dimanche 8 février 2015

Il a coupé sa concubine en 12 morceaux... comment appliquer ceci à ma vie?



Mise en situation :

Outrage à Gibeah, Gustave Doré
 C’est un mardi matin. Tu te dis, pourquoi pas faire un tour dans le livre des Juges? Et puis là tu tombes sur... « Il lui dit: Lève-toi, et allons-nous-en. Elle ne répondit pas. Alors le mari la mit sur un âne, et partit pour aller dans sa demeure. Arrivé chez lui, il prit un couteau, saisit sa concubine, et la coupa membre par membre en douze morceaux, qu'il envoya dans tout le territoire d'Israël. » Alors t’es pris de sueur froide parce que tu ne sais pas trop comment t’y prendre pour « appliquer le texte à ta vie ».
T’es-tu reconnu?
Traditionnellement, on lit la Bible de façon dévotionnelle, c’est-à-dire qu’on va lire quelques versets et faire une « application ». Tout à fait louable, mais c’est comparable à écouter 5 minutes de la télésérie « Virginie » et tenter de comprendre cette scène au travers des 120 dernières saisons.
Mon propos est le suivant : la Bible est une œuvre littéraire cohérente et magnifique. Voici mes deux grosses prémisses:
-La Bible n’est pas comprise tant que ses parties ne sont pas mises en relation avec sa trame narrative.
-Tous les détails (grosso modo) des récits bibliques ont une fonction littéraire précise.
La trame narrative de la Bible
Les 2 premiers et derniers chapitres de la Bible présentent une humanité pleinement heureuse et en communion  libre avec Dieu: le monde parfait que nous sentons au fond de nos cœurs et que nous savons qui doit exister. Et entre le début et la fin, c’est le récit de l’action de Dieu pour que sa création puisse être rachetée et purgé du mal qui la trouble. En d’autres mots, la vie ici-bas est pourrie et comment est-ce que Dieu va nous sortir de là?!
Genèse chapitre 1-2 c’est la mise en situation. Ça raconte que la création est « bonne », voire même  « très bonne ». Les humains sont faits à « l’image de Dieu » (« selon l’espèce de Dieu »). Ça ne pourrait pas être mieux.
Genèse chapitre 3 c’est l’élément déclencheur qui introduit ce qui pourrie tout le reste, la rébellion de l’humanité envers Dieu. Je cite :
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l'Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme: Dieu a-t-il réellement dit: Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin? La femme répondit au serpent: Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n'en mangerez point et vous n'y toucherez point, de peur que vous ne mouriez.Alors le serpent dit à la femme: Vous ne mourrez point; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle, et il en mangea.Les yeux de l'un et de l'autre s'ouvrirent, ils connurent qu'ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des ceintures.
Alors ils entendirent la voix de l'Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l'homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l'Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin. Mais l'Éternel Dieu appela l'homme, et lui dit: Où es-tu? 10 Il répondit: J'ai entendu ta voix dans le jardin, et j'ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. 11 Et l'Éternel Dieu dit: Qui t'a appris que tu es nu? Est-ce que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger? 12 L'homme répondit: La femme que tu as mise auprès de moi m'a donné de l'arbre, et j'en ai mangé. 13 Et l'Éternel Dieu dit à la femme: Pourquoi as-tu fait cela? La femme répondit: Le serpent m'a séduite, et j'en ai mangé. 14 L'Éternel Dieu dit au serpent: Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. 15 Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité: celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. 16 Il dit à la femme: J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. 17 Il dit à l'homme: Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre: Tu n'en mangeras point! le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, 18 il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l'herbe des champs. 19 C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.
Il y a tellement de stocks dans ces versets, je dirais que l’ensemble de l’expérience humaine y est décrite. Le verset 15 fournit la clef de lecture pour tout ce qui va se passer dans le reste de la Bible. Ce que le verset avance c’est que l’humanité sera divisée en deux côtés : ceux qui sont fils du serpent et ceux qui sont fils de la femme. En d’autres mots, ceux qui sont en rébellion contre Dieu et ceux qui sont du côté de Dieu.
Dieu déclare sa solution au problème d’entrée de jeu: un jour un des fils de la femme blesserait mortellement le serpent. Donc dès le départ, le lecteur de la Bible sait que le portrait merdique de la vie sur Terre tel que présenté dans Genèse 3 va être transformé au travers de l’un des descendants de la femme.
Donc qu’est-ce que la Bible fait dès Gen 4? Elle trace le cheminement de la descendance de la femme. Elle est sur la piste du « fils de l’homme » qui va nous délivrer de la mort et des conditions de vie sous le soleil.
Voici ma proposition (qui vient vraiment en fait de prof Charles Baylis): tous les épisodes subséquents de la Bible doivent être compris selon le schéma de la descendance du serpent VS descendance de la femme.




Donc peu importe l’histoire lue, l’idée en arrière-plan c’est la promesse de Dieu. La promesse, c’est Gen 3 :15... un jour les troubles de l’humanité seront « tués » par la descendance de la femme. Mais la solution passe par un fils. Mais la descendance du serpent s’y oppose constamment. C’est la partie « je mettrai inimité entre toi et la descendance de la femme ».
Rapidement, ça ressemble à ça :









Le schéma suivant se répète au travers de tout l’Ancien Testament, mais tous ceux qui sont du côté de la femme échouent. Noé échoue, les patriarches échouent, Moïse échoue, les juges échouent, les rois échouent, les prêtres échouent et finalement les prophètes échouent. Personne n’est capable d’amener du repos à l’humanité.
Ce qui nous amène, bien sûr, au Nouveau Testament avec Jésus-Christ, le Dieu-Homme, le fils de l’homme et le fils de Dieu. Il est le seul qui peut amener la délivrance à l’humanité, celui qui a tué la mort à la croix.
Donc si je reviens avec mon exemple en introduction de Juges 19:28-29... comment est-ce que cette histoire peut faire du sens?
Comme n’importe quel livre, le livre des Juges est fait pour être lu en entier. Le livre des Juges présente des exemples de ce qui se passe quand « En ce temps-là, il n'y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon (Juges 17 :6). » « Étrangement », c’est la même formulation que Gen 3 :6 « La femme vit que l'arbre était bon ».  Les juges étaient ces personnages que Dieu suscitait pour administrer la justice et la paix dans son peuple, mais ils furent des leaders incapables de mener le peuple sur une trajectoire de fidélité à Dieu. Le but des récits particulièrement immoraux des chapitres 17-21 c’est justement de mettre en lumière ce qui arrive quand « chacun faisait ce qui lui semblait bon ». Si je place le livre des Juges dans le schéma précédent, je mettrais la nation d’Israël au complet du côté du serpent, avec les occasionnels juges du côté de la femme... mais leurs efforts sont insuffisants et ultimement le conclusion à la fin c’est qu’il va falloir une autre solution : ce qui nous amène ensuite au livre de 1 Samuel, où cette fois-ci on s’attardera maintenant à comment les rois d’Israël s’y prendront pour mener le peuple à servir Dieu. Spoiler : ils vont échouer lamentablement. Spoiler: j’ai échoué aussi et pour être juste devant Dieu sa justice doit m’être imputée.
...
C’est dit vitement de même et je réalise que c’est difficilement appréciable sans avoir donné un exemple détaillé, mais je tâcherai d’en donner un dans les prochaines semaines.
La Bible est réellement un chef-d’œuvre littéraire. Quand on prend le temps de mettre en relation chacun des petits détails « anodins » les uns avec les autres, elle prend vie et on est émerveillé par sa sagacité et sa puissance explicative sur l’expérience humaine.
« Et son autorité m’apparaissait d’autant plus vénérable et plus digne de foi, que, s’offrant à la main de tout lecteur, elle n’en conservait pas moins dans la profondeur du sens la majesté de ses secrets; accessible par la nudité de l’expression, par l’abaissement du langage, et toutefois exerçant les cœurs les plus méditatifs; recevant tous les hommes en son vaste sein, n’en faisant passer qu’un petit nombre jusqu’à vous à travers le fin tissu de son voile, mais beaucoup plus néanmoins que si, au faite d’autorité où elle est élevée, elle ne rassemblait le genre humain dans le giron de son humilité sainte. Ainsi je méditais, et vous veniez à moi. Je soupirais, et vous prêtiez l’oreille. Je flottais, et vous me gouverniez. J’allais par la voie large du siècle, et vous ne m’abandonniez pas. »
(Saint-Augustin, Les Confessions, Livre 6)

Quelques nouvelles et requêtes de prière
  • Ma sœur Laurie a été opérée mercredi et elle récupère bien. Elle sera transférée à Chicoutimi la semaine prochaine. Priez pour mes parents qui en prennent soin et pour son rétablissement.
  • Ma discipline, l’acuité intellectuelle et la passion. Ma session est très exigeante.
  • Que mes études ne soient pas une poursuite intellectuelle stérile, mais qu’elles me poussent continuellement à croître en grâce, en humilité et en amour pour Dieu et mon prochain.

Merci de me lire, de me supporter et de prier pour moi. Vous êtes de chers amis.
Marc-André Caron

dimanche 1 février 2015

Ma soeur Laurie - la souffrance des innocents






Elle est atteinte de la polyneuropathie sensitivomotrice, l'une des malades génétiques reliées au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Comment décrire Laurie... Pour moi c'est mon gros bébé. C'est rendu bizarre de dire ça, parce qu'elle est rendue à 19 ans et qu'elle doit mesurer quelque chose comme 5 pied 4. Mais en même temps, le cœur de son vocabulaire de 2 mots c'est "maman."

Laurie va se faire opérer aux hanches cette semaine. Pour des raisons liées à la nature dégénérative de sa maladie, ses deux hanches sont disloquées. 

 Ma mère a commencé à s'apercevoir que Laurie vivait de l'inconfort quand elle grimaçait après certains mouvements et qu'elle se replaçait dans sa chaise. Laurie a toujours souffert; elle est tough et elle ne se plaint jamais d'habitude (pour la douleur du moins... elle se plaint pour plein d'autres choses, rassurez-vous). 

Et puis au cours des derniers mois, elle s'est détérioré vers un état de grandes souffrances. N'importe quel déplacement est très douloureux. Elle prend des anti-douleurs et des anti-inflammatoires. 










Ma mère veille à ses moindres soins. C'est un état de symbiose comme si elle savait exactement ce dont Laurie a besoin. Et elle le sait. S'en est troublant. Je ne peux pas penser à une meilleure image pour le cœur de Dieu: ma mère qui se donne elle-même pour le soin d'un enfant "qui n'a pas de valeur". Maman, comme tu es belle, belle comme le cœur de Dieu.










On peut demander, pourquoi? Ma réponse est "je ne sais pas". C'est la seule réponse que je connais. Je ne connais pas les voies de mon Dieu, mais je connais son caractère. Et je sais qu'il est amour, tout comme ma mère le réfléchit.

Et donc il n'y a pas désespoir ni d'abysse. Je ne comprends pas, en effet. Mais ma foi est en celui qui sait mieux. Je cite le prophète Jérémie (ch. 3, Lamentations), se lamentant face à la destruction de sa nation:

17 Tu m'as enlevé la paix,
j’ai oublié ce qu’est le bonheur.
18 Alors j'ai dit: «Je n’ai plus d’avenir,
je n'ai plus d'espérance en l'Eternel!»
19 Souviens-toi de ma détresse et de ma misère,
de l'absinthe et du poison!
20 Moi, je m’en souviens bien
et je sombre.
21 Voici ce que je veux méditer
pour garder espoir:
22 les bontés de l'Eternel ne sont pas épuisées,
ses compassions ne prennent pas fin;
23 elles se renouvellent chaque matin.
Que ta fidélité est grande!
-------------
Mon Père,

J'ai hâte au jour où j'embrasserai ma sœur 
Autrement que dans son corps vandalisé
En attendant, embrasse-la dans sa douleur

J'ai hâte au jour où mes parents auront du repos,
Autrement qu'à veiller mon gros bébé,
En attendant, fortifie-les par tes compassions 

Prier avec des hanches déboîtées c'est pas facile,
Alors reviens bientôt, ô mon Dieu, mon Père



Requêtes de prière


·         Ma sœur Laurie subira une grosse opération cette semaine. D'abord je remercie Dieu pour la médecine moderne et la somme de nos techniques actuelles. Priez pour l'intervention sur Laurie, qui se déroulera mercredi. Afin que l'opération se déroule bien et qu'elle récupère facilement.
·         Priez pour mes parents qui en prennent soin, afin que leurs forces soient renouvelées. C'est énorme ce qu'ils font.

Je vous remercie de me lire. Merci de prier pour moi, de vous intéresser à mon projet et d’y participer. À Dieu la gloire.

Marc-André






dimanche 25 janvier 2015

La défectuosité d’une vie spirituelle personnelle



« J’ai ma relation personnelle avec Dieu. » . Si derrière « j’ai ma relation personnelle avec Dieu » il y a une justification pour ne pas communier avec des frères/sœurs, la déclaration est équivalente à « j’ai mon transport en commun personnel ». Ce n’est pas à propos de nous-mêmes ou pour que je puisse me sentir spirituel. Les chrétiens ne sont pas rachetés pour leur propre bien.
La spiritualité chrétienne est nécessairement communautaire
En parlant de la Trinité, Jonathan Edwards a commenté que Dieu était « une douce société ». Dieu n’est pas distant et stoïque. Il est le Père qui a éternellement aimé son Fils. Il est le Fils qui obéit au Père, qui s'est donné lui-même et sans lequel nous ne pouvons savoir que le Père est amour. Il est Esprit Saint, éternellement vivifiant. Il est un Dieu d’amour, un Père tendre qui nous attire pour partager la communion de son amour éternel. Ces relations à jamais dons-de-soi et vivifiantes procèdent de la nature intrinsèquement relationnelle et communautaire de qui Dieu est.
Jésus de dire : « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. »
« Père juste, le monde ne t'a point connu; mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m'as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et que je sois en eux. »
« Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi »
Le Père envoie le Fils. Le Fils se donne lui-même. Le Fils agit selon l’ordre du Père parce qu’il l’aime. L’Esprit Saint procède du Père et du Fils et il répand amour de Dieu est répandu dans nos cœurs (Rom 5.5).
Tel Père, tel fils. La vie trinitaire de Dieu est un régal mutuel dans l’amour. L’Esprit Saint amène les enfants de Dieu à partager cette délectation du Père et du Fils et c’est ainsi que nous devenons semblables à Dieu : fructueux et vivifiant.
Le langage du Nouveau Testament est mur-à-mur relationnellement communautaire.
Ceux qui sont adoptés par Dieu sont adoptés dans la famille de Dieu. Ils deviennent frères et sœurs de leurs cohéritiers.
L’Église est définit dans le NT comme étant le corps de Christ, duquel tous les chrétiens sont des membres et ont une fonction.
C’est qui est possiblement le plus perçant dans tout ça, c’est la présence constante de l’expression « les uns les autres ». J’ai fais une recension rapide à partir de l’un des termes traduits par « les uns les autres ». Je n’ai pas mis tous les passages et je n’ai pas recensé les autres expressions équivalentes. Le résultat est quand même convainquant quant à l’accent communautaire de la spiritualité chrétienne.
« Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres (Jn13.14). »
« À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres (Jn13.35). »
« C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés (Jn15.12). »
« ... ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres (Rom12.5). »
« Par amour fraternel, soyez pleins d'affection les uns pour les autres; par honneur, usez de prévenances réciproques (Rom12.10) ».
« Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N'aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. (Rom12.16). »
« Ne devez rien à personne, si ce n'est de vous aimer les uns les autres; car celui qui aime les autres a accompli la loi (Rom 13.8). »
« Ne nous jugeons donc plus les uns les autres; mais pensez plutôt à ne rien faire qui soit pour votre frère une pierre d'achoppement ou une occasion de chute (Rom 14.13). »
« Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l'édification mutuelle (Rom14.19). »
« Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne d'avoir les mêmes sentiments les uns envers les autres selon Jésus Christ (Rom15.5). »
« Pour ce qui vous concerne, mes frères, je suis moi-même persuadé que vous êtes pleins de bonnes dispositions, remplis de toute connaissance, et capables de vous exhorter les uns les autres (Rom15.14). »
« Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Toutes les Églises de Christ vous saluent (Rom16.16). »
« ... mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres (Gal 5.13). »
« Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ (Gal6.2). »
« ... en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité (Éph4.2). »
« ... et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain; car nous sommes membres les uns des autres (Éph4.25). »
« Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ (Éph4.32). »
« Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l'humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes (Phil2.3). »
« Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, [...] Supportez-vous les uns les autres, et, si l'un a sujet de se plaindre de l'autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi (Col3.9,13). »
« ... car vous avez vous-mêmes appris de Dieu à vous aimer les uns les autres (1Thess4.9). »
« Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles (1Thess4.18). »
« Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres (Héb10.24). »
« ... aimez-vous ardemment les uns les autres, de tout votre cœur (1Pierre1.22). »
« Exercez l'hospitalité les uns envers les autres, sans murmures (1Pierre4.9). »
« Car ce qui vous a été annoncé et ce que vous avez entendu dès le commencement, c'est que nous devons nous aimer les uns les autres (1Jn3.11). »
« Et c'est ici son commandement: que nous croyions au nom de son Fils Jésus Christ, et que nous nous aimions les uns les autres (1Jn3.23). »
« Bien-aimés, aimons nous les uns les autres; car l'amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu (1Jn4.7). »
« Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Personne n'a jamais vu Dieu; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous (1Jn4.11-12). »
« Et maintenant, ce que je te demande, Kyria, -non comme te prescrivant un commandement nouveau, mais celui que nous avons eu dès le commencement, -c'est que nous nous aimions les uns les autres (2Jn1.5). »
Et puis dans les Actes, l’expression « avec une [seule] pensée » ou « d’un commun accord » (l’adverbe homothumadon) revient à six reprises (1:14; 2:46; 4:24; 5:12; 8:6; 15:25) dans le contexte de l’Église pour décrire sa conduite dans sa dévotion corporative pour l’évangile.
La fausse opposition entre "ma relation personnelle avec Dieu" et "ma relation corporative avec Dieu"
Il y a comme un aura de spiritualité autour d’une déclaration mystique telle que cas « ma vie spirituelle ne concerne que Dieu et moi ». Une demi-vérité étant un mensonge, il n’y a rien de plus faux que ça. Une telle affirmation n’a rien de chrétien, parce que la vie d’un chrétien est relationnellement communautaire.
Ma tendance c’est de penser que je suis exemplaire et que les gens doivent devenir davantage comme moi, et ce dans tous les domaines. « Qui démêlera ces tortueux replis, ce noueux inextricable? » J’ai besoin des autres membres du corps de Christ. Ils n’ont pas besoin de devenir comme moi. Nous avons besoin des couleurs de chacun, de se colorer les uns les autres pour s’amener à grandir à la ressemblance de Jésus-Christ, lui qui est la Lumière du monde. La couleur étant une partie du spectre de la lumière visible, si nous nous colorons les uns les autres, nous nous approchons du Christ, la Lumière du monde. 
Quelques nouvelles :
·         J’ai rencontré mes premiers missionnaires mormons samedi après-midi. Ça s’apparentait à discuter avec un politicien : un retour constant à la ligne de partie quand les questions deviennent embêtantes.
·         J’ai pu « faire » ma première visite d’hôpital (j’accompagnais un pasteur en revenant de notre après-midi).
·         Je viens de procéder à la diffusion massive de ma lettre de nouvelles 2015. Si je vous ai oublié, n’hésitez pas à m’écrire à caron.marc.andre.bible@gmail.com
Requêtes de prières
·         Ma sœur Laurie subira une grosse opération dans 10 jours. Priez pour sa santé et pour mes parents qui en prennent soin, afin que leurs forces soient renouvelées.
·         Priez pour que je puisse croitre en humilité, en service et en amour.
·         Pour la passion, la discipline et l’acuité mentale pour mes études.
 Merci de me lire. Merci de me supporter de toutes les façons que vous le faites. Je ne peux pas douter être victime du « les uns les autres ». Je reçois énormément. Merci encore.
 Marc-André Caron

dimanche 18 janvier 2015

Survol de ma session de printemps 2015



[Mise-à-jour financière de mon support 2015 : j’enverrai dans les prochains jours une lettre contenant les détails des aspects financiers de 2015 à mon réseau de supporters. Si vous ne faites pas partie de cette liste de diffusion (tel est le cas si  vous n’avez rien reçu en 2014), mais que vous êtes intéressé à recevoir cette lettre plus personnelle pour possiblement considérer une contribution, écrivez-moi à <caron.marc.andre.bible@gmail.com>. ]

Bonjour tout le monde!

Ce printemps, je fais 17 crédits et j’assiste à un autre cours en auditeur libre. Voici un petit survol de ce que j’étudierai durant cette session de printemps 2015 :

1) Trinitarisme (2ième cours de théologie): Ok... la Trinité?

«Dieu est amour»: ces trois mots pourraient difficilement être plus rebondissant. Ils semblent animés, aimables et plus réchauffant qu’un feu crépitant. Mais «Dieu est une Trinité ? » Non, pas vraiment le même effet: cela sonne froid et indigeste. C’est tout à fait compréhensible, mais le but de ce livre est d'arrêter cette folie. Oui, la Trinité peut être présentée comme un dogme renfermé et hors de propos, mais la vérité est que Dieu est amour parce que Dieu est une Trinité.
Michael Reeves - Delighting in the Trinity

Avant de créer, Dieu aimait-il? Comment une solitude éternelle peut-elle aimer? Dieu n’a pas pour job d’être « le Père » de 8 à 4, pour finalement rétrograder en bon vieux « Dieu » le soir. Dieu est Père, de tout en tout. « C’est qui il est. Il crée comme un Père et il règne comme un Père; et cela signifie que la façon dont il règne sur la création est incomparable à la façon dont d’autres dieux règneraient sur la création. »
« Père, [...]tu m'as aimé avant la fondation du monde (Jean 17 :24). » Avant toutes choses, Dieu était un Père aimant le Fils. Avant toutes choses, Dieu fut éternellement un Père; il est un Dieu intrinsèquement portée vers l’autre, vivifiant. Il n’a pas donné la vie lorsqu’il a décidé de créer; de toute éternité il a été vivifiant. De la même façon qu’une fontaine, pour être fontaine, doit faire jaillir l’eau, ainsi le Père, pour être Père, doit donner vie.
Bref, tout dans la théologie chrétienne revient à qui Dieu est : la nature de Dieu, et les personnes du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Même si en surface la Trinité parait encombrante, c’est possiblement la vérité la plus puissante du christianisme.

2) Introduction à l’exégèse du Nouveau Testament : c’est mon 4ième cours de grec. L’exégèse, c’est un terme semblable à étude biblique. On utilise le mot exégèse pour ne pas se faire dire qu’on paie des milliers de dollars pour faire la même chose qu’on fait un mercredi soir dans une église.
Plus sérieusement, la méthode exégétique à pour but de (1) comprendre le message du texte, (2) d’articuler pourquoi l’interprète pense que son résultat est valide (dans l’ensemble du passage comme dans ses détails) et (3) de préparer des applications enracinées dans le message biblique. Les outils de l’exégèse sont le Nouveau Testament Grec, une multitude de traductions, une concordance, des aides grammaticales, des textes extrabibliques (par exemple, lire l’historien juif Flavius Josèphe (37-100) te donne une idée de comment une certaine strate de la société pensait, et donc pouvait réagir à la lecture des documents du Nouveau Testament), des lexiques, et des commentaires techniques (pour servir de partenaires de discussions à propos des différentes lectures possibles du texte).
C’est possiblement le cours le plus chronophage de mon programme, mais c’est aussi l’un des plus excitants, puisque c’est là où toute les outils acquis jusqu’à présent sont mobilisés. Ultimement, le but de l’exégèse c’est l’exposition, enseigner la Parole.

3) Histoire de l’Église : de l’église primitive jusqu’à l’ère moderne. « Une étude historique du christianisme du 2e siècle jusqu’au siècle des Lumières avec un accent sur son histoire institutionnel ainsi que ses développements théologiques. » L’étude de l’histoire a pour avantage de te faire réaliser que tu n’es pas le point culminant de l’histoire humaine et que tu ne possèdes pas le monopole de la vérité. Étudier l’histoire de l’église, c’est aussi être en conversation avec nos prédécesseurs qui ont adopté des lectures différentes de certains problèmes et de certains textes, ce qui a pour avantage d’enrichir la façon dont on peut approcher les Écritures.

4) Histoire de l’Ancien Testament II et poésie : c’est l’exposition des livres historiques et de certains livres poétiques de l’Ancien Testament. (1 Samuel jusqu’à Esther, et Job, Proverbes, Ecclésiastes et Cantique des Cantiques).

5) Lectures en spiritualité chrétienne : c’est un cours optionnel de lectures sur une sélections d’écrits majeurs associés aux questions importantes de la spiritualité chrétienne. Ce semestre on lit Augustin d’Hippone, Benoît de Nursie, Thomas à Kempis, Jean Calvin, Dietrich Bonhoeffer et C.S. Lewis. J’ai d’autres auteurs à sélectionner, quoique je sois indécis. 

6) Implantation d’églises 1 : c’est un cours donné dans le département de la pastorale. Le cours définit ce qu’est l’implantation d’église, évalue les implanteurs potentiels et explique le processus de conception d’une implantation. Le cœur du cours est de préparer un projet d’implantation.
Le paradigme du cours ce n’est pas l’implantation d’une église, mais l’implantation d’églises... planter des églises qui plantent des églises.
C’est possiblement l’un des cours qui me stimule le plus, puisque c’est un besoin intense au Québec.

7) Diagnostique et traitement des troubles traumatiques : (c’est le cours auquel j’assiste en auditeur libre, c’est dans le département de relation d’aide). Il s’agit d’une étude des troubles de stress post-traumatique, des troubles dissociatifs de l’identité et des troubles dissociatifs. Le cours est donnée par une psychologue (Ph.D.) de 35 ans d’expérience. Mon intention est d’ouvrir un peu mes horizons en étant exposé à des discussions sur les effets de la guerre, sur l’inceste, sur le viol, sur les abus sectaires, et les accidents graves. De cette façon, ça me permettra d’être sensibilisé à des souffrances que je n’ai visiblement jamais vécu, de ne pas dire de conneries devant des choses dont je ne soupçonnais pas l’existence et de pouvoir être plus efficace en soin pastoral.

Tous mes profs sont supers, tous mes cours sont passionnants et je me retrouve encore une fois incroyablement béni d’être dans la position dans lequel je suis ce semestre. Le volume de travail est assez fou cependant, c’est même supérieur à la session précédente.

Merci de votre support que vous me manifestez gracieusement et de plusieurs façons. Alors que j’entreprends ce troisième semestre, je sais que la raison pour laquelle je suis ici c’est parce que je suis supporté par une armée de gens. Merci de tout cœur.

Laurie et moi à noël
Requête de prières
·         Nate Bramsen et son équipe, qui sont actuellement à Niamey au Niger au milieu d’un climat « turbulent ». Afin que son équipe et lui puissent sanctifier le nom de Dieu au Niger, être délivrés du malin et recevoir leur pain quotidien.
·         Passion, discipline et efficacité dans la gestion de mon temps.
·         Que mes études m’amènent à croitre en humilité, en foi et en zèle pour Dieu plutôt que de simplement étudier Dieu comme on peut disséquer un crapaud.
·         Samedi d’évangélisation avec City Church International.
·         La santé de ma sœur Laurie, qui sera opérée bientôt, et mes parents qui s'en occupent fidèlement avec un amour gigantesque.


Merci de me lire et bonne semaine!

Marc-André Caron

dimanche 11 janvier 2015

Charlie Hebdo - sur le bien-fondé des face-à-faces entre systèmes de valeurs



L’attaque terroriste contre Charlie Hebdo m’a vraiment secoué. « Se battre pour les idéaux libéraux »... ça a pris un sens terriblement significatif pour les personnes assassinées. Je suis heureux de vivre dans une culture où les libertés individuelles, dont la liberté d’expression, sont fondamentales. Ces valeurs ont d’ailleurs émergées dans la culture occidentale suite à quelques siècles d’entre-destruction des royaumes « chrétiens ».
C’est un jugement anachronique que de regarder le passé des Guerres de religion en Europe et de les critiquer comme étant stupides (même si, de notre perspective, elles le furent certainement). Mais d’un certain sens, le monde occidental avait « besoin » de passer par ces batailles pour en arriver à un bagage d’idées qui a permis à ses nations de se construire sur les bases révolutionnaires des idées libérales. Une partie non-négligeable d’être humain c’est d’être socialement construit.
Ce qui nous amène à aujourd’hui, avec l’apparent conflit entre des cultures qui opèrent sous des ensembles de valeurs très différents.
D’un côté, l’Occident vit sur la liberté d’expression. On peut rire du Christ, de Jean Tremblay, du Premier ministre, de Guy A. Lepage, des gays, de nous-mêmes, des « là-là », etc. Et c’est fantastique. Et c’est culturelle.
Il ne faut pas penser que les libertés fondamentales, aussi « universelles » pouvons-nous croire qu’elles sont, fassent parties de toutes les cultures. Il faut se rappeler que ces mêmes libertés telles que nous les comprenons sont des nouveautés s’étant implantées en Occident au fil des 5 derniers siècles.
De l’autre côté, plusieurs cultures dans le monde ne fonctionnent pas avec les libertés fondamentales occidentales. L’une des valeurs présentes chez plusieurs musulmans de culture arabe, ce sont les concepts d’honneur et de honte. L’idée de préserver la face. Quand ta famille perd la face à cause d’un adultère, tu te dois d’expier la faute en faisant payer le (la...) coupable. Ainsi pareillement, quand le prophète est blasphémé, il faut sauver la face en expiant le geste. Et c’est pour ça que les terroristes du Charlie Hebdo seront adulés par plusieurs, parce qu’ils ont enfin expié les actes qui ont diffamé l’honneur du prophète.
Je ne veux pas faire de monolithes en parlant des cultures, mais les différentes valeurs propres à différentes sociétés sont à prendre en compte. La France a une grande tradition de débat, de satire et de critique ouverte. Toutes les assertions sont franc-jeux. Et tous les Français comprennent, c'est leur langage à eux. Néanmoins la partie change dans un contexte interculturel où les valeurs ne sont pas partagées. On peut laver son linge sale en famille, mais la fête de quartier n'est peut-être pas le meilleur contexte.
Ce qui m’amène à me questionner sur le bien-fondé d’un tête-à-tête jusqu’au-boutiste entre l’Occident libéral et l’islam radical (qui n’est pas à rendre synonyme avec le monde arabe). Pour l’instant, je ne vois pas trop ce qui est gagné par un dialogue de sourds (ce qui, dans ce cas, est davantage un concours de qui peut pisser le plus loin). Chacune des parties est également convaincu de la moralité objective des valeurs défendues. Chacun est également prêt à mourir pour ce qui est en jeu. Ne pas caricaturer [Mahomet] c’est renoncer aux idées libérales de l’Occident, mais dans un monde où la hiérarchie des valeurs de différentes cultures s’entrechoquent, il y a un prix à payer. Il y a les idéaux d’un côté, les libertés, puis il y a les morts, -littérales-, de l’autre.
Je conclus de façon ouverte... je veux refuser les raccourcis et les réponses faciles comme « les musulmans ce sont tous des terroristes », « tous les problèmes viennent de la religion », « la seule solution c’est de nuker le monde arabe », « il faut renvoyer tous les tamouls dans leur pays ». L’ignorance reproduit l’ignorance et cristallise les antagonismes. Ne soyons pas naïfs, mais ne soyons pas ignorants.
Le monde occidental se tient dans la tradition chrétienne en cherchant l’emmieutement de l’humanité et le vivre-ensemble. Le monde occidental peut avoir l’air fragmenté par les désaccords politiques, environnementaux ou religieux, néanmoins c’est précisément parce que tout ceci se déroule par le dialogue que c’est un monde libre. Le dialogue (ou encore, le droit de se crier après) c’est la liberté.
Et en tant que disciples de Jésus envers les immigrants / Canadiens en devenir :
« Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.

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 [Je voulais écrire sur ma session qui commence, mais en cette semaine de drame mondiale je trouvais malséant de m’exprimer sur autres choses. Cela dit, même écrire cette phrase sonne faux... avec le flot inéluctable de drames se renouvelant quotidiennement et qui ne viendront jamais à ma connaissance et qui seront sans doute plus odieux que ceux de cette semaine... dans le genre de http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2015/01/09/012-boko-haram-2000-personnes-tuees-amnesty-international.shtml]

Nouvelles et requêtes de prière :
1.      Prions pour les musulmans en Occident. Que ceux qui sont des enfants de paix soient épargnés par la colère populaire et que ceux qui ont en leur cœur un Dieu violent puissent rencontrer le Père qui est éternellement amour et être changé à leur tour. Tellement de musulmans se tournent vers Jésus par des visions et des rêves... prions que notre Père pousse les plus radicaux d’entre eux à se désarmer de la haine et à connaitre le pardon en Christ.
2.      Prions pour nos dirigeants politiques, afin qu’ils aient la sagesse pour agir de la meilleure façon possible.
...
3.      Je viens de compléter un cours intensif cette semaine intitulé « introduction  à la mission mondiale ».
4.      Je commence une session palpitante ce lundi avec 17 crédits. Je vous détaille la semaine prochaine la liste de mes cours.
5.      Priez afin que le Père me façonne à la ressemblance de son Fils afin que je puisse être un bon serviteur de l’Église québécoise.
6.      Priez pour la santé/l’énergie/la passion et la discipline.
7.      Priez pour mon réseau de supporters. J’enverrai dans les prochaines semaines une lettre équivalente à celle de l’an passé qui explique l’évolution de mes études et le reste des détails financiers. Afin que chacun donne librement selon ce que le Seigneur lui a mis à cœur.

Merci à tous pour votre support et vos prières. Je suis content d'être de retour à Dallas et je suis d'attaque pour ce semestre qui commence! Merci encore!

Marc-André Caron

mercredi 31 décembre 2014

Les souhaits du 31 et les résolutions du premier - et si 2015 est merdique ?


2015
Les circonstances vont possiblement être ordinaires, splendides ou merdiques.
Quoiqu’il en soit en 2015, Dieu est encore et plus que jamais à l’œuvre et il bougera puissamment.
Et si les cartes qui me sont données sont merdiques ?
C’est une vraie possibilité. Mais mon souhait c’est que l’on se fixe les yeux sur Jésus-Christ crucifié…. Et ressuscité, parce que c’est le PATTERN à suivre pour 2015.
J’explique…
Jésus-Christ est devenu le Dieu-crucifié. Assez risible pour un Dieu, n’est-ce pas ? Le paradoxe est le suivant : c’est précisément parce que Dieu fut mis à mort puis ressuscité que ceux qui ont cru en Dieu peuvent avoir la vie. La croix c’est la mort de la mort, la transmutation de l’ultime mal (la mort de Dieu) en l’ultime bien (le rachat de l’humanité par Dieu le Fils donnant sa vie pour l’humanité déchue).
La résolution de Jésus-Christ
« Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se rendre à Jérusalem. » (Luc 9 :51). Et ici Jérusalem est un euphémisme pour la croix, la croix étant un autre euphémisme pour la crucifixion. Mais Jésus savait qu’après était la résurrection.
Les saintes écritures révèlent que le salut fut pensé en Jésus-Christ « avant la fondation du monde ». « Avant la fondation du monde » ! C’est d’aussi loin que ça. Dieu n’est pas débouté par le mal. Les plantes sont à son image : là où règne la stérilité du béton finit toujours par voir percer le retour d’une plante, ainsi la gloire de Dieu perce le voile du péché. Sans dire que la chute de l’Eden devait arriver, le triomphe de la vie n’était pas optionnel parce que c’est ce que Dieu est : vie, lumière, grâce et rédemption.
Donc pour 2015, le bal a été lancé par Jésus-Christ. Les cartes que le Fils de Dieu a reçues sur Terre étaient assez poches. Rejeté par son peuple et crucifié ! Néanmoins l’exemple de la résurrection est le suivant : peu importe ce qui arrive, Dieu est souverain et peut utiliser toutes circonstances pour le bien. Le Dieu-homme fut mis à mort, mais s’en n’est pas resté là, car ce fut la mise à mort de la mort et le triomphe de la vie par sa résurrection qui entrainera la résurrection de tous ceux qui auront cru en lui.
À City Church, l’un des pasteurs aiment dire que ceux qui ont été le plus blessés par la vie sont, une fois qu’ils ont été transformés par la résurrection, les gens les plus utiles pour guider les autres vers la guérison.
Je pense aussi au film « Invincible » d’Angelina Jolie racontant l’histoire de Louis Zamperini. Ce que le film ne raconte pas, c’est qu’en 1949 Zamperini a donné sa vie au Christ et que ceci lui a donné la force de pardonner à ses gardiens japonais qui l’ont sévèrement torturés pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Sauver, racheter, transformer, expier, ressusciter – ce sont des actions qui découlent obligatoirement de qui Dieu est. Si tu as cru en Christ, alors suis l’exemple de ton Seigneur en cherchant à racheter toutes circonstances pour la gloire de Dieu.
Les choses vont possiblement être en apparence ordinaires, splendides ou merdiques. Quoiqu’il en soit pour 2015, Dieu est encore et plus que jamais à l’œuvre et il bouge puissamment. Tout le monde a l’opportunité de changer le mal en bien, c’est de savoir « ressusciter » les circonstances qui nous sont données. Ça nécessitera de l’humilité, de la foi, de la soumission et de la prière. Prenons la résolution de s’inscrire dans le mouvement de Dieu. Plutôt que de s’exclamer avec un « pourquoi » vengeur en remuant le poing vers le ciel, demandons « qu’es-tu entrain de faire ? » avec un cœur confiant que Dieu sait plus que toi ou moi, et bougeons avec lui, même si les circonstances sont faciles, pénibles ou insensés.
Finalement, la résurrection de Jésus-Christ n’est pas qu’un exemple moral mythique. Il est le seul chemin vers le Père. « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » … «En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. »
Dieu manigance des choses en 2015.

Bonne année


Marc-André Caron
(Texte tiré partiellement et sévèrement modifié de mon partage lors de la fraction  du pain le dimanche 28 décembre 2014 à l’église évangélique de Chicoutimi)

dimanche 14 décembre 2014

Est-ce que Marie le savait? - le pourquoi de la joie de noël



Est-ce que Marie le savait?

C’est bientôt noël et il y a beaucoup de réjouissance autour de la naissance de Jésus. Pentatonix, un groupe du Texas, a repris l’hymne Mary Did You Know? et ça sonne assez fantastique. Alors je vous propose une brève explication sur le pourquoi des réjouissances autour de la naissance de Jésus.

La trame narrative de la Bible
La Bible dit de la création qu’elle était à l’origine « très bonne » (shalom -  entièreté, complétion, achèvement, bien-être, paix), mais que cet ordre établi fut vandalisé par la rébellion des humains envers Dieu tel que raconté dans la narration du fruit de l’Éden. Après coup, la création qui se devait être harmonieuse (Éden signifie « délice ») ne serait plus jamais la même.
Est-ce que les humains pourraient être réconciliés avec leur Créateur? Le monde connaitra-t-il la paix une fois encore? Comment Dieu allait-il manœuvrer pour que la création, son royaume, soit rachetée et redevienne « très bonne » comme elle devrait l’être?
Les tentatives successives des humains à honorer Dieu furent des échecs répétées. Comme rien n’a fait et que  l’antipathie de l’humanité envers Dieu ne faisait qu’augmenter, Dieu s’engagea lui-même, de façon inconditionnelle, à pourvoir à un moyen par lequel les humains pourraient être sauvés de leur péché. Dieu s’est engagé envers lui-même à rétablir l’ordre parfait pour lequel ce monde fut créé.
Le peuple par lequel Dieu se révélerait aux nations
Le peuple d’Israël a reçu de Dieu la promesse que « toutes les familles de la terre seraient bénies par sa descendance », que la maison royale d’Israël, la maison de David, aurait un règne « pour toujours assuré, un trône qui serait pour toujours affermi » et que Dieu leur donnerait une alliance nouvelle par lequel le royaume de Dieu sur Terre ne serait pas conditionnel à la bonne volonté de ses sujets. L’idée d’un jour futur où le royaume de Dieu sur Terre serait pleinement rétabli devint une grande composante des messages des prophètes du peuple d’Israël: 
Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, Où je ferai avec la maison d'Israël et la maison de Juda Une alliance nouvelle,
Non comme l'alliance que je traitai avec leurs pères, Le jour où je les saisis par la main Pour les faire sortir du pays d'Égypte, Alliance qu'ils ont violée, Quoique je fusse leur maître, dit l'Éternel.
Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, Après ces jours-là, dit l'Éternel: Je mettrai ma loi au dedans d'eux, Je l'écrirai dans leur coeur; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple.
Celui-ci n'enseignera plus son prochain, Ni celui-là son frère, en disant: Connaissez l'Éternel! Car tous me connaîtront, Depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit l'Éternel; Car je pardonnerai leur iniquité, Et je ne me souviendrai plus de leur péché.
Les attentes des Juifs du temps de Jésus
Les juifs, opprimés par les romains, maugréaient : les promesses de Dieu sont vides! Ce roi promis se fait attendre! Les plus fidèles patientaient avec espoir, sachant que leur Dieu répondrait au temps voulu.
L’évangéliste Luc commence sa bonne nouvelle par le récit de l’annonce de la naissance d’un enfant qui allait être « rempli de l’Esprit-Saint dès le sein de sa mère » et qui « ramènerait plusieurs des fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu ». Cet enfant allait s’appeler Jean-Baptiste et allait naitre d’une mère stérile et avancée en âge. Comme l’ange l’avait annoncé à son père, Élisabeth, la mère de Jean, tomba enceinte.
Au sixième mois de la grossesse d’Élisabeth, l’ange Gabriel se présenta à Marie.
L'ange entra chez elle, et dit: Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi.
Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation.
L'ange lui dit: Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu.
Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand et sera appelé Fils du Très Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père.
Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin.
Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme?
L'ange lui répondit: Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu.
Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois.
Car rien n'est impossible à Dieu.
Marie dit: Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole! Et l'ange la quitta.
Jean-Baptiste allait être un enfant spécial :  née d’une femme âgée et stérile avec un rôle de puissant de prophète. Mais Jésus allait devenir quelque chose d’autre! « le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père » et née d’une femme vierge. Il allait être le roi en qui tout l’espoir du peuple d’Israël était fixé! Il incarnait avant même sa naissance tout ce qu’attendait les Juifs!
Quand Marie visita Élisabeth, « dès qu'Elisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant remua brusquement en elle et elle fut remplie du Saint-Esprit. Elle s'écria d'une voix forte: «Tu es bénie parmi les femmes et l'enfant que tu portes est béni. Comment m'est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne vers moi? »
Marie, alors qu’elle réalisait que le petit garçon qu’elle portait était « plus que spécial », s’exclama :
Et Marie dit: Mon âme exalte le Seigneur,
Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,
Parce qu'il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,
Parce que le Tout Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint,
Et sa miséricorde s'étend d'âge en âge Sur ceux qui le craignent.
Il a déployé la force de son bras; Il a dispersé ceux qui avaient dans le cœur des pensées orgueilleuses.
Il a renversé les puissants de leurs trônes, Et il a élevé les humbles.
Il a rassasié de biens les affamés, Et il a renvoyé les riches à vide.
Il a secouru Israël, son serviteur, Et il s'est souvenu de sa miséricorde, -
Comme il l'avait dit à nos pères, -Envers Abraham et sa postérité pour toujours.
Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois. Puis elle retourna chez elle.
Je cite N.T. Wright sur l’hymne de Marie : « l’hymne de Marie est souvent appelé le Magnificat parce que c’est son premier mot en latin. C’est l’un des hymnes les plus célèbres du Christianisme. Il a été murmuré dans les monastères, chanté dans les cathédrales, récité dans des petite églises reculées à la lueur d’une chandelle, et mis en musique avec des trompettes et des timbales par Jean-Sébastien Bach. C’est l’évangile avant l’évangile, un cri de triomphe lumineux 30 semaines avant Bethlehem et 30 ans avant le Calvaire et la Pâques. Il s’accompagne de sauts, d’applaudissements et de cymbales. C’est entièrement à propos de Dieu, et c’est entièrement à propos de révolution. Et c’est entièrement à propos de Jésus - Jésus qui vient tout juste d’être conçu, mais pas encore née, mais qui a fait bondir le bébé d’Élisabeth de joie dans son sein et qui a rendu Marie fébrile d’excitation, d’espoir et de triomphe. » (N.T. Wright, Luke For Everyone, 14-16).
Jésus allait être un roi un peu différent de ce qui était attendu de lui
Quand Joseph et Marie se rendirent à Bethléhem pour se faire inscrire au recensement que César Auguste avait ordonné, Pendant qu'ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l'emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie.
Le puissant Sauveur, ce roi Éternel eut pour palais une crèche. Il n’y a avait pas de place pour le Fils de Dieu. Et ce sera un peu l’histoire de sa vie. Il n’y aura jamais de place pour lui. Il sera rejeté par son peuple, lui qui pourtant venait pour être leur roi éternel et leur sauveur. Il sera même crucifié. Et l’évangile c’est précisément cela : le Fils de Dieu subit l’injustice la plus flagrante jamais commise : la crucifixion, et il rachète cette faute en faisant de cette ultime réjection de Dieu l’acte par lequel il porte sur lui-même le poids de la condamnation de l’humanité, la colère de Dieu étant déversé sur lui à la croix du calvaire.
Donc noël, c’est la venue du sauveur, c’est Dieu qui descend sur Terre pour se salir, pour nous tirer hors de notre trou de bouette.
Dieu est à l’ouvrage. Il ne laisse rien au hasard. Le monde n’est pas à la dérive. Tout converge selon son dessein. Noël, l’incarnation de Dieu, est une scène marquante dans le drame divin de l’humanité. En se souvenant de la naissance de Jésus, les chrétiens du monde ne sont pas nostalgiques, ils regardent plutôt vers l’avenir, vers le retour du roi. Et l’église de Dieu dise "viens Seigneur Jésus ». Et que celui qui entend dise: Viens. Et que celui qui a soif vienne; que celui qui veut, prenne de l'eau de la vie, gratuitement.

Quelques nouvelles et requêtes de prière :
1) J’ai pratiquement terminé ma session, il ne me reste qu’un petit examen lundi. Mardi je m’envole vers Québec! Je serai au Québec du 16 décembre jusqu’au 4 janvier.
2) Je n’écrirai rien sur mon blogue pendant mes vacances de noël.
3) Requêtes de prière : (1) santé, (2) opportunités de témoignage pendant mon séjour au Québec, (3) que je puisse me recharger pour la session de printemps, (4) sécurité dans mes déplacements.

Merci beaucoup de me lire, de me supporter et de m’écrire. Il n’y a pas un jour que je ne suis pas reconnaissant envers Dieu pour vous tous qui me supportez et êtes derrière moi dans cette entreprise.

Joyeux Noël!!!Réjouissons-nous !!!!

Marc-André Caron