dimanche 20 novembre 2016

Nouvelles pêle-mêle: Société de théologie évangélique; Dieu a pourvu à toutes mes finances; après-séminaire?

Le financement de mon programme de maitrise est atteint
En mai 2014, j’ai commencé une maitrise de 120 crédits à Dallas. En mai 2017, je serai un fier finissant! Le but de ce projet était de m’équiper pour le service de l’Église québécoise. Trois ans plus tard, mes objectifs n’ont pas changé : je souhaite plus que jamais revenir au Québec et œuvrer dans des tâches pastorales, à l’enseignement et à l’évangélisation.
Gloire à Dieu et merci à vous! L’argent nécessaire à la complétion de mes études a été ramassée. Vous pouvez cesser vos dons. 
Je me souviens dans le temps des fêtes en 2013, une personne que je connais bien m’avait demandé comment j’allais être capable de faire mes études à Dallas. J’avais répondu en tremblant dans mes bottes « Dieu va pourvoir. » Dieu a pourvu.
Projet de doctorat
Je suis incertain quant à ce que je ferai suite à mai 2017. Je souhaite faire un doctorat en théologie. Je crois que cet outil m’aidera à servir l’Église québécoise en m’équipant pour (1) l’éducation biblique des chrétiens québécois qui ne peuvent faire ce que j’ai fait, (2) la tâche de pasteur, (3) l’interaction entre les Évangéliques et la société québécoise (par exemple, poser des réflexions sur des enjeux sociaux et éthiques, par exemple) et (4) pour la diversité des dons dans nos églises régionales. Je suis encore indécis quant à où je me dirigerai. 
Dans les prochains jours-mois, je transmettrai des détails sur ce sujet en privée à ceux qui sont concernés. Si vous n’avez pas reçu mes lettres par le passé, vous pouvez m’écrire à  < caron.marc.andre.bible@gmail.com >.
Société de théologie évangélique
En août dernier, j’ai appris que j’avais remporté une bourse pour jeunes chercheurs de la Société de théologie évangélique (Evangelical Theological Society, dont l’abréviation est ETS). ETS est donc l’organisme professionnel des professeurs, étudiants et chercheurs évangéliques. ETS publie un journal académique revue par les pairs, le Journal of the Evangelical Theological Society, et elle organise des conférences annuelles nationales et régionales. Lors de ces conférences, différents étudiants/professeurs présentent des travaux de recherche dans les différentes disciplines théologiques.
 
Le rôle d’ETS est de fournir un lieu de discussion pour les penseurs évangéliques où les convictions fondamentales évangéliques sont présumées (l’autorité des Écritures et la Trinité).
Le but d’ETS est d’encourager la recherche et le développement de la pensée évangélique en fournissant un contexte propice à l’échange d’informations entre les chercheurs de différentes institutions et de différents pays. Puisqu’en Occident, la Bible est la question plutôt que la réponse, ETS est un contexte très utile pour permettre aux penseurs évangéliques de se rencontrer et ainsi d’aider le mouvement évangélique à faire face à ses défis, qu’ils soient éthiques, pratiques (e.g., les soins pastoraux), missiologiques, historiques, ou théologiques.
ETS est aussi utile puisqu’il s’agit en quelque sorte de la tête pensante d’un mouvement, qui, pour des raisons d’ecclésiologie, n’a pas de structure centrale. En d’autres mots, les évangéliques n’ont pas un pape qui peut convoquer un concile pour formuler une réflexion sur X sujet. L’autonomie des église locales peut engendrer un isolement, et cet isolement empêche le partage des connaissances et les efforts intellectuels concertés pour la résolution de problèmes. En quelque sorte, ETS est l’une des façons par lesquelles le mouvement évangélique aime le Seigneur avec « tout notre pensée » en donnant un lieu de rencontre où des discussions suivies (et non-appropriée pour le contexte de l’église locale) peuvent prendre places.
Donc bref, cette semaine j’étais à San Antonio au Texas où ETS prenait place. La bourse couvrait l’hôtel, les frais de conférence et la nourriture. J’ai même eu droit à 450$ de livres gratuits. Ce fut une vraie bénédiction. L’expérience est enrichissante d’une part intellectuellement, mais d’autant plus pour la possibilité de rencontrer des auteurs et des chercheurs que tu as lu, mais que tu n’as jamais vu.
Quelques nouvelles et requêtes de prière
Je prend l’avion pour Noël le 20 décembre, il reste donc un mois à la session. Je suis en retard sur l’écriture de ma thèse et je convoite vos prières à ce sujet. Requêtes: (1) pour la direction de Dieu dans l’après séminaire (doctorat? Oui, non? Où?); (2) discipline, acuité intellectuelle et grandir en grâce; (3) équilibre académique/vie d’église/relations personnelles.
Merci infiniment de vos prières et de votre support. Sans vous, je n’aurais jamais pu faire mon programme à Dallas. Je rend gloire à Dieu pour votre amour en Christ. Que le Seigneur vous bénisse cette semaine.

Marc-André 

dimanche 30 octobre 2016

« Pas avant le mariage » — comment l’éthique sexuelle biblique m’a convaincu

Beaucoup de choses ont été écrites ces derniers jours sur la culture du viol en lien aux horreurs dans les résidences de l’Université Laval et sur le cas de Gerry Sklavounos. C’est dans ce contexte que ma réflexion anecdotique s’articule.
[...]
« Pas avant le mariage » - Grandir comme jeune chrétien
En grandissant comme jeune chrétien, l’éthique sexuelle que tu reçois se résume, de façon simpliste, à « pas avant le mariage ». Se soumettre à un commandement du type « tu ne tueras point » est assez facile, parce que la logique est évidente. Mais, c’est dure d’être un ados plein d’hormone et de se soumettre au « pas avant le mariage », d’autant plus quand on ajoute la frustration de ne pas comprendre la logique du commandement. Je veux bien me soumettre, Dieu, mais pourquoi? Même si les débordements abondent dans la société, il y a un grand nombre de gens qui ne sont pas abstinents et qui mènent des vies sexuelles fidèles et responsables qui correspondent grosso-modo à l’idéal biblique d’une seule chair (i.e., l’unité dans la fidélité, la mutualité et la vulnérabilité).
Utiliser l’autre comme un moyen?
Le Viol de Tamar   - Eustache le Sueur (1640)
Un de ces jours, je parlais avec quelqu’un que je connais (et qui n’est pas chrétien) d’une possibilité de relation qu’il avait avec une fille très désirable. Il était embêté parce que son intérêt envers la fille était purement sexuelle. Il savait que si il sortait avec, ce n’était vraiment pas parce qu’il avait ses besoins à cœur. Après discussion, on en a convenu qu’il valait mieux qu’il ne se mette pas à la fréquenter, puisqu’il n’aurait servi que ses propres désirs égoïstes, plutôt que de servir les besoins de la fille en question.
Après coup, j’ai réalisé que c’était exactement la logique du « pas avant le mariage ».  
Dire « pas avant le mariage » c’est confondre la conduite automobile avec « pas dans le fossé »
Que tu comprends la logique du commandement, tu réalises aussi que la terminologie « pas avant le mariage » n’est pas adéquate et n’exprime en rien la vision biblique des relations hommes-femmes --- cela ne parle qu’en termes négatifs.
Donc l’éthique chrétienne sexuelle ne se résume pas à « pas avant la mariage » mais à « une seule chair » (Gen 2:24) - ce qui connote le développement (la culture!) de l’intimité et du soin de l'autre comme si il formait ton propre corps! Cela prend place par l’intendance et la préservation de sa propre intimité en vue de la réserver pour ce qu’on ne partagera avec personne d’autre (i.e., « pas avant la mariage »).
Bref, résumer l’éthique sexuelle chrétienne par « pas avant le mariage » c’est comme confondre la conduite automobile avec « pas dans le fossé » : le commandement négatif est en place que pour permettre la possibilité de se rendre à quelque part en sécurité.  Tu peux être une seule chaire avec quelqu’un seulement dans la mesure où tu réserves ton intimité (émotionnelle, sexuelle, etc.) pour celle-ci.

« Devenir une seule chair », la culture du viol et mon rôle comme homme là-dedans
Je ne dois pas prendre ce qu’il y a de plus précieux et le plus vulnérable chez l’autre sans m’engager à donner ce qui m’est le plus précieux et mon plus vulnérable. Un tel acte intime doit nécessairement être protégé par l’alliance du mariage, un contexte d’engagement total devant Dieu dans lequel l’un comme l’autre peut être vulnérable autant émotionnellement que sexuellement. « Devenir une seule chair », c’est l’engagement absolu à prioriser le « nous » plutôt que le « je ». Je reconnais qu’on peut tout autant être égoïste à l’intérieur d’un mariage, mais vous comprenez mon point.
C’est relié à la ‘culture du viol’ en au moins une chose : le viol prend l’acte qui unit un être à l’autre de la façon la plus intime et symbiotique, et le pervertit en l’acte le plus égoïste, le plus dommageable et le plus fracturant. La culture du viol, c’est en partie la consécration de l’égoïsme, du « je ». Comment puis-je satisfaire mes propres besoins en prenant autrui comme mon moyen? Tandis que de réserver l’intimité sexuelle pour le mariage, c’est au moins un premier pas vers la consécration des besoins de l’autre, la consécration du « nous » — être une seule chair, chérir et prendre soin de l’autre comme de son propre corps.
Mon idée n’est pas de dire « si les femmes faisaient ceci ou cela, cela ne leur arriverait pas. »
Mon idée, c’est de m’incriminer moi-même comme homme, et de me dire « moi je ne chercherai jamais à obtenir le plus précieux chez une femme si je ne suis pas prêt à donner le meilleur moi-même, et à chérir et à protéger notre nous ». Dans le contexte du mariage, le mari est commandé « d’aimer sa femme comme Christ a aimé l’Église » (indice : Jésus fut crucifié sur une croix pour l’Église). En d’autres mots, la façon dont le mari est appelé à vivre sa vie de couple, c’est de mourir à lui-même pour servir les besoins de sa femme. Avec leur humanité fragile, les disciples de Jésus se sont exprimés : « Si telle est la condition de l'homme à l'égard de la femme, il n'est pas avantageux de se marier! » (Matt 19:10). Évidemment, que ce n’est pas avantageux! Mais le mariage n’a jamais été à propos de s’avantager soi-même. J’oserais dire, n’importe quelle relation ne devrait pas avoir pour but de s’avantager!
Quelques mitigations ad hoc
Mon but n’est pas non plus de regarder de haut mes lecteurs non-croyants (si j’en ai!), mais simplement d’exprimer que la Bible et ses commandements ont une logique (qui m’a convaincu et me convint). Je ne veux pas non plus dresser une faux fossé entre l’éthique sexuelle biblique et les comportements responsables de la plupart des gens. Ultimement, l’éthique chrétienne est pour ceux qui sont nés de nouveau (i.e., qui sont chrétiens).
On me dira « attend d’être marié et tu verras que ce n’est pas parfait, voire cent fois pire » et on me citera des mariages d’horreur. Mon but est simplement de dire que le mariage n’est pas tant une destination qui rime avec perfection, mais le contexte d’un éternel réengagement à prioriser le « nous » plutôt que le « je ».

 Grâce et paix! 
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Quelques nouvelles et requêtes de prière
Le temps file à vive allure et je suis quelque peu en retard sur l’écriture de ma thèse de maitrise. Tout bien pesé, tout va bien.
Requêtes de prière: (1) discipline, passion, acuité intellectuelle et équilibre (copine, vie d’église); (2) sagesse et direction pour la transition après-séminaire (doctorat, oui-non-où? Etc.); (3) grandir en grâce et connaissance de notre Seigneur et Sauveur.
Merci de m’avoir lu. Merci de vos prières et de votre support.

« À celui qui peut vous préserver de toute chute et vous faire paraître devant sa gloire irrépréhensibles et dans l'allégresse, à Dieu seul, notre Sauveur, par Jésus Christ notre Seigneur, soient gloire, majesté, force et puissance, dès avant tous les temps, et maintenant, et dans tous les siècles! Amen! »
Jude 24-25


Marc-André

dimanche 16 octobre 2016

La nudité et la ruse, connaitre et être connu - quelques réflexions

Les deux premiers chapitres de la Genèse présentent un portrait de l’existence humaine comme elle devait être.  Le dernier verset des scènes de la création montre l’homme et la femme heureux et comblés, et leur nudité est « très bonne », sans honte. Ils peuvent tout ce qu’ils sont l’un avec l’autre sans n’avoir rien à cacher.
No Shame - Anthony Falbo

Genèse 2:25
« L'homme et sa femme étaient tous deux nus (aroumim),
et ils n'en avaient point honte.
Le serpent était le plus rusé (aroum) de tous les animaux des champs, que l'Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme: Dieu a-t-il réellement dit: Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin? »

Le « rusé » serpent apparait. L’agencement de « rusé » et « nus » (aroum — aroumim) est un jeu mot avec leur son quasi-identiques.
Qu’est-ce que cela indique?
Les notes de la Bible NET mentionnent: « l’idée semble être que l’intégrité de l’homme et de la femme est le focus de la ruse du serpent. Au commencement ils sont nus et il est rusé, par la suite ils sont habillés et il est maudit. »

Genèse 3:6-11
« 6 La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle, et il en mangea.
7 Les yeux de l'un et de l'autre s'ouvrirent, ils connurent qu'ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des ceintures.
8 Alors ils entendirent la voix de l'Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l'homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l'Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin.
9 Mais l'Éternel Dieu appela l'homme, et lui dit: Où es-tu?
10 Il répondit: J'ai entendu ta voix dans le jardin, et j'ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché.
11 Et l'Éternel Dieu dit: Qui t'a appris que tu es nu? Est-ce que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger? »

Après avoir mangé le fruit défendu, le couple réalise sa nudité et essaie de la couvrir en se faisant des ceintures de feuilles de figuier, et ils se mettent à avoir peur de Dieu à cause de cette nudité (3:10).

Par la ruse du serpent, l’homme et la femme allait chercher à être rusé (3:6), mais ils allaient découvrir qu’ils étaient nus devant Dieu (3:7, 10).

La honte apparait avec la connaissance de la division entre l’humanité et Dieu et entre la division de l’homme et de la femme. La nudité est rendue impossible. Ils ne peuvent plus être qui ils sont : ils doivent se couvrir, même avec des feuilles de figuier pathétiques.
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Garden of Eden - Eyvind Earle
Je reviens très souvent aux premiers chapitres de la Genèse, parce qu’ils sont d’une richesse incroyable. C’est l’histoire d’Adam et Ève, mais c’est aussi mon histoire dans la mesure où les mêmes choix me sont présentés sur une base quotidienne. Je méditais cette semaine sur la signification du jeu de mot entre nudité et ruse.

Ce qui fait que le serpent est rusé, c’est qu’il attaque précisément là où l’on est le plus vulnérable. Qu’est-ce qui peut être plus destructeur que de semer la désunion entre l’homme et la femme, et entre l’humain et Dieu?

Beaucoup de choses sont communiquées dans ces images... et beaucoup de choses m’échappent pour l’instant. J’y réfléchis. Entre temps, Dietrich Bonhoeffer offre quelques pensées intéressantes :

« La honte exprime le fait que nous n’acceptons plus l’autre comme étant le cadeau de Dieu, mais plutôt que nous sommes consumés par un désir excessif pour l’autre; associée à ceci est la connaissance du fait que l’autre personne n’est plus satisfaite de m’appartenir, mais désire obtenir quelque chose de moi. La honte est une couverture dans laquelle je me cache de l’autre à cause de ma propre méchanceté et de celle de l’autre personne, c’est-à-dire à cause de la division qui s’immisce entre nous. Là où une personne accepte l’autre comme une aide qui est un partenaire donné par Dieu, là où cette personne est contentée en se comprenant-elle-même-comme-étant-tiré-de et destinée-pour-l’autre en appartenant-à-l’autre, là les êtres humains n’ont point honte. Dans l’unité d’une obéissance parfaite, un être humain se tient nue devant l’autre, non-couvert, révélant corps et âme, et n’est pas honteux. La honte apparait seulement dans un monde divisé. La connaissance, la mort, la sexualité — la relation entre ces trois mots primaires de la vie est ce dont il est à propos ici et dans la suite. »
(Dietrich Bonhoeffer, Creation and Fall: A Theological Exposition of Genesis 1–3, 101–102).

Heureusement, l’histoire n’arrête pas ici. L’Éternel leur fournira des vêtements adéquats (3:21). Puis en Christ, nous sommes une nouvelle humanité : « Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, et ayant revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé » (Col 3:9-10).

Quelques nouvelles et requêtes de prière
Ouf, le temps file! Déjà à la moitié du semestre. Mes études progressent très bien. Bonne nouvelle, pas de nouvelle? 
Requêtes: (1) discipline, passion, acuité intellectuelle et équilibre (copine, vie d’église); (2) sagesse pour la transition après-séminaire (doctorat, oui-non-où? Etc.); (3) grandir en grâce et connaissance de notre Seigneur et Sauveur.
 Merci beaucoup de m’avoir lu. Merci de vos prières et de votre support.

Marc-André

dimanche 2 octobre 2016

"Tout va dont bien mal" - Le cynisme et l'espérance


Le cynisme et l’espérance
Il y a beaucoup de choses qui peuvent pousser à la déprime: le terrorisme, les enjeux écologiques, le climat politique, aurais-je un bon emploi un jour? Pourrais-je prendre ma retraite? Etc.
D’autres choses poussent à l’indignation: pourquoi autant de guerres, de morts? Pourquoi la Syrie?
Pour les croyants, à cela on ajoute la quantité incroyable de blasphèmes entendue quotidiennement, et la direction opposée que prend la société en relation avec la morale chrétienne.
Ceci peut mener à un genre de cynisme ou de scepticisme à propos de l’état du monde.
The Sun - Yue Minjun (2000)
Mais le scepticisme, qui prend une apparence de lucidité, est une forme d’arrogance et d’orgueil. L’un de mes profs, Darrell Bock, dit que le scepticisme fonctionne comme une paire d’œillères: il empêche de voir ce que Dieu est entrain de faire. C’est une chose de s’autocritiquer, c’en est une autre d’être sceptique.
Pour ceux qui suivent Christ, la vie est vécue à l’ombre des événements à venir. Les chrétiens vivent dans « les derniers jours » depuis la résurrection du Christ (e.g., Actes 2:17; 1 Pi 1:20; 1 Cor 10:11; 1 Tim 4:1; 2 Tim 3:1; Héb 1:1-2; 9:26; 1 Jn 2:18).  Peut-être que le scepticisme ou l’hédonisme ou le cynisme devrait être une réaction normale (logique) quant aux événements se déroulant autour de nous, mais pour les chrétiens la fin est déjà connue: Jésus a gagné. La mort est morte. Les forces des ténèbres seront jetées dans l’étang de feu. Vivre en sachant que Christ a vaincu libère du cynisme, du scepticisme ou de l’hédonisme, parce que tu sais précisément où l’histoire se dirige : vers la consommation des âges où Christ sera souverainement élevé et où à son nom tous genoux fléchira dans les cieux, sur la Terre et sous la Terre. 
Le résultat est une assurance paisible, « la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence » (Phil 4:7). Vivre à l’ombre de la fin des temps libère des réactions cyniques, sceptiques, hédonistes, à-plat-ventristes ou autres -- et cette libération donne l’espace nécessaire pour vivre comme Jésus. Le Seigneur s’est soumis totalement au Père pour accomplir son plan. Un plan qui en l’apparence n’avait pas l’air très gagnant. Mais c’est précisément par sa mort que Jésus a transformé le plus grand en le plus grand bien : la résurrection d’entre les morts et le pardon des péchés.
Dans un monde qui semble nous pousser au cynisme (ou à autres choses), il faut « garder les yeux sur Jésus, le pionnier et le perfectionneur de [notre] foi » (Héb 12:2). Jésus est le pionnier de notre foi d’abord parce qu’il est notre sauveur, mais aussi parce qu’il est l’exemple ultime de ce qu’est être fidèle à Dieu. En tant que ‘perfectionneur’ (oui, j’ai vérifié, c’est un mot!), il est celui qui nous rend capable de reproduire sa fidélité à Dieu.
Et donc le cynisme ou le scepticisme cède sa place à l’imitation du Christ, ce qui est une contribution beaucoup plus positive à notre monde actuelle que de désespérer quant à son état et à se paralyser à l’écart de l’action... ou de désespérer... ou de critiquer sans fin... ou d'abandonner... 
Je ne dis pas que le deuil, l’indignation, la frustration ou le découragement momentané n’a pas sa place. Il y a un temps pour tout sous le soleil.  Il faut se lamenter quand nous sommes affligés. Mais avec la résurrection de Jésus et l’assurance de son retour, c’est l’espérance qui nous permet d’enlever les œillères d’un cynisme perpétuel ou de l'aigrissement de l'âge, et qui nous permet d’être ouverts à ce que Dieu est entrain de faire, et d’y participer.

Quelques nouvelles et requêtes de prière :
(1) On m’a décerné une bourse d’étudiant pour la Société de théologie évangélique (ETS). ETS est une organisation professionnelle et académique regroupant des chercheurs, pasteurs, enseignants et étudiants en études bibliques à l’intérieur du monde évangélique. Le but d’ETS est de servir Jésus-Christ et son église en facilitant la recherche biblique évangélique. Concrètement, ceci veut dire que je gagne 4 nuits à l’hôtel, le prix d’entrée de la conférence et des livres.
(2) Je travaille présentement sur la présentation d’un dossier pour obtenir une bourse d’études au Québec. La date limite est le 18 octobre. Ceci occupe beaucoup de mon temps, mais c’est aussi connexe avec ce que je fais au séminaire pour ma thèse et certains travaux de session.
Requêtes: (1) discipline, passion, acuité intellectuelle et équilibre (copine, vie d’église); (2) applications pour doctorat (choisir où aller? sujet de recherche?); (3) grandir en grâce et connaissance de notre Seigneur et Sauveur.
 Merci beaucoup de me lire de votre support spirituel et matériel indéfectible.
Marc-André

dimanche 18 septembre 2016

Pourquoi ‘l’amour’ n’est pas un bon résumé du message de base du Nouveau Testament?

Récemment, je lisais « The Moral Vision of the New Testament » (Richard B. Hays). Le but de Hays dans son livre est d’offrir un cadre dans lequel le Nouveau Testament (NT) peut être synthétisé de façon cohérente pour guider l’Église dans ses décisions. Il avance que son entreprise est nécessaire, puisque comme sa grand-mère disait « le diable aussi cite la Bible pour supporter ses propres buts. » Les chrétiens se reconnaissent bien là-dedans: par moment on peut avoir l’impression que des positions opposées sont tenues par des gens se réclamant tout autant de l’autorité de la Bible.
En se basant sur des images qui sont présentes dans tout le canon du NT et qui synthétisent efficacement ses thèmes centraux, Hays suggère trois « images focales » pour guider les réflexions éthiques dans l’Église : la communauté (i.e., de l’Église), la croix et la nouvelle création. Il poursuit en soulignant quelque chose de très intéressant: « certains lecteurs seront surpris de trouver que je n’ai pas proposé l’amour comme thème unificateur pour l’éthique du Nouveau Testament ».
Il poursuit : « il est souvent supposé que l’amour est le message de base du Nouveau Testament. En effet, les lettres de Paul, l’évangile de Jean et les épitres de Jean soulignent de façon explicite l’amour comme un élément distinctif de la vie chrétienne : il s’agit de « la voie par excellence » (1 Cor 12:31-13:13), de « l’accomplissement de la loi » (Rom 13:8), du nouveau commandement de Jésus (Jean 13:34-35), et la révélation du caractère de Dieu qui doit être reflété dans les relations à l’intérieur de la communauté des croyants (1 Jean 4:7-8) ».
L’amour est-il le message de base du Nouveau Testament? Hays donne quelques raisons pour lesquelles le concept de l’amour n’est pas adéquate pour résumer la vision morale du NT (et ainsi guider nos consciences). Je vous en partage deux:
(1) D’abord, c’est que l’amour n’est pas une image : « plutôt, il s’agit d’une interprétation d’une image. » Il poursuit : « ce que le Nouveau Testament signifie par ‘amour’ s’incarne concrètement dans la croix.  Comme 1 Jean 3:16 le déclare avec simplicité : « Voici comment nous avons connu l'amour: Christ a donné sa vie pour nous; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères et sœurs » (SG21). Le sens du mot ‘amour’ est donné pleinement et exclusivement par la mort de Jésus sur la croix; en dehors du récit de cette image, le mot n’a pas de sens. Ainsi, ajouter l’amour comme une quatrième image serait non seulement superflu, mais ce serait aussi d’aller dans la direction d’une abstraction conceptuelle, loin de l’image spécifique de la croix. »
(2) Une autre raison, c’est la perte de sens du terme dans le discours populaire. « Ce terme [l’amour] a perdu sa puissance de discrimination, étant devenu une couverture pour l’indulgence. [...] On entend souvent des voix dans l’Église implorant que les demandes radicales de la vie de disciples ne soient pas présentées aux membres de l’Église, parce que la chose la plus ‘amour’ à faire est d’inclure tout le monde sans imposer de demandes sévères -- par exemple, le partage économique ou la fidélité sexuelle. [...] Le récit biblique nous enseigne que l’amour de Dieu ne peut pas être réduit à ‘l’inclusivité’ : l’amour authentique nous appelle à la repentance, à la discipline, au sacrifice et à la transformation (cf. e.g., Luc 14:25-35; Héb 12:5-13).  Nous pouvons avoir accès à la puissance de l’amour seulement en insistant que le sens de l’amour soit découvert dans le récit du Jésus du le Nouveau Testament - ainsi, dans la croix. »
Bref, je trouvais que les points de Hays étaient judicieux, puisque souvent un point de départ des gens « spirituels mais non religieux » est de croire en ‘Dieu’, puisque Dieu est amour et l’amour est Dieu. Bien que cela sonne quasi-biblique, c’est dans les faits antichrétiens. Pour l’Église, l’amour a toujours une forme précise, celle de la croix. La croix présume la justice de Dieu satisfaite par un sauveur parfait qui s’est donné en victime à la place de ceux qui auraient dû porter cette condamnation. C’est le supérieur qui cède son privilège pour l’inférieur. Ce n’est pas la négation de l’existence du mal et du péché par l’adoption d’une naïveté toute inclusive, c’est la réalité du péché et de ses conséquences qui est mise à mort par la mort et la résurrection du messie, Jésus. Puisque Dieu a tant aimé en envoyant son fils, ceux qui veulent être disciples de Jésus portent leur croix chaque jour.
« Voici comment nous avons connu l'amour: Christ a donné sa vie pour nous; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères et sœurs »
1 Jean 3:16
Donc oui, l’amour résume le NT, mais seulement dans la mesure où c’est l’amour incarné dans le récit de la croix.

Quelques nouvelles et requêtes de prière :
(1) J’étais à Snyder (situé à 4 heures à l’Ouest de Dallas) la semaine passée. On m’avait invité à apporter la Parole dans un groupe jeunesse et dans un souper d’évangélisation. Merci pour vos prières, le voyage et les prédications se sont bien déroulées. Ce fut une fin de semaine bénie.
(2) Je travaille présentement sur mes applications dans différents programmes de doctorat (Dallas et U. Laval).
Requêtes: (1) discipline, passion, acuité intellectuelle et équilibre (copine, vie d’église); (2) applications pour doctorat (choisir où aller? sujet de recherche?); (3) grandir en grâce et connaissance de notre Seigneur et Sauveur.
 Merci beaucoup de me lire de votre support spirituel et matériel indéfectible.

Marc-André

samedi 27 août 2016

Survol de ma session d'automne 2016


Wow, après 2 ans à vivre comme un moine, j’ai 94 crédits sur 120 d’accomplis, avec le 2/3 de mon stage de fait. Qu’est-ce que je fais cette session-ci?
(1) Théologie systématique: sanctification et ecclésiologie. Il s’agit d’une exploration sur ce que la Bible enseigne sur ce que la nouvelle naissance produit: comment Christ transforme les croyants (sanctification) et comment ceux-ci vivent cette vie transformée en tant que peuple de Dieu dans l'Église (ecclésiologie).
Photo du fjord du Saguenay prise à l'Anse de Tabatière le 16 août 2016
(2) Les épitres générales, l’épitre aux Hébreux et l’Apocalypse. Il s’agit d’un cours d’exposition biblique sur les épitres de Jacques, 1-2 Pierre, 1-2-3 Jean, Jude, Hébreux et l’Apocalypse.
(3) Exégèse de l’épitre aux Hébreux. Une étude approfondie de cette lettre dans son texte grec avec une attention particulière à l’utilisation de l’Ancien Testament par son auteur. Le prof, Dr Buist Fanning, est mon mentor ici à DTS, et a aussi publié sur l’épitre aux Hébreux.
(4) Rôle de la femme dans le ministère. Une étude des fondations bibliques pour les différents rôles des hommes et des femmes à l’intérieur du corps de Christ. Ce cours sera particulièrement intéressant, puisque j’interagirai avec tous les auteurs pertinents sur le spectre des opinions concernant ces questions, en plus d’étudier de façon approfondie les textes bibliques. Les positions sont très variées sur ce sujet dans le corps étudiant, donc ce sera assurément très animée comme classe.                                 
(5) Exégèse de l’Ecclésiaste [auditeur libre]. Une étude approfondie du livre de l’Ecclésiaste en Hébreux. Mon but est de me forcer à continuer à m’améliorer en Hébreux (puisqu’il en arrache vraiment comparé à mon grec).
(6) La mort et les mourants [auditeur libre]. Il s’agit d’un cours dans le département de counselling biblique qui a pour but d’aider les étudiants à acquérir de la sensibilité et les compétences requises pour accompagner les gens au travers des décès, de la mort et du deuil. J’espère m’équiper pour cette partie importante de la tâche de berger.
Thèse de maitrise. J’ai donc un total de 12 crédits de cours, ce qui est moins que les sessions précédentes, et ces cours-ci sont moins exigeants. Ceci me laisse du temps pour travailler sur ma thèse de maitrise, qui consiste en l’utilisation d’une théorie de la communication (‘la théorie de la pertinence’ - relevance theory) comme point d’entrée dans l’interprétation biblique. Tout cela est très très vague — je bloguerai là-dessus en détails dans les mois à venir.
Dernière session de stage. Cette session-ci, mon mentor, Dr Fanning, travaille sur un commentaire sur le livre de l’Apocalypse. J’ai le privilège de ‘l’aider’ (i.e., relire pour trouver des coquilles, aider avec l’édition, etc.) au travers de ceci. Dr Fanning m’aidera aussi pour mes applications doctorales. 
Photo du "Student Council" de DTS


Vice-président aux affaires académiques. J’ai été élu dans l’association étudiante. Je représente le corps étudiant au niveau des décisions académiques : les réformes de curriculum, l’embauche des professeurs, etc.  



Donc une session très excitante qui s’envient!

Requêtes de prière
(1) Discipline et passion dans mes études, mais aussi être équilibré (ma copine, vie d’église, etc.); (2) J’ai été invité à prêcher dans une assemblée de frères à l’extérieur de Dallas le 11 septembre; (3) Grandir en amour et en service pour le Seigneur et mon prochain.
J’ai été vraiment béni par mon temps à Saguenay cet été, surtout par vos bons mots et vos encouragements. Je vous remercie de tout cœur pour vos prières et votre support moral et financier. Sans vous, mon aventure serait impossible. Nous sommes partenaires dans l’évangile, pour la gloire de Dieu.
En Christ,

Marc-André Caron

jeudi 21 juillet 2016

Faire des efforts pour changer? - Naviguer entre l'indulgence, le laxisme et le légalisme


Comment changer ?
Pour un chrétien évangélique, les réponses données à cette question sont souvent confuses. Il y a deux pôles qui décident de la composition de la réponse : (1) la puissance de Dieu et (2) les efforts de la personne.
La souveraineté de Dieu dans la sanctification. De façon populaire, j’entends souvent que nous sommes sanctifié TOTALEMENT par la puissance de l’Esprit. En d’autres mots, le chrétien peut demeurer passif, il est assuré de changer par la vertu de l’Esprit qui œuvre dans sa vie. Les avantages de cette position sont nombreux : d’abord, ça amène les gens à placer leur foi en Dieu, ce qui est toujours une bonne chose. Ensuite, ça allège les fardeaux et la culpabilité des gens - et la foi chrétienne est sensée libérer et non étouffer.
Les efforts humains dans la sanctification. Dans les cercles évangéliques, les « efforts humains » ont une très mauvaise presse. Les évangéliques québécois font une réaction épidermique aux « efforts humains » — avec raison puisqu’ils réagissent contre l'arrière plan de l’Église catholique romaine qui véhiculait que les humains se sauvaient par leurs propres efforts (assiduité aux sacrements, bonnes œuvres, etc.). De plus, personne n’aime mettre des fardeaux plus lourds sur le dos des gens.
Christ et docteur (1937) - George Rouault

Une perspective populaire mal équilibrée (« théologie de rue »)
Le résultat est que les discussions sur la sanctification sont assez confuses, parce qu’elles tendent à se concentrer de façon myope sur certains textes des Écritures qui mettent l’accent sur la souveraineté de Dieu et à ignorer ceux qui mettent l’accent sur les efforts humains. En surexposant une vérité biblique, on la rend hors de proportion et on dévalue les autres doctrines. Le ketchup dans un hamburger est une bonne chose, mais si il y a trop de ketchup, on gâche le hamburger.
En mettant un accent démesuré sur la souveraineté de Dieu dans la sanctification, on enseigne nécessairement que le changement pour le chrétien est un phénomène passif, que nous n’avons pas d’efforts à faire pour changer (puisque tout est sur le dos de Dieu) — bref on stimule la complaisance et on valide ceux qui ne devraient pas avoir d’assurance.
La solution? Avoir une perspective équilibrée de l’ensemble de la révélation de la Parole de Dieu sur le sujet du changement.

2 Pierre 1:1-11 — Un texte qui aide à placer ces deux pôles de façon équilibrée
La 2ième épitre de Pierre est un avertissement contre les faux enseignants qui sont sur le point d’apparaitre dans les églises d’Asie mineur. Avant de procéder à sa dénonciation, Pierre explique qu’est-ce que « la connaissance de Jésus » — en quoi est-ce qu’elle se reconnait? C’est cette discussion que nous retrouvons dans les vv.1-11, et elle nous permet de bien voir ce qu’une vraie connaissance de Jésus produit, et se faisant comment l’apôtre Pierre met en équilibre les pôles de la puissance de Dieu et des efforts humains dans la sanctification.

1 Simon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus Christ, à ceux qui ont reçu en partage une foi du même prix que la nôtre, par la justice de notre Dieu et du Sauveur Jésus Christ:
2 que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur!
Les vv.1-2 se terminent par une prière de Pierre à l’intention de ses destinataires. Il prie que « la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur. » Dans les vv.3-11, il développera précisément comment il est possible que « la paix et la grâce » se multiplient.
Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu,
4 lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise,
En jaune au v.3, vous avez un « comme. » Ce comme indique la réponse à la question « comment la paix et la grâce peuvent-elles grandir chez les chrétiens par la connaissance de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ? » —> Parce que sa divine puissance nous a donné tout pour la vie et la piété. La vie renvoie à la vie éternelle et la piété renvoie à la vie sur Terre. 
Le langage des vv.3-4 est EXTRÊMEMENT FORT. Tout est placé sur la puissance de Dieu. Sa divine puissance (Jésus, v.2) nous a donné quoi pour la vie et la piété? TOUT. Par quel moyen? Par sa simple connaissance!
Avec ce passage, il est impossible de penser qu’il soit possible de plaire à Dieu par nos propres forces, parce que tout ce que les croyants ont vient de la connaissance de Christ.
Les vv.3-5 expriment avec splendeur le rôle de puissance de Dieu dans la sanctification. Est-ce que l’auteur s’arrête ici? Non, il poursuit.
à cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science,
6 à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété,
7 à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité.
8 Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ.
9 Mais celui en qui ces choses ne sont point est aveugle, il ne voit pas de loin, et il a mis en oubli la purification de ses anciens péchés.
Avec la clause « à cause de cela même », Pierre situe ce qu’il apprête à commander À L’INTÉRIEUR de ce qu’il a dit dans les vv.3-5, où il a expliqué que la connaissance de Jésus se base dans le PASSÉ, c’est-à-dire que par la vertu et la gloire de Jésus à la croix, il a CONTRIBUÉ À TOUT pour la vie et la piété. Donc le fait que « sa divine puissance contribue à tout pour la vie et la piété » EST le contexte nécessaire dans lequel le commandement du v.5 doit être compris. Que dit-il? Il dit que les chrétiens doivent faire « tous leurs efforts » pour grandir en vertu. Selon l’apôtre Pierre, une véritable connaissance de Dieu se base dans la puissance de Jésus, ce qui pousse le chrétien à faire TOUS SES EFFORTS. Quelle est la portée de « tous mes efforts »? ‘J’imagine’ que ceci inclut de l’introspection, changer ses habitudes de vie, etc. Bref, ceci n’a rien de passif.
Les désastres dans la vie chrétienne arrivent quand l’un et l’autre de ces aspects sont divisés : si ce sont les œuvres humaines sans la puissance de Dieu, ça devient le légalisme. Si c’est seulement l’œuvre de Dieu sans l’action humaine, alors c’est le laxisme et l’indulgence. Ce que Pierre exprime dans le passage est clair : la puissance de Dieu est l’unique contexte du changement dans la vie chrétienne, mais la puissance de Dieu te commande à faire « tous tes efforts » pour grandir en vertus. 
Personne ne dérive accidentellement vers la vertu.

Ensuite ce texte soulève une question vraiment déplaisante pour tous les chrétiens :
Qu’elle est la dernière chose dans laquelle j’ai beaucoup grandit dans ma vie?
C’est quand la dernière fois où j’ai ajouté une vertu à ma vie?

Deux questions auxquelles il vaut la peine de réfléchir. Pierre nous indique qu’une vraie connaissance de Jésus amène nécessairement à grandir en vertus. Sa divine puissance a contribué à tout pour notre vie et notre piété —> faisons tous nos efforts. Nous sommes ainsi à l’abri du légalisme, mais aussi de la complaisance et du laxisme. Le défi est grand et sérieux, mais il est possible et libre des tourments d’une conscience captive de la peur.

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Quelques nouvelles de mon été
Je suis en stage cet été à l’Église évangélique de Chicoutimi. C’est une expérience d’apprentissage très riche. Je me suis retrouvé à faire BEAUCOUP d’enseignements et de prédications (plus que ce à quoi je m’attendais) — et donc à lire et à faire beaucoup de recherches. J’assiste aussi mes anciens dans leurs interventions pastorales, ce qui fut une introduction vraiment éclairante à un tout autre aspect du ministère pastoral. Je m’apprête à partir pour le Camp Brochet, où je ferai une introduction au christianisme pour les jeunes lors des chapelles.
Requête de prières : (1) mon travail au Camp Brochet pour les 2 prochaines semaine, (2) compléter mon stage à Chicoutimi avec énergie et efficacité, (3) grandir en sainteté, grâce et service.

Je vous remercie de me lire, de me supporter et de vos prières.


Marc-André Caron