait se dérouler obligatoirement sur 3 sessions (donc une année complète). Je ne sais pas si je pourrai le faire au Québec, dans ce cas. Ça me cause une certaine frustration, mais au final je sais que tout sera pour mon bien.

Merci de votre soutient, de vos prières, de vos messages d’encouragement et des interactions que j’ai avec vous par message privée/courriel. Si vous avez des requêtes de prière, il me fait plaisir de prier pour vous, n’hésitez pas à m’écrire!

samedi 30 août 2014

« Pourquoi je ne crois pas en Dieu » - les blocages à la foi




Le « je » dans mon titre est un « je » universel (voulant dire : « cette personne »); ne partez pas en peur, je ne viens pas de perdre la foi.

Les blocages à la foi en Dieu
À force de converser avec des dizaines de personnes sur la vie spirituelle et ultimement sur l’existence de Dieu, je sais qu’une affirmation qui se veut à prime abord rationnelle du style :
« je ne crois pas en Dieu parce cette preuve X infirme la nécessité de son existence »
 n’est jamais vraiment le réel  obstacle à la foi.

Pour la quasi totalité des gens affirmant être athée à qui je parle, le voile de rationalité cède rapidement après quelques questions. J’observe que les résistances à la foi en un Dieu personnel sont liées davantage à des dissonances émotives qu’à des constructions rationnelles. Comprenez-moi, l’un n’est pas nécessairement une meilleure raison que l’autre. Par dissonance émotive, j’entends par là les racines d’amertume et les cicatrices que nous avons par rapport à un événement traumatisant qui nous pousse à nous demander « pourquoi moi Dieu? » ou encore l’incompréhension qui peut résulter de la présence de la souffrance dans le monde.

Tout cela pour dire que c’est très instructif d’entendre ce que les gens ont à  dire pour étayer leur incroyance. À chaque fois que quelqu’un me partage ses réflexions, je suis surpris de comment une personne qui en surface à l’air « athée », est finalement très préoccupée par le sens de la vie, le « monde spirituel » et ultimement si Dieu existe. La plupart ont des croyances, mais ils se tiennent à distance du Dieu de la Bible à cause de certains obstacles.

Quel est le plus gros obstacle à la foi pour les Québécois?
Pour mon cours de « séminaire de recherche pour les étudiants internationaux »,  l’une des étapes en amont d’un projet que je dois réaliser c’est d’identifier « un concept biblique difficile à comprendre dans ma culture », le but étant ensuite réfléchir sur un moyen de le mettre en relation de façon intelligible à mon contexte culturel. Alors voilà, quel est le plus gros obstacle à la foi des Québécois? Comment se fait-il que l’évangile n’aie pénétré dans le cœur que de moins de 0.5% de la population du Québec?

J’ai plusieurs idées de concepts que les Québécois ont de la difficulté à avaler à propos du Dieu de la Bible, cependant je sais que je ne sais pas grand chose, ce qui m’amène à vouloir te demander, cher ami, si tu pourrais me faire connaitre ce qui te fait décrocher du Dieu de la Bible.

Donc, cher ami, quel est l’obstacle le plus important qui te fait décrocher « de la religion »? Si tu pouvais m’écrire ta pensée par message privée sur Facebook ou encore à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>, ce serait vraiment très apprécié; tu m’aiderais dans ma réflexion et tu m’orienterais dans mes recherches. Peut-être aussi, qui sait, que ça pourrait être le début d’un dialogue intéressant!
Peut-être aussi que tu es un croyant et qu'il y a un segment de ta foi qui te rempli de confusion. Je serais très heureux aussi de recueillir ta réponse! 

Nouveau semestre
Je viens de compléter ma première semaine de ma rentrée 2014! J’ai déjà 3 livres de lus et une centaine de pages de grammaire grec, et plusieurs dizaines de pages à rédiger dans les prochaines semaines, ce que je ferai avec grand plaisir parce que c’est exactement pour ça que je suis venu au Texas!

Pas le seul Québécois
J’ai découvert cette semaine que je n’étais pas le seul Québécois! Il y a en fait un gars de Montréal (du West Island : donc premièrement un anglophone). Il est un juif messianique (d’origine ethnique juive, mais qui a reconnu que Jésus-Christ est le messie). C’est un type brillant et son héritage est peu commune (en tout cas au Saguenay...)! Je vais essayer de l’interviewer dans les semaines à venir! 

Requête de prière
-L’efficacité dans mes études
-Mon ministère d’évangélisation avec City Church International les samedi après-midi

Si vous avez des requêtes de prière, ou encore si vous aimeriez prier avec moi par Facetime/Skype, ça me ferait plaisir. N’hésitez pas à m’écrire!

Merci de me lire, de prier pour moi et de me soutenir!

Bonne semaine

Marc-André Caron